VIE D'HOMÈRE
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uide autant qu'il ic pourrait. Homère montra un échantillon de ses poésies : C f était rexpéditionffÀinphiaraiis contre Thèbes, et les hymnes en l'honneur des dieux. Ses auditeurs en furent dans fadmi ration*
îrTant qu'il fut à Néoa-Tiehos. dit Hérodote, ses poésies lui fournirent les moyens de Subsister. On y montrait encore de mon temps le lieu oii il avait coutume de s’asseoir lorsqu’il récitait ses vers. Ce lieu était en grande vénération. »
Dans la suite, les secours lui arrivant moins abondamment , Homère partît de Néon-Tidios.
« Lorsqu’il fut à Cyme, dit Hérodote, il se rendit dans rassemblée tics vieillards, et leur récita ses vers. Enchantés de leur beauté, ils furent saisis d’admiration. »
Homère, encouragé par les vieillards, demanda j au sénat des Cymëens d'être nourri aux dépens du public, offrant de payer ce bienfait par la gloire qu'il répandrait sur la ville qui lui donnait Thospita- Jité, Tous les sénateurs approuvèrent sa demande , d’exception d’un seul qui dit aux autres « que s'ils w étaient d’avis de nourrir les Home res, ils se trou- * valaient accablés par une multitude de genslfiufi liles, (Hérodote.)
Le mot Homère veut dire aveugle. Ce n’est que depuis que notre poète avait perdu la vue qu T on } appelait ainsi. Avant on le nommait Mélési gènes : Cétait là le nom que lui avait donné sa mère.
U est probable qu’en ce temps-là beaucoup dV 3 veugles se livraient au chant et à la poésie ; et nous
GBECS.
croyons qu^n attaquant les aveuglés, on n'avait p* la pensée de respecter les poètes.
Les raisons du sénateur ennemi des Homira avaient fait impression, le sénat se rendît à sonavi et Y Homère ou Vaveugle ne fut point secouru m gré ses grands talents et ses promesses d'iltor la ville,
Homère déplora son malheur et lanrai aux C y méens de vigoureuses apostrophes. Il se retirai suite dans la ville de Phoeée, où il se lia d'ami avec un nommé Thestoride, qui instruisait 1 esjeir gens dans les lettres, Homère communiquai nouvel ami ses vers et sa petite Iliade , sa ùmw œuvre, Thestoride transcrivit en secret les compsitions d'Homère, se les appropria, et ne tarda pa a partir de Phoeée pourChios, où il établit une®: de littérature, s'acquit une grande renommée oldfi profits considérables. Quant à notre aveugle, i ignorait le larcin dé Thestoride, qui lui avait rawk ses manuscrits, et il vivait dans la misère.
Des marchands de Chios étant venus à Fho$ entendirent Homère qui récitait ses versr îhb dirent qu'il y avait dans leur ville un professeur^ récitait les mêmes poèmes et s’attirait de gras: applaudissements. Cette révélation éclaira favct^ [) se disposa à partir pour Chios,
Des nautonniers le prirent sur leur navire et portèrent à Erythrée, Là il monta sur une bartp* de pécheurs, qui allèrent le déposer sur le riva? de ta mer, où il passa la nuit* Homère se mitt* route au matin, et se rendit à pied en un
V1E u'iIOfllÈnE.
nommé Piiys* De l'a il se dirigea « vers un troupeau
* de chèvres dont les cris Pavaient attiré. Les chiens
* le voyant approcher, aboyèrent après lui, il cria* « Glaucus, c'était le pasteur, entendant ses cris, ac- <* court en diligence, rappelle ses chiens, et les écarte « pur ses menaces.s> (Hérodote*) Le berger fut émerveillé de ce qu’un aveugle était venu seul en ces lieux. Ils s'entretiennent ensemble, Homère raconte *"s malheurs, « Glaucus avait le cœur sensible , dît « Hérodote, il en fut touché, II le mène dans sa ea- 1 bane, allume du feu, prépare son repus, et lors- " qu'il l'eut servi, îl l’invita à manger. »
Le lendemain Glaucus alla rendre compte à son inaîlréâela rencontre qu'il avait faite; « le maître ne goûta pas ses discours et le blâma de ce qu’il donliait ThospitÉité et admettait à sa table desaveugles. Cependant il lui ordonna de le lui amener* » (Hérodote*)
Le berger retourne vers Homère, lui fait part de sa démarche, et ramène devant son maître, qui trouve de l'esprit au poète, et le charge de [éducation de ses enfants*
Quelque temps après* Homère part pour Chias.
Dès qu'il apprend son arrivée, Thestoride s’en Joigne. Le riche voleur fuit devant le pauvre aveugle.
Homère établit une école dans cette ville; donne ®É|ûçons h. la jeunesse; il acquiert de la répu ta- Eiou, de la richesse; il sc marie et devient père de doux lilîes.
Notre poète était célèbre dans Home; sa répu la-
GRECS
lion s’étendait on Grèce, où quelques fragments <jf ses œuvres avaient pénétré. Il recevait de nombre ! ses visites et (les hommages de toutes parts. Maiî étant dans cette heureuse situation, il perdit safemfrjr et ses enfants, et son bonheur s’écroula bien vile.
Il partit de Chios pour Samoa ; a son arrivée dam cette île les habitants le reçurent fort bien. Le lendemain, « des potiers de terre Fayant aperçu « tandis qu'ils faisaient chauffer leur four, (HLII'
« rodote, l’invitèrent d’autant plus volontiers à en- j « trer chez eux, qu'ils n'ignoraient pas qu’il était « plein de talents* Ils le prièrent de leur eliaim « quelques-unes de ses poésies, et lui promirent é a reconnaître sa complaisance, en lui faisant prf (r sent de quelques-uns de leurs vases, ou de W a autre chose qui serait en leur pouvoir. Iî leur « chanta donc les vers qu'on appelle le Fournée
Homère passa 3'hiver à Samos; iï sc rendait daa 1 les maisons des riches dont H tirait quelque récompense*
a Au commencement du printemps, dit île# dote, Homère voulut partir de Samos pour se ni ! dre a Athènes. Il mit ù la voile avec quelques Simiens, et aborda a Fîle d’Ios, Ils ne débarquW pas à la ville, mais sur le rivage* Homère se voyaû: attaquer d'une maladie grave se fit porter à tpf- Les vents contraires ne permettant pas de continua j la navigation, on resta plusieurs jours à rancrc Homère reçut la visite de quelques habitantsfc j nie d’ïos, qui ne l’eurent pas plus tôt entendu par* 1er, qu’ils furent pénétrés d’admiration. *
vi iï n'iiofflÈAE, 14 T
La maladie du poète fit des progrès et il mourut m les côtes de l'iïe d’Ios, <c |] fut enterré sur lés bonds de la mer, dît Hérodote, par ses compagnons de voyage, et par ceux des habitants d’Ios qui l’avaient fréquenté pendant sa maladie. Longtemps après, et lorsque ses poèmes, devenus publics, furent admirés de tout le monde, les habitants d’Ios inscrivirent sur sa tombe ces vers élégiaques :
" f* terre recèle ici, dans sou sein, la tète sacrée Dy divin Homère, dont la poésie a illustré les héros ! »
Homère, le fils de Crithéïs la prolétaire, fut toujours bien accueilli par les artisans : Farmurier, le berger, les potiers de terre, se montrèrent tous sensibles à la poésie et d’une grande bonté pour le poète : cela prouve en faveur du peuple. Les riclics sont moins enthousiastes, moins tendres.... le maître du berger veut bien voir Homère par curiosité, et lui trouve même de F esprit; les lymèens ont des louanges pour le poète et le sénat Hl secouru, mais un seul de ses membres touche la corde des intérêts , démontre combien il serait mineux pour la ville de nourrir tous les IJomères ; si Homère est abandonné à sa misère.
qu'on ne joue pas ici sur les moisi II se peut ^ Ihmè re veuille dire a ve ug le ; m a is qu a n d, exe î t é les encouragements des braves gens de Cyme, e fils de Crithéis ose se présenter devant le sénat, ^nest pas à titre d’aveugle qu'il réclame, mais m ^ tifre de poète, et c est a ce litre qu’on le Omisse, Et, en effet, les Home res sonl si num-
ns
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breuxî.., les nourrir tous eût été ruineux pourli patrie î...
Celui qui pendant sa vie avait mendié son pain et avait été vagabond de contrée en contrée, fut gloril après sa mort. Sept villes se disputèrent Finâp honneur de lui avoir donné le jour , et chacun d’elle éleva à sa gloire des colonnes et des mausolées.
Malgré les contestations à cet égard, nous croyd qu’ilomerc était de S n i yi r nc, vil 1 e greçque-asiatique, construite peu de temps avant sa naissant Au reste, il joint h la vigueur européenne iamplw orientale; il observe, dans scs poèmes, la plus» plète impartialité entre les enfants de la Grèce g ceux de la Lydie et de la Mysîe; c'est 14 jot nous un indice de plus qu'il était né dans une vil peuplée de Imites les nations qu'il devait chanter: dans Smynie enfinj
néfte^lauM khp Homère elfteM oiifrug».
Les deux plus importants ouvrages d’Hom^ sont : l'Iliade et l'Odyssée, Dans l’un il chante 1^ guerre de Troie, dans l'autre, il chante les ateoturcs d'Ulysse et les suites de cette hww guerre. Je ne veux point analyser ces deux gran# œuvres. Je veux seulement, avec leur seeourf expliquer autant que possible l'esprit des vient temps.
Quelques modernes ont supposé qu'HomèreavaJ 1 n o n-se u 1 e m e n t c ré é ses poème s, mai s en corc W les personnages dont il nous entretient; pers^
Ol'Vit AGES PHOBIEHE.
nages qui ifauraient existé que dans son imagination, Non» non , cela ne se peut. On ne peut réduire à néant la vérité historique de l’Iliade, sans réduire à néant les fondements de la vieille Grèce; on ne peut dire que tous les héros d'Homère soat supposés, inventés, sans dire en môme temps que toutes les villes, que tous les lieux qu'il nous décrit sont également des fables. Et cependant on a des preuves du contraire...
Àgamemnon, Achille, Nestor, Ulysse, Àjax, Diomède, sont des personnages trop bien peints, trop réels en toutes choses, pour les croire nés des rêves d'un homme.,. Il y avait des vivants dans les vieux temps; pourquoi pas ceux dont Homère nous parle au lieu de tous autres.
Les Croisades, la ville de Jérusalem, les Godefroy de Bouillon, les Raimond de Toulouse, les Baudouin de Flandre, lesTanerède,sont-ce batailles, tilles et personnages inventés h plaisir, absolument factices? On ne le pense pas,... Pourquoi donc alors supposer à Homère la puissance de faire un monde, et de l'animer.
Supprimez Troie, tant de héros chantés par Ho* mère; il faut après cela supprimer les Pélopides, bHéraclides, les descendants de Cécrops et de Cadmus; et que reste-t-il alors de l'ancienne Grèce? Bien.
11 est d’autres écrivains qui prétendent qu’Hoai ore n’a pas existé, et que les poèmes qu'on lui attribue ont été composés par une foule d’auteurs, .dont l’un aurait fait l'invocation à la muse, l’autre a. 9
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la description de l'armée, un autre le combai d'Àbhilleet d'Hector; un autre une autre partie d? l'œuvre. Tous ees morceaux auraient été fait isolé* ment, sans lien, sans ordre, sans but, ensuite ol les aurait rassemblés, et tout se serait trouvé pour le mieux* On ne veut pas croire à un Homère, tant son génie nous surprend, et Ton veut qu'il y ait eu cent Homères, et que ees Homères aient agi, sam le savoir, avec un ensemble admirable, et unecoii* formité d'idées, d'esprit, de génie et de sentiment plus admirable encore 1., Voilà vraiment du mer* veilteux 1. •. Revenous donc à Homère, au sec! Homère, celaest plus simple et plus juste; etcroyoïi? que l'on peut, en se pénétrant de ses écrits, se faire l'idée la plus vraie des temps héroïques de la Gîte-
Étude i*ur lu Crèrc d'aprè# Homère,
Quelles sont les principales villes citées par 1 1 poète grec?Cesout Àrgos, Sparte, Corinthe, Tito, Egine, Môthone, Phère, Tïrynthe, My cènes, Pylfc Platée, N issa, Orchomène, Panope, Cïmlcis, Mantinée>EpIdaure, Crissa, et Athènes. Toutes ea villes existaient donc avant Homère ; c’est-à-direpJtë de mille ans avant Jésus-Christ.
Troie, au moment de sa ruine, avait de riche palais, de solides remparts, et son luxe était extrême
En Grèce O y avait moins de somptuosité :
mœurs étaient plus simples et plus rudes,
Pouvoir# de# roi# et droits de# peuple#.
Quelles étaient les formes de gouvernement?
POUVOIRS DES îlOiS ET DïtOlTS DES PEUPLES. 151
tfule était connue; la royauté* Mais les rois* cruels parfois, ne devaient être que les chefs ou les pasleurs du peuple. Ils devaient rassembler, le consulter sur les affaires graves de l'Etat, Leur pouvoir ne prenait de l’extension que lorsqu’ils étaient à la tête des armées*
Et encore Achille, dans sa querelle avec Àgameniuon, son chef, qui abuse, il est vrai, de l'autorité, lui jette-t-il en plein conseil ces paroles blessantes à la face :
& Roi qui dévore tes peuples, si tu ne commun - 11 dais à des lâches, ce serait là ta dernière insolence. » (Homère*)
Thcrsite lui-même, ce guerrier qu’Homëre nous peintsî difforme et si dégoûtant:
Remettait point de fin à ses clameurs insultan-
* les, nous dit le poète grec* il était accoutumé, sans «qu’aucun frein l'arrêtât, d’attaquer les rois par *des discours téméraires et indécents, satisfait " fecîïer, à quelque prix que ce fût, les ris de ta
* Multitude* »
Lorsque Achille consent à se réconcilier avec Agamenmoa, « il parcourt, dit Homère, le rivage
* de la? mer-; et faisant retentir sa voix terrible, il
* convoque rassemblée des chefs* Alors s'y rendent “ m foule tous les guerriers, meme les pilotes, les
" ®WBIBUTËCnS DES VIVRES ET LES RAMEURS* »
(Homère*)
Le fils d’Ulysse, le prudent Télémaque, opprimé en l’absence de son père par les fils des familles puissantes de ses Etats, qui se disputent la main de
GIlEC-L
Pénélope, sa mère, « ordonne aux, hérautis* suivant et Homère, d’élever leur voix sonore et de convo- « quer les citoyens. Dès que la foule est réunie, a que les rangs sont pressés, Télémaque marche « vers la place publique» » Là, il expose toutes les indignités dont lui et les siens ont été victimes, et il ajoute en plus :
« Soyez donc vous-mêmes indignés, citoyens; fl « si vous ne respectes pas les jugements des peupla « qui nom environnent , craignez les dieux; craigne « que la vengeance de ces forfaits ne. tombe sur vo? « propres têtes. Amis, au nom de Jupiter assis (ta « l’Olympe, au nom de themis qui préside aix &
« SEMBLEES DES PEUPLES , CCSSCZ, je VOUS CU OQN'
«jure, de vous joindre à mes oppresseurs» v (Homère.
Nestor dit quelque part à Télémaque :
« Tant que nous occupâmes les bords troyens.
« Ulysse et moi nous ne différâmes jamais d'avis» « ni dans les assemblées du peuple, ni dans fe « conseils des rois . » (Homère»)
Les paroles d 1 Homère prouvent que le était compté pour quelque chose en ces vieux temp de la Grèce, et que les rois, « ces nourrissons d# « Jupiter, » ne jouissaient pas d’un pouvoir sa# limites.
La brutalité des grands et des petits était excf? sive, alors les meurtres étaient fréquents, et cela qui avait tué son semblable n’avait qu’à s’expatria il était partout bien reçu. Ajoutons que l'avarice (fc vieux Grecs égalait leur barbarie. Mais dans $ âmes altières que de vertus aussi I Combien ils étaïttë
H UriiMUrK. U O COXJLGAL. AMITIÉ- 153
dévoués à lotir patrie, à leurs amis, à l'humanité parfois!—Pour l'hospitalité, voici une preuve- Ho père dit :
u Axylc habitait les beaux murs d’Ârisbe, et possédait de grandes richesses : ami des hommes , m maison , située sur ta roule pubtique* était CONSA¬ CRÉE A L'HOSPITALITÉ, »
Qui n’a entendu parler d 1 Admète* mi de Phère, si célèbre par sa bienfaisance?
Priant avait de nombreuses épouses: Hector, son fils, paraît iraimer que sa chère Andromaque ; î! rien des mœurs efféminées de l'Asie,
Les Grecs, ainsi que les Israélites, n'épousent qu'une seule femme. Les grands fugitifs de l’Egypte, J)anains,Céct|ps, ont corrigé les mœurs de leur mèrepatrie sons ce rapport, ou ils se sont tout simple» ment conformés à l’esprit des peuples auxquels iis s étaient venus mêler. Cependant, à côté de la femme légitime, on voit souvent des captives, des esclaves en titre. Les Grecs ont des cœurs ardents, pleins de passions et de fougue.
Ces hommes ardents pour la haine, ne le sont pas moins pour l'amitié : on sait combien Achille et Patrocle avaient de sympathie, de tendresse l’un pour l’autre. Mais entre eux, rien de coupable : aucune trace dans tout Homère de ces amours infâmes qui seront de mode aux plus beaux siècles de la Grèce, que les plus savants philosophes ne flétriront pas, et dont Platon nous entretiendra avec trop de complaisance.
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Enfants tleti dieux et des dô ?**«-*.
Nous avons déjà parlé des dieux, retournons J | la même question* Il y a tout lieu de croire quclrç premiers Grecs ont adoré le soleil, 3a lunejefum ment, à l'exemple des Assyriens, des Phéniciens eî desEgyptiens, Plus tard lesastrcs elles agents divin* de l'univers furent revêtus de figures et de corps luimains, et devinrent des dieux mâles et des dieux femelles, ayant notre ressemblance* Il y eut Testa, Uranus, Saturne, Cybèle et autres divinités* Drc hommes bienfaisants, courageux et dévoués à l%inanité, parmi lesquels nous comprenons Apollon, Hercule, furent aussi, nous Pavons dit, faits dm par k reconnaissance. Mais tous ces dieux devrai! être la bonté, la perfection môme ! et pourtant m Wlt actions dégoûtantes ont été mises sur leur complu pourquoi cela ?
Les hommes primitifs, bruts et passionnés, s>: livrent à l'impétuosité de rhistincl... Des femmes séduites ou violentées, conçoivent d'un inconnu 00 d'u 11 homme dont on veut taire le nom..Xe termeik la grossesse arrive, un enfant est au monde.. * Qui eu est le père? C’est Dieu 1 Dieu est le père de tous h orphelins. De celte vérité naquît la fable. Les dieux furent mis à notre portée ; on fit d’eux des hommes en chair et en os, on leur créa des aventures ! 00 raconta comment ils avaient séduit ou fait violent u telle ou telle princesse ou fille du peuple, et ûfl les dégrada ainsi de la manière la plus dégoûtant
Ces orphelins grandirent* L'un fut fils de Jupiter/
SüU LES ENFANTS DES DIEUX ET DES DÉESSES* 155
Fautrefils d'Apollon, 1 autre fils de Bacchus : enfin Meuves, les fontaines el les mers furent aussi pères ou mères de plusieurs héros**,
IL y a également les fils des déesses. Comment interpréter la chose à leur égard ? Voici notre opinion : Quant! un homme puissant avait eu des relations avec une jeune fille du peuple, et que l'enfant ne lie leur amour grandissait dans les plus heureuses dispositions, l'homme puissant cherchait a reprendre cet enfant, à l'attirer dans sa maison, a le faire son héritier sî surtout sa femme légitime avait été stérile. Mais pour introduire cet enfant au sein de la famille comment s'y prit-on ? On le dilué de Vénus*ou de Thétis, ou de toute autre déesse T et comme il n'est pas permis à une simple mortelle d’être sans crime jalouse d'une immortelle Ja femme légitime accueillit sans répugnance les fruits fie l'adultère, de h prostitution et de la violence* Il va sans dire que les célibataires, rois ou autres, se procuraient des fils et des filles de la même manière*
Mais on n'adoptaiL guère ces enfants naturels que quand on les voyait doués d'heureuses dispositions, grandes facultés; aussi plusieurs de ces enfants <ie$ dieux devinrent très célèbres. Minos, Hercule * Sàïpedon. Castor et Pollux, étaient fils de Jupiter ; Achille était fils de Thétis ; Enée fils de Vénus. Knfïfi t les dieux, les déesses, les mers, les bois, les misseaux, les fontaines furent pères ou mères hommes et de femmes vraiment remarquables.
Cependant Hercule, que l’on dit fils de Jupiter*
1 IjS CUECS*
uiï Je dïL aussi fils d'Àmphitryon; Castor cl Polltit ijuî naquirent d’un œuf et des rapports de Lédn et du cygne Jupiter, on les dit également fils à- Tyndare.
liereule, Castor, Pollux étaient-ils les enfants cl de leurs mères et des maris qu'elles avaient épousés, ou bien les fruits de l'adultère ?
Les dieux étaient-ils intervenus dans les ménagé des époux? Peut-être non . Mais les enfants des dieux étaient devenus de mode; les enfants dos dieux avaient pris de l'influence, de la puissant dans le mondé; et quand un homme se nia* infesta par un grand courage, par de grandes vertus, on né put croire qu'il fût issu d’un simple mortel ; son génie était trop vaste, son caractère trop divin pour qu’il en lut ainsi; il ne pouvait descendra que de la divinité; c'était une émanation d’Apollon, de Mars, de Jupiter, de Neptune! F' cette croyance devint générale; il était si glorieui d'étre l'enfant d’un dieu que les femmes les p& vertueuses, les plus fidèles, les plus chastes mi rem au monde des enfants qui ne devaient pas cire do sang de leurs maris; c'était trop peu, L’opîllitfo publique, la superstition, la vanité, le voulait ai nsi.
On ne s'en tint pas la : voilà bien les enfants de* dieux, se disail-on,mais comment les dieux se sent- Hs manifestés à celles qulls honoraient de leursfr veurs? et sur ce thème les poètes se mirent en N* d'imagination ; ils expliquèrentà tout le monde comment Jupiter s'était transformé en cygne pour se
Sllt les enfants des dieux et DES DÉESSES- 157
faire Léda, en taureau pour posséder Europe, en I pluie d’or pour s'introduire dans la tour où était garüéa Daaaé, tille d’Acrise, monarque avare- On rut la chronique de toutes les aventure^ amoureuses et scandaleuses des dieux et des demi-dieux» Ainsi i.ts hommes de bien * que la reconnaissance publique avait élevés jusqu’aux cieux, lurent ramenés sur la terre et dégradés par les inventions absurdes des poèteket des mythologues. Quand Homère parut le mal était fait ; aussi scs dieux 11 e sonl-ils que des hommes ; ils ont tous les travers, tous les vices des hommes , et nous ne dirons rien déplus sur leur compte, sinon qu’ils ne se relèvent que par instant, tt seulement lorsque Homère leur prête ses nobles et sublimes sentiments.
EarlrtVJijço- - TrmrmîU — Tmvplllcm**.
Dans la vieille Grèce, T esclavage, ce fruit de la üuerre, existait, mais sans être réduit eu système, on ne trouve point dans le poète Homère les paroles dures du philosophe Aristote et de la plupart de m contemporains. Des riches peuvent être réduits en servitude par la force des événements, tandis qu’un pauvre, et Arnée le mendiant en est unepreu- L ve,peut conserver toute sa liberté. Achille dit dans les enfers : « l'aimerais mieux être 1 esclave du plus * indigent des laboureurs qui vil à lu sueur de son « front, que de régner sur le peuple entier des on> « bres- w (Homère.) On voit là que la pauvreté, que le travail des mains ifétauml pas une raison de sètvitu le. Ou ne connaissait point alors la race des
grecs.
libres et la race des esclaves, séparées par dehaultë barrières.
Le travail était en honneur , et travailler ne dégradait point le titre et la qualité de citoyen. La armées étaient composées de travailleurs; et es voici des preuves : Homère dit :
« L’agile fiîs d’Oïlée, Ajax, conduisait les L>
« criens.Il est revêtu d’une simple cuirassette
« lin. Ses guerriers cultivent les terres de Cymus, « d’Oponte, de Calliare, de Basse, de Scarphe, aie* « que de l’agréable Augée, de Tarpbe et de Tlm w nius, autour des eaux de Bougre. »
« TIépolème, fils d’Hercule, et distingué par si « force et sa stature, conduisait dans neuf vaisseaui « les fiers Rhodiens, assemblés des trois parties dt w nie de Mode qu'ils cultivaient^
« Les ci toyens d’Argîsse, ceux qui fertilisent h « terres de Gyrtone, d’Orthe, d’Eîone et d’OIoos- « son, ville éclatante, marchent sous les ordr&jt « l’intrépide Polypœte, fils de Pirithous, qui reçut « la naissance de Jupiter. »
On voit partout dans l'armée grecque ries cultivateurs, et certes les pâtres et les artisans ne devaient j pas plus faire défaut. Le trav r ail, nous l’avons dit, ' et nous le répétons, est en honneur chez ces peu* pies naissants.Les femmes les plus illustres: Hélène, Àndï’omaque, Pénélope, filaient, tissaient, brodaient et conduisaient les travaux de leurs esclave qui n’étaient point durement traitées,
Vulcain forge, fabrique les armes d’Achille, rt Homère nous décrit ses fatigues et ses travaux av#