‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 32 sur 48 · T QUI QUE CE SOIT · texte numérisé non relu

T QUI QUE CE SOIT

* Vous ne recevrez point de présents, parce qu'iU « aveuglent les sages mêmes, et qu'ils corrompent les ju» ff (jements des justes » (la Bible)*

Voilà d’excellents principes de justice et d’égalité; ils durent étonner quand Moïse les lança dans le monde. Son avis aux juges de ne point accueillir des présents est toujours bon ; ils en ont toujours le même besoin : puissent-ils s’en bien pénétrer et ne l’oublier jamais!

tf Vous travaillerez durant six jours, dit Moïse, et « le septième vous ne travaillerez point; afin que « votre bœuf et votre âne se reposent , et que le fis de votre fl servante et l'étranger aient quelque relâche » fia Bible)* C’est là une mesure d’lmmanïté en faveur des travailleurs* Dieu s’est reposé le septième jour, et tout ce qui travaille a besoin de repos. Que Moïse

HKJIHEl

était bien plus généreux; qu’il aimait le peuple bien autrement que ceux qui lui disent : Supprime les jours de repos, travaille sans relâche, et tu pagne ms davantage. Us le trompent, car ils épuisent ses forces, détruisent sa santé, et ajoutent à sa misère une misère plus profonde et plus invétérée.

Moïse avait institué leruBiLÉ: c'était une fête qui se * célébrait tous les cinquante ans ; fête d’affranchis* I senient et de joie.

« Vous sanctifierez la cinquantième année (dit « Moïse avec Dieu), et vous publierez la liberté ijènt- « raie à tm* In habitants du pays; parce que c’est « l'année du jubilé. 'J’out homme rentrera itani l>

« bien quil •possédait, et chacun retournera à sa pre- « rai ère famille.

<* En l’aimée du jubilé, tous rentreront dans les « biens qu’ils avaient possédés.

« Lu ferre aussi ne re vendra point A perpétuité, paru « quelle est A moi (elle est à Dieu), et parce que i-rns « y êtes comme des étrangers à qui je lu loue » (la Bible).

Ainsi Moïse, qui avait vu dans l'Égypte toutes les possessions passer entre les mains du roi, veut (jus ses concitoyens soient propriétaires quand même', il s’oppose, de toutes ses forces, à ce que les uns agglomèrent toute la richesse, pendant qu une misée sans terme serait le partage des autres.

Voici contre l'usure :

« Si votre frère est devenu fort pauvre, et qu'il nu « puisse plus travailler des mains, et si vous i’asea « reçu comme un étranger qui est venu d’ailleurs,

« et qui ail vécu avec vous, ne prenez point d'inlerd

LOIS DE MOÏSE. H9

« de lui, et ne tirez point de lût plu* que rou# ne lui 0 avez donné . Craignez votre Dieu, afin que votre « frère puisse vivre chez vous. Fous ne frit donnerez « pas votre argent à u*ure> et vous rf exigerez pas de

* lui plus de grains que vous ne lui en aurez donné,

* N'accablez donc pas votre frère par votre ptiis- « sanee, mais craignez Dieu » (la Bible).

Puissent nos riches ne point dédaigner les paroles de Moïse I Qu'ils craignent Dieu ! car ses menaces ne sont pas sans effets; les révolutions les réalisent, les transforment en faits vrais, positifs, et cela devrait sans cesse les faire réfléchir.,.

De magnifiques monuments, de hautes pyramides, des statues de toutes les formes couvraient l'Égypte, et engendraient chez PÉgyptien P ostentation et la superstition. Moïse désapprouve cela dans les termes suivants :

K Vous ne vous ferez point d'idole ni d'image « taillée ; vous ne dresserez point de colonnes ni de « monuments; et vous n'érigerez point dans votre s terre de pierre remarquable par quelque super- « stilîon pour l'adorer, car je suis le Seigneur votre « Dieu » (la Bible).

Voici de beaux préceptes de morale et de cha~ ri té; gmvons-les dans notre cœur,

« Que chacun respecte avec crainte son père et « sa mère. Gardez mes jours de sabbat* Gardez-vous a bien de vous tourner vers les idoles, et ne vous « faites point de dieux jetés en fonte,,.. Lorsque « vous serez à la moisson dans vos champs, vous

120 HÊBRECX.

« ne couperez pas,jusqu'au pied ce qui sera crû <r la terre, et vous ne ramasserez point les épis (fui a seront restés. Vous ne cueillerez pas aussi dans « votre vigne les grappes qui restent, ni les grains te qui tomben t; mais vous les laisserez prendre aux u pauvres et au* étrangers. Je suis le Seigneur va- <r tre Dieu, r

a Vous ne déroberez point, vous ne mentira « point, et nul ne trompera son prochain. Vous ne « jurerez pas faussement en mon nom, et vous ne « souillerez point le nom de votre Dieu- Vous ne « calomnierez pas votre prochain et vous ne l’op- « primerez point par violence. Le prix du meremtirt a qui vous donne son travail ne demeurera point chez # vous jusqu'au matin .

« Vous ne refuserez point h l'indigent et au pau- « vre ce que vous lui devez, soit qu’il soit votre « frère, ou qu'étant venu du dehors, il demeure if avec vous dans voire ville; mais vous lui rendrez h a meme jour le prix de son travail avant le coucher à « soleil, parce quil est pauvre ti qu'il na que ctk « pour vivre; de peur qu'il ne crie contre vous au « Seigneur, et que cela ne vous soit imputé à *i péché.

« On ne fera point mourir les pères pour les en- « fants, ui les enfants pour les pères; mais chacun » mont ra pour son péché.

« Vous ne violerez point la justice dans la cause « fie l’étranger, ni de l'orphelin, et vous nïdero « point a la veuve son vêtement pour vous tenir « lieu de gage,,...

LOIS DE MOÏSE

ri Si vous prêtez de l'argent à ceux de mon peuple « qui sont pauvres parmi vous, vous ne les pressent rez point comme un txacteur impitoyable, et vous n ne les accablerez point par des usures. Si votre -f prochain vous a donné son habit pour gage, vous

* le lui rendrez avant que le soleil soit couché, car « c'est le seul habit qu'il ait pour se vêtir, c’est ce- « lui dont il se sert pour couvrir sou corps, et il n'en « a point d'autre pour mettre sur lui quand H dort : it s’il crie vers moi, Je l'exaucerai, parce que je suis « bon et compatissant.

« Vous ne parlerez point mal du sourd, et vous « ne mettrez devant l'aveugle rien qui puisse le faire « tomber.

^ Vous ne ferez rien contre l’équité, et vous ne «jugerez point injustement. N'ayez pas d'égard « contre la Justice à la personne du pauvre, et ne « respectez point contre la justice la personne de « l'homme puissant. Jugez votre prochain selon la « justice.

« Vous ne serez point parmi votre peuple, ni un

* calomniateur public, nî un médisant secret. Vous

* ne ferez point des entreprises contre le sang de « votre prochain. Vous ne haïrez point votre frère " dans votre cœur..* Ne cherchez point à vous venger *

I * et m conservez point h souvenir de t'injure de vos con- « citoyens. Vous aimerez votre ami comme: vous- « même.

* Ne vous détournez point de votre Dieu pour « aller chercher les magiciens, et ne consultez point

122 HÉBREUX

* les devins, de peur de vous souiller en vousadres-

* saut à eux (1).

« Levez-vous devant ceux qui ont les cheveui « blancs; honorez la personne du vieillard*

* Vous ne parlerez point mal des dieux et vous ne « maudirez point le prince de votre peuple (2),

« Sî un étranger habite dans votre paye et demeure <* au milieu de vous, ne lui faites aucun reproche:

* mais qu’il soit parmi vous comme s’il était né dans « votre pays: et aimez-Ie comme vous-méme; car vous n avez été aussi vous-mêmes étrangers dans nfe^yptr.

« Vous ne ferez aucun tort à ta veuve et à f orpMâ* a Sî vous le* offensez en quelque chose, ils crieront cfO « moi , et f écouterai leurs cris,

t * Ne faîtes rien contre l’équité, ni dans les jugfr « monts, ni dans ce qui sert de règle, ni dans te « poids, ni dans les mesures. Que la halanee sait <* juste, et les poids tels qu’ils doivent être; que le

* boisseau soit juste, et que le setter ait sa me- « sure* Je suis le Seigneur Dieu qui vous ai tirés de « l'Égypte.

u Si vous rencontrez le bœuf de votre ennemi, ou u son Sue lorsqu’il est égaré, vous le lui ramènerez. « Si vous voyez l'âne de celui qui vous hait tomber «ow « sa charge , vous ne passerez pas outre ; mai* v«u$ tar « devez à se relever. »

fl) Ce conseil peut encore s’adresser h plus d’un habitant^ la capitale du monde civilisé; et nous sommes en 18491 (3) Le pnncfl, c'e&t le conducteur, le chef des Israélite*; dit*u&> ce sont les juges appelés à prononcer sur les diiîëreirè du peuple.

LOIS l>E MOÏSE-

Rien de plus élevé et de mieux exprimé que ces préceptes de morale et de charité; mais ils ne suffisent pas toujours; des crimes se commettent, et il faut des lois pour réprimer. Moïse commandait à un peuple ennemi de toute discipline* et qu'un long esclavage avait corrompu, abruti, et que vingt fois il appelle têtu durm, Aussi se montre-t-il sévère dans ses lois pénales; il tient en main la verge de fer, et pcülrêtrc avait-il besoin de toute sa rigueur pour s'acquitter de sa grande mission. Voici des articles de ces lois rigoureuses, qui ne pouvaient être laites que pour un peuple et pour des temps très vicieux :

« Si un homme d’entre les enfants d'Israël ou des «r étrangers qui demeurent dans Israël, donne de ses « enfants à T idole de Moloeh (pour être sacrifiés),

« qu'il soit puni de mort, et que le peuple du pays « le lapide « (la Bible).

Il était donc nécessaire de proscrire les sacrifices humains 1

« Si un homme se détourne de moi (c'est Dieu « qui parle) pour aller chercher les magiciens et les ^ devins, et s'abandonne a eux par une espèce de « fornication, il attirera sur lui l'œil de ma colère, « et je l'exterminerai au milieu de mon peuple,

« Que celui qui aura outragé son père ou sa mère « soit puni de mort.

* Si quelqu'un abuse do la femme d’uu autre, et « commet un adultère avec la femme de son pro- « Chain, que riiommc adultère et la femme adultère " meurent tous deux*

HÉBREUX

* Si quelqu’un abuse de sa belle-mère, et vide ï

* son égard le respect qu’il aurait dû porter à soa « père, qu’ils soient tous deux punis de mort.

«Si quelqu’un abuse de sa belle-tille, qui « meurent tous deux, parce qu’ils ont commis un « grand crime,

« Si quelqu’un abuse d’un homme comme si c p é*

« tait une femme, qu’ils soient tous deux punis de « mort, comme ayant commis un crime exécrable,

« Celui qui, après avoir épousé la fille, épouse en- « eore la mère, commet un crime énorme : il sens « brûlé tout vif avec elle.

« Celui qui se sera corrompu avec une bête quelle 1 « qu’elle soit, sera puni de mort; et vous ferez aussi

* mourir la bête avec lui,

« La femme qui se sera aussi corrompue avec une « bêle quelle qu’elle soit, sera punie de mort avec « la bète.

« Si quelqu’un frappe un homme avec dessein dfl ■ « le tuer, qu’il soit puni de mort.

« Si quelqu’un tue son prochain de dessein pré- « médité, et lui ayant dressé des embûches, vous « l’arracherez même de mon autel pour le faîte « mourir,

« Celui qui aura enlevé un homme et Couru ctiuh.

« s’il est convaincu de ce crime, sera puni de mort (la Bible),

Tai parlé de la punition des crimes, voici pour le* délits :

« Si deux hommes se querellent, et que Y m « frappe l’autre avec une pierre ou avec le poing*

LOIS DE MOÏSE

« et que le blessé n'en meure pas, mais qu'il soit

* obligé de garder le lit; et s'il se lève ensuite, et « qu'il marche dehors, s'appuyant sur son bâton*

* celui qui l'avait blessé sera regardé comme inno- « cent de sa mort; mais il sera obligé de le dédom- «t mager pour Je temps où il n'aura pu s'appliquer à " son travail* et de lui rendre tout ce qu'il aura «r donné ù ses médecins.

« Celui qui aura tué une bête en rendra une autre « ii sa place,

« Celui qui aura outragé quelqu'un de ses conclut toyens, sera traité comme il aura traité l’autre.

« Et en général ou rendra œil pour œil, dent pour « dent, main pour main, pied pour pied, brûlure « pour brûlure, plaie pour plaie, meurtrissure pour « meurtrissure*

« Que la justice se rende égale parmi vous, que « ce soit un étranger ou un citoyen qui ait péché, « parce quejesuis le Seigneur votre Dieu » (la Bible)*

Des lois concernant le vol, les incendies, les dépôts, les impudicités, etc., je n’en parlerai pas*

Je dirai seulement qu’elles sont généralement justes, mais peu sévères; surtout celles relatives aux vois. Quant a la plupart des lois dont je viens de reproduire de nombreux articles, elles peuvent nous conduire à de sérieuses réflexions, et nous faire concevoir c|ue les peuples primitifs n'étaient pas aussi simples et aussi vertueux qu’on s’est plù à nous le dire.

Moïse porte des lois contre les sacrifices humains, contre Fidolûtrie, contre l'adultère, contre la pédé-

HEfiRElX.

rastie, contre l'accouplement des hommes et dei femmes avec les bêtes; et cela prouve que tous m * vices existaient dans ces vieux temps. On ne parle 1 pas de réprimer des vices quand ces vices sont inconnus* Moïse avait doue besoin de toute sa rig ueur; et ses lois relatives aux abominations dont je viens de parler, ainsi que celles concernant les meurtres, f portent nécessairement un cachet d’inflexible sévérité : œil pour mit, tient pour dent $ quand la chose m va pas au-delà. Et cependant ces lois, ü faut le rc* connaître, sont basées sur un principe de stricte justice.

Moïse donne des ordonnances et des lois sur k culte, sui' les esclaves, sur les étrangers, sur Îp meurtre, le vol, les incendies, la négation des dépôts, les emprunts, les impodicités, les adultères, les maléfices, les idolâtries; sur les veuves* les orphelins, les pauvres, les grands; sur les prémicas, sur les dîmes et les impôts; sur les devoirs liés ju* ges; sur la Pâque, le Sabbat, les fêtes de Tannée; sur la construction de T Arche sainte et tous ses accessoires; sur les prêtres, sur leurs iiabits et les cérémonies; sur les sacrifices, les holocaustes* I® oblations, les répartitions et les expiations; sut 1 te animaux purs et les animaux impurs ; sur la purtë* cation des femmes ; sur ïes lépreux, sur les mariages; contre les sacrifices humains; contre ceux qui consultent les devins; sur les mœurs, sur la pénalité, sur le jubilé, contre les blasphémateurs; sur h vente et le rachat des biens; sur le rachat des hommes et des bêtes ; contre l'usure, etc., etc*

LOIS DE MOÏSE

Critique *ur le* loin de Moïne.

Mais faut-il dire que tout est parfait dans les lois de Moïse? Qu’on ne peut rien y trouver à reprendre? Pour ma part, malgré l'admiration que je professe pour ce grand et sublime législateur, je ne puis f lout approuver.

Oui, le sort de P esclave hébreu est adouci, le. temps de sa servitude est limité, et « si un homme « donne un coup dans l’œil à son esclave ou à sa * servante, et qu’ensuite ils en perdent l’œil, il les « renverra libres pour l’œil qu’il leur a fait perdre.

« Il renverra encore libres son esclave ou sa servante « s’il leur a fait sortir une dent de la bouche. » Cela est bien, eu égard au temps; et nos lois concernant les esclaves des colonies ne vont pas toujours aussi loin. Mais voici quelque chose de trop fort :

« Si un homme frappe son esclave ou sa servante 9 avec une verge, et qu’ils meurent entre ses mains, il sera coupable de crime; mais s’ils survivent un f deux jours, il n’en sera point puni, parce qu'il a les a achetés de son argent » (la Bible).

Cela est peu rassurant pour l’esclave et pour la servante, et s’éloigne considérablement de la stricte justice : on ne trouve pas là : œil pour œil , dent pour dent.

L’esclave hébreu qu’on aura acheté sera libre de s’en aller au bout de sept ans sans rien donner à son maître. Mais si le maître lui a fait épouser une femme, et s'il a d’elle des fils et des filles, la femme, les fils et les filles resteront dans la servitude « et " pour lui, il sortira avec son habit. »

UBBREL'X,

« Si l'esclave dit : J’aime mon maître, et ma femme « et mes enfants, je ne veux point sortir pour être « libre : son maître le présentera devant les dim 1 « (devant les juges), et ensuite Payant fait approcher n des poteaux de 3a porte de sa maison, il lui percera (< I oreille avec? une alêne, et il demeurera mn esclm w pour jamais » (la Bible). f

Cela n est-il pas terrible pour l’esclave hébreu? Ht encore celui-là trouve dans la loi des clauses qui le favorisent ; mais en est-il de même de l'esclave étranger ? Non, et on va le voir ;

Dieu dit; car c’est toujours Dieu qui parle dan? la loi de Moïse : *c Si la pauvreté réduit votre frère à « se vendre à vous, vous ne l'opprimerez pas en le « traitant comme les esclaves... Ainsi, qu’on ne le (t vende pas comme les autres esclaves, u Ayez des esclaves et des servantes des nation*

« qui sont autour de vous, Tous les laisserez à.rofft « postérité par un droit héréditaire , et vous en serez la a maîtres pour toujours ; mais n’opprimez point par « votre puissance les enfants d'Israël qui sont vos « frères b (la Bible).

L’esclavage peut donc exister dans toute su rigueur à l’égard des étrangers. Les adoucissements apportés à l’esclavage ne les concernent nullement, et alors | l’utile modification de cette barbare loi perd um 1 partie de sa vertu.

Les prêtres et les lévites n’ont point de terrés; Moïse n’a pas voulu qu’ils fussent riches comme les prêtres égyptiens; ils doivent donc vivre des offrandes du peuple; et il est juste que le peuple, coinnn 1

Page 1