LUI S. RELIGION
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Les juges étaient choisis parmi les premiers babitants des villes les plus célèbres, telles que Héliopoiis, Thèbes, Memphîs, où se trouvaient les collèges des prêtres : chacune de ces villes en fournissait dix. Ces trente juges réunis se nommaient un présidentJls étaient entretenus aux frais du roi.
« Toutes les lois > dit Hérodote, étaient rédigées « en huit volumes, lesquels étaient placés devant les « juges. Le plaignant devait écrire en détail le sujet « de sa plainte, raconter comment le fait s'était passé « et indiquer le dedommagement qu'il réclamait pour P offense qui lui avait été faite, n Le défendeur devait répliquer par écrit. Le plaignant reprenait la parole; le défendeur lui répondait de nouveau, et les juges prononçaient ensuite. Mais il ne leur était pas permis d'écouter des improvisations; on craignait la séduction, l'entrainement; ils devaient donc baser leur jugement sur des discours écrits. Un jugement, pour peu qu'il fût important, prenait nécessairement plusieurs séances.
Le parjure était puni de mort; celui qui, pouvant empêcher un assassinat, ne s’y opposait pas, était puni de mort; celui qui avait tué volontairement, soit un homme libre, soit uft esclave , était puni de mort. L'enfant qui tuait son père était brûlé vif; rhomme qui avait vu commettre un crime devait, s'il n'avait pu l'empêcher, dénoncer le coupable, le traduire devant les tribunaux, sous peine de se voir punir parles verges et priver de nourriture pendant trois jours.
L'espion qui portait à l'ennemi les plans, les
ercls de la patrie, avait la laiïgtie coupée; ceux qui fabriquaient la fausse monnaie, ceux qui faussaient les poids cl 1 es m esures,ceux q u i coritrefaisaient les sceaux de, l’Elat * ceux qui rédigeaient, de fausses écritures, ceux qui altéraient les actes publies étaient condamnés à avoir les mains coupées. Chacun était puni dans la partie de lui-même qui avait péché. N’y a-i-îl pas en cela quelque chose de la loi de Moïse? C’est ch ex PÉgyptien comme chez l'Hébreu, oui pour œil, dent pour dent; il y a chez Tun comme chez h autre peu de sévérité pour de certains délits, pour le vol, par exemple*
Les lois sont basées sur les mœurs, sur les inclinations des peuples; elles nous peignent l’esprit des temps, les caractères des nations et des individus*
Il n’y avait pas de contrainte par corps en Égypte; sans doute depuis Sésostris; car nous avons ru qu’il avait donné la liberté aux prisonniers pour dettes. On sait du reste que ta même loi n’est pas toujours applicable à toute la durée d’une nation.
La profession de voleur existait en Égypte* Ü était permis cio voler pourvu qu'on se fut fait inscrire chez îe chef de la corporation des voleurs; et e; était entre les mains de ce chef que ceux du métier devaient remettre immédiatement les objets qu’ils avaient dérobés* Ces objets retournaient à leurs légitimes possesseurs s’ils consentaient à les payer au quart de leur valeur. L’histoire nous dit qm\dans riiiipossibHUé d’empêcher le vol, le législateur avait voulu le rendre le moins dangereux
LUIS. KHIpHHOS. w
possible. Avait-il réussi ? — Le législateur (les Spartiates ne se montra pas plus sévère à cet égard (pie le législateur des Égyptiens.
Chaque homme pouvait prendre autant dé femmes qu’il en voulait; il y avait là, selon l’histoire, une raison d’État. Le prêtre seul devait n’en prendre qu’une.
Voilà ce qu'il y a de plus frappant dans les lois égyptiennes. Moïse put y puiser certainement, mais
il fit des corrections, de nombreux changements, et très souvent il en lit la contre-partie, comme nous le ferons remarquer tout à l'heure.
Les prêtres enseignaient à leurs fils, outre le langage vulgaire, une langue sacrée, connue d’eux seuls. Ils cultivaient i'atillmièliqne, la.géométrie, l'astronomie. C’étaient eux qui aidaient les particuliers à retrouver leurs parts de terre après les inondations et quand les eaux du NU étaient rentiers dans leur lit; c’étaient eux qui étudiaient avec le plus grand soin l’ordre et le mouvement des astres et qui consignaient sur des registres précieux tant de savantes observations.
Les prêtres durent à de certaines époques reformer le culte et les lois, afin de se les rendre le plus favorables possible , mais il ne paraît pas que celui qui le, premier les mit en usage fut de la classe sacerdotale; ces classes même n’existaient pas encore alors et nodevaient prendre naissance (picbeaucoup plus tard. D’après Hérodote, le premier instituteur du culte fin HnaMÎîs. Nous trouvons sur le même sujet , dans la Bibliothèque historique de Diodore de Sicile 1 » les pnr®lcs: suivantes *
ÉGYPTIENS
f< Après la constitution ancienne qui fut Alite, se*
« Ion la tradition, sous le règne des dieux et des ! « héros, le premier qui engagea les hommes à se ; « servir des lois écrites fut Mnévès (c'est PHerniès I « d’Hérodote,, homme remarquable par sa grandeur « d âme, et digne d’être comparé à ses prédéees- i « seurs. II fit répandre que ces lois, qui devaient « produire tant de bien, lui avaient été données par « Mercure (ou plutôt Osiris)... Ce genre dcpcmia- « sion a ete employé chez beaucoup de peuples, et « a présenté de grands avantages. Eu effet, on ra- « conte que chez les Àrimasques, Zathrauste avait fait * ~ lüilf î ? u ^ tena ^ t ses !° is d’un bon génie; que " , va n tai t aux Gâtes, qui croient à l’hmnor-
« ta!ité de l'âme, ses communications avec Vesta, et « que chez les Juifs Moïse disait avoir reçu les lois « du Dieu appelé Iao(ouJébova),soit que ces légis- « latours regardassent leur intelligence, mise au ser- « vice de 1 humanité, comme quelque chose de mi- « racu eux et de divin, soit qu'ils supposassent « que les noms des dieux qu’ils empruntaient ao- " ™ ent (i une grande autorité dans l’esprit despeu-
Le second législateur de l’Égypte fut Sastchès U ajouta de nouvelles lors aux lois établies, et régla
LS, i ? ieUX ' ?' ilUtres ’^slateurs parurent
fa s , W C llr “ tS f S ° STR,S ' Br ™ Rls . ^ dans * SU te Amasis ‘ D,odore de Sicile nous dit que les B^ptiens se vantent d’avoir promulgué les meiï- ™ lois et (l’être les premters t 0 LJ qu Tl prtoelamé ! immortalité de I’iïme.
lois d’égypte et lois de moïse comparées. 51
Chez les Égyptiens, les lois relatives aux meurtres et aux violences sont très sévères, celles qui ne regardent que les simples délits sont des plus douées; en cela Moïse les suit de près ; de même chez les Égyptiens et les Hébreux existent la circoncision et une horreur profonde pour le pourceau, qu’on appelle bête immonde. Mais voici les divergences :
Chez les Égyptiens la puissance créatrice appartient à la terre; Moïse donne cette puissance h Dieu seul. Les Égyptiens adorent une infinité de dieux sous des formes diverses; ils adorent les statues^ et les bêtes qu’ilsont divinisées; Moïse ne connaît qu’un seul dieu, proscrit le culte des idoles et 1 adoration des bêtes.
Les Égyptiens parlent constamment de l'immortalité de Finie et des peines et des récompenses d’une vie future; Moïse garde le silence à cet égard et ne menace les infracteurs aux lois du devoir que de biens et de maux terrestres.
Les prêtres Égyptiens étaient propriétaires d'une partie du sol de‘l’Égypte; Moïse porte dans sa loi que les prêtres hébreux n’auront point de terres à eux appartenant, et qu’ils vivront des offrandes du peuple. Chez les Égyptiens, les grands avaient accaparé toutesles propriétés, toutlesol; Moïseveutquc l'Hébreu qui aura vendu sa terre, puisse la reprendre dans l’année du jubilé, et il avait en vue d’empêcher l’agglomération de la richesse nationale entre un trop petit nombre de mains. L Égypte était une monarchie; Moïse institue une République. Les Égyptiens pratiquent la magie et 1 astrologie;
ÉGYPTIENS
Moïse repousse ces prétendues sciences qu'il traite desiiperstitioris. LesÉgyptiens embaument les corps de leurs pères, qu’ils conservent auprès d’eux, qu'ils vénèrent, et qu’ils engagent au besoin pour avoir du crédit; Moïse proclame que celui qui approchera d un mort sera souillé. Les Égyptiens élèvent à leurs proches des pyramides, magnifiques tombeaux; Moïse s’oppose à l’érection de colonnes et de monuments, signes d’ostentation. Les Égyptiens pratiquent la polygamie; Moïse veut que chaque homme n’ait qu’une seule femme. Les Égyptiens sont divisés par classes; Moïse ne connaît parmi les siens, qu il groupe, par tribus, qu’une seule famille, issue du même homme. Chez les Égyptiens, chaque homme ne doit exercer qu’un seul métier; Moïse nous parle des ouvriers Béséléel et Ooiiab ’ qui travaillent l’or, l'argent, le marbre, le bois, les pierres précieuses, et qui font toutes sortes d’ouvrages, ci il ajoute : Dieu a répandu la sagesse dans le cœur de tous les artisans habiles.
Les lois de Moïse sont une éclatante protestation contre laplupartdes idées etdes usage aile l’Égypte
Cependant, bien qu’il fît de la réaction contre esprit de 1 Egypte, le législateur hébreu profita de ses lumières, il en fit profiter le peuple qu’il setait donné pour mission de conduire, eide nombreuses connaissances furent emportées de la terre des Pharaons dans le pays de Clumaan.
A r iro P° 5 de la circoncision, dont nous avons
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parié, ajoutes encore les paroles suivantes cl Hérodote, qui vivait en k&i avant notre ère :
<f Les Colchidiens, les Égyptiens, les Ethiopiens sont les seuls hommes qui se fassent circoncire n de temps immémorial. Les Phéniciens et les Sy- « riens de la Palestine (les Hébreux) conviennent n eux-mêmes qu’ils ont appris la circoncision des « Égyptiens, »
Cette marque de rallîance du Bien (PAbraham cl du peuple hébreu *, était-elle aussi une mai que d'alliance entre la divinité et d'autres peuples l Kt s'il çn est autrement, quelle était donc pour eux sa véritable signification?
Nous avons parlé des monuments publics ; et ils étaient immenses. Les maisons des particuliers i 1 Client hautes de quatre à cinq étages dans la ville de Thèbcs, au dire de Diodore de Sicile.
SiiLmcns. qui régna cinquante ans sur l'Égypte, itiiolîl la peine (le mort, et ensuite, ce qu'il y avait de plus rudes travaux, il le fit faire aux conclamnés. Hérodote dit :« Il ne fit mourir personne pen- « liant ce temps-là (pendant cinquante ans), pour « quelque crime que ço lut; mais selon la qualité « d u cri m e, il con dam .naît le cou p abl e à trava illcr « aux lovées et, aux chaussées, près delà ville ou d « était né. ».
Le même nu tour nous dit qu'en Égypte les rôles des hommes et des femmes sont intervertis, bouleversés, que <t les femmes vont sur la place et s oc- 4 eu pont du commerce v taudis que les hommes, * renfermés dans leurs maisons, travaillent a de la
ÈwvTmns.
« toile, » Nous devons croire que les artisans, que * les cultivateurs so livraient aux métiers qui leur étaient propres, cl que leurs femmes ne les remplaçaient pas; mais il se pouvait que des hommes tissassent la toile, et que, dans le petit commerce, les femmes fissent pour le moins autant que les hommes. Rien d'étonnant pour nous en cela.
Hérodote nous dit qu'on a remarqué des colon* nés de verre en Éthiopie; la même matière était connue en Égypte, Le verre date donc de loin.
Aux yeux des Égyptiens, tout étranger était m barbare. Leur orgueil s'est transmis aux Grecs, aux Romains et à d’autres peuples encore existants.
IJ y avait en Égypte des mystères qui passèrent en Grèce, et dont nous avons une idée par notre franc-maçonnerie; il y avait aussi des fêtes de Diane ou d’Isîs, qui furent plus tard les bacchanales en Grèce et à Rome. L’ivresse les animait, les injures, les quolibets, les propos ordurîers les égayaient, Notre carnaval viendrait-il de là?
Les Égyptiens ne furent point, voyageurs, mais ils aimèrent les voyages, et grâce aux Phéniciens qu’ils employèrent à leur service, nous devons leur attribuer l’honneur de quelques découvertes géographiques. La science en général leur doit beaucoup,
L'Égypte était une nation fort peuplée. Dîodore dît : « Dans un dénombrement qui s’était fait an- * ciennement de toute la population, on avait « compté environ sept millions d’habitants. » Du temps de Diodorc, qui vivait peu avant Jésus-Christ,