‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 36 sur 45 · I. y enroue · texte numérisé non relu

I. y enroue

Les Héradides, secondés par des peuplades du

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Nord, s’étaient emparés de presque tout le Péluponèse, où ils avaient établi le plus brutal despotisme, Les habitants de la Laconie t appelés Lacédémoniens, avaient été réduits h Tétât de sujets par les Spartiates, et bientôt les deux, peuples ne formèrent qu’un seul peuple, qui conserva sca deux primitives dénominations.

Les habitants d’Hélos, vaincus à leur tour par îes Spartiates, n éprouvèrent que de la rigueur; ils furent réduits au plus rude esclavage. Voici ce quû dit Pans amas (IJ dans son voyage en Laconie, de la ville d'Hélos, de ses habitants et de la qualification d 'Et totes :

« Les Dori en s l'assiégèrent, s'en rendirent maîtres et firent esclaves tous les habitants {1000 av. L-L,); c est 1 origine des premiers esclaves appartenant à J État, qu'il y ait eu à Lacédémone, et la raison pourquoi ils se sont appelés les Hiloiè $ t comme iïs 1 étaient en effet* Dans la suite tous les esclaves que firent les Dorions et que chacun s'appropria* portèrent aussi le nom d'Hilotes, quoiqu’ils fussent pour la plupart Messéniens. »

(1) Pausanias est né â Césarée, en Cappadoce , et vivait à Rome nn l'année 174, après Jésus-Christ. Son voyage historique et descriptif de ta Grèce est fort instructif. Il fut écrit en k r rec par fauteur* La traduction que j'ai sous les yeux estcelJe de 1 abbe Gedoyn.— d'avertis ici que pour Hérodote je me suis servi de la traduction de Larcher; pour Homère, delà traduction deBitaubé; pour Hésiode, de la traduction de M. Bïgnan* Je ne me permets pas de changer un seul mot aux nombreuses citations que je fais*

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Les esclaves étaient nombreux sur les terres de Sparte au temps où nous sommes arrivés; l’anarchie troublait le pays : l'inégalité des richesses f trop étendue, produisait de mauvais fruits; les ci toyens se détestaient les uns les autres et se U vrai eut ù de fréquents désordres,

Plutarque (1) nous dît que Eunomus , l’un des rois de Sparte et père de Lycurgue, en fut Iui-mèmo la victime. « En voulant séparer des gens qui se « battaient, dit-il, il reçut uucoup de couteau de * cuisine, dont il périt.uEunomus laissa le royaume à son fils Polydecte.

a Celui-ci t ajoute Plutarque , mourut bientôt après sans enfants, et tout le monde crut que Lycurgue allait être roi ; il le fut en effet, tant qu’on ignora la grossesse de la reine sa belle-sœur ; mais dès qu'elle fut connue, il déclara que, si elle avait un fds, ce serait à lui que la couronne appartiendrait; et dès ce moment il n’administra le royaume ; qu’en qualité de tuteur. »

La reine lui fit proposer que s’il voulait l'épouser, elle détruirait le fruit qu’elle portait, et qu’aînsi il deviendrait roi légitime. Lycurgue ne répondit point d'une manière claire afin de ne causer aucun mal-

[1) Plutarque est né à Chérottée, dans la Béotie, vers fan 30 de notre ère. tt a traité de Phistoire et de la philosophie. Rien | te plus inslruciif que ses biographies des hommes illustres do la Grfice et de Rome. Je reviendrai sur cet auteur grec et je I e ferai mieux connaître. Mais pour le moment je me borne à lui emprunter des renseignements et des citations. La traduction dont jp Tnp fer? ost celle de Ricard,

GRECS

heur ; mais dès que l'enfant fut au monde» if le prk sema aux Spartiates, en leur disant : « Voila le roi qui vous est né. »

Cependant bien que Lycurgue ne fût pas roi s il exerçait la plus grande autorité. Mais cela fit des jaloux; les parents de ta reine intriguèrent contre fui, on l'abreuva de calomnie, il dut quitter Sparte.

Lycurgue avait conçu une grande pensée. Il voulut voyager pour observer les gouvernements et b institutions de chaque pays. Il part.il arrive à H lé du Crète, que Minos avait dotée de ses lois; il p» ensuite en Asie mineure, ou il recueille les poésies d’Homère ; il parcourt enfin l'Égypte, et ad mire ses lois et le classement de sa population. On pense qu'il voyagea encore dans bien d’autres pays, parmi lesquels on cite la Lybie, l'Ibérie et même l'Inde,

Vers ce temps les Spartiates rappelèrent à eux. Ils avaient besoin de son autorité, « afin, dit Plular- , h que, de calmer la licence et l'indocilité du peuple.» '

Lycurgue arrive; il est bien reçu par ses cornpatriotes. 11 prend des mesures importantes:

trente de ses amis de la plus haute classe sont armés par son ordre; et ses lois qu'il dit être inspirées par Foracle d’Apollon , mais qu'il a en partie calquées sur celles de Crète et de l’Egypte, vont gouverner Sparte. Il n’y eut point effusion de saog j (884 av. J.-C.).

Il adjoint aux deux rois un corps de vingt-huit sénateurs. Ce sont là les trente qui] avait armes pour le succès de son entreprise, à l'exception dw deux qui l'avaient abandonne par peur.

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Jusque-là les rois de Sparte et le peuple avaient eu de fréquents démêlés* Comme le pouvoir des rois était excessif, le peuple essayait de son pouvoir contre eux quand il le pouvait, et il était sans pitié pour les impitoyables. Le sénat se plaça entre ees deux forces. Il se joignît tantôt à lune, tantôt à fautre; il put les fortifier ou les paralyser tour à tour, et il prit ainsi une grande autorité.

Donnons quelques détails sur les institutions de Lycurgue et sur l'esprit et les mœurs des Spartiates.

Les deux rois et les vingt-huit sénateurs a se réunissaient, dit Plutarque, entre le pont et la rivière, dans un espace où il n'y avait ni bâtiment, ni portiques ornés de peintures, Lycurgue était persuade que ces ornements ne servaient pas à faire trouver de bons conseils; qu'ils y nuisaient plutôt, en suggérant des pensées inutiles, des sentiments d'orgueil et de vanité à ceux qui, assemblés pour délibérer sur les affaires publiques, s'amusent à considérer des statues, des tableaux et des décorations, telles qu'on en met sur nos théâtres pour l'embellissement de la scène,

« Dans les assemblées publiques, aucun particulier n'avaïl le droit de mettre en avant des sujets do délibération; les deux rois et les sénateurs les proposaient, et le peuple avait le droit de les rejeter ou de tes confirmer. » ïl ne pouvait modifier en aucune manière les décrets qui lui étaient soumis.

Les tingt-hint premiers sénateurs étaient, autant d'amis personnels de Lycurgue, à qui ils devaient

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leur élévation ; ce fut ensuite le peuple qui nomma | de nouveaux sénateurs h mesure qu’iï en mourait afin de toujours maintenir le nombre fixé par li loi* On ne pouvait être sénateur avant d’avoir atteint Tùge de soixante ans.

Le peuple élisait les sénateurs par acclamation,

Il y eut cinq éniores, qu’on renouvelait tousfe ans* Ils contrôlaient les actes du sénat et des rois, et veillaient au maintien de la constitution; ils avaient seuls le droit de convoquer le peuple et de dissoudre les assemblées. Maïs ces éphorcs, sortes d archontes ou de ministres, ne sont pas une ïnsti- ; tutîon de Lycurgue, ils ne furent créés que plus tard. Il en est de même des cinq Bidéens, ^ commis, dit Pausanias, pour veiller sur les jeunes gens et pour présider à leurs exercices. »

Il y avait, au temps de Lycurgue> deux assemblées du peuple; Tune composée de neuf milk Spartiates, l'autre de trente mille Lacédémonien C était la le nombre des citoyens de lu nation à laquelle Lycurgue s'était chargé de donner des lois* Tout eo quil y avait d'hommes en plus, artisans ou cultivateurs, n'étaient point comptés, et ne jouissaient d'aucun droit. Le peuple se composait dom de trefile ?mtf mille privilégiés seulement, et Ton comprendra le mot peuple ainsi qu’on le doit d'après nos explieations.Cootinuons la narration tics trtiis; et qu'on nous permette de donner dans le sens de Plutarque, sauf a le rectifier plus loin.

Avant que Lycurgue parut, il existait entre les citoyens une criante inégalité; les uns étaient réduits

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