‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 26 sur 45 · G L'ERRE DE TROIE · texte numérisé non relu

G L'ERRE DE TROIE

[ ï s'incline, et se dérobe à la noire parque. Alors I œ Ménélas s’arme de sa brillante épée, et la levant,

* il en décharge un grand coup sur ie haut du i asn que de son adversaire : rompue en trois ou quatre

« éclats elle tombe de sa main.Il fond sur le

n fils de Priam ; et le saisissant par le panache, il h

* traîne du côté des Grecs. La courroie, riche tissu, n qui liait le casque sous le menton de Pàris, Péii tondait en serrant son cou délicat ; et dans ce mo- « ment Àtride eût remporté une gloire immortelle, » si une déesse, Vénus, n’eût rompu la forte courroie, et sauvé Pàris de ses terribles mains.

Tai reproduit laiuttede Ménélas et de Pàris; parce qu’ils furent la cause première de cette grande guerre, et que nous trouvons dans la description que je viens de donner, la peinture des armures des guerriers, leurs invocations aux dieux, et leurs mamères de combattre. Cette lutte n’eut pas la paix pour résultat, comme on se Tétait promis, et les combats recommencèrent encore avec plus d’acharoement. Homère dît :

« Les deux armées se rencontrent sur le champ

* de bataille, elles mêlent leurs boucliers et leurs « lances; le $Combattants armés d’airain confondent

leur fureur; les globes des boucliers s’entre-heur- « lent, et U s’élève un horrible tumulte. Alors se

* font entendre à la fois les cris de triomphe, et les

* hurlements des vainqueurs et des mourants; des 3 Rois de sang inondent la terre.

\jax, Diomède, Achille , Hector , Sarpédon por» I font chacun la mort dans les phalanges ennemies.

G Rkçs.

Des combültvsinguliers se livrent; cest Sarpédai rentre Palrode; Àja& contre Hector ; Diomède» ire Enée; et le plus grand des héros troyens périt sous ïa lance d 1 Achille,

Ces combats durèrent dis ans, au terme desquels la ville de Troie fut prise, détruite de tond en comble, et presque tous ses habitants périrent avecelk (im av. J-C.j.

Les vainqueurs ne jouirent pas d T un long bonheur. Antiloque, Pairocle, Achille, Àjax, fils de Tè lamon, périrent devant Troie. Àjax, fils d’Oïlée,^ rit foudroyé par les dieux, sur les rochers de Gyre. idoménée, à peine arrivé eu Crète, sa patrie, sacrife son fils et dut fuir la colère de son peuple, Àgamemnon périt égorgé par sa femme en arrivant dais son palais ; Ulysse eut à subir de terribles naufrage et erra dix ans sur les mers, où il perdît toussa compagnons.

Combien d'hommes descendirent dans la tombe

pour un différend survenu entre deux princes u Tbccasîon d’une belle femme 1 Beaucoup de guerm dans lesquelles des peuples entiers ont péri n'avaient pas de plus graves fondements.

État tîo In Cr^cc aprp'i la tîticri'n «le Troie.

Après ki guerre de Troie, la Grèce tomba du# un long abattement; on ne vît de longtemps# laits éclatants nulle part. C’était partout des famille pr i ne i è res e t d es d y nas Li es r i va les q u i se d i spu tnîenl ta puissance souveraine; elles se renversaient tour 1 tour des lrênes et s’envoyaient en exil ou à la mort-

LIAT DE LA GRECE APRES.LA GUERRE l>E TItOiE. KJ0

Ln lutte des Pélûpides, ou descendants de Péîopset d'Alré, contre les Hcraclidesou descendantsd Hercule, eut des chances bien diverses, et pendant plus de cent ans Sparte, Àrgos, Myeènes, tout le Pélopûnèse, la Grèce entière enfin, en furent troublés.

11 y eut des exils, des expatriations ; et par suite des colonies se formèrent de toutes parts des débris des États grecs qui se déchiraient.

Les côtes de l’Asie mineure furent peuplées, soit paries Grecs qui s\ fixèrent après la ruinedeTroie, soit par ceux que l'oppression des familles puissantes éloignait de la mère-patrie.

De môme, les îles nombreuses de la Méditerranée, cl ritaiié, et la Sicile, reçurent de nouvelles populations.

Les peuples sont fatigués des princes qui les oppriment; Thôbes, Athènes abolissent leurs royautés et instituent des républiques (1095 av, J.-C.)* La plupart des autres Etats de la Grèce les imitant.

Les viltesioniennesde la cô te d* Àsi e, M i let, My on te, Pryène, Ephèse, Colophon, Lébédos, Téos, Claatomènos, Phocée, Samos, Chios, Erythres, grecques par leurs habitants, se liguent entre elles, et forment une vaste confédération.

A peu près vers le temps où Moïse envahissait la Palestine, Gécrops et Danaûs envahissent Vun PAttique et l’autre le Péloponèse; a peine David a-t-il terminé ses sublimes chants dans sa patrie, qu'Homère paraît et se fait entendre dans toute la Grèce, Il était né sur les côtes de l’Asie mineure, dans) une éèâ villes fondées par les Grecs expatries dont nous

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no

avons parlé. Entrons donc dans les détails au supl ' d’Homère; ce poète doit intéresser tous les homme;. 1

Homère,

David, le plus grand des poètes sacrés t naqiiii berger; Homère» le plus grand des poètes prafam, est également né dans unecondition très inférieure* Appuyé sur Hérodote, ou pour mieux dire, en k transcrivant presque textuellement , faisons cour naître fauteur de flliade.

Lorsqu'on bâtit la ville de Cyme, en Æolie» il h rendit des hommes de différentes nations de b Grèce, beaucoup d'entre eux pour travailler;Parmi ceux-ci se trouvait Ménalopus. Loin d'être riche, 0 n’avait pas même d’aisance : ïi se maria a Cyme f jel eut une fille qu'il nomma Crithéis. Ménalopus et s femme moururent, laissant leur fille en bas âge&otë 3a tutelle de Cléanax d’Àrgos, leur ami.

Dans ia suite des temps Crithéis eut des liaisons avec un homme; elle se trouva enceinte. Clêaaai f en blâma en particulier» et pour éviter le scandale, il la fit partir pour Smyrne, qu’on venait de c» -truire, et la confia à son ami Isménias de Béofié C’est dans cette ville qu’elle accoucha d'Honaèr- (1000 av. J.-CO-

Après avoir demeuré quelque temps avec Ismnias, Crithéis le quitta, et gagna sa vie ainsi qnt celle de son fils du travail de ses mains. Et elle l'éleva comme clic put,

« Il y avait alors à Smyrne, dit Hérodote, uo I homme nommé Phcmius , qui enseignait les belles

VIE îflIOMÈltE.

leüres et la musique; comme il rfétait pas marié, ü prit à ses gages Crithéis, afin qu'elle lui filât les laines quil recevait de ses disciples pour le prix de m soins . Elle s'en acquitta avec beaucoup d'adresse; et se conduisit avec tant de sagesse et de modestie qu'elle lui plût* O lui proposa de l'épouser, et lui promit d'adopter son fils, lui faisant espérer que æt enfant, élevé avee soin et instruit par lui, deviendrait un jour un homme de mérite; car il apercevait déjà dans cet enfant de la prudence et un heureux naturel. Crithéis , touchée de ses offres, consentit k l'épouser. *

Lejeune élève de Phémîus avait surpassé les espérances de son maître, qui le traita en fils réellement.

Phémiu5,etbientût Crithéis,moururent. Homère, héritier des biens de son protecteur , devint maître décote,

*11 excita l'admiration, dit Hérodote, non-seulement des habitants de Smyrne, mais encore des étrangers que le commerce y attirait en grand nombre,

* Il y avait parmi ces étrangers un maître de nanommé Mentes, i! était venu de Leueade pour le commerce du blé; le vaisseau qui! montait lai appartenait en propre : it était instruit dans iea lettres et savant pour ce temps-là. Mentes persuada à Homère de quitter son école et de l'accompagner dans ses voyages. Il lui proposa, pourl'y ende le défrayer de tout, de lui donner des WWoratre^ et lui fit entendre que, tandis qu'il était

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jeune, il êtaiL nécessaire qu'il vit par lui-même k villes et les pays dont il aurait dans la suite accosta de parler. *

Il y a tout lieu de croire que le poète avait communiqué à Montés le plan de l'oeuvre qui derti l'immortaliser.

Homère se passionne aux propositions duvow geur ; il quitte son école, s’embarque et partout « il aborde avec le navire , il parcourt les plagisti prend des informations nombreuses. Il voulait w rendre compte de tout ce qu’il voyait. Il parcourt ainsi la Tyrrhéuïe, ribérie, l'ile rVin^que, oinltV atteint par une maladie des yeux. Cette matais s’apaisa, et le poète put continuer à voyagerai s’éclairer. II arriva enfin à Colophon. <r Ce fut dan; cette ville, dit Hérodote, qu'Homère fut de nouvea attaqué de son mal d’yeux; son mal empira, eî perdît la vue. Ce malheur le détermina a quitter^ lophon et à retourner à Smyrne, ou 11 s’appliqua la poésie. »

Ses affaires allant de mal en pis, il se mite route pour aller à Cyme, la patrie de sa mère. E passant dans la ville de Néon-Tichos, colonie ht Cyme, il s’arrêta devant la boutique d'un armuriw où il récita des vers qui se termina tentai nsi : «M pectex la misère d’un étranger* qui n’a pas lift « maison où il puisse trouver un asile. »

L’amiurîerTychius, content des vers du poèU'. et plein de commisération pour un aveugle mW à menSîer son pain, l'engagea h entrer dans sos atelier, le fît asseoir et lui promit de lui venir «

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