‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 32 sur 45 · G HE CS · texte numérisé non relu

G HE CS

loureux... Il s’écrie au milieu de ses Thessaïicns : ïï\m\ que je proférais de vaincs paroles le jour où, rassurant Menœtms dans son palais, je promis de lui ramener au sem des murs d’Oponte son fils comblé de gloire, vabqueurd’Ilion, et charge de nobles dépouilles! Mais Jupiter n exe eu te pas tous les desseins des mortels: il était ordonnequ ici, devant celle Troie, une même terre seraitrongie de notre sang; car le vieux Pelée, ni ma mèrcTbétis, ne me recevront plus dans leurs demeures, et ce riva** renfermera mes cendres# Maintenant, ô Palrocle, puisque je n ai dû entrer que sur tes pas au tombeau, désespéré de ton trépas, je jure de ne l'ensevelir qu'a près l’avoir ap porte les armes et îa tète du superbe Hector, ton meurtrier; qu après avoir sacrifié devant ton bûcher fuiièh* douze froyens illustres. Jusqu'à ce temps tu demeurera près de mes vaisseaux, étendu, sans sépulture, et nosçapttves, versant jour et nuit des Larmes, feront entendrez tour de loi leurs lamentables regrets# &

Adi ille va combattre Hector. Il l'aperçoit au loin. Ils approchent Pun de Tautre. Priant, du haut des murs d’il ion, tremble pour son fils ; il rappelle ainsi :

« Hector, mon fils ! seul et loin de tous les tiens , n’attends pas ce guerrier, si lu ne veux à cet instant mêroi périr sous les coups d’un vainqueur dont lu ne peu* foi* lancer la force* Le cruel ! que n’est-il en horreur auï dieux ainsi qu T à moi î bientôt, étendu dans la plaine , i! serait la pâture des vautours, et mon cœur serait soulagé du poids de la douleur qui J’accable# C'est lui qui nr* isole, qui m’a privé de tant de fils vaillants; if leur a ravi le jour, ou les a vendus dans des îles éloignées**.Mais, Hector, les regrets de nos peuples s’adouciront, pourvu toi-même sous le fer meurtrier d’Achille# Mon fils, rentre dans nos murs pour sauver les Troyens, leurs femmes et leurs enfants**.* Enfin, prends; pitié de moi, qui malgré, l’excès de mes disgrâces, ji ai [tas encore perdu lesentîment, moi, infortuné, qui suis des- Une par Jupiter à périr dans les larmes au terme le plus avance de la vieillesse, en voyant tant de calamités terrrblés, mes fils immolés, mes filles arrachées démon palais»

DEAt rÉS PrtÈTIQLES d’HOUÈUE.

m lits souillés, nos tendres enfants dans l'horreur du meurtre écrasés contre la pierre, et les femmes de tnesùls tütraînées par les mains barbares des Grecs. Moi même mit-ètre le dernier percé de coups, je rendrai le soulile !u,i minime; et les chiens-fidèles qui me gardent aux portes de ce palais, que je aournsde ma table, enflammes !lc rage, méconnaissant leur maître, se disputeront mon cadavre, et se désaltéreront dans mon propre sang* Hccubc, la mère d’Hector, appelle aussi son iïh en versant des larmes* Le guerrier est sourd à leur voix* Achille arrive; le combat s’engage; Hector

succombe* Achille,dans 1 ardeur de sa rage, éprouve le désir de déchirer avec ses dents les chairs de son ennemi expirant* III ni perce les pieds, llî attache derrière son char et le traîne dans la poussière* La ville de Troie, témoin de ce spectacle, est dans la consternation.

Bien que forcé d’abréger tant de scènes pleines do terreur et de pathétique , reproduisons encore les paroles que Prïain, après s’étre rendu dans la tente iTÀchîlle, adresse au héros pour en obtenir le ca¬

davre de son fils, le vaillant Hector.

* Achille, semblable aux dieux, ressouvîens4oi de ion père ; il est, comme moi, accablé d’années, arrive aux ht»ites de la vie. Peut-être est-il assiégé par de puissant!* voisins, sans avoir à côté de lui personne qui puisse le dérober à des périls imminents.Cependant, lorsqu’il apprend que tu vis, son cœur s'ouvre à l'espérance et à la joie, cLil se Datte à chaque instant de revoir son Ilia ; mais moi, oie JjIus infortuné des liommes! j^ai mis au jour un grand nombre de héros dans* la superbe Troie, et je croîs qu il ü f e ra'en reste plus un seul pour soulager nia douleur, J avais cinquante fils, quand les Grecs abordèrent a cette rive; dix-neuf étaient sortis du même sein ; les autres dans mon palais, durent la vie à des captives : la plupju l ont servi de victimes à finsatiahle Mars. Le seul que j afais encore, qui pouvait les venger et soutenir nés mu rail-

GfLECS,

ks, tu viens de le tuer dansun combat où il a signalés valeur pour la défense de la patrie, mon Hector. (Testa sa faveur que je suis venu près des vaisseaux des Grecs, reçois les dons Je* plus précieux, rend s-moi son corpi Achille, respecte ics dieux. Aie pour moi quelque compassion, souviens-toi de ton père* Hélas! combien jesaîspte malheureux? J T ai pu, ce que rfa fait aucun mortel, approcher de mes lèvres ks mains de celui qui versa lesaaî de mes fils» »

Achille est attendri; il pleure avec le vieillard*]f relève et lui répond :

« Ah ! mortel Infortuné, que de peines tuas soutenus 1 Quoi! traverser seul tout un camp ennemi, et parais devant le destructeur de ta nombreuse et vaillante racé ton cœur est d'airain. Mais repose-toi sur ce siége ( et quelle que soit notre douleur , renfermoasda dans nota sein; nous nous livrerions vainement aux plaintes mres..,. Tandis que la vieillesse dé mon père mirait uoksoin pressant qe mua appui, je séjourne loin de oiap*

trie, et te plonge toi et tes enfants dans les disgrâces,,.

Supporte donc tes maux , puisque aucun mortel n’d exempt de peines! ne nourris pas dans ton âme une éternelle douleur, »

Priam fait une seconde prière a Achille; le hért! s’emporte; puis il revient à la pitié, etrend à Priam le cadavre de son fils.

Faisons encore quelques brèves citations, dmprunfbft s-les surtout aux discours héroïques. On h remarquera, Homère n’est point partial; il prèle île T royens d’aussi belles, d’aussi généreuses parole qu’aux Grecs; et peut-être*les enfants de l’Asi remportent-ils en pensées philosophiques sur ceua de l’Europe, Cela semble encore confirmer que dû* tre poète était bien né a Smyrne, près de la Phrygifde la Lycic et delà Mysie, Grec par le sang, il ctei

BEAL'TÉâ POÉTlOt'Ed d'üQHÈrB* 175

TrOyôü par le lieu de sa naissance; et cela explique sa me r veilleuse i m p art làl î té *

Patrôde avait succombé ; un combat à outrance se livrait autour de sou cadavre. En cet instant des nuées ténébreuses couvrent la terre, P éclair brille, k tonnerre gronde, et les Troyens triomphent sur toute la ligne de bataille,

a Dieux I s'écrie le (ils de Téta mon, l'homme le plus meugle peut connaître que Jupiter veuL couronner nos ennemis de gloire, Dirigés par ce dieu, tous leurs traits, qu'ils partent dune main vaillante ou faible, apportent la mort, Landis que nos javelots lancés vainement ne touchent que la terre.,, D'affreuses ténèbres nous environnent, nous et nos chars. Jupiter, père souverain, délivre les Grecs de celte nuit profonde; rends-nous le jour; et puisque tu veux nous perdre , perds-nous à la clarté des cieux, »

Au milieu d'un combat sanglant, Sarpédon excite ainsi son ami Glaueus:

& Ami Glaueus , pourquoi nous accorde-t-on dans la Lycve les hommages les plus distingués, les premières places dans les festins, la portion la plus exquise des victimes, tandis que le vin coule à grands flots dans nos coupes? Pourquoi nous honore-t-on comme des dieux, et nous a-k>n consacré, près des rives du Xanihe, le plus vaste et le plus beau terrain, couronné de blés et de vignes? C'est pour occuper les premières places dansla lice des combats, pour voler dans la plus ardente mêlée; c'est pour faire éîre à nos soldats chargés de leur armure : nos princes sont dignes de commanaer à la Lycie, Ils immolent les plus belles victimes et s'abreuvent de nectar; maïs leur courage est inébranlable quand ils combattent à la tête dos Lyciens, Cher ami, si nous étions sûrs, en évitant les Pprils qui nous assiègent, d'être à jamais à l'abri de la ïieillesse et du trépas, moi-même je pourrais ne point combattre au premier rang, et ne point t'cxciier à cher- *%r la gloire dans les combats. Mais puisque mille chelüiüs conduisent h la mort sans qu'il soit possible aux bu-

guëcs.

mains de Février, marchons d'un pas intrépide; allonsiïluslrer un héros, ou triompher de sa chute, »

Les deux guerriers vont combattre. Engagé ûm une sanglante mêlée, Sarpédon s’écrie :

tt O Lyciens, pourquoi laissez-vous ralentir votre ardem guerrière? J'ai renversé ce mur: mais il me serait difficile quelle que soit mon audace, de vous ouvrir seul une rouis jusqu'aux vaisseaux. Suivez mes pas : Les forces réunit triomphent de tous les obstacles* »

Voici de hautes et belles pensées i

tx Pourquoi veux-lu connaître mon origine ? 11 en esté races des hommes ainsi que des feuilles des arbres ; les m abattues par le vent jonchent la terre, tandis que les autres, reproduites par les forêts verdoyantes, renaissent dicj la saison du printemps : ainsi, parmi les races celles naissent, celles-là périssent. » (Paroles de Glaneur)

« Je respecte trop Jupiter pour lut faire des libaliw avant d’avoir versé sur mes mains une eau pure; il is pas permis, étant souillé de sang et de carnage, à'\m$y rer ce dieu assis sur les sombres nuées, » (Paroles d’Hertc

<* Je haïs, comme les portes de l'enfer, celui dentier n’est pas d’accord avec la bouche. » {Paroles d’Achille.]

a Le personnage qui vous effraie est un malheurs que sa fortune errante a conduit sur nos bords; nous te vons le secourir. Tous les étrangers et tous les indigo sont envoyés par Jupiter* » (Paroles de Nausicaa.)

a II n’est point sur la terre de spectacle plus beau mfi touchant que celui de deux epoux, unis d'un lente amour , qui gouvernent leur maison avec harmonie; sont le désespoir de leurs envieux, la joie de leurs am* et seuls ils connaissent tout le prix de leur félicita (Paroles d’Ulysse.)

« Pour peu qu’on ait un cœur sensible , un étrange un suppliant est un frère, » (Paroles d’Âlcinoüs.)

« Jupiter, du haut des sombres nuées, règne sur ce qui respire.» (Paroles d’Ulysse.)

ttO malheureux î chez quel peuple me pousse enfin & destinée toujours incertaine? Est-il féroce, injuste, sa"

ITT

BEAUTÉS POÉTIQUES D f 0OilÈIŒ,

légeToulcs dieux ont-ils ici des autels et les cœurs y t&unaissent-ifë la tendre humanité, & (Parolesd’Ulysse,)

«Étranger, je commettrais un crime indigne de gardon n je recevais niai celui qui vient ici chercher un asile, sa audition râtelle encore inférieure a la tienne, tous les ÉÉgurs et tous les pauvres ont Jupiter pour guide* » {Paroles d’Eumée, le pasteur.)

a Le jour de l'esclavage dépouille un mortel de ta moitié de sa vertu .p (Paroles tfBornée*)

« La terre, hélas ! est remplie de pauvres et d'iofuriutte. b (Paroles d’Ulysse.)

« L'infortune précipite les pas des mortels vers la vieil* fesse* u (Paroles de Pénélope.)

« Réjouis-toi au fond du cœur, respectable Euryclée, mis ne laisse pas éclater tes sentiments. Il est barbare de l'dMdatmef au triomphe sur h s cadavres denos ennemis. » [Paroles d'Ulysse.)

« Les dieux fortunés haïssent la violence ; ils n'honoreut Pt ne récompensent que la justice et la pitié. Ceux qui ont feras lé des rives étrangères, et qui, favorisés de Jupiter, sont retournés heureusement dans leurs demeures avec hors vaisseaux charges d’un riche butin, ne peuvent cependant étouffer au fond de leur âme te remords et une terreyr secrète de la vengeance divine* v (Paroles d'Eumée,)

* De tout ce qui respire ou rampe sur la terre, sais-tu ce qu'il y a de plus faible ? c'est l'homme* Tant que tes dieux Ui accordent la prospérité, tant qu'il est debout et plein fevigaeur, il est superbe et ne soupçonne pas que l'ave ûir puisse îui préparer aucune disgrdee : mais ces mêmes dieux Font-ils enfin accablé de malheurs, alors il e?t abattu, il s'indigne contre ce joug, cl Tait éclater tout soit désespoir. Tel est le çceurcïé ce fragile habitant de ta terre, il change avec lès jours que lui envoie le père des dieux 01 des mortels,*. Que la modération et l'équité soient doue chères aux yeux des hommes ! Qu'ils jouissent avec sagesse

humilité des dons qu'ils tiennent de la main des dieux.» (Paroles d'Ulysse.)

Nous avons suivi Homère dans sa vie et dans les feintés de ses œuvres. On sait comment ü fait par-

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lcr les epoux, les amis, ceux que le sang unit, élis guerriers. On a vu ses majestueuses description ses peintures de. sentiment si bien senties; el$ pensées morales, religieuses, philosophiques sûri de la bouche de ses personnages divers* Pour h point de barbares, point de races maudites ; Jupïr reçue surtout ce qui respire ! Ses artisans sont <x'sîdérés; et bien que l'esclavage puisse oter üm morteI la moitié de sa vertu première, Humée,h* clave Eurnée, se montre le personnage le plus p:> fond* le pins sage, le plus philosophique de » poèmes, Homère s'est rappelé, quoique Grec, pïl était né en Asie; Il s'est rappelé, monté sur lesfe rlu génie, qu’il était le fils de Crithéis la prolétofe et de là sa justice envers tous les guerriers grj§b troyens , et sa sympathie pour le travail elle travailleur* Homère a peint l'ancienne Grèce dansfà tes ses conditions, dans tous ses détails, el il ajouté à tout cela de nobles, de sublimes pensée, qu'il tirait de son cerveau et de son cœur*

Après Homère, arrivons à Hésiode, autre pd poète; mais ici soyons bref, car nous avons bestë de Franchir un long espace en peu de temps ; et b parler d’un autre âge de la Grèce*

Déniante*

Hésiode est né à Guides, en Éoîide; il fut éief dans un petit bourg de la Béotie nommé Ascni,^ au pïerl du mont Hélicon* Les uns placent h naissance d'Hésiode avant celle d'Homère, d'au^ la placent après, Plutarque dit qu'ils vécurent

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