‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 34 sur 48 · MOÏSE ET LES ARTISANS · texte numérisé non relu

MOÏSE ET LES ARTISANS

iluvi'lertf. Tr«iaux onlontiôi pur ütoï*e.

Les Hébreux, peuple pasteur et cultivateur, notaient point habiles dans les arts industriels, Cependant, dans leur long séjour en Égypte, ils furent employés à des travaux de briquetage, et même fori cés T d’après Flavius Joseph, « d'apprendre awc peine Hem art g et divers métiers. » Cela devait leur servir plus lard, La Bible nous a parlé d'une multitude de fm du petit peuple égyptien, qui s'étaient enfuis avec les Hébreux, El y avait nécessairement parmi eux des artisans de toutes sortes de professions. Quand donc TJoïse, qui d abord avait proscrit les colonnes elles travaux d’art, sentît la nécessité de faire un temple portatif et de donner au culte quelque chose d’extérieur, afin de retenir Je peuple, qui déjà se livrait » l'adoration du veau d’or, il trouva autour de lui des ouvriers de beaucoup de talents et dignes de son intime : ajoutons que des Phéniciens, si habiles dans les arts industriels, durent se joindre aux travailleurs de Moïse.

Le plus célèbre de ces ouvriers était Béséléel, dis d’ürî, qui était fils de Hur, de la tribu de Juda. "il était, dit la Bible, plein de sagesse, d’intellîk gence, de science et d’une parfaite connaissance « pour inventer et pour exécuter tout ce qui peut se faire en or, en argent et en airain; pour tuilier fl et graver les pierres, et pour tous les ouvrages de menuiseriti »

Ooliab, (ils d’Aehîsamech* de la tribu de Dan, lui | joint. Ils savaient travailler les pierres, les me-

HKBRErX.

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taux, les bois et sur toutes sortes d’étoffes. « Dieu, dit la Bible, a répandu ta sagesse dam te cœur de tous ht artisans habites; » et cela, afin qu’ils puissent faire tous les travaux qui leur seront commandés, a Les ouvrages de tous ces artisans remplis de Fu* prit de Dieu, et qui devaient prendre tous les sept jours un jour de repos, sous peine de mort, furent:

Le tabernacle, ou temple portatif; fareta, où se renfermaient les Tables de la loi ; le propriatoire; k table des pains de proposition; le chandelier d’or; l'autel des parfums; l’autel des holocaustes; lefeassin d’airain, les vases, les plats, les coupes, les encensoirs, les lampes, les vêtements des prêtres, brillants d’or et de pierreries.

Je no puis parier longuement de tous ces travaux; cependant, pour donner une idée de leur rie hem j’entrerai dans quelques détails.

Le tabernacle était un temple portatif, formé, \w de quatre murs, mais d’ais et de colonnes de bûisdo sétîn, recouverts de lames d’or, avec chapiteaux d’or et bases d’argent. Des rideaux de chacun vingt* huit coudées de long sur quatre de large, et faits Je fin lin retors, de fils d’hyacinthe, de pourpre etd'é carlale teinte deux fois, le tout en broderies de différentes couleurs; ils s adaptaient sur les colonne et formaient un grand espace carré, dans l'intérieur duquel on déposait l’arche, Le tabernacle, ou W m pie portatif, devait être dressé à chaque camj# ment,

Varche était en bois de sétin. t* Elle avait tieitf « coudées et demie de long, une coudée et detfifo

VOÏSS ET LKS ARTISANS.

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* de large, el une coudée et demie de haut. » Un or très-pur la recouvrait dedans et dehors, un© couronne d’or régnait tout autour. Il y avait aux quatre coins de l’arche quatre anneaux d’or fondu ; et des Miens de bois de sétin, recouverts d'or, passaient par ces anneaux et servaient à la porter.

II y avait deux chérubins en or battu aux deux côtés du proprialoire, au-dessus duquel ils étendaient leurs ailes qui venaient se toucher par les deux extrémités, et se regardaient l'un l’autre.

Le chandelier, de l'or le plus fin, battu au marteau, avait des branches, des coupes, des pommes et des lys qui sortaient de sa tige.

Six branches sortaient des deux côtés de sa tige, trois d'un côté, et trois de l'autre, etc.

« Le ratwnol du grand prêtre était tissu du mé- « lange de fils différents, comme l'épbod, d'or,

* d’hyacinthe, de pourpre, d’écarlate teinte deux « fois, et de fin lin retors, dont la forme était car- « rée, Fétoffe double, et la longueur et la largeur de « la mesure d'une palme.

* b mit dessus ( Béséîée!, ouvrier par excellence) quatre rangs de- pierres précieuses. Au premier

* rung.il y avait la sardoine, le topaze et l'émeraude ;

,T Au second, Fescarboucle, le saphir et le jaspe;

* Vu troisième, la ligure, l'agalhe et l'améthyste ; ,f Au quatrième, la chrysoîîthe, Fonyx ei le béryl;

a el les enchâssa dans For chacune en son rang.

« Les noms des douze tribus d’Israël étaient gra-

* vés sur ces douze pierres précieuses, chaque nom

* sur chaque pierre » (la Bible).

Vàk HEBREUX.

Je ne pousse pas plus loin rénuinératioa désiravaux artistiques et mdüstmJ#, j'ai voulu seuleniônl prouver qu'au moment de leur sortie d’Égyple, Iss Israélites et ceux qu'ils s'étaient adjoints, savaienl couper le bois, fondre les métaux, les battre suj reuclume, tailler les pierres précieuses; qu'ilseon* naissaient les couleurs les plus belles ; qu'ils .fl- . valent filer, tisser des étoffes remarquables, et la orner de riches broderies. Ils étaient fondeurs, sculpteurs, graveurs et tisseurs. Us avaient m\è des connaissances variées dans les arts, et si rÉgyptn’avait pas été un pays détesté par eux, et pour cause, ils auraient pu lui témoigner quelque reconnaissance pour les talents qu'elle leur avait communiqués,,. Mais arrêtons-nous nn moment, nous im trompons peut-être jusqu’à un certain point; peutêtre que le génie égyptien n’avait pas présidé seul aux travaux dont nous venons de parler, et ecb, nous Pavons fait pressentir ailleurs. En Égypte, b artisans ne devaient exercer qu’un seul métier; d cependant nous voyons que Bésélécl et Ooliabp tiquaient un grand nombre de métiers» la fois; qu il' étaient à la fois architectes, si je puis parlerais conducteurs de travaux, et qu’ils travaillaient# mêmes sur toutes sortes de matières.

Enfin, étaient-ils les élevés des Égyptiens?ÊlaW ils les élèves des Phéniciens, ces habiles ml^uît amis de Moïse ? Nous ne pouvons rien affirmeriez égard, mais nous croyons que la Phénicie avait q< sur eux; et, du reste, l'arche construite par les vrïers de Moïse devint plus tard le modèle du teûf! 1

MARCHE UASS LE DESERT* MU RM U RB* 133

de Salomon, que des artisans de la Phénicie construisirent presque exclusivement; et cela doit avoir pour nous une signification très-évidente*

Hoïhc avance wer« In terre promise*

Moïse avait fait ses principales lois; les travaux 1 qu'il avait commandés aux artisans étaient achevés ; il fait le dénombrement des enfants d’Israël pur tribus, par maisons et par têtes ; il classe les tribus, assigne â chacune son emploi eî le lieu qu'elle devra occuper dans la terre promise ; et il se met en route avec cette multitude (1490 uv. J.-C.). L'arche de l'alliance était portée à la tête du peuple; dans sa marche, Moïse complétait ses lois*

Les Hébreux, harassés de fatigues, murmurèrent.

* Or, dît la Bible, une troupe de petit peuple qui était y fl mu d'Egypte avec eux* désira de la ehair avec «grande ardeur, et s'assit en pleurant; et ayant « aussi attiré à eux les enfants d'Israël, ils commun- » cèrent de dire: Qui nous donnera de la chair? « Nous nous souvenons des poissons que nous mnu-

* gions en Égypte presque pour rien ; les eoncom- « bres, les melons, les poireaux, les ognons et l’ail « nous reviennent a l’espri t * Notre âm e esttoutesècb e;

* nos yeux ne voient que de manne »(1490av, J .-(]*). Moïse voyant le peuple qui pleurait* chacun dans

sa famille, en fut attristé. 11 ne savait où prendre pour le faire subsister, et se plaignit à Dieu d'avoir à porter, lui tout seul, le poids d’un peuple entier. I! voulait mourir; mais bientôt son courage se ranima, Il s'adjoignit soixante-dix hommes des antiens d'Israël, des plus expérimentés et des plus

HEBAËL’X,

propres b. gouverner ; il s'en fit un conseil et un puissant appui» Ces hommes se pénétrèrent de l'esprit de Moïse et le soulagèrent par leur concours.

« Plût à Dieu, disait le législateur, que tout h peuple a prophétisât, et que le Seigneur répandit son esprit * sur eux! » (la Bible) On voit que ce grand homme aurait désiré conduire un peuple éclairé. Les tyrans p seuls pensent autrement.

Cependant, aux murmures succédaient les ealoifr nies et les séditions, Àaron et d'autres, inspirés par la jalousie, disaient : « Le Seigneur tf a-t-il parlé que « parle seul Moïse 1 Ne nous a-t-il pas aussi parlé « comme à lui? etc. » (la Bible).

Moïse avait envoyé des hommes visiter la terre promise, et ils en rapportèrent * suivant la Bible, «une branche de vigne avec sa grappe, et dem « hommes la portèrent sur un levier; ils prirent « aussi des grenades et des figues de ce lieu-là, * La terre est bonne et produit de bons fruits, dirent ces envoyés, <c mais elle a des habitants très forts, et « de grandes villes fermées de murailles. Nous?

« avons vu la race d’Énac. Àmalec habile vers le i « Midi; lés Hethéens, les Jébuséens et les Amor* cf rhéens sont dans les pays des montagnes; et les « Chananéens sont établis le long de la mer elle « long du fleuve du Jourdain » (la Bible).

De nouveaux murmures s’élevèrent parmi leslsraélites, qui craignaient les peuples contre lesquel; il fallait marcher. Ils criaient : Plût à Dieu que mû fussions morts en Egypte! Ils refusaient obstinément d'avancer. Moïse relève leur courage, et alors, passant de rabattement à une extrême audace, k*

tA GRAPPE DE RAISIN* NOUV. ML RM LUE, 137

Hébreux attaquent Les Àmalécites et les Chananéens sans en avoir reçu Tordre de leur chef; ils se font repousser avec perte* C'était une punition de Dieu (1490 av. J.-C.)*

De nouvelles conspirations fomentent* La Bible dit : « En ce môme temps* Codé, fils dlsaar, qui t * était fils de Caath, comme Caath était fils de Lévi, « Dathan et ÀBiROff, fils d’ÉIïab, et Hqn, fils de « Phélethjtous les trois d’entre les fils de Ruben, s’élèvent contre Moïse,€fi^c deux cent cinquante hommes « des enfants <Tf«fù£/ t qui étaient des principaux de la « synaguogue, et qui dans U temps des assemblées étaient fl appelés et distingués entre les autres par leur nom * » Les murmures, les plaintes, les insinuations, les excitations de Corée, de Dathan, d T Abiron, de Hou, des principaux de la synaguogue s'étant répandus, ayant agi sur les esprits, un parti puissant se forma,et ce parti s'insurgea contre Moïse (1489 uv.

Les détails bibliques, à cet égard, sont très figurés et très voilés* Nous voyons seulement que la terre s entrouvrit sous les pas des insurgés; qu’ils descendirent tous vivants dans l’enfer, et qu’ainsi üsdisparurentdu milieu du peuple* Le lendemain de cette victoire de Moïse, il y eut d'immenses murmures et de nouveaux châtiments : quatorze mille sept cents hommes furent encore supprimés d’entre les enfants d’Israël* Ces révoltes, à la tôle desquelles se trouvaient les plus illustres d'entre les Hébreux, durent être terribles, et nous ne savons ee que seraient devenus les fugitifs de TÊgypte; Si leur terrible et sublime chef eût été vaincu.

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Malgré de fréquents murmures, malgré les attaques des populations dont il traverse les territoires, malgré des combats meurtriers, Moïse marche en avant avec son peuple* et ne cesse jamais d'ajouter des lois à des lois* et complète ainsi son coda, Balaara vient au devant d'Israël et le bénit. Pour* quoi Israël faît-îl mourir Balaam (1452 av. J.-C.)’

Israël se livre a là fornication avec les fillos è Moab; des crimes se commettent; de terribles châ* timents éclatent, Les Israélites sont sans pitié pour les femmes et les enfants des vaincus. Ils pillent, sac* cagent, tuent; et c'est Dieu, dit-on, qui ordonne tout cela î... Combien les hommes sont coupables quand ils font de Dieu l'instigateur de leurs furieuses passions, de leurs sanglantes boucheries. Non, non, il ii T est pas leur complice, celui dont ils invoquent ainsi le nom.

Enfin, les Israélites et leur chef arrivent en vu* de la terre promise (1453 av. J.-C.)* 11 y avait qaaraivte ans qu'ils avaient quitté l'Égypte, qu'ils erraient dans les déserts, et qu'ils combattaient L'fifr vre et la vie de Moïse touchaient à leur terme. Moïse fait pour le peuple un dernier chant, et dé signe Josué pour le remplacer nia tète des Hébreuxil monte sur la montagne d'Àburiin, puis sur c<P de Nébo. qui est au pays de Moab, vis-à-vis Jcricbo j et de là il considère la terre de Clianaan, qui ^ bientôt appartenir au peuple qu’il a conduit ii levers tant d'obstacles. U n'est pus donné à ce gm homme Je fouler de ses pieds la terre promise,^ meurt sur le mont Nébo, âgé de cent vingt ans» (1^* av. J.-G.).

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