‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 5)Chapitre 25 sur 32 · G U EH HE DE PÉLOPONÈSE · texte numérisé non relu

G U EH HE DE PÉLOPONÈSE

là, ils allaient tourmenter les Mégariens etmetirela campagne au pillage. Les Lacédémoniens qui occupaient plusieurs points fortifiés autour de Mégare, les appuyaient. À l'intérieur de la ville, on agi ta la question du rappel des bannis. Les chefs du parti populaire éprouvèrent de la crainte, et lièrent des intelligences avec les Athéniens, qui arrivèrent avec une armée (42i av. L-C,).

« Ils offrirent, dit Thucydide , de leur livrer îa ville, jugeant qu'il y avait pour eux. de ce côté, moins de risques à courir que du retour des citoyens qu'ils avaient privés de leur patrie.

Les Athéniens avancèrent, * et, à Taide des Mégariens qui étaient du complot, ils tuèrent les gardes. Les Platéens et les coureurs aux ordres de Demosthènes volèrent à Tendrait ou est à présent le trophée. Il y eut un combat au-delà des portes, enfre eux et les Pëîoponésiens , qui, n’étant pas éloignés, avaient entendu ce qui se passait, et venaient apporter du secours. Les Platéens remportèrent la victoire, et tinrent la porte ouverte aux hoplites athéniens qui arrivaient,

« À mesure que ceux-ci entraient. Us s'avançaient aux murailles. Les soldats de la garnison jtétùponésiemè résistèrent d'abord en petit nombre. Il y en eut plusieurs (le tués; mais la plupart prirent la fuite, effrayés, au milieu des ténèbres, de l'attaque subite des ennemis, à qui se joignaient des citoyens perfides.

a Au lever de l'aurore, les murailles étaient déjà emportées, et les Mégariens de la ville dans la plus

grkce*

grande agitation. Le parti qui agissait pour les Athéniens, et la foule des gens du peuple qui avait connaissance du complot , disaient qu'il fallait ouvrir les portes et sortir au combat. » (Thucydide.)

Les Athéniens avaient du succès; la garnison hcédèmonienne de Niséc avait capitulé, quand lïnisidas arriva avec une armée considérable. Les Mé¬

gariens fermèrent leurs portes* Les cavaliers thébains elles cavaliers athéniens se chargèrent. Ceuxci eurent le dessus. Mais les deux armées, après s etre longtemps observées, se retirèrent sans en venir aux mains, éprouvant des craintes réciproques. Les Athéniens regagnèrent Nisée et les Pélopouésîens le camp d où ils étaient partis.

« Les Méga riens, amis des exilés r dit Thucydide, ouvrirent leurs t pories à Brasidas et aux commandants des villes, et les reçurent comme vainqueurs des Athéniens, qui n'avaient pas voulu combattre, ils entrèrent avec eux en conférences. La faction d'Athènes était frappée de terreur. Enfin lesaiiésse dispersèrent dans leurs villes, et Bmidas retourna continuer à Corinthe les préparatifs de l'expédition de Thrace, qu'il avait interrompus.

<* Après le départ des Athéniens, ceux de Mégart qui avaient le plus chaudement embrassé leur parti se retirèrent promptement f ne pouvant douter qtCon ne les connût bien ■. Les autres conférèrent avec les amis dès exilés: on les rappela de Pagnes, en exigeant d’eux les serments les plus solennels de ne conserver aucun ressentiment, cl de ne travailler qu'à l’avantagé de la république; mais, élevés en-

G TE Rit £ DU PBLOPONÈSE*

suite aux magistratures, ils rangèrent séparément, dans mie revue ries armes, chaque cohorte, choisirent jusqu'à cent hommes de leurs ennemis, ou de eeujc qui passaient pour avoir été les plus favorables aux Athéniens, et forcèrent le peuple à donner son suffrage à haute voix sur ces malheureux, qui furent condamnés à mort et exécutés. Ils soumirent la république à l'autorité d’un petit nombre de citoyens, et ce gouvernement oligarchique, né de la sédition, fut de très longue durée (424 av. J.-C.)* »

Dans le cours de celle narration, Thucydide appelle traîtres, citoyens perfides , les amis des Athéniens; il ne dit rien de semblable des Corcyréens qui ont voulu livrer Corcyrc aux Corinthiens, ni des Mégariens qui ouvrent leurs portes aux Lacédémoniens, instituent le gouvernement oligarchique, et se livrent à des exécutions sanglantes, bien que les plus chauds partisans des Athéniens se soient éloignés* et qu'lisaient prêté les serments les plus solennels de m eonsenrrr aucun ressentiment*

La multitude était partout pour Athènes , les riches partout pour Spartes, et les deux partis se livraient à des luttes cruelles : les troubles de Mitylène, de Corcyre et de Mégare ne sont que le tableau de ce qui se passait dans toute la Grèce et dans beaucoup d’îles de la Méditerranée.

Cot^Hciilion enutro Ath^nf**

Le gouvernement démocratique avait les sympathies de la multitude; mais combien le petit nom-

GUÈCE.

brc lui était hostile, et combien il fit d’efforts pour le renverser dans le monde entier 1

Le peuple d'Athènes avaitobtenu de grands avanlages; les principes de la démocratie, malgré la coalition de tant d’états divers, progressaient toujours, quand Alcibiade vint proposer l'expédition de Sicile. Cette expédition, heureuse d’abord, se ter* mina de la manière la plus fâcheuse pour Athènes; toute son armée y périt; mais, même avant cette époque fatale t Alcibiade, lui qui avait lancé ccLiù république dans la plus périlleuse entreprise, était passé du côlé des Spartiates et donnait les conseils les plus pernicieux contre sa patrie (415 av, J.-C),

Par ses intrigues, il empêchait les Siciliens da traiter avec Athènes; d’une autre part, il conseille aux Lacédémoniens d’envoyer des secours à Syracuse, de fortifier Décélie,dansl’Àttique, poste dangereux pour leurs ennemis; et qui devra leur taire perdre une partie de leurs revenus et la plupart de leurs alliés.

En effet, Gvijppe, général Spartiate, fut envoyé a Syracuse avec des Corinthiens, et Agis, roi de Lacédémone, se fortifia dans Décélie, et fit de îà comme le bfocus d’Athènes (413 av, J.C.).

Alcibiade ne reste pas en repos; U intrigua, il monte les imaginations, il enflamme les haines des ennemis de sa patrie. La coalition s’étend; les Lacédémoniens s’allient m roi de Perse, avec lequel ils passent un traité honteux dont voici un échantillon; « Toutes les contrées et les villes qui sont en la « puissance du roi , ou qui ont appartenu a ses

GLEttftE BU PÉLÜMOÈSE.

il 1

a pères T resteront sous sa domination . — Le roi , a les Lacédémoniens et leurs alliés feront en com- « mun la guerre aux Athéniens. » (Thucydide.) A force d’intrigues, à force de mensonges, à force de calomnies et d’argent répandu , on détache de l'alliance d 1 Athènes, Lesbos, Chia, l’Eubée, Samos même pour nn temps, quatre îles considérables ; Kliodes se dispose à suivre leur exemple. C’est en opprimant la multitude, c’est au prix de beaucoup desang qu'on obtenait ces revirements. Les années d’Athènes venaient d’être écrasées en Sicile, les forces maritimes de cette île, forces très respectables, vinrent se joindre aux Lacédémoniens \ Hermperate les commandait. Perdieas, l’intrigant qui régnait en Macédoine, était aussi dans la formidable ligue. Ainsi : roi de Macédoine, roi de Perse, troupes siciliennes, italiennes, Lacédémoniens, Corinthiens, Thébains, et cent autres peuples, que violentaient leurs chefs, la plupart anciens alliés d*Âiliènes, tout s’était tourné contre elle. Il y avait encore un plus grand malheur, c’est que dans Athènes même la coalition avait des partisans, des amis, clés traîtres qui désiraient et préparaient son triomphe (M8 et 41$ av.

Cependa n t, le be au garço n d 7 À th èn es, I e mauv ai s génie qui avait rassemblé tant de forces, tant de dangers contre sa patrie, devînt suspect aux Lacédémoniens.

« Alcibiade , dit Thucydide, après la mort de Chalcidéeet la bataille deMilet, devint suspect aux féloponêsiens; Astyochus reçut de leur part une

GRECE

lettre» écrite de Lacédémone, qui lui mandait é lt faire mourir . Alcibiade était ennemi d'Agis, et Ton voyait bien d’ailleurs que ce n’était pas un homnle sûr, l) eut des craintes, et se retira près de Tissapherne, »

Alcibiade, ce traître h tous les partis, que les historiens affectionnent particulièrement malgré tous ses vices, parlait naguère ainsi au roi de Lacédimone, Agis, afin dé captiver ses bonnes grâces, et d’être admis à porter les armes contre Athènes :

« Pour peu que nous ayons de sagesse, nous sait vous bien ce que c’est que la démocratie ; je ne la « sais pas moins qu’un autre, et assez pour en âin « beaucoup demai; maïs on ne dirait rien de non* « veau sur la démence reconnue de ce gouverna* « menL s (Thucydide.)

Quand il fut auprès de Tissa pherne., le générai qui gouvernait l’Asie-M meure au nom du roi rte Perse, il lui dît :

« Qu’il ne devait pas trop se hùter de mettra fin « h la guerre, et ne pas donner au même peuple « l’empire delà terre et de la mer; maïs qu’il fallait a laisser la puissance partagée en Ire les deux im- « lions rivales, et conserver au roi le moyen d’esci- (x ter Tune d’elles contre l’autre qui voudrait le dura grincr. 11 représentait que les risques les plus légers cr étaient ceux qui coûtaient le moins, et qu’il pouce vait, en pleine sûreté, ruiner tes Grecs par h « moyen des Grecs . Il l'invitait doncùminur les deux « peuples rivaux l’un par l’autre ; et, quand il aurait « bien entamé la puissance des Athéniens, il lui

guerre du péloponèse* 113

« conseillait déloigner tes Péloponésicus de su pro- « vinee. » (Thucydide.)

ton,tpi ration «le l'ollgurt'iilt* cqrnirc la ilnuocni-k.

Alcibiade, qui avait fait décider ^expédition de Sicile, puis assemblé une vaste coalition Contre Athènes* conseille'maintenant l'asservissement de toute la Grèce; mais ses intrigues ne se bornaient pus à si peu : Thucydide nous dit que lorsqu'ils se mettait au service des Perses :

ff II travaillait en môme temps à son retour dans sa patrie, certain que, s’il ne la détruisait pas, il ne tiendrait qu’à lui de persuader un jour aux Athéniens de le rappeler ; et il croyait que le meilleur moyen de les y déterminer, c’était de leur faire voir qu’il était l’ami de Tissapherne. C’est ce qui «rcîva* Les guerriers athéniens de Samos, apprenant qu il jouissait cfun grand crédit auprès de ce satrape, s'empressèrent de ruiner l'étal populaire. Ces dispos iti ons uc naien t en par lie des pa ro les q u 'il fa îsai t porter aux triérarques et aux plus puissants d'entre wx, les priant de faire entendre aux plus honnêtes fjmsde la république que, s’il voulait, rentrer il an s son pays, c'était pour y établir l'autorité du petit nombre, et non pour y soutenir le pouvoir des méchants, ni celle du peuple qui l’avait chassé; il leur faisait assurer que son dessein était de leur concilier l'amitié de Tissa pherne et de partager avec eux le fardeau des affaires; mais ce qui les déterminait surtout, c’est qu'ils avaient d’avance les mômes mes.

i. IV.

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■D’abord ce projet se débattit dans ramée, cFoîiîl passa dans la ville. Quelques personnes allèrent de Samos conférer avec Alcibiade. Il protesta qu’il leur concilierait d’abord Fimutié de Tissapherne, et ensuite celle du roi, s'ils voulaient renoncer au gouvernement populaire ; car c’était la le grand moyeu de gagner la confiance du prince. Les citoyens les plus considérables, et c’étaient ceux qui avaient le plus» souffrir, conçurent de grandes espérances de prendre le maniement de$af]aire$,et de l’emporter sur les ennemis. De retour à Samo®, ils firent entrer dans leur conjuration les hommes qu’ils regardaient comme les plus disposés à la servir, et déclarerai ouvertement au gros de l’armée qu’ils auraient k roi pour ami, et qu’il leur fournirait de l’argent, pourvu qu’Alcibiade rentrât dans son pays, et f/M>» ne restât pas sous l'état populaire. Quoique la multitude ME VÎT CAS SAXS CHAGEIX CE QUI SE PASSAIT.

elle resta tranquille, dans l’espérance que le roi 11» paierait un subside (H2 av. J.-C.). »

Ceux qui voulaient établir l'oligarchie trouvèrent de l’opposition dans un seul chef, dans Phrynicus, alors général, à qui tout, cela déplaisait.

« 11 croyait, dit Thucydide, et c’était la vérité, qu’Alcibiade ne voulait pas plus de Y oligarchie cpe de la démocratie, et qu’il n’avait d’autres vues, eu changeant la constitution de l’État, que de tirer parti des circon stances,pour se fai re rappeler parsesamis.’

Quand la plupart des chefs de l’armée de Santœ se lurent entendus sur les changements à introduire dans la république, ils députèrent à Athèn»

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