LYCURGUE
à la misère, <* tandis que les richesses, dit Plutarque, se trouvaient dans les mains du petit nombre, Ly* curgue, qui voulait bannir de Sparte l'insolence, feûvie, l'avarice, le luxe et les deux plus grandes comme les plus anciennes maladies de tous les gouvernements, LA RICHESSE ET LA PAUVRETE, persuada
aux Spartiates de mettre en commun toutes les terres, d'en faire un nouveau partage, de vivre désormais dans une égalité parfaite, afin de donner toutes les distinctions au mérite seul, et de ne reconnaître d'autre différence que celle qui résulte naturellement du mépris pour le vice et de l'estime pour la vertu, »
On procéda au partage; les terres de la Laconie furent divisées en trente mille parts, et distribuées aux habitants des campagnes; de celles du territoire de Sparte, on fit neuf mille parts pour autant de citoyens de la ville. Chacun reçut donc une part assez forte, qui devait pourvoir à tous ses besoins.
Lycurgue abolit la monnaie d'or et d'argent, et ; fit faire une monnaie en fer d'un poids énorme, aQu qu'on ne fut pas tenté d'accumuler une semblable richesse, et de s'en embarrasser, « On ne « voyait dans la Laconie, dit Plutarque, ni sophiste, 9 ni diseur de bonne aventure, nî charlatan, « ni marchand d'esclaves, ni orfèvre, ni joaillier, « parce qu'il n*y avait point d'argent qui put les at- <ftirer. » Les arts frivoles disparaissent, le luxe tombe, l'égalité s'établit et le bonheur avec elle, « Et les artisans, forcés d'abandonner leurs ouvrages inutiles, mirent leur talent à perfec-
GRECS
« tionner les choses nécessaires. d fFïutarque,)
Lycurgue institua les repas publics, dont il avait puisé l'idée en Crète.
Il n'était plus permis à personne de manger chez soi, entouré de luxe; il fallut que riches et pauvres approchassent de la table commune, et se contentassent des mets les plus simples, apportés pareil^ que convive,
a De toutes les institutions de Lycurgue, dît Plu-
* tarque, ce fut, dit*on, celle qui irrita le plus les
* riches. Ils s'assemblèrent en grand nombre, criéx rent contre lui, et s’emportèrent à tel point « que Lycurgue, assailli de tout côté à coups de u pierre , s’enfuit précipitamment de la place publique. »
Il allait se réfugier dans un temple, quand un jeune homme, nommé Alcandre, l’atteignit et lui creva un œil d’un coup de bâton. Ce jeune homme, auquel le législateur pardonna, devint l'un de ses plus dévoués admirateurs.
L'usage des repas publics passa tellement dans les mœurs, que le roi Agis se vit condamner pour y avoir manqué.
À ces repas, les enfants faisaient une partie de leur éducation. Là, ils entendaient discourir sur 1$ lois et les gouvernements.
Ils y trouvaient des maîtres qui les éprouvaient, qui fortifiaient leur esprit en l'agaçant. Il était permis dans ces réunions de louer les bonnes actions de tel ou tel citoyen, de flétrir les actions équivoques de tel ou tel autre citoyen, sans avoir à redoii F