‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 3 sur 48 · CONCEPTION ET ELAN 1)B L'OUVRAGE · texte numérisé non relu

CONCEPTION ET ELAN 1)B L'OUVRAGE

Je donne un second coup d'œil sur la Judée.

Saul, David, Salomon» le temple, les ouvriers qui le construisirent, nous occupent a lion droit. Je suis beaucoup plus bref sur les successeurs décos premiers rois.

Je dis eomment vers le temps que Moïse quittait KEgypte à la tête des siens, Gccrops, Danaüâ, Cadinus, etc., quittèrent, les uns le même sol, les autres d’autres contrées et allèrent s’établir en Grèce, Je traite, né appuyant sur la tradition, de la fondation d'Argos, de Thèbes, d’Athènes, de Sparte et autres villes. Je dis quelques mots de l’expédition des Argonautes, de la guerre do Tlièbes et de celle de Troie.

Àrrrivé à Homère, je prends de l'espace. Je donne de nombreux extraits des œuvres de ce grand poète : je veux que tant de beautés ne soient pas ignorées du peuple. Cest avec le secours d'Homère; c'est appuyé sur lui que je peints Vesprit et les mœurs de la vieille Grèce, Je complète cette exposition avec le secours d'Hésiode. Ce sont là deux poètes amis du peuple, dont ils étaient sortis.

Je retrace les migrations des Grecs dansTAsie- Mineure, dans la Sicile et dans l'Italie; je dis les changements qui se firent dans l'esprit grec, lorsque les fils des familles puissantes n’eurent plus que des richesses et point de vertus, Lycurgue précipita les tendances des grands vers Te mépris du travail et des travailleurs : son œuvre fut impopulaire, et ne mérite pas, scion moi, les éloges qu'on lui a prodigués. A Lycurgue je préfère Solon, et je dis pourquoi*

Après avoir fait connaître Tétât de la Grèce pen-

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dant et après Solon, après avoir parlé de T usurpation de Pisistrate et de 1 exil de ses fils» qui lui avaient succédé, sentant le besoin de rendre ce travail le plus complet possible» et afin qu aucune partie considérable dsi monde n'y soit omise, je fais une excursion en Chine. Je suis rapide sur les premiers temps de cet empire; je m'arrête sur les régnés de \ao, de Chun , de Yol Après ce dernier empereur, on voit des dynasties naître» se former, se corrompre, tomber» et de nouvelles dynasties les remplacer, pour faire place a leur tour, et quand le jour de leur chute est arrivé, à d'autres dynasties.

Ce fut dans des temps de misères publiques qu'on vit apparaître Lao-Tzeti, puis Confucius, ensuite Mancius, Je mets sous les yeux de mes lecteurs des morceaux puisés dans leurs écrits; et je puis avanctir ici qu il est impossible, à moins de les avoir lus, de se faire une idée de l'esprit populaire et fraternel de ces vieux philosophes chinois.

Je passe de la Chine à l'Inde; et là, en plein brahmanisme» je vois le prêtre gouverner les hommes, et les fanatiser, et les pervertir, et les diviser par castes, et faire de l'homme l'ennemi de 1 homme. J'ai présenté sortant d'abus, sur tant de révoltantes inégalités, les réflexions dont j'étais pénétré. Tant de scélératesse organisée, présentée dans le langage le plus bénin, le plus doucereux, ne peut que soulever le cœur.

Jo passe en Perse, et là je remonte aux Bactrians, aux Modes ; je dis comment les Perses maîtrisèrent les Mèdes; comment ils reçurent chez eux la religion de Zoroastre,née dans l'Arie ou dans la Baotriane ; après avoir traité de Cyrus et

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de Cambyse, j’accompagne un moment Darius dans ses expéditions; mais quand son fils Xerxès lui a succédé et qu’il veut venger l’affront que son père a reçu à Marathon , je ne le quitte pas. Je le suis dans l’Âsie-Mineure, je traverse avec lui l’Hellespont, la Thrace, la Macédoine, laThessalie.

J assiste aux batailles des Thermopvlcs et de l’Artimisium. Je me trouve présent à la bataille de Salamine, à celle de Platée, à celle de Mycale, Cette guerre de l’indépendance, si glorieuse pour la Grèce, pour les amis de la liberté et de la démocratie, m a fait battre le cœur, m’a transporté d enthousiasme ; et j'espère que mes lecteurs éprouveront de semblables émotions.

Je passe rapidement sur la guerre du Péloponnèse; guerre de Sparte contre Athènes, des Grecs contre les Grecs.

là, je cesse momentanément de m’occuper*do guerre; je donne un nouveau coup d’œii sur les premiers poètes grecs; je traite des anciens sages, de Thaïes, de Solon, et autres. Les poètes moralistes, Théogonis, Phocylide, Démocrate; les poètes tragiques, Eschyle, Sophocle, Euripide, méritent notre attention. Je présente de nombreux extraits do leurs œuvres; j’en fais ressortir les idées religieuses, morales, politiques, sociales : elles me sont utiles pour bien peindre leur époque, qui a souvent trait à la nôtre.

Socrate arrive : je fais passer sous les yeux du lecteur ses grandes idées sur Dieu, sur la morale, la politique, le travail. Je parle de ses disciples, au nombre desquels se trouvaient des artisans.

0,1 remarquera que Socrate aimait les ouvriers, qu il ne dédaignait pas d'en avoir pour apôtres, et

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que Xénophon et Platon, ses deux plus illustres élèves, insultèrent avec passion au travail et aux travailleurs ; le second surtout : aussi j'ai cru devoir faire ressortir les inconséquences, les contradictions, les absurdités, les impiétés même de plusieurs philosophes qu’on a trop légèrement décorés des titres de sage et de divin. Mars le lecteur ne pourra comprendre à fond la nature do mon travail qu'a près en avoir pris une ample connaissance.

Aucun philosophe remarquable* aucun système de philosophie, n'y sont passés sous silence; je parle de tout, je juge de tout librement, et le plus souvent autrement qu’on ne Ta fait jusqu ici.

Platon, Aristote, d'autres philosophes, exercèrent leur influence, influence trop souvent fatale ; l'egprit d’aristocratie s’étendit; les rois de Macédoine se montrèrent redoutables; Démosthène et le peuple, comprenant la liberté et Y in dépendance de la patrie, firent tout pour elle, tandis que les grands, élèves des écoles philosophiques, avaient perdu toute vigueur et ne comprenaient plus rien, pas même leur égoïsme. Je donne de longs extraits des sublimes et patriotiques discours de Demosthènes, le plus grand et le plus logique de tous les orateurs.

Alexandre se manifeste; je le suis dans son expédition en Perse. Après qu'il a vaincu, après qu'il a cessé de vivre, je juge cet homme et ses travaux. Nos savants politiques pourront juger mon jugement, s'ils pensent qu’il en vaille la peine.

Les lieutenants de ce héros déchirent l'empire, qu'ils avaient aidé n former, et leur œuvre de clé- «omposition mérite qu'on ne la passe pas sous

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silence* Les peuples sont la proie des ambitieux, et !c tableau scandaleux qu’ils nous offrent on est un exemple des plus frappants.

En ce temps, Athènes pousse un dernier cri de liberté; le peuple croît et espère encore, mais les grands courent au-devant du joug, el la Grèce s’allaisse pdur ne plus se relever*

Je termine sur ce pays par une comparaison raisonnée de Sparte et d'Athènes, fie l'oligarchie et de la démocratie ; je mets en présence les résultats des deux principes* Je vois a un côté des barbares orgueilleux, ne sachant que se battre et tuer; je vois du côté opposé des généreux guerriers, des poètes, des orateurs, des artistes, des philosophes, un peuple travailleur plein de vie; et je suis pour les producteurs contre les destructeurs, pour la vie contre la mort* Athènes fut toujours calomniée et Test encore; en sera-t-il toujours ainsi?

De la Grèce je passe dans la Sicile et dans la partie de l'Italie appelée Grande-Grèce* J'assiste à l'établissement des premières colonies; je vois des états se former et se développer rapidement* Je parle de Charondas, de Zaleueus, de divers autres législateurs, de Pythagore et de son école, appelée école italique.

la ville de Syracuse, tantôt soumise a des rois, appelés tyrans ou chefs couronnés du parti démocratique; tantôt a la faction républicaine bourgeoise, et que tant de luttes politiques et sociales ont agitée et déchirés, m’a fourni le sujet d’un enseignement pratique des plus pmfUaMes pour l'homme qui veut penser*

Carthage nous appelle ensuite; mais comme j’avnîs irai lé en son lieu de ses guerres contre la

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Sicile, guerres si féroces, je passe rapidement ; et même, avant d'être arrivé au grand Ànnibal, je saute à Rome, parce que la suite de Carthage doit se lier et se confondre avecT histoire des Romains, histoire qui aura de retendue.

Ainsi que je l'ai fait pour tous les autres peuples, je parle des traditions du peuple romain, de Romulus, de Rcnms et de la louve qui les nourrit, dit-on; je traite des rois, de F institution de la république, des discordes intérieures, de la lutte des ordres, de la fierté et du dédain des patriciens, du courage et de la constance des plébéiens. On verra que ceux-ci n obtinrent jamais une liberté, jamais un droit quelconque de la noblesse, sans le lui ar* rachcr avec violence.

C'est quand les deux ordres sont également admis à tous tes emplois que la république voit cesser ses luttes intérieures, prend son essor, et devient toute puissante.

Je traite des conquêtes de Home, des guerres d’esclaves, des guerres civiles, des séditions, des transformations, de la politique des Romains, et, croyez-Ie, ces nobles sénateurs, que Ton a tant vantés, furent d'illustres scélérats ; l'histoire n'est ii leur égard qu'un menteur cl lâche panégyrique. Mon travail étant en quelque sorte un travail de critique, j'ai dû mettre à nu, sans égard pour les idées reçues , les lâchetés, l es bassesses, les cruautés cle ceux que l'esprit de parti, ou la servilité, ou l'aveugle routine, flattent depuis trop longtemps, et que moi je châtie, quels que fussent les talents dont ils étaient doués. Ce que je veux trouver dans un homme, ce n'est point un art sophistique; c'est la vraie sagesse, ç est la vraie vertu, c'est la logique

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dans les idées, la constance dans les actions, et, pour principe et pour mobile de ces mêmes actions, le bien general. Ceux qui parlent bien et agissent mal, ou qui ne sont que contradiction, on doit les flétrir; nous les flétrissons suivant nos forces.

J’ai traité de Marins, de Sylla, de Catilina, des tribuns du peuple, de Cicéron, de Pompée, de César, de Brutus, d’Auguste; on verra comment. C’est au règne de Tibère que je me suis arrêté.

À partir de là, je ne suis plus le même ordre, et, par des articles particuliers qui lient ensemble des détails disséminés dans toute l'étendue de l'ouvrage, il m’est facile de me compléter, et de soumettre à mes lecteurs tout ce que je juge propre à les intéresser.

J’aborde le caractère des divers gouvernements dans les divers pays, et cela me fournit l'occasion de reproduire plusieurs ordonnances des anciens empereurs chinois, qui devraient être le désespoir des souverains actuels, s’ils étaient sensibles; ces ordonnances, j’aurais pu les placer dans la partie consacrée à la Chine, mais craignant de fatiguer là par une sorte de monotonie de beauté, j’ai préféré les transporter où elles devaient faire contraste.

Je traite des religions et des mœurs, et cela me conduit chez les Scythes, chez les Lybiens, chez d’autres peuples, qui n’ont pour toute histoire et tout gouvernement que la religion et les mœurs. Làrt, la science, la philosophie des anciens m’occupent encore : Zenon, Epieu re, ont la des articles particuliers; je compare, je juge leurs doctrines. Ailleurs, j’ai apprécié d’autres savants cl d’autres

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