‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 5)Chapitre 8 sur 32 · SAPHO. ALCÉE · texte numérisé non relu

SAPHO. ALCÉE

['illustre Safho» poétesse, née à Milylène,. dans lîîle de Le&bos.

Voici une pièce adressée à une femme aimée :

« Il me paraît fat aux dieux, celui qui, assis près de tpi* mollement, écoute tes ravissantes paroles et te voit lui sourire; voila ce qui me bouleverse jusqu'au fond do ÎYmie*

« A peine l'aï-je vue que la voix manque k mes lèvres, ma langue est eucbaînée, une flamme subtile court dans toutes mes veines, les oreilles me tintent, une sueur froide m'inonde, tout mon corps frissonne, je deviens plus pâle rfue Hierbe flétrie, je demeure sans haleine, il semble que je suis bien près d'expirer.-.,

« JUuis il faut tout oser, puisque dans la nécessité,.. (1) »

{!) Je me sers généralement de traductions en prose, parce qu’elles rendent d'une manière plus précise la pensée, les-exprès. !=ions et le tour tle phrase de l'original* Dans les traductions eu vers, le traducteur se inet, le plus souvent,à la place du poète qu'il est censé traduire, et au lieu de nous fai re lire des vers de tel on tel poète ancien, il nous fait lire les siens qui, à part lettr Infidélité , sont bons ou mauvais, suivant le degré de son talent poétique, Cependant, bien que j’aie donné la traduction on prose de la pièce de Sapho, je veux joindre ici, en note, celle que lioüeau Despréaux en a faite. La voici :

« Heureux qui près do toi pour toi seule soupire,

Qui jouit du plaisir de Ce étendre parler.

Qui te voit quelquefois doucement lui sourire J Les dieux dans sou bonheur peuvent-ils l’égaler? fl Je sens de veine eu veine une subtile flamme Courir par tout mon corps sitôt que je te vois ;

Et dans les doux transports où s’égare mon Ame,

Je ne saurai trouver de langue ui de voix î fl L T n nuage confus sr répand sur ma vue;

Je n'entends plus; je tombe en de douces langueurs r Et pâle, sans baleine* Interdite, éperdue,

Lu frisson me saisit, je tremble, je me meurs*

« Mais uuand on ji\l plus rien il faut tout hasarder, etc*w

GBÈCEi

Aux deux citations que nous venons de donner, ajoutons quelques lignes d'ÀLcÉE, le contemporain, le compatriote et l'amant malheureux de Sapho, qui sut chanter avec un égal bonheur, l'amour, le vin, la gloire et la liberté :

« Pal las! reine glorieuse, gouvernez toujours notre cité et nos citoyens, sans douleur, sans trouble, sans jamais verser le sang de nos frères, FA vous, père des Dieux, vous, Olympîe, mère de l'abondance, accordez-nous les dons de Cérefi, Qffils nous soient apportés par les Heures éclatantes de grâce sous leurs belles couronnes. Exauces aussi mm vœux, o respectable Proserpine, et que Lesbos soit toujours florissante en obéissant a vos saintes lois, a

Nous avons parlé tFHarmodïus et d’Àrîstogitou, les vengeurs de ta patrie opprimée. Voici la chanson que le poète Àlcèe leur consacra :

et 4e porterai mon glaive caché sous une branche de myrte, comme firent Harmodius et ArisiogUon , quand ils i m ni pl èren t le tyra n , été tabl i re uL da us  thé n es régal i te des lois,

et O généreux Harmodius 1 en quittant la terre lu n^s pas mort: lu vis toujours dans ces îles bienheureuses ou se trouvent Achille aux pieds légers, et Diomède, ce vaillant fils de Tydée.

a Je porterai mon glaive sous une branche de myrte, comme le firent Harmodius et Àmtogilon, lorsqu'ils Luirent le tyran Hipparque dans le temps des Panathénées.

« Que votre gloire soit éternelle dans le momie, cher Arîstogiton ! parce que vous avez tué le tyran et établi dans Athènes l'égalité des lois. »

Flndare*

A prè s les pofc tes m ora 1 i s Les et so ci a l i s tes ; a p rès les chantres dès plaisirs de lu table, de F insouciance et des passions effrénées; après Aléée, si varié dans

PI Ml AILE*

ses productions, voici venir lu chantre de lu gloire et des luttes olympiques, le brillant et vigoureux PL:>t> are* Celui-ci naquit en 520 avant Jésus-Christ, a Tâèbes en Iléoîie, et l’on remarquera que ce poele lyrique, bien qu'il soit parfois un peu courtisan, donne souvent de bons a vis aux grands, et est plein de hautes et nobles pensées : Voici des preuves a cet égard :

« Lyre d'or d'Apollon, brillant trésor des Muses, aux cheveux d'ébène, cest toi qui règles la mesure de la fia use, source de la joie; dociles a tes lois, les chantres obéissent au signal que tu donnes, lorsque des cordes ébranlées font entendre ces préludes ravissants qui précèdent les clununs* Les feux éternels de la foudre perçante s'éteignent entre les mains du maître des dieux; le roi des oiseaux, l’aigle de Jupiter, abaissant scs ailes rapides, s'endort sur son sceptre; une douce vapeur ferme ses paupières appesanties, et courbe mollement su tète; il dor^eL son dos assoupli par la volupté s'élève et s'abaisse au gré de tes accords. Mars luemème, le cruel Mars, oubliant les Combats et les armes, s'enivre de ton harmonie. Tous les dieux se inis— sent charmer par Les accords divins d'Apollon et des Muses-,

«. Ah ! si le temps, secondant mes vœux, apportait k lliéron (roi de Syracuse), avec le bonheur et les richesses, l'oublî bienfaisant du ses maux, il se rappellerait encore ces guerres, ces combats fameux où il déploya sa constance et sou courage; où, avec le secours des dieux, il se couvrit d'une gloire qu'aucun des Grecs;n'atteignit jamais, et qui est 1 u su pe rbe o en e me n t d e s a prosp é r i té ;

« Hiéfofi, tu dois mépriser l'envie ; U vaut mieux L exciter par sa prospérité, que d'obtenir une dédaigneuse pi lié par scs revers. Ne te lasse pas de rechercher les choses honnêtes; gouverne ton peuple avec le sceptre de la justice; que tes discours portent toujours rompre foie de la vérité. Songe que ta moindre parole qui s'échappe de la bouche devient importante, parce qu'elle sort do la bouche d'un roi. De loi dépend un grand peuple, et tu es entoure d'uue foule de tcmoïnsquî sauront juger tes üclion$*Con-

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sürve toujours les inclinations généreuses, et, si tiraiBK* à entendre la douce vois de la Renommée, ne le lasse point de signaler tes bienfaits* Le nautonier offre sa voile au vent favorable; imite sa sagesse, et garde-toi surtout, cher prince, de te laisser séduire par l'amour d'une trompeuse économie*

« La gloire que les hommes laissent après eux en des- Cendant au tombeau, est la seule trace qui marque leur passage dans la vie, et ce sont les écrivains, orateurs et poètes, qui en sont les dispensateurs.

« Remporter la victoire est le comble de la félicité, mass entendre chanter ses louanges est, après celui-là, le premier des biens, Tleureuxeelui qui sait les réunir Ml a reçu J a-plus brillante des couronnes. »

Voici un fragment d'une autre ode adressée au même Hiéron, roi de Syracuse, dont les chevaux avaient remporté le prix de la course aux jeux olympiques,

« Vaste cité de Syracuse, temple de Mars, dieu des combats, divine nourrice des hommes et des coursiers belliqueux, reçois ce chant d'allégresse, qui part de la fertile Thèbes pour t'annoncer la victoire eurule de tou roi, Hiéron est vainqueur ; son char, par un. heureux destin, a devancé ceux de ses rivaux, et Ortygie, lerre sacrée où Diane échappaJadis à la poursuite de T amoureux Àlphée, s'embellit de Fécial de ses couronnes.*-

a La méchanceté ne produit que des fruits odieux, tandis que les richesses acquises par des voies honorables, et heureusement unies avec la sagesse, sont le plus précieux des biens. Telles sont celles q,ue tu possèdes,.ô Hiéron! Ta main libérale peut les répandre au gré de ta générosité*

« Instruit par l'expérience, ne te lasse pas de marcher dans le sein de la venu ; tiens-toi en garde contre les flatteurs; semblables au singe dont les gentillesses plaisent toujours aux enfants, ils font les délices des insensés, mais ils sont méprisés des sages. Rhadamante fut heui eus parce que son cœur, riche des fruits de la sagesse, ne sc laissa point séduire par les discours artificieux douL les flatteurs assiègent sans cesse l'oreille des rois. Ces hommes vils, qui

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