‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 41 sur 48 · SEMIÎLAM|& ET SES TRAVAUX · texte numérisé non relu

SEMIÎLAM|& ET SES TRAVAUX

mur était une autre enceinte, faite avec des briques crues, sur lesquelles étaient imprimées des figures de toutes sortes d'an i maux; ces figures étaient peintes avec tant d art qu'elles semblaient être vivantes. Cette enceinte avait quarante stades de longueur. Son épaisseur était de trois cents briques, et sa hauteur, suivant C té si as, de cinquante orgyes, la hauteur des murs était de soixante et dix orgyes* Enfin, en dedans de cette seconde enceinte, il y en avait une troisième qui entourait la citadelle, dont le périmètre était de vingt stades et qui dépassait en hauteur le mur intermédiaire* Sur les tours et les murailles on avuif représenté toutes sortes d'animaux, parfaitement invités par les couleurs et le relief* Ou y voyait une chasse, composée de différents animaux qui avaient plus de quatre coudées de haut. Dans celle chassç, Sémiramis était fi g tinte à cheval, lançant un javelot sur une panthère; auprès d'elle était Niaus, sou époux, frappant un lion d'un coup de lance. Oo pénétrait dans la citadelle par une triple porte, derrière laquelle élatentdeschambresdaimin, s’ouvrant par une machine; enfin, ce palais remportai l de beaucoup en étendue et m beauté sur celui qui était situé sur la rive opposée* Ce dernier ifavail qu'un mur d’enceinte en briques cuites de hvnie stades de circuit. Au lieu de figures d T tminiaux, on y voyait les statues d'airain de Ninus, de Sémiramis, des gouverneurs de province et la statue de Jupiter que les Babyloniens appellent Bélus (ou Ihud) on y remarquait, cependant* des représentations de combats et de chasses très-agréables à la vue*

ASSYRIENS

h Sémiramîs choisit ensuite Je lieu le plus bas des environs de Babylône pour y construire un réservoir carré, dont chaque côté était de trois conh stades* Ce réservoir était fait de briques cuites et d'asphalte ; sa profondeur était de trente-cinq pieds* Elle fit détourner le fictive pour le conduire dans ciréservoir/et construire une galeriesouterrame, communiquant avec les palais situés sur chaque rive : les voûtes de celte galerie étaient bâties en briques cuites de quatre coudées d’épaisseur, et enduites d'une couche d'asphalte bouilli. Les parois de la galerie avaient vingt briqués d’épaisseur, douze pieds de haut* jusqu’à Tare de la voûte, et la largeurè la galerie était de quinze pieds. Cet ouvrage fut terminé en sept jours ; elle fit entrer le fleuve dans son lit, de telle façon, qu'au moyen de la galcrir souterraine, elle pouvait $e rendre d’un palais à l'an* tre sans traverser Peau. Les deux extrémités de k galerie étaient fermées par des portes qui ont subsisté jusqu'à la domination des Perses, Apres cria. Sémiramîs éleva au milieu de la ville un temple consacré à Jupiter que les Babyloniens nomment B élus, ainsi que nous Pavons dit* Comme les historiens ne sont pas d’accord sur ce monument, et qu’il est tombé en ruines par la suite des temps, il est impossible d’en donner ici une description exacte* On convient, cependant, qu’il était extraordinairement élevé, et qu’à cause de son élévation, les Chalrleejis y faisaient leurs travaux astronomiques, en ol> servant soigneusement le lever et le coucher de* astres. Tout l'édifice était construit avec beaucoup

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d’art, en asphalte et en brique ; sur son sommet se trouvaient les statues de Jupiter, de Jnnon et de Rhéa (1), recouverts de lames d'or. Celle de Jupiter représentait ce Dieu debout et dans la disposition de marcher; elle avait quarante pieds de haut et pesait mille talents babyloniens (2); celle de Rhéa, figurée assise sur un char d'or, avait le même poids que la précédente ; sur ses genoux étaient placés deux lions, et autour d’elle étaient figurés d’énormes serpents en argent, dont chacun pesait trente talents; la statue de Jtmon, représentée debout, pesait huit cents talents; elle tenait dans sa main droite un serpent par la tête, et dans la main gauche un sceptre garni de pierreries. Devant ces trois statues était placée une table d'or plaquée, de quaran te pieds tir long sur quinze de large, et pesant cinq cents talents. Sur cette table étaient posées deux urnes du poids de trente talents ; il y avait aussi deux vases à brûler des parfums, dont chacun pesait trois cent laients; et trois cratères d’or, dont l’un, consacré ù Jupiter, pesait douze cents talents babyloniens, et 1rs autres, chacun six cents. Tous ces trésors furent plus tard pillés par les rois de Perse (Dali us et Xercès), (Diodore de Sicile.)

Hérodote (8) parle ainsi de la tour de Babel, ou

(1) (Tétait là le soleil, la lune et la terre.

(!) Environ B 1,000 kilogrammes. Le talent attiqw valait 4,839 fr. 50 cent, de notre monnaie.

(3) Hérodote est né à Halicamasse, en Carie (Asie mineure), Wi\ m avant Jésus-Christ. H fut voyageur persévérant et le ptusnaïf, le pin* profond, le plus démocrate et îe pins mstnic-

l^> èsmtivm*

aux p&rfos d'airain consacré à Bèlus, et qui subsistait eût 1 ,are d&üon temps : a C’est un carré rr- « guüer, qui a deux stades eu tous sens* On voit an « milieu une tour massive, qui a un stade, tant eu « longueur qu’en largeur ; sur cette tour s’en élève (t une autre, et sur cette seconde encore taie autre,

* et ainsi de suite ; de sorte que l'on en compte jus- « qu’à boit. On a pratiqué en dehors des degrés yui « vont en tournant s et par lesquels on monte à eha- « que tour. Au milieu de cet escalier se trouve une « lôg« et des sièges, ou se reposent ceux qui m n- « tent. Dans la dernière tour est une grande cha- « pelle, dans cette chapelle un grand lit magnifique,

« et près de ce lit une table d’or. On n’y voÎL point « de statues. Personne n’y passe la nuit, à moins

tif de tous les historiens. Ses neuf Livres, qui composent sût histoire portent les noms des neuf Muses eL sont vraiment remarquables. Ils lui méritèrent les récompenses et l'amour (k toute la Grèce. On lui attribue aussi «ne biographie d’Hcnn^ dont nous ferons usage en son liait,

Hérodote est un historien philosopha des moins pré tentiez et du plus grand poids. 11 tt’emhouche pas la trompette quand il vent agir sur les hommes; il procède toujours très-simplement; mais sa simplicité, que Ton croirait dénuée d'art, radia Tai t le plus profond et le rend par là plus efficace. C’est datif ses récits de bonhomme, dans ses digressions variées à l'infini, qu'il a répandu les scènes pathétiques on touchantes, et dés n; , flexions qui vont au coeur, il sait merveille use ment émou voir sou lecteur, et le bonhomme est moins simple qu'on ne k suppose.

Je le répète, Hérodote, qu'on a si justement appelé le de l'histoire, est le plus démocrate et le plus instructif de W les historiens des temps passés,

skmikàmis i? ses travaux*

a que ce ne soit une femme du pays, dont le dieu a u fuit choix, comme le disent les Chaldéeris, qui « sont les prêtres dé ce dieu* »

Revenons à Diodore :

« IJ y avait, dit-il, dans la citadelle, le jardin suspendu, ouvrage, non pas dé Sémiramis, mais d'un toi Syrien (Assyrien J, postérieur à celle-ci : il T avait lait construire pour plaire à une cou euh in e. On racoiiLe que cette femme, originaire de la Perse, regrettant les prés do ses montagnes, avait eitgagé le roi à lui rappeler pur des plantations artificielles la Perse, sou pays natal. Ce jardin, de forme carrée, avait chaque coté de quatre pie dires ; ou y montait par des degrés, sur des terrasses posées les unes sur les autres, en sorte que le tout présentait P aspect iT» amphithéâtre. Ces terrasses ou plates-formes, sur lesquelles on montait, étaient soutenues par des colonnes qui, s'élevant graduellement de distance a distance, supportaient tout le poids des plantations; la colonne la plus élevée, de cinquante coudées île I liant, supportait le sommet du jardin, et était de niveau avec la balustrade de T enceinte. Les murs, solidement construits à grands frais, avaient vingtfieux pieds d'épaisseur, et chaque issue dix pieds de largeur. Les plates-formes des terrasses étaient composées do blocs de pierres dont la longueur, y compris la saillie, était de seize pieds sur quu- I he de largeur. Ces blocs étaient recouverts d’une touche de roseaux mêlés de beaucoup d'asphalte; sur cette couche reposait une double rangée de briques cuites, cimentées avec du plâtre ; celles-ci

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étaient, à leur tour, recouvertes de lames de plomb, afin d'empêcher l'eau de filtrer à travers les attor* rissements artificiels, et de pénétrer dans les fondations* Sur cette couverture se trouvait répandue une masse de terre suffisante pour recevoir la racine des plus grands arbres* Ce sol artificiel était rempli d arbres de toute espèce, capables de charmer la vue par leur dimension et Jour beauté* Les colonne* s'élevaient graduellement, laissaient par leurs interstices pénétrer la lumière, et donnaient accès aux appartements royaux, nombreux et diversement ornés* Une seule de ces colonnes était creuse depuis son sommet jusqu'à sa base; elle contenait des mchines hydrauliques qui faisaient monter du fleuve une grande quantité d'eau, sans que personne püi rien voir à l'extérieur* Tel était ce jardin qui, comme nous l’avons dit, fut construit plus tard*

« Sémiramis fonda, sur les rives de l'Euphrate et du Tigre, beaucoup d'autres villes, dans lesquelle* elle établissait des entrepôts pour les marchandise* venant de la Médie, de la Paré ta cène et îles pays voisins. Après le Nil (J J et le Gange, les fleuves le* plus célèbres de l’Asie sont l'Euphrate et le Tigre ; ils ont leurs sources dans les montagnes de f Arménie, et sont à la d istance de deux mi lie cinq cents stades l'un de l'autre* Après avoir arrosé la Médie et la , Parétacène, ils entrent dans la Mésopotamie, contrée qu’ils embrassent et qui doit son nom à celte

fi) U y a plusieurs erreurs en eet endroit* D'abord le Nil ntet pas en Asie, mm en Afrique

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circonstance ; traversant ensuite la BabyIonie* ils se jettent dans la mer Érythrée (golfe P ers i que). Comme ces fleuves sont considérables, et qu'ils parcourent une vaste étendue de pays, ils offrent de grandes facilités pour les relations commerciales ; aussi voit-on sur leurs rives de riches entrepôts qui m contribuent pas peu à la splendeur de Babylone. Sémïramis fit extraire des montagnes de l'Arménie et tailler un bloc de pierre de cent trente pieds de longueur sur vingt-cinq d’épaisseur ; l'ayant fait traîner par un grand nombre d'attelages de mulets et de bœufs, sur les rives de l'Euphrate, elle rembarqua sur un radeau, elle conduisit, en descendant le fleuve, jusqu'à Babylone, oit elle le dressa dans la rue la plus fréquentée. Ce monument, admiré de tous les voyageurs, et que quelques-uns nomment obélisque, en raison de sa forme, est compté au nombre des sept Merveilles du monde.

Parmi les curiosités de Babylone, on remarque surtout la quantité d'asphalte qui s'y produit. Cette quantité est telle qu'elle suffit, non-seulement pour des constructions aussi immenses que nombreuses, mais encore le peuple recueille cette matière en abondance et la brûle en guise de bois après l'avoir desséchée. Un grand nombre d'habitants la puisent dans une grande source qui reste intarissable. Voilà que nous avions à dire des curiosités de la Ikbylonîe. » (Dîodore de Sicile.)

Résumons: des réservoirs immenses, construits de briques cuites et d'asphalte ; une galerie souterraine voûtée, passantsous le fleuve; la citadelle, les

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jardins suspendue en tentasse; le temple de Bêfts, eu tour de Babel -des palais, des monuments divers embeH&sàièntBabylone; et Ton ne nous en voudra pas si, pour bien faire connaître ces anciens et célèbres 1 FSVâux,nous avons cité longuement Biodore surtout,

Sémiramis fonda, sur les rives de FEuphrate et du Tigré, beaucoup d 1 autres villes, qui furent trà* commerçantes; elle se livra ensuite à ses IraVffUT guerriers. Elle combattit tes Bac tri en s, les Mettes, les Perses, les Égyptiens, les Éthiopiens, les Indiens; et partout, sur son passage, elle construisît des palais, des digues, des fortifications, perçait des montagnes, ouvrait des routes, comblait des précipices, creusait des canaux, des lacs, faisait écarter ou briser des rochers. Ou tre les ouvriers qu'elle avait appelés de tous les cêtés, « elle fit venir de la Phénicie, de « la Syrie, de Cvpre, et de la contrée littorale, du « constructeurs de navires , auxquels elle fournissait « d'immenses matériaux, » füiodore de Sicile.)

Nous ne pouvons suivre Sentirai vus dans toutes m expéditions , ni donner le détail de tous ses travaux; mais arrêtons-nous un moment avec elle en Arménie, aux environs de la ville de Van t où elle occupe des multitudes d'ouvriers. Laissons, au reste, Moïse de K.komt(l ) nous donner la plus intéressante peinture.

(1) Moïse de Klioren, ûvàqm atittémen, naquit au village de Klioren, en Arménie, dans lû^praaaièrcs aaûée» du cinquième siècle de umre ère. On cite de lui, entre autres ouvrages, une Histoire d* Arménie depuis le commencement du monde, jusqu'à L'an U G deJ'-C. t en trois livres. C’est de cet écrit ipi’est tHe la Station ukfôsstis.

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