‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 25 sur 48 · JOSEPH ET SES EHERES · texte numérisé non relu

JOSEPH ET SES EHERES

conseil que j T ai été envoyé ici, mais par la volonté de Dieu* qui m'a rendu comme le père de Pharaon % le grand mai ire de sa maison, et le v rince de toute % Eg ypte-

« Hàt^Z-vous (Val 1er trouver mon père, et diteslui : Voici ce que vous mande votre fils Joseph : Dieu m'a rendu comme le maître de toute PÉggpie, venez me trouver, ne différez point* Vous demeurerez dans la terre de Gesscn ; vous serez près de moi» vous et vos enfants* et les enfants de vos enfants* vos brebis, vos troupeaux de bœufs et tout ce que vous possédez ; et je vous nourrirai Jù, parce qu’il reste encore cinq années de famine ; de peur qu'autrament vous ne périssiez avec toute votre famille et tout ce qui est à vous*

« Vous voyez de vos yeux, vous et mon frère Benjamin, que e’ést moi qui vous parle de ma propre lamelle* Annoncez à mon père quelle est la gloire dont je suis ici comblé, et tout ce que vous avez vu dans l'Égypte. Hèlez-vous de ramener.

« Fa s’étant jeté au coup de Benjamin, son frère, pour fem brasser, il pleura ; et Benjamin pleura aussi eu le tenant embrassé*

0 Joseph embrassa aussi tousses frères, il pleura sur chacun d’eux i et après cela ils se rassurèrent pour Juï parler*

* Aussitôt il sc répandit un grand bruit dans toute h cour du roi, et on dit publiquement que les frères de Joseph étaient venus* Pharaon s’en réjouît avec toute sa maison ; et il dit à Joseph qu'il donnât ces °rdres à ses frères : Chargez vos ânes de blé et retournez en Chanaan ; amenez de là votre père avec

bkbrf.ux.

toute votre famille, et venez nie trouver;,... et hfitez-vous de revenir le plus tôt que vous pourrez sans rien laisser de ce qui est dans vos maisons, parce que toutes les richesses de l'Égypte seront à vous.

« Les enfants d'Israël firent ce qui leur avait été ordonné ; et Joseph leur fit donner des charrioU, 1 des vivres pour le chemin, deux robes à chacun de ses frères, mais cinq des plus belles à Benjamin, et trois cents pièces d'argent,

* H envoya autant d'argent et de robes pour son père, avec dix ânes chargés de tout ce qu'il y avait de plus précieux dans l'Égypte, et autant d'ànessis qui portaient du blé et du pain pour le chemin,

« 11 renvoya donc ainsi ses frères, et leur dit en partant : Ne vous mettez point en colère pendant le chemin » (la Bible),

Les frères de Joseph, arrivés auprès de leur virus père, lui dirent : Votre fils Joseph est vivant, el commande en Egypte , )> Ce que Jacob ayant entendu,

« il se réveilla comme d'un profond sommeil, » Ou eut de la peine h lui persuader cette heureuse nouvelle ; et il dit enfin : « Je n'aî plus rien à souhaiter, puisque mon fils Joseph vit encore : j'irai, cl je le verrai avant que je meure. » (la Bible)

Jacob sc rendit au Puits du jurement , où il immola des victimes au Dieu de son père Isaac. ïl eut une vision, et elle le raffermit dans ses résolutions* Il partit donc, amenant avec lui tout ce qu'il possédait dans le pays dedianaan* ü arriva sur les confins de l'Égypte, ou il «M

JACOB B? SES PHBRES, 77

se trouver réuni à ses douze fils, dont nous répétons les noms : Ruben, Siméon, Lévî, Juda, Issaehar, Zabulon, Gad, Aser, Benjamin, Dan, Nephthalî et Joseph* Les fils do Jacob étaient pères aussi, et la postérité du patriarche prenait un rapide accroissement*

Juda avait devancé son père. Joseph, averti de l'arrivée de sa famille, marche au-devant d’elle jusqu’en h terre de Gessen, ou il la rencontra. Il vit son père, et U re jeta à son cou et l'embrassa en pleurant*

« Jacob riità Joseph : Je mourrai maintenant avec joie; puisque j’ai vu votre visage, et que je vous laisse après moi (1700 av.

« Josepïi dit h ses frères et a toute la maison de son père : Je vais dire à Pharaon que mes frères et lous ceux de la maison de mon père, sont venus me trouver de la terre de Chanaan où ils demeuraient ; que m sont des pasteurs de brebis qui s’occupent à nourrir des troupeaux, et qu’ils ont amené avec eux leurs brebis, leurs bœufs et tout ce qu'ils pouvaient avoir; et lorsque Pharaon vous fera venir et vous demandera: Quelle est votre occupation? vous lui répondrez : Yos serviteurs sont pasteurs depuis leur enfance jusqu’à présent, et nos pères l’ont toujours été comme nous* Vous direz ceci pour pouvoir demeurer dans la terre de Gessen ; parce que les Egyptiens ont en abomination tous les pasteurs de brebis, » (la Bible)

Joseph informa le roi de l’arrivée de sa famille, °t lui présenta cinq de ses frères, qui, aux questions

de Pharaon, répondirent ainsi que teurfrereîe leur avait recommandé. Jacob fut égtftement présenté: in teiTOgé par le roi, il répondit ; « Il y a cent tnnk mu que je suis voyageur ; » et -ensuite il se retira en lui souhaitant toute sorte de bonheur.

Pharaon en avait donné l’ordre, et les proches de. Joseph fumm mis en possession de la ville de Humes, dans le pays le plus Fertile de l'Égypte, où ils vécurent heureux. Ce tut dans cette terre, appelée terre de Gessen, que Jacob mou rut, après avoir prophétisé et béni sa famille. C’était eu l'année 1889 avant Jésus-Christ. lî avait cent quarante-sept ans : et en avait passé dix-sept en Egypte.

Rien de plus touchant que les aventures de Joseph. Il y a bailleurs dans toute son histoire des peintures de moeurs orientales et patriarcales du plus haut intérêt. Je n aî donc pus cru fatiguer mon lecteur en lui soumettant un tableau dont te charnu: est incontestable.

lDfr« jug«incn( nur Joseph.

Quel jugement porter sur Joseph ? — Joseph était généreux, tendre, humain, plein de sympathie : il aimait ses semblables [dus que la chose ne parait possible à un Hébreu de ce temps-là. Et cependant il reste à savoir si, malgré sa prévoyance, si, maigre sa générosité* il a fait [dus de bien que de mal m\ Égyptiens ; s’il a été plus utile que nuisible à Taverne de l'Égypte.

Dans les années de prospérité, il fait remplir jusqu’aux combles tes greniers de Pharaon. Les année'

J (JG EH EST MH JOSEPH* W

tie stérilité arrivent, et Pharaon, le grand accapareur, se trouve Tunique marchand de blé de ce pays.

Le peuple a faim, et il apporte à Tin tendant du rot tout l'argent qu’il possède; le peuple a faim, et il amène à l'intendant du roi ses chevaux, ses brebis, ses bœufs et ses ânes; le peuple a faim, et n’ayant pins ni argent ni troupeaux, il donne à Tinlendant dû roi ses terres, et son corps après. Le peuple échange ainsi ses richesses et sa liberté contre un morceau de pain, et pourtant la Bible, ee magnifique livre, semble le glorifier par ces paroles :

« Ainsi Joseph acheta toules les terres de l’Égypte, chacun vendant tout ce qu'il possédait, à cause de l’extrémité de la famine: et ü acquit de cette sorte â Pharaon toute VEÿyptc, avec tons les peuples, depuis

une extrémité du royaume jusqu â Vautre .Âpres

cela, Joseph diLau peuple : Vous voyez que vous êtes à Pharaon, mus et toutes ms terres » »

Les prêtres seuls restèrent en possession de leurs terres et autres biens ; le roi ne voulut pas les en déposséder, bien qu’ils eussent reçu de lui* durant les mauvaises années, le blé dont ils avaient eu besoin.

Pour le peuple, U était esclave. Ajoutons qu’il ne fut point chassé des terres qui lui avaient appartenu, qu’il les cultiva comme par le passé, et que la cinquième partie de son revenu dut être forcément réservée au roi comme tribut,

« Depuis ce temps-là jusqu'aujourd'hui, dit la Bible, on paie aux rois, dans toute l'Égypte, la cinquième partie du revenu de tontes Us (erra, et ceci est

HÉBREUX

comme passé en loi; excepté la terre des prêtres^ gui wt demeurée exempte de cette sujétion, »

Joseph était bon fils, frère généreux et servile® fidèle, mais son zèle pour son maître a été trop loin. Il lui a donné le peuple corps et biens, et cette crut# donation n’a point été révoquée par les années; car ce qui existait il y a trois mille et trois cenu' ans, existe encore de nos jours ! Oui, Méhemet-Ali est le grand marchand, le grand propriétaire de l’Égypte, et le peuple égyptien, aujourd’hui coraras jadis, reste la victime des hommes et des principe qui font jeté à terre, pour ne plus le relever*

Ne peut-on pas conclure de ce rapide examen qui la Bible n'est pas une histoire romanesque, que m détails sur les mœurs et les gouvernements sont dt la plus exacte vérité, et qu’on peut en tirer de gravi'* enseignements 4 ?

Hommes de nos jours, que Fhistoire de Joseph si intéressante d’ailleurs, vous fasse comprends qu’il vaudrait mieux ne point donner F aumône^ peuple que d’user a son égard d’une aveugle d trompeuse philanthropie,qui tendrait à le réduirez servitude.

Au lieu de Paumône, parlons du travail, et d'un travail justement rétribué, Joseph vivait dans te temps bien loin de nous; il était jeune quand 1 gouvernement de F Égypte lui fut confié, et noupouvons lui pardonner sa fausse et désastreux économie politique et sociale ; mais nous serions d’une rigueur extrême envers celui qui suimi' son funeste système, système qui a paru jusqui

JtftEMENT SUR JOSEPH.

ce jour tout sainteté ; et cela parce qu'on ne s'était pas donné la peine d'en considérer le fond par le résultat final.

Philosophes et philanthropes, donnez au peuple, dans les années désastreuses, le pain qui le fait vivre, mais gardez-vous de lui ôter, pour vous payer dun service rendu, ses droits et sa liberté* Là où il n’y a plus ni droits ni liberté, les peuples croupissent, dépérissent, s'éteignent insensiblement, et ceux même qui avaient cru pouvoir s'élever sur leur abaissement, ne tardent pas à recevoir le châtiment que le Dieu des nations leur a justement réservé. Puissent donc les exemples du passé instruire le présent et l’avenir, et ouvrir les yeux de ceux qui ne respectent pas assez la dignité des peuples!

Coup d'œil rétrospectif.

Nous avons parlé d’Adam, de Noé, d’Abraham et de ses descendants, en omettant toutefois une inlinité de détails» On a pu cependant remarquer que, bien qu'il y eût delà sainteté parmi les patriarches, il y avait aussi des choses que nous devons bien nous garder d’imiter.

A l'origine du monde, on voit la jalousie, la colère, le meurtre, le mensonge. La corruption monte à son comble, et le déluge vient débarrasser la terre d’une race perverse.

Noé seul elles siens survivent à ce grand anéantissement , et, à peine sorti de PareilC, Noé plante la vigne, s’enivre et maudit l'un de ses fils, parce qu’il s'était permis de rire à la vue de gestes auxquels il

HÉmtElHC.

n'élm tt jMïintbaJiîtiiêrïieiTouvollosmaJcdîCti on s commencent dont awc une met nouvelle, Abraham fait passer sa femme pour sa sœur auprès de Pharaon, roi d'Égypte ; \] en fait, autant auprès tf Abîme! edi, roi des Philistins. 11 livre de nombreux combats ans rois des contrées dont il rient de prendre posses* si on, et il use, comme tout souverain pourrait le faire en pareil cas, de ht violence et rhi pillage. Ses pasteurs et ceux de Loi h, son neveu, se querellent et se frappent comme des furieux, bien qu'ils soient tous le même peuple.

Jacob, le bon Jacob, ravit h son frère Éshü le droit d'aînesse, et s’enfui l ensuite chez Labau, qui le trompe et Je fait doublement sou gendPe. Jacob trompe II son tour Lulmn, son oncle et son beaupère, et le quitte furtivement pour retourner dans son pays, vers lequel il ne marche qu'en tremblant; vu que s*il craint ceux qu'il vient de quitter et qui le poursuivent, il redoute également celui qui aurait > dû lui être ic plus cher, et qui l'attend avec colère, brûlant du désir de se venger des torts qu'il en a reçus. Cependant Ésuiï se montra bon envers Jacob.

Ou se rappelle Sic Item, Hémor, l'acte le plu# barbare qui pût cire commis, et dont les fils de Jacobs rendirent coupables t ces fils qui devaient un peu plus tard vendre leur propre frère !..llsie vendirent Joseph leur pardonna; et dansfea générosité, il voulut leur laisser croire qu’ils avaient exécuté la volonté de Dieu et que leur crime était uéeessaim h son élévation et uit bonheur des populations. Toutefois, que

MOB CK 5 ÜES HÉKRKl' X.

Jes frères se gardent bien de commettre des actions criminelles dans la pensée que Dieu le veut ; et qu'ils pourront, ainsi que les fils de Jacob, en obtenir grâce un jour- Sans doute, le repentir, quand il est sincère* efface bien des fautes, mais il est mieux d'éviter le mal que de le déplorer après Tavoir commis; Dieu et les hommes vous en sauront beaucoup plus de gré.

L*un des enfants de Jacob, Ruben, a dormi avec Bala, Tune des femmes de son père ; un autre enfant du même patriarche, Juda, se voyant attendu dans un carrefour par une femme voilée, qui le connaît, et qu'il prend, lui, pour une débauchée, S’en approche, la fait consentir par des dons à son mauvais désir - Cotte femme était Thantar, épouse de ses deux fils défunts, Her etOnan, descptels je tais la déplorable histoire. Ainsi, Le beau-père et la belle- Hile eurent commerce ensemble, et de leur union clandestine naquirent deux enfants, Phares et Zara.

Nous avons vu au sein des populations que nous avons suivies des, esclaves, des eunuques, la polygamie, l'adultère, l’inceste, la sodomie, des combals, des embûches, des trahisons, des rapines, des meurtres, des immoralités de toutes sortes, et cependant ces peuples antiques sont présentés comme des peuples saints. .. Maïs ne soyons pas trop rigoureux ; ils étaient vigoureusement trempés; leurs vertus leur appartenaient, et leurs vices étaient l'apanage de leurs temps,

tl y avait fia us le pays de Charmait et les pays environnants des multitudes de rois et de royaumes»

Hl HÉBItEinC.

Les nommer, ce serait trop long ; exposer leur his* toire, ne se peut guère, ils ne Font probablement pas écrite. Au reste, l'histoire hébraïque nous donne une assez forte peinture de l’esprit, du caractère et des mœurs de la plupart de ces peuples antiques. Nous devons donc nous cil tenir à ce que nous avons exprimé, et continuer notre narration,

OjPlireflttlnn ?t ffrrvltttilc tta* Julfw en Svftvpta.

La Bible dit : « Voici les noms des enfants d’Israël qui vinrent en Égypte avec Jacob, et qui y entrèrent chacun avec sa famille ; Ruben, Simeon, Lévi, Juda, Issaehar, Zabuïon, Benjamin, Dan, Nephthali, Gail etÀsser. Tous ceux qui étaient sortis de Jacob étaient donc en tout soixante-dix personnes. Joseph était en Égypte.

fl El après sa mort (1689 av. J.-C.) et celle de tous scs frères, et de toute cette première génération* les entants d’Israël s’accrurent et se multiplièrent extraordinairement; et étant devenus extrêmement forts, ils remplirent le pays oit ils étaient.

« Cependant il s’éleva dans l’Égypte un roi nmr veau, à qui Joseph était inconnu; et H dît à son peuple : Vous voyez que lé peuple des enfants d'hrael est devenu très-nombreux, et qu’il est plus fort que nous, opprîfùê&Jës donc avec sagem^ de peur qu’ils ne se multiplient encore davantage, et que, si nous nous trouvons surpris dé quelque guerre, ils ne se joignent h nos ennemis, et qu’après noifc avoir vaincus, ils ne sortent de FÉgypte.

a ü établit donc dés intendants des ouvragé

iES HÉBREUX OPPRIMÉS EH ÉGYPTE* 85

afin qu'ils accablassent tes Hébreux de fardeaux insupportables ; et ils bâtirent à Pharaon des villes pour servir de magasins, savoir : Phitom et R a messes. Mais plus ou les opprimait , pim leur nombre ne multipliait et croissait visiblement.

« Les Égyptiens haïssaient les enfants d’Israël ;

‘ ils les affligeaient en leur insultant ; et ils leur rendaient la vie ennuyeuse, en tes employant, à des travaux pénibles de mortier et de brique, et h toute sorte d'ouvrages de terre dont ils étaient accablés* » Flavius Joseph dit dans son histoire : « Ils les employaient à faire diverses digues pour arrêter les eaux du Nil, et divers canaux pour les conduire. Ils les faisaient travailler à bâtir des murailles pour enfermer les villes, et à élever des pyramides d'une hauteur prodigieuse ; et ils Un obligeaient meme «rapprendre avec peine divers arts et divers métiers. Quatre cents ans se passèrent de la sorte, w On voit par les détails qui précèdent que les Hébreux étaient peu adonnés aux travaux industriels, et que les Égyptiens ne les instruisirent qu'en les opprimant et en les forçant aux travaux pour lesquels ils avaient le plus de répugnance* ff Le roi d'Égypte, dit la Bible, parla aussi aux sages-femmes qui accouchaient les femmes des Hébreux, et dont Tune se nommait Sephora, et 1 autre Phua, et leur fit ce commandement : Quand vous accoucherez les femmes des Hébreux, au moment oil tentant sortira, si c'est un enfant mâle, tuez-lc, sî c'est une Jïïic, laîssez-Ia vivre*

* Mais les sages-femmes furent touchées de la

HK4ULELX.

crainte (le Dieu, et ne firent pas ce que le roi tfJÉgypte leur avait commandé ; mais elles conserverai les enfants mâles. Le roi les ayant donc fait venir, leur dit : Quel a été votre dessein lorsque vous avei épargné les enfants mâles?

te Elles lui répondirent, que les femmes des Hé- Dreux n'étaient pas comme les Égyptiennes, eU quelles s’étaient accouchées elles-mêmes.

et Alors Pharaon fit ce commandement à tout sot peuple : Jetez dans le fi eu ve tous les enfants màb qui naîtront parmi les Hébreux, et ne réservez que les filles. » Ces édits, ces commandements moustrueux datent de 157;? avant Jésus-Christ, il est certain que la persécution avait commencé antérieur ment.

tfolfre*

Flavius Joseph parle de Moïse à [>cu près connu 1 les chrét iens parlent de Jésus ; et nous croyons çiï est bon de mettre sous les yeux (les lecteurs la tradition toute particulière quïl nous a laissée :

« Un de ees docteurs de la loi, dit-il* à qui te Égyptiens donnent le nom de scribes des chosfc saintes, et qui passent parmi eux pour de grain! 1 prophètes, dit au roi qu'il devait naître en ce niÉiu? temps un enfant parmi les Hébreux, dont la vflrU serait admirée de tout le monde, qui relèverait I gloire de sa nation, qui humilierait l'Égypte et dou : la réputation serait immortelle* Leroi, étonné é celle prédiction, fit un édit suivant le conseil de 1 ui qui donnait cet avis, par lequel il ordonnait qtftfl

MOÏSE SUIVAIT EkAVJCS JOSEPH, 87

ncMOrait tous les entants mâles qui naîtraient parmi les Hébreux,., Cet édit portail aussi que ceux qui seraient si hardis que de sauver et de nourrir quelques-uns de ces-enfants, seraient punis de mort avec toute leur famille. *>

Le père et la mère du prophète futur avaient su, avant qu’il vînt au monde, ce que serait leur fils ; Dieu leur avait parlé par des songes et des visions. Enfin, toujours selon la tradition accréditée par Flavius Joseph, Moïse naît; il Hotte sur les eaux du Nil. enfermé dans son fragile berceau ; il est sauvé par les ordres de Thermutis, fille du roi, qui IV tlople, Encore enfant, il foule aux pieds le diadème royal; enfin il grandit; il devient un illustre général: il bat les Éthiopiens, prend des villes ; la fille d’un loi <fÉthiopie lui livre sou cœur et seconde secrètement ses projets guerriers ; Moïse voit croître sa gloire et sa renommée. Mais les Égyptiens se moni iront ingrats, redoutent leur bienfaiteur ; les prêtres savent exploiter un sentiment de crainte ; la persécution commence et Moïse doit s'expatrier* Ainsi f Pffte Flavius Joseph. II nous apprend encore que ï Moïse était fils d'Ain ram, Àmrara fils de Cathi,

? hnlhi fils de Lévi, Lêvifils de Jacob, etc,; que la

^ mère de Moïse s’appelait Joeabel, et que le nom île

Moïse veut dire préservé de fegtn » Au moment de la naissance de Moïse, les Israélites étaient en Égypte i! au nombre de plus de sûr cent mille hommes.

Nous venons de parler d'après Flavius Joseph, acteur juif, qui exagère le merveilleux relativcincnl à Moïse, et nous donne des prophéties qu'on ne

HÉftRKUX.

trouve point ailleurs. C’est du fondateur de sa religion qu’il nous parle, et Ton comprendra pourquoi le grand législateur ne pouvait paraître à la vie sans avoir été annoncé par les oracles. On rencontre plus d'un fait semblable dans l'histoire générale peuples.

La Bible est plus simple, plus naturelle à Tégan! ■ du législateur des Hébreux. Je ne sais si elle ses* simplifiée sur ce point, et pour cause, ou si Flavius Joseph a fait de ^amplification. Quoi qu’il en soit, le li vre saint laisse Moïse l’enfant des pasteurs op> primés et faits artisans contre leur gré; il le laisse Tentant des pauvres, l'homme du peuple vivam avec le peuple, dont il sent les douleurs, dont il épouse les querelles. Ce n'est pas lui queTÊgypU persécute, c'est toute sa nation; et la cause de sa fuite est autre que celle dont parle Thistorien juïf*$ nous paraît infiniment plus vraie et plus attachante.

Je m'étendrai longuement sur Moïse , sur ce cœur brillant, sur cette intelligence merveilleuse, sur cei être touî pétri d’activité, tf 11 est, dit Bossuet, 1 1 a premier des historiens, le plus sublime des philo* « so plies et le plus sage des législateurs. » En effet bien que plus de trois mille et quatre cents anssc soient écoulés depuis, le monde n’a pu trouver encore un homme aussi complet que Moïse le fut Rappelons-nous l'édit contre les enfants des ïfe* breux, et entrons dans tous tes détails que la Bitt nous fournit : c’est elle qui nous éclaire en €#

termes :

* Quoique temps après, un homme de la

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