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démonienssentaientsi bien leur tort qu'ils n avaient \m même demandé raison de la mort de leur roi* c C’est ainsi que le fait est conté d'une façon par les uns « et d'une autre par les autres : permis au lecteur de croire ce qu'il voudra, selon qu'il penchera pour Tune ou pour l'autre nation. »
Pour nous, qui connaissons les Spartiates, quî savons qu'on les élevait pour la guerre et pour la conquête et qu'ils cherchaient toutes sortes de prétextes pour se brouiller avec ceux de leurs voisins qu ils désiraient s’assujétîr, nous penchons pour la version des Messéniens; l'autre n'esta nos yeux qu’un conte idicule, qui ne mérite aucune créance. Ce premier conflit entre les Lacédémoniens et les Messéniens se serait élevé en 811 avant Jésus-Christ, 11 n'eut point de suite grave pour le moment.
Mais au bout de trente ans, « la haine de Vun et de l’autre peuple, dit Pausanias, éclata enfin par une guerre ouverte. » IL ajoute : « Le sujet était nouseulement suffisant, mais encore spécieux pour des gens qui ne cherchent qu'une occasion de lever le masque. »
Voici en résumé le fait en question. Un nommé Polycharès, de Messéme, riche en troupeaux , envoie paître ses vaches dans les prairies d’un Spartiate nommé Enéplmus, avec lequel il avait fait une convention à cet égard. Enéphnus, homme cupide et de mauvaise foi, vend les vaches et les pâtres qui en avaient soin; ensuite il va trouver Polycharès et lui dit que des corsaires avaient tout enlevé. Pendant ce temps, un pâtre qui avait pu s échapper,
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arrive; ïï trouve Enéphnus qui débitait son conte, et H le convainc de mensonge et de fausseté»
Ce misérable fit tout pour apitoyer Polycharèsil offrit de le dédommager entièrement des tons qu’il lui avait fait éprouver, mais il n'avait pas d'argent sur lui; il demande à Polycharès de permettre à son fils de raccompagner , promettant de lui payer tout ce qu'il lui devait» « Polycharès ordonne à son fils, dît Pausanias, de suivre Enéph- ! nus, qui se met aussitôt en chemin» Quand ils furent sur les terres de Lacédémone, Enéphmis, ajoutant à 1 infidélité un crime encore plus atroce, met le poignard sous la gorge au fils de Polycharès et le tue.
« Polycharès, informé de la mort de son fils, fie rend à Sparte en diligence, porte ses plaintes uus deux rois et aux êphores, leur représente, les larmes aux yeux, l'hospitalité violée, le meurtre de son fils, enfin tous les torts qu'il a soufferts; on récoule, maïs on ne lui rend point justice; il réitère ses plaintes et toujours inutilement» Après s f tV tre adressé à lotis les tribunaux sans en trouver un seul de favorable, cet homme au désespoir prend enfin la résolution de s’en retourner; mais ne se possédant plus, il se venge contre les premiers qu’il peut rencontrer : Î1 tue les uns, maltraite les aulres et gagne la Messënie. n
Les Lacédémoniens demandèrent aux Messéniens qu’on leur livrât Polycharès» Les Messémcms refusèrent, parce que ceux qui demandaient que fun de leurs citoyens leur fût livré ne voulaient pas agir
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de réciprocité, fit qu'ils protégeaient Euéphnus contre toute justice. Voici comment partaient les Messêniens, suivant Pausanias :
« À regard de Polyeharès, pourquoi le livre- I ïiûns-nous aux Lacédémoniens, puisque eux Os re- I fusent de nous livrer Euéphnus? 1 » Au reste, ajoute Pausanias, # Os prétendaient qu’il ne tenait pas à eux que ce différend ne fût décidé par les voies de la justice, soit au conseil d’Àrgos, ville que les liras du sang attachaient égalementàTuneetà îaui tre pairie, soit devant les amphictions, soit à Athènes dans l’aréopage, tribunal accoutumé depuis longtemps à juger des causes de meurtre.
« Ils soutenaient que cette b roui lie rie ne servait 1 que de prétexte aux Lacédémoniens, et qu’au fond c’était F envie qu'ils avaient d’étendre leur domination qui les portait à leur déclarer la guerre, et à faire tous les jours de nouvelles entreprises. Ils citaient l’exemple des A rendions et des Àrgiens, sur lesquels Sparte ne cessait d'usurper tantôt une rilie, tantôt une autre. »
Les Messéniens faisaient encore aux Lacédémoniens beaucoup d’autres reproches que je ne répète pas ici.
Enfin, « les Lacédémoniens envoyèrent des ambassadeurs aux Messéniens pour demander qu’on leur livrât Polycharès. Les rois de Messénic répondirent qulls en délibéreraient avec le peuple, et p’ils feraient savoir h Sparte ce qui aurait été ré- *Wtu Les ambassadeurs ayant pris congé, on convoqua rassemblée du peuple. » (Pausanias.)
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Dans cette assemblée, les opinions furent partagées : les uns voulaient livrer Polycharès, les autres s’y opposaient. Les passions s’allumèrent ; on en vint aux mains, et les principaux de la faction qui voulait livrer Polycharès périrent dans le combat. Parmi eux se trouvait Androclès, l’un des deux rots de Messénic. Pausanias clïL :
« Ànüochus resta seul sur le troue. Aussitôt ii écrit aux Spartiates et leur mande qu’il souhaite que îWaire soit renvoyée aux juges dont il a été parlé. L'on dit que les Spartiates ne répondirent l rien*
« Les Lacédémoniens ne déclarèrent point la guerre dans les formes, ni ne renoncèrent ouvertement h l’alliance des Messéuïens; mais ils firent sourdement des préparatifs, et quand ils eurent pris toutes les précautions » ils jurèrent tous de ne se rebuter jamais, ni de la longueur de la guerre, ni des disgrâces qui leur pourraient arriver, eide ne point qui Lier les armes quïte ri eussent ajvtâ toute la Mménie à leur empire *
« Après s'étre liés par ce seraient, une belle nuit j ils mettent leurs troupes en campagne,et marchent droit k Àmphée.
« Comme les habitants ne se défiaient de rien, il I n’y avait ni sentinelles aux portes, ni garnison dans . la ville : Pennenu fut plus tût entré qu'il ne fût aperçu; les Messéniens furent passés au (U de IV pée, les uns dans leur lit, les autres dans les lenr pies au pied des autels : fort peu échappèrent au malheur commun. Ce fui par cette hostilité que les
PïlEMlEKiv Gl'E.HRK DK B1ESSKME.
Lacédémoniens donnèrent le signai de la guerre
;7W av. J.-C.). “ ....
Les Messéniens répondirent aux hostilités par
des hostilités; la guerre s’engagea lëroce des deux paris; cependant après vingt ans de luttes, les Lacédémoniens s’emparèrent d'Ithome, dernier retranchement de leurs ennemis, et les Messéniens furent vaincus. Les Spartiates imposèrent leur vo-
Ionie.
« Voici, dit Pausanias, comment ils traitèrent I les Messéniens : premièrement, ils leur firent prêter serment de fidélité; en sorte qu’ils s’obligeaient tous à ne jamais se révolter contre les Lacédémoniens et à n’exciter aucun trouble; en second beu. sans leur imposer aucun tribut fixe, ils les condnninèrent à apporter tous les ans à Sparte la moitié I des fruits qu'ils recueillaient sur leurs terres; troisièmement, ils exigeaient d’eux qu’à l’avenir etàpcrpétuité, les maris et les femmes assisteraient en habits do deuil aux funérailles des rois de Sparte,et 1 à celles des éphores. l)ans cette ordonnance il \ avait des peines portées contre les délinquants. » Les Messéniens vaincus, humiliés, mordaient leur frein, et élevaient leurs enfants dans la haine de leurs vainqueurs. Trente-neuf ans après leui asservissement, ils se soulevèrent et commencèrent
une seconde lutte plus terrible que la première. Autrefois Arlstodèmc les avait conduits au combat; maintenant ils marchent sous le commandement d’Aristomène, chef intrépide. Tous les peuples du Péloponèse prenaient parti dans celle gueiie; les
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Arcadiens, en dépit d’Aristocrate, leur roi, qui les trahissait, et qu’ils lapidèrent, étaient les plus fermes, les plus constants appuis des Messéniens.
Les Lacédémoniens procédaient par surprise, et grâce à la trahison d'Aristocrate, avaient obtenu des avantages; ils subirent des échecs ensuite. Ce fui. dans l’une de ces entrefaites qu’ils demandèrent un général aux Athéniens; ceux-ci leur euvoyèrent un homme contrefait, Tyrtée le poète, qui leur fut pourtant d’un grand secours. I! les excita, il les enflamma par ses chants guerriers, desquels nous voulons donner le fragment que voici :
« Vous êtes la race de l’invincible Hercule; osez donc 1 P. l ^ r „ n a P a ® encore détourné do vous ses regards. Que !; I ’?'S r ? ez ' vùus ■ ne redoutez pas le nombre de vos ennemis. Qt e chaque guerrier tienne son bouclier dressé contre les assaillants ; c[u il renonce à 1 amour delà vie 1 qu'il cbê* nsse les sentiers obscurs de la mort autant que les rayons du soled. Mars (ait verser beaucoup de larmes, mais tous savez aussi quelle gloire il distribue! Vous avez déjà affronte les périls des combats; car si l’on vous a vus fuir devant ennemi, on vous a vus aussi le poursuivre avec ardeur, o jeunes guerriers! Ceux qui osent, serrés les uns contre les autres épau e contre épaule, marcher d’un pas renne au devant des phalanges, meurent en petit nombre et sauvent les soldats qui les suivent. Les guerriers timides perdent courage, et l’on ne saurait dire quels ma ai sont réserves aux lâches...
« Mais qu il est beau l’homme qui, un pied en avant, se tient ferme a terre, mord ses lèvres avec ses dents ci sous le contour d un large bouclier protégeant ses genoux, sa poitrine et ses épaulés, brandit de la main droite sa orte lance e agite sur sa tête son aigrette redoutable' mitez les belles actions, apprenez à combattre vaillammenl, n allez pas, à l ombre d’un bouclier, vous tenir om de la portée des traits ; élancez-vous plutôt armés de la longue pique et du glaive; frappez au premier rang, emparez-vous d un ennemi. Pied contre pied, bouclier
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contre bouclier* aigrette contre aigrette* casque contre casque* poitrine contre poitrine, luttez avec TOtre adversaire ; saisissez le pommeau de son glaive ou le fer de sa lance. Et voua., soldats de la troupe légère * faites-vous Orna l'autre un abri sous vos boucliers, accablez l'ennemi d'une grêle de pierres, et* la pique en main , harcelez de près les Panopltles. *
Animés par ces chants énergiques et par ïa pré scüce de Tyrtée, les Lacédémoniens reprirent le dessus, et terminèrent le gros de cette guerre par lu prise d’ïra; elle avait duré quinze ans. Les Messéniens, après quelques efforts partiels et isolés, se décidèrent à quitter leur patrie, et à passer en Sicile; la ville de Zancïé, qui les reçut, prit des Messéniens le nom de Messine.
Pour les Lacédémoniens, vainqueurs une seconde fois, ils prirent une grande prépondérance dans la Grèce. Les deux, cinquièmes du Péloponèse leur appartinrent, le reste de cette presqu’île resta partagé mire les Corinthiens, les Sïcyoniens, les Achéens, les Êléens, les Argiens et les Arcadîens. Tous ces États étaient en république; il en était de même de la Mégaride, de la Béolie, de la Pbocîde, de fa Lo~ cride, de FÉtolie et de plusieurs autres États. Mais il faut le dire, dans ces républiques, la démocratie n’avait pas toujours le dessus; la misère y répandait ses ravages, et de fréquentes luttes s’engageaient entre lesdiverses fractions de la société. Mais comme nous ne pouvons, au milieu de tant d'États séparés, entrer dans tous les détails, nous nous bâtons de passer à Athènes-
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Mol n »,
Les Athéniens furent le peuple le plus ami rie la liberté. Cécrops, son premier instituteur, respecta ses droits, Thésée réunît en un seul corps tous les h a ! j i ta n ts d e l T A f i i q ue, e t fort! fia l'élément d ém oc rat i* que. Il appela les étrangers à tous les droits de citoyens; il partagea ensuite la population en trois classes : les nobles, les laboureurs et les artisans, (Test mieux que noblesse, clergé et tiers-étal.
Cotlrus, dernier roi d'Athènes , meurt aimé du peuple; mais le titre de roi ayant perdu son près- | lige, Médon, son fils, doit se eontenlerde la qualité d'archontc; d'archonte perpétuel, il est vrai (1095 av, J.-C.J- En 754 la durée de la charge d'archonte fut fixée â dix ans; en 084 elle fut réduile à une année : il y avait neuf archontes a îa fois, qui répondaient h toutes les branches de l'administra-' tîon de la république; l'un d'eux les présidait quand ils étaient assemblés, ce qui donnait plus d'éclat à sa personne et h son nom.
Mais ces archontes se recrutaient parmi les ri- j ches; les riches avaient en main toute l'autorité ; éfih | se servaient de cette autorité pour accroître démesurément leurs fortunes, et de leurs fortunes pour i accroître encore leur toute puissance. La richesse I opprima donc la pauvreté; ies pauvres se pjaigni- 1 rent et demandèrent des changements dans l'État.
B bacon paraît (G24 av. II ne touche point I
a I a form e d i 1 goo vern em en t, mais i 1 fait des lois pé- | nales d'une rigueur extrême; il excite les murmures. , U doit enfin quitter Athènes*
SOLON
Üla
Crtf» paraît à son tour. Il ourdit une conspiration; il veut s'emparer du pouvoir et régner en maître. Le peuple le poursuit, l'attaque dans la ci- | tadelîe où H s’était réfugié* Ses complices périrent, lui, il dut son salut à lu fuite (600 av. J.-C.).
Les discordes, les misères des Athéniens continuent, et Solon seul inspire la confiance; le peuple et les riches l'appellent à la tète des affaires de i rfilat;il va régler les intérêts les plus opposés. Arrr;nns-nous ici un moment.
De qui était il fils Solon ? Le grammairien Didymo le fait naître d'Euphorion , d’un pauvre; d'autres écrivains» et parmi eux Plutarque, le disent « fils « d'Exechestides, homme de pende crédit et d'une j * fortune médiocre, mais de la plus illustre maison « d'Athènes. Par son père iî tirait son origine du « roi Codrus. » Sa mère, disent Plutarque et d'aui 1res écrivains, était cousine de Pisistratc.
Enfin, quelle que fût l’origine deSolon.il n’étaît pas riche.
Jeune, il composa des poésies; et parfois il donna dans la licence.
Exechestides s’étant ruiné, Solon dut se livrer au travail. Il embrassa Je commerce; il voyagea, moins | pour s’enrichir que pour s’instruire. Plus lard il ! conduisit une expédition contre Salami ne, dont il | s’empara. Su réputation, son influence s'aeerurefü , par ses succès
L'Àtiique, ou territoire athénien, était couvert de factions hostiles les unes aux autres: «Les habï- < tanls de la montagne demandaient un gouverne-
grecs.
« ment populaire, ceux de la plaise préféraient « un État oligarchique, et ceux de lacÔTEpenchaien!
" pour un gouvernement mixte. » (Plutarque.)
La montagne, c’était la multitude; la plaine, c’étaient les puissants ; la côte, c’était le commerce.
«c Les pauvres, accablés par les dettes qu’ils avaient 1 contractées envers les riches, dit Plfttarque, étaient contraints de leur céder le sixième du produit à teurs terres, ce qui leur faisait donner le nom de sixenatres ou de mercenaires ; ou bien , réduits à engager leurs propres personnes, ils se livraient ira pouvoir de leurs créanciers, qui les retenaient