MO N U >1E N TS. A HT IST ES
rjuî avait seul l’intendance de tous les travaux. Cependant les Athéniens avaient alors de grands architectes et d’habiles artistes. Calmchatés et loi- *r S construisirent le Parihénon, appelé l’Hécatompédon. La Chapelle des mystère* & Éleusis fut commencée parConÈBE» qui éleva le premier rang de colonnes et y posa les architraves. Apres sa mort, Metagexès, du bourg de Xypète, plaça le cordon cl le second rang de colonnes; Xénoclès, du bourg de Cholargue, termina le dôme et ht coupole qui est au-dessus du sanctuaire. Callichatês fit) entreprise de la longue muraille dont Socrate disait avoir entendu proposer la construction h Périeles.
« L'Odéon est, flans son intérieur, entoure de plusieurs rangs fie sièges etde colonnes ; et le comble, incliné dans tout son contour, va peu à peu on se rétrécissant, et se termine en pointe. U lut construit, ilît-On, sur le modèle du pavillon de XerxèB, et Dévidés en donna lui-même le dessin.
a Ce fut alors, pour la première fois, que reri des proposa un décret pour faire célébrer des jeux de musique à là fête des Panathénées (fête de Minerve), et il mit la plus grande ardeur Îl le laire passer. Nommé lui-même distributeur des prix, U régla la manière dont les musiciens qui entreraient en lice devaient chanter, jouer de la llûle et de la lyre. Depuis ce tempsdè les jeta de musique furent toujours célébrés dans l'Odéon* Les Propylées de ï An opoltiy construits par Mnésiclès, furent achevés en cinq ans,
« Ce fut Piiidi-as qui exécuta la sfafwc d or des la
GltËCK.
dûcssc, et l’on assure que lu nom do cet artiste csl [ gravé sui- le piédestal.
« J ai déjà dit que Périclès, qui l'aimait beaucoup, lui avait conféré I intendance yénérale des travaux, j et l’inspection sur tous les ouvriers. Cette faveur ' excila l’envie contre l’un, et donna lieu à calomnier ] l'autre. »
Oui, des accusations nombreuses furent lancées ! contre Phidias, et surtout contre Périclès, l'ami,le I chef de la tlétïiQCrütiC; et ces accusations calomnieuses partaient du camp de Vamlocraite.h la tête * duquel se trouvait Thucydide. « Les orateurs alla- « chés au parti de Thucydide, dit Plutarque, ne « cessaient rie crier que Périclès dilapidait les fi- «<minces et ruinait la république. >3
Ainsi l’aristocratie ne voulait pas que Ton fit exécuter des travaux publics qui devaient cire immàll tels, et qu’on occupât les bras des artisans ; elle a V vait pas plus de goiïl pour les arts que d’amour pour les travailleurs. Que Périclès comprenait bien ! mieux récouomic sociale, l'humanité, clTaveiiir de sa patrie 1 Pour s’en convaincre, il ne faut que lire le discours que voici, par lequel il réfutait ses adversaires et prouvait 1 elficacilé de son principe :
« Lu ville, abondamment pourvue de tous les « moyens de défense que la guerre exige, doit cm- « ployer ses richesses à des Ouvrages qui, une fois « achevés, lui assureront une gloire immortelle.
« Des ateliers en tout genre mis en activité, remploi « et la fabrication d une immense quantité de ina-
PAROLES DE pÉltLCLES SUï LE TRAVAIL. 4 ( .)
(r tières alimentant Industrie et los torts, unmouve- « ment générât utilisant tous ïes mas ; telles sont les « ressources incalculables que ces constructions * procurent déjà aux citoyens, qui presque tous rea çoivent de cette sorte des salaires du trésor pua blic, et c’est ainsi que la ville tire d*elle-même sa « subsistance et son embellissement,
« Ceux que leur âge et leur force appellent à n la profession des armes t reçoivent de 1 État « une solde qui suffit a leur entretien. J’ai donc « voulu que la classe du peuple qui ne fait «pas le service militaire, ci qui vit de son tu a- « vail, eût aussi part à cette distribution des défi mers publics : mais, afin quelle ne devint pas « k prix de la paresse et de l oisiveté , fai appliqué « ces citoyens à la construction de grands édifices, fl oh les artistes de toute espèce trouveront as'occuper p longtemps. Ainsi ceux qui restent dans leurs mai- « sons auront un moyen de tirer, des revenus de la fl république, les memes secours que les matelots, fl les soldats, et ceux qui sont proposés à la garde « des places* Nous avons acheté la pierre , l'airain , « £ ivoire, l'or, ïébène, te cyprès; et des ouvriers sans « nombre, ai a rentiers, maçons, forgerons,tail-
« LE CRS DE PIERRE, TEINTURIERS , ORFEVRES , ERE- « JUSTES, PEINTRES, BRODEURS, TOURNEURS, SOîU OC-
fl pés à les mettre en œuvre. Les commerçants nia- « ritimes, les matelots elles pilotes conduisent par fl mer une immense quantité de matériaux ; les ■ voituriers, les charretiers en amènent pat « terre; les charrons, les cordiers. les tireurs de
UttÈCE,
* PIERRE, leS BÛUttEUERS, les PAVEURS, lûSJHINEr&l
<t exercent à Terni leur industrie. Et chaque métier « encore, tel qu’un générai d'armée, lient sous fui « une troupe de tua va i l leurs mn,5 professions dé* w terniinées, qui sont comme u n eorps de réserve t « et qu’il emploie en sous-ordre. Par là tous lesâges « et toutes les conditions sont appelés à partager ê! Tabondance que ces travaux répandent de tonie « part. » (Extrait de Plutarque,)
rappelle les méditations du lecteur sur les pa* rôles ci-dessus de Périciès ; elles sont du plus haë intérêt; et ceux qui s’occupent d'économie politique peuvent encore en faire leur profit.
Je ne veux pas, pour le moment, m’étendre davantage sur Je développement des sciences et des arts en Grèce après la fuite des Perses, et même pendant la guerre du Pëloponèse ; je me borne ù dire que tous les progrès voltigeaient dans Pair de ee beau pays. Mais laissons là les travaux de la pais pour traiter des guerres intestines des Grecs avet v plus d’étendue que nous n’avons pu le faire jusqu ici; parlons de la iuüedes Spartiates et desÀlhè niens, et prenons d’abord la chose d’un peu haut.
Ai 1112 1 lu guerre élu FéloponèNc*
C’est VamtQwatm . c’est b démocratie, qui devaient se combattre ; et comme l’histoire ne s’est pas privée d’accuser celle-ci au profit de celle-li rappelons en peu de mois , non les titres de gloire de Tune et de Tautre, nous les avons exposés cto notre récit des événements, mais les manquera#^
UOlARÀTt-, HiPriAS, TRAITRES A LEt'K PATRIE. 51
à l'honneur qui souillent ceux qui s’en rendent coupables.
A-t-on vu la démocratie trahir la cause de la Grèce pendant toute la guerre de l'indépendance t Non. — À-t-onvu î* a r istocuati e trahir cette même cause?Oui. Peut-on en donner des preuves? On la peut : il ne faut pour cela que laisser parler les historiens les plus célèbres de la Grèce, qui, bien qu’aristocrates eux-mêmes pour la plupart, nous feront connaître des faits qui sont la honte éternelle de leur propre parti,
E t d'abord, comme n çon s par ceci :
Démarate etihppiÀS, V un roi de Sparte, l’autre tyrand’Athènes, tous deux chassés de leurs pays, marchaient à Ja tète des Perses contre les Grecs, afin de les réduire en servitude (V90 av. J.-O.). Vdilè pour les rois; cela donne la mesure de leur désintéressement et de leur patriotisme, surtout quand la patrie ne veut plus d’eux.
Parlons maintenant de P a uistocblati e . Lorsque Barius, dans son invasion en Grèce, attaqua Erétiuk, les habitants de celle ville, divisés en deux partis, n’étaient point d’accord sur leur conduite a tenir dans cette grave circonstance. : les uns voulaient vaincre ou mourir pour la patrie, « les autres,
* diL Hérodote, ne considérant que leur avantage « particulier et les récompenses qu ils attendaient des
* Perses , se préparaient a trahir lecr patrie, » H ajoute ensuite : «L’attaque des murs fut très vive, « et pendant six jours qu’elle dura, il périt beau-
* coup de monde de part et d’autre. Maïs le septième
KKKCE.
« }QWï Euphorbe, liJs d'Aleimachus, et Phihigrus, •< fils de Cynéas, tous deux hommes de dütimtim.
n LIVRÈRENT LA VILLE AUX PERSES (490 UV. JC-). * Les temples furent pillés, ïa ville fut brûlée, ses habitants furent réduits en esclavage. Voilà le service que raristocrati e rendit aux Erétriens,
Lors de la seconde invasion des Perses, la Grèce résistait énergiquement aux armées do Xc-rxcs; 1b Athéniens faisaient surtout des prodiges de valeur. En cette occasion, l’aristocratie tliébaine conseilla au général du grand roi de semer la division parmi les Grecs, et voici, d’aprèft Hérodote, en quels termes elle donnait ce conseil :
« Envoyez de l'argent, disait-elle à Mardonius t à « ceux d’entre les Grecs qui ont te pim de crédit ft dam chaque ville; la division se mettra dans toute a la Grèce, et, aveck secours de ceux qui prendront « votre parti , vous subjuguerez facilement ceux qui <x n'épouseront pas vos intérêts (480 av, J.-C.}. »
Ne voilà-t-il pas un noble conseil, et n'est-il pasfacile de comprendre qu’il est donné par la noblesse? Mais, on pourrait d ire que Hérodote ne la désigne pas positivement, et que je décide démon chef une grave question. En ce cas, puisons dans Thucydide, l'un des auteurs les plus savants et les plus aristocratiques, et plaçons sous les yeux de nos lecteurs ce fragment d'un discours que des députés de! Thèbes prononcèrent devant les Lacédémoniens, pour se faire pardonner la conduite criminelle qu'il* avaient tenue lors de l'invasion des Perses,
« Notre ville, disent ces députés théhams* n'étaii