‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 34 sur 45 · HÉSIODE · texte numérisé non relu

HÉSIODE

que Saturne ou le Temps, sont les premières dîvi lûtes de la Grèce, et Ton s'affermira clans cette pensée que les anciens Grecs, ainsi que les Assyriens, les Egyptiens, les Phéniciens et beaucoup d'antres peuples, ont adoré les astres dans leurs premiers temps.

Des phénomènes astronomiques se cachaient, tlït-on, sous les figures et les actions des dieux du paganisme, soit; maïs le peuple ne comprenait rien à ces savants systèmes, et sa moralité ne pouvait rieu y gagner. Quelle en était donc alors la nécessité ?

Nous ne citerons rien de plus de la première œuvre de l'auteur. Nous donnerons de plus nombreux extraits de son poème intitulé tes Travaux et les jours.

Tous les peuples ont cru à un âge d’or* Hésiode chante cet âge, illustré par Saturne; il chante aussi ]'àge d'argent et fàge d'airain. Voici comment il traite des hommes de ce dernier :

« Robustes comme le frêne, ces hommes violents et terribles ne se plaisaient qu'aux sanglants travaux de Mars fltaux injures. Ils ne se nourrissaient pas des fruits de la terre, et leur cœur impitoyable avait la dureté de l'acier, »

Après la race d'airain vint une quatrième race plus juste, celle des héros, qui succédait à celle des demUdîeux, Ces héros combattirent devantThèbes «l saccagèrent Troie. D'après Hésiode, les deux premiers âges sont des âges de paix et de bonheur; le troisième est un âge de violence et de cruautés; le quatrième vaut mieux; c'est un âge de lumière et

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en même temps de courage et d'abnégation; c’e 5 i r&ge des héros chantés pur Homère. Pour le cinquième, c’est fàge de la richesse et de la pauvreté, de la faiblesse et de la fureur, de l'ambition et de la corruption. Les grandes familles dominent alors; le peuple n'est plus ripa* De là les guerres civiles et la dissolution si rien ne se manifeste en bas. C'était dans ce cinquième âge qu'il appelle âge de fer, que vivait Hésiode ; il en fait, comme on va le voir, le plus sinistre tableau.

uLe Père, dit-il, ne sera pins uni à son Q!s, ni le filsâ £on père, ni l'hole à sou hôte, ni fanon à son ami; k frère, comme auparavant, ne sera plus chéri de son frère; les enfants mépriseront la vieillesse de leurs parents. Les cruels! ils les accableront d'injurieux reproches sans redouter la vengeance divine. Dans leur brutalité, ils ne rendront pas a leurs pères les soins que leur enfance aura reçus; I un ravagera la cité de L'autre ; on ne respectera ri In toi des serments, ni la justice, ni la vertu: on honorera surtout f boni me vicieux et insolent; l'équité et la pudeur ne seront plus en usage : le méchant outragera le mortel vertueux par des discours pleins d'astuce auxquels il joindra le parjure. L’Envie au visage odieux , ce monstre qui répend ia calomnie et se réjouit du mal, poursuivra tous la hommes infortunés, n

Le frère d'Hésiode avait soudoyé des juges. Le poète lui dit :

n O Perses ! écoute la voix de l'équité, et abstiens-toi de l'injure... la justice s'indigne et frémit parlout où elle se voit entraînée par ces hommes, décorateurs de présent s t gui rend eut de c rimin els an ëts . Üouv lt! e d J u n nu âge, elle parcourt, eu pleurant, les cites et les demeures des peu pies, ap* f sortant te malheur à ceux qui font chassée et n'ont pasjügé avec droiture. Mais ceux qui, rendant une justice ctjüte aux étrangers et à leurs canctfçtyerw,iieVécarteri t pas du droit sentier, voient fleurir leur ville et prospérer leur peuple.*

Pour Hésiode comme pour Homère, point de

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barbares! Tous les hommes sont frères à leurs yeux.

Les fautes des rois et celles des magistrats retombent sur les peuples; et voici à cet égard quels sont les conseils du poète :

a Pour éviter ces malheurs, ô rois décorateurs de pré- J ^tïts, redressez vos arrêts, et oubliez entièrement le lan- | page de ^iniquité. L'homme qut fait du mat à autrui s'en fait aussi à lui-même ; un mauvais jugement est toujours turible pour le juge. L'œil de ce Jupiter, qui voit et dé-* couvre tout, contemple notre procès si telle est sa volonté; il n'ignore pas quel débat s'agite dans Lenceinte de notre Jille. Puissions-nous maintenant, mon fils et moi, ne pas dre justes aux yeuxdes mortels, puisque la justice n'attire lins que des malheurs, puisque l'homme le moins équita- 1 ^obtient le plus de droits! Mais je ne pense pas que Jupiter, maître de la foudre, tolère de semblables abus. »

Après ces dernières paroles, où il y a menace et ironie, Hésiode reprend :

* d Perses ! grave bien mes conseils au fond de ton es- I put. Ecoute la voix de la justice et abjure pour toujours la Valence: telle est la loi que le fils de Saturne a imposée | «ïmojRtéls. lia permis aux poissons, aux animaux sau- I toffes* aux oiseaux rapides de se dévorer les uns les au très, parce q u* il n'existe point de justice parmi eux; mais il a mots né £i|UL hommes cette justice, le pl us précieux des Wfaits. Si dans la place publique un juge veut parler wtedroiture et avec conscience, Jupiter aux lointains re- ^rtls lui accorde le bonheur ; mais s’il se parjure volonaimoieotj s'il blesse l'équité par de Taux témoignages, il T® lt "65 maux sans remèdes; la gloire de sa postérité I ien âge» tandis que d’àge en âge la posmie de l’homme juste devient plus illustre. Je le donne- ^ d utiles conseils, imprudent Perses ! Rien n’est plus que de se précipiter dans le vice : le chemin en est ;? rt et «eus 1 avons près de nous ; mais les dieux immor- !™, ÛDt baigné de sueur la route de la vertu : cette roule

longue, escarpée, et d'abord hérissée d'obstacles ; mais

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quand lu touchesà son sommet, elle devient facile, quoiqu'elle ait été pénible. »

Voilà de la haute morale. Le poète d’Ascra conseille à son frère Persès de se livrer au travail; car le travail nous rend Cérès favorable et chasse la famine loin de nos habitations. Voici comment il exprime sa pensée :

« Les dieux et les mortels haïssent également celui qui vit dans l'oisiveté, semblable en ses désirs à ces freloK privés de dards, qui, tranquilles, dévorent et consomment le travail des abeilles. Livre-toi avec plaisir à d'utiles ouvrages, afin que tes granges soient remplies des fruit» amassés pendant la saison propice.

« C'est le travail qui multiplie les troupeaux et accroii l’opulence. En travaillant tu seras bien plus cher aux dieux et aux mortels : car les oisifs leur sont odieux. Ct n’est point le travail , c’est l’oisiveté qui est un déshw ♦ neur. »

Voilà rendre hommage au travail et flétrir ave: force l'oisiveté, dont beaucoup de riches se fort tant de gloire.

« Ne cherche pas des gains déshonorants, ajoute Hésiode; de tels bénéfices équivalent à des perles. Tu dou chérir qui te chérit, visiter qui te visite, donner à quit donne, ne rien donner à qui ne te donne rien. On reni présent pour présent et refus pour refus. La libéralité tutile, la rapine est funeste et ne cause que la mort...Sit: acquiers peu à peu, mais souvent, tu auras bientôt ama* une grande fortune : qui sait ajouter à ce qu'il posscdt déjà évitera la noire famine. »

Il y a du bon dans cette citation ; mais en faitd générosité de principes, Hésiode est loin d'appro* cher de Jésus. Toutefois, ne soyons pas trop rigoureuxàson égard, car à son tour, de combien* l’emporte du côté de la charité, sinon sur le savant

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