‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 19 sur 45 · ÉCRITS UE SALOMON. J · texte numérisé non relu

ÉCRITS UE SALOMON. J

Salomon, comme son père, fut poète, il fut philosophe aussi- « H composa , dit la Bible, trois mille « paraboles et cinq mille cantiques* Il traita ausd « de tous les arbres, depuis le cèdre qui est sur le « Liban, jusqu'à Thysope qui sort de la muraille; et «t U traita de meme des animaux de la terre, des « oiseaux, des reptiles et des poissons. »

Nous avons parlé des écrits de David, donnons quelques extraits de ceux de son fils.

Au début de son livre des Proverbes , Salomon marque le désir qu'il a d’instruire, d éclairer, de moraliser : nous en donnons pour preuve ccs quelques versets :

« Les paraboles de Salomon fils de David et roî cl Israël, pour faire connaître aux hommes la sagesse et. la discipline; pour leur Taire comprendre les paroles de la prudence, et pour les porter à recevoir les instructions de la doctrine, la justice, le jugement et l'équité : jour donner de la discrétion aux sim pies ^ la science et L intelligence jeunes hommes. . , -

v. Lesage Les écoutera, et en deviendra plus sage : cl celui qui aura de T intelligence y acquerra T art de gouverner.

a 11 pénétrera les paraboles et leurs sens mystérieux , les paroles des sages et leurs énigmes « La crainte du Seigneur est le principe de ia sagesse les insensés méprisent la sagesse et la doctrine. »

Je ne puis m’étendre sur les œuvres de Snîoruon, et je nie borne à donner brièvement quelques-unes de ses bonnes pensées.

a Lu femme vigilante est ta couronne de son mari, a La femme sage bàüt sa maison ; l’insensée détruit de ses mains celle meme qui était déjà bâtie.

« Vivez dans la joie avec la femme que vous avez prise dans votre jeunesse.

« Pïe regardez point avec plaisir les sentiers des impies , ci quti la vote des méchants ne vous agrée point.

HÉBREUX

«Fuyez-1 à, n’y passez point : détournez-vous-en , et no vous y arrêtez point.

« Car "ils ne peuvent dormir s’ils n’ont fait du mal; et ils perdent le sommeil» s’ils n’ont fait tomber quelqu’un dans leurs pièges.

« Us se nourrissent du pain de l'impiété, et ils boivent le vin de l'iniquité.

« Mais le sentier des justes est comme une lumière brillante, qui s’avance et qui croit jusqu'au jour parfait, « La voie des méchants est pleine de ténèbres : ils ce saven L où ils tombent.

a Appliquez-vous avec tout le soin possible à la garde de votre cœur, parce qu'il est la source de la vie.

« Rejetez de vous la bouche maligne, et que les lèvres médisantes soient bien loin de vous.

a Que vos yeux regardent droit devant vous, et que vos paupières precedent vos pas.

a Dressez le sentier où vous mettez votre pied, et toutes vos démarches seront fermes,

« Ne vous détournez ni à droite ni à gauche; retira votre pied du mal [ car le Seigneur connaît les voies qui sont à droite ; mais celles qui sont à gauche sont des voien de perdition. Ce sera lui-même qui redressera votre course, et qui vous conduira en paix dans votre chemin).

u Celui qui cache scs crimes ne réussira point; mais celui qui les confesse éts'm retire obtiendra miséricorde.

« Le bien amassé à la hâte diminuera; mai» celui qui se recueille à la main et peu à peu se multipliera.

« Celui qui laboure sa terre sera rassasié de painh Celui qui cache le bled sera maudit des peuples#

« L’homme fidèle sera comblé de bénédictions; mats celui qui se hâte des enrichir ne sera pas innocent

« Lorsqu’un roi juge les pauvres dans la vérité, sou trône s'affermit pour jamais*

« Le juste prendra connaissance de la cause des pauvres, mais le méchant ne s’informe de rien.

« Le roi juste fait fleurir sou Etat ; et ['homme. avare U détruira ■

u Un méchant prince est au peuple pauvre un lion rugissant et un ours affamé,

« Celui qui opprime le pauvre fait injure à celui qui Ta créé; mais celui qui en a compassion rend honneur a Dieu. ï>

EÜItliS DE SALOMON.

Outre le livre des proverbes, d’où j'ai tiré les bonnes maximes qu’on vient de lire, Salomon a fait VJSçdésiaste, le Cantique des cantiques , et peut être le livre de ]a Sagesse* Il y a dans ces livres, à côté de choses qu’on pourrait reprendre,des pensées excellentes, et surtout dans le livre de la Saÿe&ïc, livre plus spiritualiste, plus religieux que les autres. Mais ce que j’ai dit suffit pour faire comprendre rpspril ci la philosophie de Salomon, et je m’arrête pour ne pas trop allonger cet ouvrage.

Kléflcildnti.

Je me suis étendu sur David et Salomon, parce q ue 1 un, de b e rger qu^îl était, s ’ éle va a u trôn e e t su t agrandir et régler ses Etals : et que l’autre, bien que ne dans lu cour, s’entoura de travailleurs', pratiqua h tolérance, et se montra l’ami des pauvres.

Rappelons-nous ceci : Quand les Israélites demandèrent un roi. Samuel leur dit : Il prendra ce qu’il | y aura de meilleur dans vos champs; il prendra vos Itls, il prendra vos filles; il aura des eunuques et des concubines. Il leur dit encore beaucoup d’autres choses. Les vices de Saul, ceux de David et de Salomon, étaient donc déjà prévus : c’étaient vices de rois, vices inhérents k la charge de roi.

Avant l’établissement du pouvoir monarchique, l’anarchie avait longtemps troublé la Judée; et pourtant il no fallut que deux ou trois princes intelligents ^ fermes pour agrandir, pour élever cette nation; mai s ce l*o y a um e n o u vea u so nti n t m al ses rapi d es p rol aussi vite II s'étah élevé, aussi vite il s’affaissa.

HÊBfiELX.

Il devait un jour en être de même des varies monarchies qui se fondèrent sur les ruines des Hépubli ques. Leurs beaux jours ne durèrent qu'un insian

Nous avons parlé des ouvriers du roî de Tyr, è ceux de David, de ceux de Salomon et de leurs Ira* vaux. Nous devons maintenant faire remarquer que, à part les trente mille hommes que Salomon envoie au mont Liban, et que nous croyons être hébreux, il sc trouve cent cinquante-trois mille six cents onvriers, appelés prosélytes on étrangers. Ces prosélytes, ces étrangers à la n ati on dans laquelle ils ira- j vaillent* et que des rois attirent k eux, ne semble»-- 1 ils pas être unis par des liens de confraternité? Î4 sont-ils pas une secte, une société, un corps mp! aisé de travailleurs, enfin, un compagnonnage?!^ reviendrons plus tard à ces questions, et nous téck-f rons de les résoudre.

Passons maintenant à d'autres événements.

mticc££*ieikrs do Fin 1 q mon*

En l’année 962 avant notre ère Roboàjj , fils (le Salomon, succéda à son père, et voulut gouverBff despotiquement. Le peuple s en irrita, et guidé pu Jéroboam, homme ambitieux sans doute, se plalgid amèrement du joug qui l'accablait Le nouveau w répondit aux plaintes qui lui étaient adressées parlai multitude, qu’il voulait réfléchir, et il se sépun d’elle en lui donnant rendez-vous pour le trois!eni 1 ’ jour.

Koboam consulta les vieillards qui avaient temps été les conseillers de son père. Ces honini*

laîtoiTK ni- peu pli-; comuk hoiîoam. PT

lui reeommandSreat lit douceur ; mais le roi goûta mal leurs raisons* il s’adressa alors à ses camarades de jeun esse* «qui, nous dît la Bible, avaient été^nourc ris avec lui, et qui étaient toujours présidé sa per- « sonne* »

Ces jeunes présomptueux récitèrent à la violence, et le prince en fut enchanté.

Le troisième jour le peuplé et ie roi se retrouvèrent en présence. La multitude écouta attentivement, et voici les paroles du roi ;

« Mon père, selon ce que vous dites, a imposé sur ir vous un joug pesant; et moi je le rendrai encore « plus pesant ; mon père vous a battus avec des ver- « gc$; et moi je vous châtierai avec des verges de fl fer. »

La Bible, qui nous transmet les paroles et-dessus, ajoute là réflexion que voici :

« Ainsi, le roi ne se rendit pas àla volonté dupeil- « pie, parce que le Seigneur s’était détourné de lui « dans sa colère, *

La multitude se relira dans ses tentes. Le roi persévéra dans la rigueur. 11 ne lin I; nul compte des murmures du peuple, sur lequel il voulait prélever de lourds impôts. La Bible dit :

fl Le roi Roboani envoya ensuite Aduram, qui avait ia surin tendance des tributs; mais tout le peuple le lapida* et il mourut. Le roi lloboam monta aussitôt sur son char, et s’enfuit à Jérusalem. »

Telle fut la bravoure de ce jeune insolent qui avait, méprisé les misères et les plaintes du peuple.

A partir de ce jour f amour du peuple se re:tri

Î>S HFJïïtÉlX.

complètement delà maison do David, etJesHéhrcm lorruèrent deux États séparés, ennemis l'un rfr ! l'autre.

Roboam ne régna plus que sur deux tribus, celle de Juda et celle de Benjamin. Jéroboam, qui avait porté la parole pour ïc peuple, ayant été proclamr roi, régna sur les dix autres tribus. Il y eut donc deux rois.

Roboam était roi de Juda ou de Jérusalem ; Jcro- j boam était roi d’Israël; H avait pour capitale la ville de Sichein. (Le siège de cet empire devait être un [jeu plus tard transporté par À chah à Samarie.j

Rien d’hostiles, rien d'ennemis comme ces tiens j royaumes hébreux : Juda et Israël, Jérusalem et Sa- : marie. Mais je renonce à retracer leurs cruelles luttes , leurs fréquentes et détestables razias.

Cependant, Roboam ne fit point la guerre à Jéroboam; Dieu, suivant la Bible, le lui défendait. Ajoutons que sa paresse et sa lùeheté lo lui défendaient aussi. Ce roi faible fut attaqué par Se sac ou Sesauchis, roi d’Égypte, avec des forces considérables.

« La cinquième année du règne de Roboam, dit ta Bible, Scsac, roi d’Egypte, marcha contre Jérusalem, parce que les Israélites avaient péché contrôle Seigneur.

« Il avait avec lui douze cents eharriots de guerre, et soixante mille hommes de cavalerie : et le petit I peuple qui était venu d’Égypte avec lui ne pouvait j se co n j p ter ; ils étaient to us L i b yen s, Troglo d vtes ■ H Éthiopiens.

« Et H se rendît maître des pins fortes places éi

DISCORDES EXTRE JÉRUSALEM ET SAMABIE. 99

royaume dé J uda, et s'avança] usque devant Jérusalem

« SesaC roi d’Égypte se retira donc de Jérusalem, après avoir enlevé les trésors de la maison du Seigneur et feeûx du palais du roi, et U emporia tout ÿvcclui» et même les boucliers d'or que Salomon avait ïaiL faire. »

Hoboam mort, Aiua, son fils, lui succède. Le nouveau roi fait la guerre à Jéroboam.

À Ahi a succèdent, sur le troue de Juda, À sa, Josapliât, Joram* Ochosias, Athalic* Joas* Anmsias, Avarias, JoLiiam, et d’autres princes que je crois inutile de nommer. Jéroboam, roi d'Israël, eut pour successeurs Nadab, Baasa, Éla, Zi mer i, Omri, Achab, Jehu, et ceux qui vinrent après Jehu.

Ces deux royaumes. Juda et Israël f se firent des guerres continuelles. Li y eut guerres politiques, guerres de dynasties, guerres religieuses. Les révoltes et les séditions les troublèrent également. Les rois succèdent aux rois, les dynasties aux dynasties* et le peuple de Juda et le peuple d'Israël nagent dans le sang, se ruinent, s’affaiblissent T un par l’autre, et Saniarïe et Jérusalem tombent également sous les coups des Assyriens.

Jérusalem fut prise, puis encore prise; die fut minée; son temple fut bridé, et ses habitants furent conduit captifs à Babylonc par Nabuchodonosor mi d’Assyrie fo88 av. J.-C.).

Ils ne recouvrèrent leur' liberté que pour passer é’uîie servitude à une nouvelle servitude.

L’hÉlotrc des Hébreux sous leurs rois est une page ( le sang, et j’ai mi ne devoir que t'effleurer.

JiÉuma'X,

Il y a cependant au milieu des scènes les plus affreuses, parmi les Hébreux, des épisodes intérêt | sanisj j'aurais voulu pouvoir parler de Tobîe, à Job, de Judith» d’Eslhcr, de Susanne, des sept Macliabees et de leur bravoure; mais cela nrimraîtjptraîné trop loin; et mon travail ne comporte desdè veloppements que pour les choses les plus îinportantes de F histoire des peuples»

Cependant, je n’ai pas complètement lerminkM ! fait connaître les grandes pensées de Moïse; je im suis arrêté un instant sur les écrits de David et ik ( Salomon, donnons maintenant quelques extraits chants des prophètes.

Kxirulü ûc* propiièiffi.

« Cieui, «Vouiez; ci. toi, terre, prête Pûrailïe; cartel le Seigneur qifî a parlé. J 'ai nourri des euluU?, ut jn < ? ui élevés ; et après cela iis rn'oiU méprisé.

" Le bœuf connaît celui à qui il «?si v K lanr l'élaUV son maître : mai* Israël ne m'a point connu, et mon fieu}' I a été sans entendement*

« Malheur à la nation pécheresse , au peuple di^ I d'iniquité. à la race corrompue, aux enfants incuh nui* n scélérats* ils ont abandonné Je Seigneur; iis ont bfor phémé le saint d'Israël ; ils sont retournés en arriert* a A quoi servirait de vous frapper davantage, vais qui I ajoutez sans cesse péché sur péché? Toute tête est Lpguissante, ci tout cœur est abattu.

u Depuis la plante des pieds jusqu’au haut de la lélc, il ivy a rien de sain dans lui. Ce n'est que blessure, qiw contusion, cl qu’une plaie enflammée , qui n'a point clé i bandée, à laquelle on ti'a point appliqué de rcintak,^ qu’on n'a point adoucie avec l'huile,

« Votre terre est déserte, vos vîües sont brûlées par 1< I feu ; les étrangers dévorent votre pays devant vous , et il sera désolé comme une terre ravagée par ses en ne mis>

« Qu'ui-je affaire de cette multitude de victimes que vûiü

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