‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 8 sur 48 · DRIGTNE DU MONDE SUIVANT LES ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

DRIGTNE DU MONDE SUIVANT LES ÉGYPTIENS

« cun. De là encore la variété des caractères de « chaque langue, et le type naturel et primitif qui « distingue toute nation. Dans leur ignorance des « choses utiles à la vie, les premiers hommes mea naient une existence misérable; ils étaient nus, a sans abri, sans feu et n’ayant aucune idée d’une A nourriture convenable. Ne songeant point à « cueillir les fruits sauvages et à en faire provision « pour la mauvaise saison, beaucoup d’entre eux « périssaient par le froid et le défaut d’alîments. « Bientôt instruits par Inexpérience, ils se réfu- « giaient dans des cavernes pendant l’hiver, et * mettaient de côté les fruits qui pouvaient se contt server. La connaissance du feu et d’autres choses « utiles ne tarda pas à amener Vinvention des « arts et de tout ce qui peut contribuer à l'entre- « tien de la vie commune. Partout le besoin a été « le maître de l’homme; il lui a enseigné Dusage

de sa capacité, de ses mains, de la raison et de « l'intelligence, que l'homme possède de préfé- « rence à tout animal. »

Il ne faut pas conclure, dirons-nous après d’autres, qu’il doive résulter des explications qui procèdent, que Dieu fut étranger à la création, ou que Dieu n’existe pas. Si Dieu n’a pas pétri toutes choses de ses mains, au moins leur â-t-il donné, par sa seule volonté, la vertu de naître, de se former, et de se reproduire elles-mêmes. De quelque manière que l’on considère la création, elle est toujours une chose des plus miraculeuses et toute divine.

Comme le dit Diodore de Sicile, les hommes, sortis ainsi de la terre et livrés à eux-mêmes, durent se trouver dans le plus grand embarras: ils

iKT&ODUCTlûft.

ne purent moins faire ope de beaucoup souffrir, et tes premiers besoins c]ui se tirent, sentir, furent les besoins physiques. Us eurent faim, et les premiers aliments qu'ils rencontrèrent;, herbes, fruits, poisons même, assouvirent ce premier besoin, funeste à plusieurs; ils étaient tiltigués, ils se reposèrent en quelque lieu qu ils se trouvassent, sur le sein de la terre; ils avaient froid, ils se blolissaient dans une excavation naturelle ou dans le creux d'un rocher, où ils s'habituèrent à passer les sombres nuits.

Les expériences qu'ils faisaient au péril de leur vie, leur apprirent à distinguer, parmi les aliments, ceux dont ils n'avaient rien à redouter. Une ombre d'industrie se manifeste : ils se couvrent avec de larges feuilles et des écorces d'arbres; des huttes grossières, tintes de branchages et de boue, se dressent île toutes parts. Les couples se sont rapprochés, les enfantements sont connus, et l'entendement humain commence à poindre. Ou tue des animaux, on se nourrit de leurs chairs sanglantes, on se couvre de leurs peaux velues.

Un bruit affreux se fait entendre dans la nue; la foudre éclate avec fracas, elle tombe, et le ciel fait à la terre le don le plus précieux : les faibles créatures humaines possèdent le feu, et leurs aliments neçoive111 une alile préparaLio n .

Les familles se multiplient, les hommes se rapprochent; ils s'unissent. Ils doivent résister aux bétes rugissantes ou se livrer à des chasses périlleuses, a où ils tirent en partie leur nourriture.

Les cases plus spacieuses se forment. Les bêtes les plus douces, guidées par la sociabilité de leurs instincts, marchent d'elles-mêmes les unes vers les

Page 1