MOÏSE SAUVÉ EAUX
de Lévi ayant épousé une fcnnne de sa tribu, sa femme conçut et enfanta un fils (1571 av. L-C*); et vovant qu'il était beau, elle le cacha pendant trois mois. Mais comme elle ne pouvait plus tenir la chose secrète, elle prit un panier de jonc, et Tayaut enduit de bitume et de poix, elle mit dedans le petit enfant, et Texposa parmi les roseaux, sur le bord du fleuve, et lit tenir sa sœur loin de là pour voir ce qui en arriverait.
« En ce même temps la fille de Pharaon (Thermutis) vint au fleuve pour se baigner, accompagnée de ses filles, qui marchaient le long du bord de Teau, et ayant aperçu ce panier parmi les roseaux, elle envoya une de ses filles qui le lui apporta. Elle rouvrit, et trouvant dedans ce petit enfant qui criait, elle fut touchée de compassion, et elle dit : C'est un des enfants des Hébreux.
« La sœur de l'enfant s’étant approchée* lui dît : Vous plaît-il que je vous aille quérir une femme des Hébreux qui puisse nourrir ce petit enfant f
* Elle lut répondit : Allez. La fille s'en alla donc, et fit venir sa mère* La fille de Pharaon lui dit : Prenez cet enfant, et me le nourrissez ; et je vous en récompenserai. La mère prit 1 enfant et le nourrit ; et lorsqu'il fut assez fort, elle le donna à la fille de Pharaon, qui l'adopta pour son fils et le nomma Moïse, c’est-à-dire tiré de Veau, parce que, disaitelle, je Fai tiré de l'eau.
« Lorsque Moïse fut devenu grand, il sortit pour aller voir ses frères. Il vit T affliction où ils étaient et il trouva que T un d’eux, Hébreu comme lui, était
mitmgé par un Égyptien. Il regaitia en mmt temps rie tous côtés, et ne voyant personne aupm de lui* il tua l’Égyptien et le cacha dans ie salit? (1531 av. J.-C.).
« Le lendemain, il trouva deux Hébreux qui w querellaient et il dit à celui qui outrageait Fatilre: Pourquoi f rappez-vous votre frère ? Ctet homme hii répondit : Qui vous a établi sur nous pour prince et pour juge? Est-ce que vous voulez me tuer coton# vous tuâtes hier un Égyptien? Moïse eut peur ci dit : Comment cela sV&L-ïl découvert? »
il uÏM k M'enftiU diiDH le piijü de Hadlan.
« Pharaon en ayant été averti, cherchait à faire k mourir Moïse; niais il s'enfuit de devant lui et sarrêtà dans le pays de Madian (en Arabie}, ou il safr sit près d’un puits (1531 av. J.-C.)*
tf Or, le prêtre de Madian avait sept Mes, <p étant venues pour puiser de l’eau, él en ayant rempli les canaux, voulaient faire boire les troupeaux de leur pore. Mais des pasteurs étant survenus, les chassèrent; alors Moïse se levant, et prenant la défense de ces tilles, lit boire leurs brebis.
ce Lorsqu’elles furent retournées chez Raguel(ou iéthro), leur père, il leur dit : Pourquoi ètes-vw revenues plus tôt qu’à T ordinaire? Elles lui répoodirent : Un Égyptien nous a délivrées de la violent des pasteurs; il a même tiré de l’eau avec nous, d a donné à boire à nos brebis. Où est-il? dit le père: pourquoi avez-vous laissé aller cet homme? appelle, afin que nous le fassions manger*
moïse dans LE DÉSERT «
« Moïse lui jura donc qu'il demeurerait avec lui, lî épousa ensuite su fille* qui s'appelait Sephora ; et elle lui enfanta un fils qu’il nomma Grersan, c’esià-rlire qui est le voyageur, en disant: J'ai été voyageur dans une terre étrangère. Elle eut encore un autre fds, qu’il nomma Éliézer* c’est-à-dire Dieu est tmm secours, en disant : Le Dieu de mon père, qui est. mon protecteur, m’a délivré de la main de Pharaon, ef Longtemps après* le roi d'Égypte mourut, et les enfants dlsracl gémissant sous U poids des ouvrages qui Us accablaient, crièretU vers le ciel, et Us cris gm tirait d'eux l'excès de leurs travaux s'élevèrent jusqu'à Dieu; il entendit leurs gémissements; il se souvint de l'ailïance qu'il avait faite avec Abraham, Isaac et Jacob, et le Seigneur regarda favorablement les enfants d'Israël, et. il les reconnut pour son peuple, « CependantMoi se conduisait les brebis deJéthro, son beau-père, prêtre de Madîan ; et avant mené son troupeau au fond d’an désert, il vint h la montagne de Dieu, nommée Horeb, « (la Bible)
MtN§lon de Hoïmi‘,
Alors le Seigneur lui apparut dans une flamme de feu qui sortait du milieu d’un buisson ; et lui ordonna de sauver le peuple d’Israël de la tyrannie des Égyptiens, Moïse se soumit aux volontés de Dieu (1492 av.
Si quelqu'un de mes lecteurs refusait d’ajouter foi a l'apparition de Dieu, aux choses surnaturelles, et voulait, eulin, .que tout se. fût passé dans les règles
HKBftEIIX.
ordinaires des choses humaines, qu’il se figure alors Moïse, le fugitif, au milieu d'un désert, seul avec son troupeau* se livrant à de profondes méditations, et rêvant sans cesse k ses frères d'Égypte, que Pharaon opprime et tient courbés sous le joug. L’idée de les délivrer vient là s’emparer de lui, idée généreuse, grande, divine en effet, car tout ce qui est grand à ce point ne peut être que divin, ou inspiré de Dieu.
Moïse fait part de son projet à Jéthro, son beaupère, qui lui répond ; Allez en faix. Moïse prend avec lui sa femme, ses fils; les met sur un âne et retourne en Égypte : il avait demeuré quarante ans dans le désert. Cet homme n’avait jamais eu la (milité de parler: mais qu’importe ? Dîeu mettra ses jwrôles dans sa bouche, et de plus, Aaron, son frère, qui l'attend sur la terre de Pharaon, le secondera.
Moïse et Aaron se présentent aux anciens d’Israê! et au peuple ; ils en sont avoués ; les deux frères vont trouver Pharaon, le roi d’Egypte ; ils veulent raisonner, discuter avec lui, mais ils ne peuvent h convaincre, et le roi leur répond : « Moïse et Aaron, « pourquoi détournez-vous le peuple de son oimraÿtï u allez à votre travail m » Les deux frères se retirèrent. Le roi opprima de plus en plus les Israélites, en disant :
« Ce peuple s’est fort molli plié dans mon royaume; * vous voyez que cette populace s’est beaucoup « crue : combien croîtrait-elle davantage si on lui « relâchait quelque chose de son travail,
« Le roi donna, ce même j our, cet ordre à cem
MOÏSE RETOURNE EN IcrPTE. 9$
a qui avaient l'intendance des ouvrages du peuple « d’Israël.
« Vous ne donnerez plus, comme auparavant, de « paille à ce peuple, pour faire des briques ; mais k qu'ils (1) aillent en chercher eux-mêmes. Et vous « ne laisserez pas d'exiger d’eux la même quantité « de briques qu’ils rendaient auparavant, sans en a rien diminuer; car ils n'ont pas de quoi s’occuper, « C’est pourquoi ils crient, et disent l’un à l’autre : « Allons sacrifier à notre Dieu!..*•
*t Qu'onles accable de travaux, qu'ils fournirent tout a ce quart exige d'eux, afin qu'ils ne se repaissent plus a de paroles de mensonge, » (la Bible)
C’est ainsi que les Pharaons detous les temps, et les coupables ministres de leurs volontés, accablent le peuple d’un travail au-dessus de ses forces, afin qu’il ne puisse ni s’instruire ni se livrer à l’espoir d'un avenir meilleur. On craint cet espoir, et le peuple a toujours trop de loisir , aux yeux de ceux qui le foulent aux pieds (2).
(i) On remarque que bien souvent, dans ta Bible/'on parla dn peuple au singulier, et qu'ensuite on adopte un pluriel qui semble jurer avec ce qui précède, comme nous le voyons cidessus. Cela vient de ce que Tes prit de celui qui parle, passe ihi peuple, pris collectivement, aux individualités, aux multitudes qui composent ce même peuple. Nous en sommes choqués , et cependant il n'y a point ii de contradiction réelle ; nous comprenons parfaitement la pensée du narrateur.
(î) Le ministre d'un roi de France, nommé Guizot, pariait un jour, dans Texercice de ses fonctions, absolument comme le vieux Pharaon d'Egypte. Voici ses propres paroles:
« Qui n'est frappé de fatbsnrdîtê des idées répandues sur les
ïufcnmvx*
Les Israélites s’en prennent h Moïse du m 4M de travail dont ou les accable. Ce qui prouve qur ceux qui veulent servir le peuple, ne doivent pas se- rebuter s'il murmure d'abord contre eus, ot refuse longtemps de les croire et de les survie, H faut penser que les repus, que les m&keiUail* bs eoinbattent, les calomnient, et insinuent eo disent tout haut que les réformateur sont la eau* de f inquiétude qui règne dans le pays, de J a mine du commerce et de la misère des populations. Après cela, quoi d’étoammt si les populations trompas, égal ées, maltraitent souvent leurs meilleurs mml
Dieu avait dit k Moïse : Je vous ai établi le Dieu de Pharaon, et Àaron, votre frère, sera votre prophète.
Les deux frères. Moïse et Aaron, l’un kgé alof: de quatre-vingts anx, l'autre de ffiiatre-viûgl-titiÈ ans, retournent auprès de Pharaon, et lui demandent, au nom de Dieu, de laisser sortir les Israélite du pays, pour aller sacrifier au Muiit-SmaL
« eusses pauvres, sur l’organisaiion mà ale, sur les draité te « individus, sur la constitution des go n venin ruants,
« Voits n’avesi contre celle disposition révolutionnaire te <t classes pauvres, vous n’avez aujourd'hui, uidépendaum^i «de la force légale, qtTuae xenle garantie efficace, puissant*: « le travail, J.a nécessité ikchssantb du tuayml, »
Le peuple hébreux échappa îl Pharaon et fi ses ministre par la fuite; le peuple français fit mieux, il chassa le mmkw al le m\ de France. Ce qui prouve que les moyens de compression et de tyrannie préconisés pur le roi Phaiann et le mè nistre Guiaot, ne sont pas loujoan efficaces* bien qu’ils soient toujours itihVmes,