‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 35 sur 45 · HÉSIODE · texte numérisé non relu

HÉSIODE

Franklin, du moins sur Mallhus et tes malthusiens

de nos Jours,

Hésiode excite au travail, àTactivi té, à l'économie; il n'excite jamais à l'égoïsme, à la bassesse, h la lâcheté, à cet affreux ehacun-pour-soi que nous entendons chaque jour retentir à nos oreilles, à autre grand dégoût, et peut-être pour le malheur du monde,

Homère vivait environ deux cents ans après la guerre de Troie. La destruction de cette grande ville avait été l'aliment perpétuel de toutes les chroniques, de tous les chants populaires; et les vieillards en faisaient encore l'objet de tous leurs entreliens, Homère était avide de récits et vivait en esprit parmi les anciens; il se fit donc l’interprète de Fàge héroïque, âge dans lequel le courage, la force, la vertu donnaien t la puissance et la considération. Il n'y avait, dans cet âge, delîétrissure que pour l'oisif, que pour le paresseux.

Mais tes familles aristocratiques, opulentes, s'élant enfin formées, constituées; ces familles ayant inventé une philosophie, une morale à leur usage; ja gloire, l'honneur, la grandeur furent dans les jouissances, dans Féclat des richesses, dans Foisi~ vèté : le pauvre subît le dédain du riche; le travail et les travailleurs furent choses viles, méprisables,

Homère dut apercevoir ces travers, mats son génie plana haut, et ee fut un âge éteint qu’il soumit à notre appréciation,

Hésiode vécut du présent; et ce fut de ce qui se

GRECS

passait sous ses yeux qu’il nous entretint Les airs dédaigneux des puissants 1’irritàient: aussi dit-il quelque part :

« Les dieux et les mortels haïssent également « celui qui vît dans l'oisiveté*.»» Ce n’est point le

fl TRAVAIL, C’EST L’OISIVETE QUI EST UN DESHOIÏ-

« neur, » Pensée vraie.

Mais en cela Hésiode exprimait son opinion &I celle des travailleurs; U renvoyait à Foisif le mépris que celui-ci déversait sur le travail; voilà tout

Nous trouvons eeci dans la Théogonie du poète :

« Ces Muses de F Olympe* ces filles de Jupiter,

« maître de l'égide, m’adressèrent ce langage pour n ia première foi s : Vitspctàteurs, opprobre des eaÏE

pagnes, vous qui ne vivez que pour Fintempé- « rance, etc,

De telles paroles prouveraient qu’Àpollon, le prince des muses, n’était plus berger; que les reines n’étaient plus fdeuses ; que les rois ne gouvernaient plus avec l’assentiment de leur peuple entier; i que la richesse opprimait la pauvreté, et que les travailleurs étaient tombés dans le mépris dos üisifs; ce qui devait engendrer la haine réciproque des classes et de profonds déchirements.

Je ne m’arrêterai pas davantage sur Hésiode.

Puisse mon lecteur avoir lu avec intérêt toutes les citations que j’ai cru devoir lui soumettre,

rail* {g('ii» r -ruiix.

Nousl avons dît etnous le répétons, après laguerre de Troie, il y eut de grandes luttes entre les famil*

IMITA GENERAI'K,

ÎST

les princier es de b Grèce, et décadence marquée dans b pays entier. Cependant chaque Etat eut une succession de rois, et d'État à État il y eut des guerres fréquentes, excïLëes par des princes détrônés qui, après s'être réfugiés chez des rois voisins, poussaient à la conquête de leurs propres patries, dans l'espoir d’y reprendrez quelque prix que ce fin l'autorité qu'ils avaient perdue*

Dans l'une de ces révolutions, comme nous l'avous dit ailleurs, les Heraclides, avec des peuplades du Nord, triomphèrent des Pélopides, et se rendirent maîtres de Sparte, d’Argos, de Corkithe, d'IIélos, et de presque tout le Péïoponèse, Une partie du peuple qui avait soutenu les Pëlopides s’expatria ; l’autre partie eut de plus grandes misères à endurer; on sait ce que souffrirent les habitants d’Hélos, qu'au appela les Hilotes.

A la suite do ces luttes, des niasses de vaincus se hâtaient de quitter le sol natal et d’aller chercher lia refuge au loin. Ce fut en ce temps que tant de colonies se formèrent, que tant de villes furent baltes par des Grecs dans le voisinage des mers, et entre autres Sniyrne, la patrie d’Homère. La Sicile cl l’Italie se peuplèrent des débris de la Grèce.

Pour mieux faire comprendre l'ensemble et la succession des événements, jetons en avant quelques-uns des bits principaux, accompagnés de leurs dates, donnons enfin une page chronologique.

Énéc fonde une ville m Italie, et Démophon, fils

éeThésée, succède a Mnesthéesurîetrôiied’ÀLhènes

,120j av. —O reste* filsd’Àgamemnon, règne

ÜfiECS,

h Lacédémone, pendant que son fils régne sur Mycènes et sur Àrgos (1189 a\\ J.-C.); —les Amazones brûlent le temple dTEphësefliüÆ) les Héraclides, ou descendants d’ïlercute, s’emparent du Péloponèse après de longues guerres , et instituent dr-s gouvernements tout despotiques (1135);—les rois et les populations que les Héracüdes mettent en fuite trouvent de la sympathie parmi les Athéniens ; — après la mort de Xunthus, rot de Thfebes, qui avait fait la guerre aux Athéniens, les Thébains ne veulent plus de rois et se constituent en république (1130);— Codrus, roi d’Athènes, combat contre les Héraclides; il meurt avec gloire : les Athénien s abolissent k royauté et proclament k république: Mêdon, fds de Cochais, esileur premier archonte perpétuel (1095); — plusieurs petits États de la Grèce forment la ligue achéenne, sorte de république fédérative (1095);— Agis, roi de Lacédémone, s’empare de la ville d’Hélos, et fait des esclaves deseshabitants, sous le nom d'Hiiütes (1060;; — Smyrne et plusieurs autres villes se fondent sur les côtes de T Asie mineure et dans d’autres pays (1050); — Homère vît (1000); — vient ensuite Hésiode (950); — les Rhocliens commencent à se rcir tire puissants sur mer (916);—les jeux olympiques* institués par Hercule, Pélops et Pi sus, ayant été interrompus, sont renouvelés par Lycurgue de Lacédémone, 1 pliilus d'Elée, etCléostènes de Fisc* c’est surtout à Iphitus que h plus grande gloire^ revient (884); —Lycurgue donne des lois aux Spartiates (884)*

FAITS GE>TRAt'X.

Arrêtons-nous un moment.

Les Thébains étaient en république; les Athéniens, après la mort de Cûdrus, leur sixième roi après Mnesthée, s’étaient également donné une république, On prétend que Codrus ayant été fort généreux, les Athéniens craignirent de ne plus trouver un aussi bon roi, et que cela les décida à n’en plus prendre du tout ; maïs nous croyons que des raisons plus sérieuses se joignirent à celle-ia , vu que l'abolîtion de la royauté ne fut pas un fait particulier à Athènes, et que tout se républieamsait à la fois dans la Grèce entière. Ce furent les désordres, les immoralités, les perversités des familles printiçres, et les guerres sans fin et sans raisons légitimes qu’elles se taisaient sans cesse, qui, après avoir agi sur l’esprit du peuple, firent naître le gouvernement, républicain.

Thèbes eut ses iïéotàeqües ; Athènes eut ses ÀfiCHoaTES; Corinthéses prytanes; Sparte continua d'avoir deux rois k la fois, mais ces rois ne furent que les deux premiers magistrats de la république.

Nous ne pouvons entrer dans les détails intérieurs de chaque république, mais nous allons traiter de Lycurgue; nous traiterons plus loin de Solon; ces deux biographies jetteront un grand jour sur les lois de la Grèce et surtout sur le principe aristocratique et sur ïe principe démocratique , qui devaient se livrer de si rudes combats.

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