‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 40 sur 48 · SEMI RAM IS ET SES TRAVAUX · texte numérisé non relu

SEMI RAM IS ET SES TRAVAUX

était telle que la largeur des murs su (lisait au passage de six chamois de front, et leur hauteur paraissait incroyable* Au rapport de Glitarque et do quelques autres, qui, plus tard, suivirent Alexandre m Asie, le mur était d’une étendue de trois cent soixante-cinq stades qui devaient représenter les jours de l'année. Il était construit avec des briques cuites et enduites d’asphalte. Sou élévation était, d'apis Clésias, de cinquante orgyes (1 h mais, selon des historiens plus récents, elle n’était, que de cinquante coudées, et sa largeur était de plus de deux charriots attelés; on y voyait deux cent cinquante tours d’une hauteur et d’une épaisseur proportionnées à la masse de la muraille* 11 ne faut pas s’étonner si le nombre des tours est si petit comparativementà rétendue de l'enceinte; car, dan s plu sieurs endroits, la ville était bordée de marais, en sorte que lu nature rendait inutile la fortification de main d’homme* On avait laissé un espace de deux plèthres (âj entre les maisons et le mur d’enceinte.

« Pour hâter l’exécution de ces travaux, la reine avait assigné l’espace d’un stade à chacun de ses amis, et leur fournissait les matériaux nécessaires avec l’ordre d'achever leur tâche dans l’année. Pendant qu’ils s’acquittaient de leur devoir avec zèle, ïdîe construisit, dans la partie la plus étroite du

[1) Environ86 mètres* L’orgyt équivaut à la toise ou brasse dtfs morte mes*

(ï) Environ 8U mètres* Le plè titre vaut. 30 mètres; il eu faut pour faire un stade*

ASM' RIENS.

lleuve un pont de cinq stades de longueur (i), reposant sur des piles enfoncées à une grande pwfondeur et à intervalle de douze pieds Tune de l’autre; les pierres étaient assujélies par des crampon? de fer, et les jointures soudées avec du plonil' fondu. Les faces de chaque pile, exposées au courant de l’eau, étaient construites sous forme de sellies anguleuses qui, coupant les Ilots et amortissant leur impétuosité, contribuaient à la solidité de h construction. Le pont était recouvert de planche de cèdre et de cyprès (2j, placées sur d’immenses madriers de palmiers ; il avait trente pieds de large, et n’était pas le moins beau des ouvrages de $<m ramis. De chaque côté du llcuve elle éleva des quai' magnifiques, presque aussi larges que les murailles, dans une étendue de cent soixante stades; ellf fit construire à chaque extrémité du pont un palais d’où elle pouvait voir toute la ville. Ces deux palais étaient, pour ainsi dire, les clefs des deux quartiers les plus importants. Comme l’Euphrate, traversant Babylone, coule vers le Midi, l’un de ces palais regardait l’Orient, l’autre l’Occident, et tous dem étaient d’une grande magnificence. Celui qui était situé vers le couchant, avait soixante stades de circuit; il était fortifié par de beaux murs très-élevé? et construits en briques cuites. En dedans de e* t

(1) Environ 900 mètres.

(2) Hérodote dit qu'on retirait ces planches chaque soir, peur que les habitants d'un quartier n'allassent voler oetttfl® autre. Si Hérodote ne l'ait pas là une calomnie, il fait du mow une peinture de mœurs singulières.

Page 1