‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 27 sur 48 · LES DIX PLAIES D’ÉGYPTE · texte numérisé non relu

LES DIX PLAIES D’ÉGYPTE

Ce fut en cette occasion que les hommes saints et les magiciens luttèrent de science. Aaron jette sa baguette devaitt Pharaon et ses serviteurs, et cette baguette se change eu serpent. Les sages-d'Égypte et les hommes de magie, que le roi avait appelés eu sa cour, en firent autant ; mais la baguette d'Aaron dévora les baguettes de ses rivaux, et obtiut ainsi l'avantage.

Le cœur de Pharaon s'endurcit de plus en plus ; ce roi ne tint nul compte des vœux et des prières qui lui furent adressés par un peuple entier.

A plusieurs reprises, les conférences et les prodiges recommencent. Dieu ordonne à Moïse, Moïse ordonne à Aaron, qui exécute.

Le* dix plaie* d'Égypte.

Aaron élève la baguette, en frappe Peau du fleuve devant Pharaon et ses serviteurs, et cette eau se transforme en sang : les poissons périssent et les Égyptiens ne savent plus où se désaltérer.— Aaron éteud sa main sur les eaux, et des grenouilles couvrent toute la terre d’Égypte.

Les magiciens aussi changèrent l’eau en sang et liront surgir des grenouilles de toutes parts; ce que les magiciens de nos jours ne sauraient faire, malgré leur habileté. Ces prodiges frappèrent en vain les yeux de Pharaon, qui s’obstiua ù ne point laisser partir les Israélites.

Après les deux premières plaies, qui sont celle du sang et celle des grenouilles, on en vit encore huit autres, et les magiciens d’Égypte furent vaincu*

HÉBREUX

Ces plaies, les voici énumérées et expliquées en peu de mots :

Les hommes et les bêtes sont assaillis par des moucherons, — Des multitudes de mouches tour* mentent les Égyptiens et corrompent leurs aliments, — La peste s'étend sur l'Égypte, et toutes les bêtes des Égyptiens périssent — Des ulcères et des ta* meurs se forment dans les hommes et dans les animaux. — Le tonnerre gronde, tombe, fracasse; la grêle détruit l'herbe, rompt tous les arbres, et les hommes et les animaux périssent en grand nombre, — Les sauterelles s'abattent sur l'Égypte, la édvorent, la surchargent et l'infectent. — Les lé nèbres couvrent l'Égypte, et les Égyptiens, tremblants, ne peuvent plus se voir les uns les autres fl n'osent se mouvoir. — « Tous les premiers nés, u dit la Bible, meurent dans les terres des Égyp- « liens, depuis te premier né de Pharaon, qui est « assis sur le trône, jusqu'au premier né de la SON « vante qui tourne la meule dans le moulin, elju* « qu'au premier né des bêles. »

Les Israélites seuls furent préservés de tant de dé aux, de tant de calamités affreuses.

Les magiciens avaient presque égalé Àaron dutë tu science des prestiges; comme lui, ils avaîerd changé la verge en serpent, l'eau en sang, et (ail surgir de toutes parts un nombre infini de ^ nouilles. Ce 11e fut que du moment que Moïse prit la baguette en main que les magiciens de Plian^n, furent vaincus, et que l’Égypte tomba dans l'épouvante.

si’B les Miracles,

Chacun croira ce qu’il pourra de ces récits bibliques; niais il n’esi pas moins vrai qu’anciennement il fallait des miracles pour conduire les peuples; et que les hommes les plus intelligents et les plus braves étudiaient la magie et l’astrologie. Les premiers esclaves révoltés soit en Italie, soit en Sicile, accordèrent leur confiance à des sorciers ou à des physiciens, comme on le verra en son lieu.

Le peuple croyait alors aveuglément. Mais les temps sont bien changés, et les miracles trop exagérés l’éloignent aujourd’hui des lectures sacrées, cl vont jusqu'à porter à sa foi la plus grave atteinte. Les merveilles que nous avons signalées en passant, sont peu de chose pour nous dans l'œuvre sublime de Moïse, et nous l’avouons, dussionsnous blesser les oreilles délicates de ceux qui, faisant trop peu de cas de la différence des temps et de la raison des peuples qui vivent sous leurs yeux, les choquent et les éloignent de toute croyance religieuse, pour vouloir les rendre trop croyants, ou, pour mieux dire, trop crédules et trop aveugles.

Le roi Pharaon, obstiné comme le sont tous les oppresseurs, ne s’était rendu à aucune prière, à aucun avertissement. Moïse (IJ, l’homme fort, se inet

(l, f Ln peu avant lé départ, le Seigneur dit à Moïse : <t Vous <E dires donc à tout Je peuple : que chaque homme demande * ® son am L e t chaque femme à sa voisine, des vases d'argent

H d or, et te Seigneur fera trouver grâce à son peuple de- *< vaut les Égyptiens.

“ enfants d'Israël firent aussi ce que Moïse leur avait H ordonné, et ils demandèrent aus Egyptiens des vasesd T arge»i

HÉlïtEtiX.

à la tête du peuple; les Israélites s*ébranlent (1491 av. h-C*}i avancent dans le désert* Partis de Rainesses, ils passent à Socotii. Leur nombre était de m cent mille hommes de pied, sans compter les enfants, Une foule innombrable de petit peuple les suivait (1), ils avaient avec eux des brebis, des bœufs, des bêtes de toutes sortes, et en grand nombre, *

Les Israélites vont de Soeolh camper h Kthani, ï l'extrémité de la solitude. Moïse institue dans celle marche pénible, et maigre la poursuite des ernio mis, la fête de Pâque et celle des azymes ou ib pains sans levain. Us étaient dans un désert oùoa ne trouvait rien à manger, « Ils détrempèrent tfo la <t farine avec de T eau, dit Flavius Joseph, lapélfb « ront comme ils purent, la mirent sur le feu et s'ai « nourrirent durant trente jours; tuais au bouté « ce temps, elle leur manqua, quoiqu'ils FettsgÜ

(T et A\m>, Pt beanc-oap (fbabtte. El le Seigneur rendit favoraté « son ppujjie les Egyptiens, aUn mfils leur prélassent»

« qu'ils démodaient, PL ainsi ils riépouillèrcm tes E^ryptieu^ »

[ la îïîble ),

Quand on me dira que Dieu a conseillé des emprunts jpjp* blablesj qui sont le vol le plus Odieux, je répondrai toujours Je refuse de croire. Flavius Joseph a cru devoir tir rangereetF affaire : selon Lui, au lieu de prêts, les Egyptiens auraient fe des dons aux Hébreux, Cette version n'est point cnn forme pi texte biblique, mais elle est plus favorable ù Moïse; et nu* comprenons J es raisons de Fhîstonén juif. Moïse a-t-il lail w fait taire ce demi parle la Bible? oti [es Hébreux eédéreuHbquelque chose d'instinctif?

(1) Ce petit peuple était des Egyptiens qui prof) taie ni de )V tfàioû pour fuir la servitude, Nous en repaie rom, * ^

FUITE DES HÉBRECX, 99

« fort ménagée. » Le même écrivain ajoute : « C’est a en mémoire de cette nécessité qu’ils souffrirent, « que nous célébrons encore durant huit jours une

* fête que nous nommons la fête des azymes, c’est-

* à-dire des pains sans levain, a La Pâque tut aussi nm fête commémorative de la fuite d'Egypte.

Après plusieurs marches et contremarches, après avoir fait des campements divers, toujours suivis par Feimemi, les Israélites arrivèrent sur le bord de la mer Rouge, et là, serrés de plus près encore, ils ne savaient comment fuir.

Cn miracle éclate en leur faveur ; les eaux de la mer se séparent, reculent de droite et de gauche, et leur livrent un large passage. Moïse conduit les Israélites, Pharaon les poursuit, mais en vain ; les fugitifs ont touché le sol do l’Arabie, ils sont sauvés, et à l'instant même las Ilots se referment, et Pharaon, auquel Dim , où plutôt l’abus de la toute puissance avait endurci k cœur* périt avec sa nombreuse armée sous la masse des eaux qui les engloutit (1491 av, !.-C.).

* Le lendemain de cette journée si mémorable, k dît Flavius Joseph, les flots et les vents poussèrent les armes des Egyptiens sur le rivage ou les ls- « raidites étaient campés. Moïse l'attribua à une

* conduite particulière de Dieu, qui leur donnait

* ainsi moyen de s’armer. » Le même historien ajoute cette réflexion remarquable : « Personne ne ff doit considérer comme une chose impossible que « des hommes qui vivaient dans l'innocence et la « simplicité de ces premiers temps, aient trouvé

HÉBREUX

« pour se sauver un passage dans la mer, soit quelle « se fût ouverte d T elle-meme, ou que cela sait arrivé « comme longtemps depuis aux Macédoniens quand

* ils passèrent la mer dePamphilie sous la conduis « d'Alexandre, lorsque Di eu voulut se servir décrié a nation pour ruiner l'empire de Perse, ainsi que « le rapportent tous les historiens qui ontëcrilb « vie de ce prince. Je laisse néanmoins à chacun dm « juger comme U vaudra . »

De mon ©ôté, je laisse à mes lecteurs la même liberté que Joseph laissait aux siens.

D'après Joseph, l’armée de Pharaon était de sîï cents charriots de guerre, de cinquante mille ehiv vaux et deux cent mille hommes de pied bien ae mes* Tout périt sous les Ilots* Il ajoute ; « Les Israfr « H tes sortiront d'Egypte quatre cents ans depuis « qu 1 Abraham était venu dans la terre de Charmait « et deux cent quinze ans après que Jacob était venu k en Egypte* »

Moïse et les enfants d'Israël étalent en lieu de sûreté; et le joug de l'esclavage étant brisé pour eux, ils chantent dans leur joie l’hymne de la délivrance; composition du libérateur, de laquelle nous reproduisons les fragments suivants :

« Chantons des hymnes au Seigneur, parce qu'il « a fait éclater sa grandeur et sa gloire, et qu’il pré- « ci pi te dans la mer le cheval et le cavalier.

« Le Seigneur est ma force et le sujet de W « louanges.**,. Le Seigneur a paru comme un gue^ « rier, son nom est le Tout-Puissant*, Il a fait tomber

* dans la mer les charriots de Pharaon et son armée,

CAÎfTIQUE DE MOÏSE. ]0i

« Votre droite, Seigneur, s’est signalée, et a fait

* éclater sa force; votre droite, Seigneur, a frappé

* Pennemi de votre peuple,.... Vous avez répandu « votre souffle, et la mer les a enveloppés ; ils ont

* été submergés sous la violence des eaux, et ils *r sont tombés comme une masse de plomb » (la Bible),

Les Israélites quittent le bord de la mer Rouge, entrent au désert de Sur , et ayant marché trois jours clans la solitude, ils ne trouvent point d'eau. Ils arrivent h Mara, et les eaux de Mara sont amères. Ils murmurent, et Moïse, au moyen d'un certain bois, rend les eaux douces d’amères qu’elles étaient.

Les enfants d’Israël arrivent h Elim, ou il y avait douze fontaines et soixante-dix palmiers ; ils campent près des eaux, D’Elim, ils vont au désert de Siü, qui est entre Elim et Sinaï, En ce désert, ils murmurent, et disent à Moïse :

* Plût à Dieu que nous fussions morts dans PÉ-

* gypte, lorsque nous étions assis près des marmites « peines de viande et que nous mangions du pain tant « que nous en voulions (1). Pourquoi nous avez-vous

* amenés dans ce désert pour y faire mourir de faim « tout 3e peuple? « (la Bible)

Les Hébreux passent des plaintes a la menace, et Moïse leur répond : « Qu'ils 11 e devaient pas ainsi « s’imaginer que Dieu les eût abandonnés dans Péri ) Constateras qu'en Egypte la viande et le pain manquaient pas aux malheureux. Et que leur manquak-U donc? liberté et l'expansion de l'âïtie; et c'était ttâp.

102 mfHpra.

a tat où ils se trouvaient» mais plufc&t se persuade? « qu’il voulait éprouver leur constance et leur amour « POUR LA LIBERTÉ, et connaître s Us Futmmt et assez pour t’acquérir par la faim et par la soif, m ce s'ils lut préféraient le joug d'uw honteuse screiUé cî ijui les soumettait à des maîtres qui ne la nomi* ce salent ramme on nourrit des bêtes , que pour en /rrrr « du service ; que, quant a lui, il né eraigaaii m « pour son particulier, puisque une mort qu’il soaf « frirait injustement ne pourrait lui être désavanto- (i geuse « (Flavius Joseph ),

Le peuple se calma promptement, et reprit <m rage. Moïse sut lui procurer des aliments,

Lx maxne tombe iluciel, et celui qui en recadllt au delà de ses besoins voit son siq>erlî use corrompe et s’emplir devers. Qu’il en soit donc toujours airs? dans les temps difficiles! Que ceux qui accapara! le blé et le pain voient, comme on le vit jadis, leu? superflu se corrompre, ou s’enfuir de leurs mains I,

Les Hébreux, après avoir éprouvé la faim eü soif; après avoir combattu et vaincu les Anialécite et Amalec leur roi (1), qui s’opposaient à leur

(1) Dans cette bataille contre les Àmalédtes, coduh^ dait les Hébreux* Moïse et. Àaron montèrent sur le haut colline, et furent spectateurs de la mêlée.

« Et lorsque Moïse tenait Les mains élevées, Israël était fiV a torieux ; maïs lorsqu'il J es abaissait au peu , Amalec arô «. Favantûge, Cependant, les mains de Moïse étaient lasses s « appesanties. C'est pourquoi ils prirent une pierre, et Tapn a mise sous lui, il s'y assit, et Aaron et, Hur lui soutetmi^ «les mains des deux eétés. Ainsi ses mains 11e se lasser « point jusqu'au coucher du soleil. Josué a ut donc en

MOÏSE ET JÈTRTld BEAL-PERE. IWà

sage, approchent de Siaa'û Moïse dresse un autel et campe avec son peuple*

Jéthro, prêtre de Madian, prend avec lui Séphora. sa fille, ainsi que ses deux pétits-fitë, trersan et Elïézer, qui, devançant Moïse, étaient venus annoncer son arrivée; il marche avec eux au-devant du h Aérateur. Etau t arrivés au près du campdesHébreUX, U envoya direà Moïse : * Cest Jéthro, voire allié, qui vient vous trouver avec votre femme et vos deux enfants* « Moïse étant allé au-devant de son beau-père, se baissa profondément devant tuL et H le baisa, et ils se saluèrent en se souhaitant Ym h l'autre toute sorte de bonheur, Jéthro entra ensuite dans la tente de Moïse,

u Jéthro se-réjoait beaucoup de toutes les grâces, que le Seigneur avait faites k Israël, et do ce qu'il lavait tiré de k puissance des Egyptiens ; et dit : Béni soit le Seigneur qui vous a délivré de la main des Egyptiens et de la tyrannie de Pharaon, et qui a sauvé son peuple de la puissance de T Egypte*

« Je connais maintenant que le Seigneur est grand au-dessus de tous les dieux, comme il a paru à regard des Egyptiens, lorsqu'ils se sont élevés insolemment contre son peuple, tf Jéthro, allié de Moïse, offrit donc k Dieu des

« Amalec, et üt passer son peuple au iîl de Cépée » (la Bible!.

Ce tableau expressif veut dire que les Israélites étaient abattus, lorsqu'ils ne voyaient point Moïse ; qu'ils étaient électrisés cl bouillants iTardeur lorsque le grand homme paraussaît h leur vue. De la une parfaite coïncidence entre les bras élevés du chef et les succès de Tannée.

ÎO* HKftREUX.

holocaustes et des hosties, et Àaron et tous ciens d’Israël vinrent manger du pain avec lui dt vant le Seigneur,

« Le lendemain % Moïse s'assit pour rendre la jutliti au peuple qui se présentait devant lui , depuis le malin jusqu'au soir. Et son beau-père ayant vu tout ce qu't! faisait pour ce peuple, lui dit : B’ou vient que m, agissez ainsi à l’égard du peuple? Pourquoi fi&l vous seul assis pour le juger, tandis que tontk peuple attend ainsi depuis le matin jusqu’au soir! Il y a de l’imprudence h se consumer ainsi paroi travail inutile, vous et le peuple qui est avec vous; cette entreprise est au-dessus de vos forces et vom ne pouvez la soutenir seul,

« Donnez-vous au peuple pour toutes les choses qui regardent Dieu, pour lui rapporter les demandes et les besoins du peuple; et pour apprendre ai peuple les cérémonies, la manière d’honorer Me* la voie par laquelle il doit marcher, et ce qu’il dot' faire,

« Mais choisissez d'entre tout le peuple, des homm fermes et courageux et qui craignent Dieu, qui aiment lu vérité, et soient ennemis de l*avarice; et donnez ans uns la conduite de mille hommes ; aux autres de cent; aux autres de cinquante, et aux autres de dix. Qu’ils soient occupés à rendre la justice au peuple en tout temps; mais qu’ils réservent pour vous la plus grandes affaires, et qu’ils jugent seulement te plus petites* Ainsi, ce fardeau qui vous accable cte viendra plus léger, étant partagé avec d'autres » (la Bible).

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