COMME ESCLAVES , OU LES ENVOYAIENT VENDRE EJ
pays étrangers ; plusieurs meme étaient forcés à vendre leurs propres enfants; ce qu’aucune loi ne défendait, ou ils fuyaient leur pairie pour se déro- i ber à la cruauté des usuriers. »
Cette position détestable fit crier le peuple. Les hommes qui souffraient de cet état de chose, de- ; vaient se donner un chef, délivrer les débiteursqui 1 n avaient pu payer aux termes convenus, et provoquer un renversement et un nouveau partage do | terres. Les riches eurent peur : ce qui les disposa à écouter les plaintes du peuple.
Au milieu de ces murmures, de ees agitations, on pensa à Solon. 11 n’était ni dans la faction de i iches ni dans celle des pauvres ; et à cause de son impartialité bien connue il fut élu archonte par le partis opposés, et chargé par eux de faire des te de pacification.
Le peuple fatigué, dégoûté de la cupidité, de h
SOLON
dureté des riches, eut un moment h pensée de faire Solon roi g mais Solon n'était point un ambitieux, cen'était point un sol non plus; il refusa; il voulut rester citoyen. Il savait, dîsait-il, comment il lui serait possible de monter sur le trône ; mais il ne savait point comment H pourrait en descendre: et il ne voulait point acquérir cette expérience,
n Sa première ordonnance, dit Plutarque, portait « que toutes les dettes qui subsistaient seraient «abolies, et qu'à l’avenir les engagements pécu- « niaïreg ne seraient plus soumis à la contrainte par « corps t »
D autre part il déclara que le partage des terres n-aurait pas lieu (594 av. L-C.}.
Ce moyen mixte ne satisfit personne : les riches ae voulaient ni abolition des dettes , ni partage des terres; les pauvres désiraient Lun et l'autre, et des deux côtés ou murmura contre le législateur.
Oji dit qu'avant de rendre son ordonnance publique, Solon l'avait communiquée à trois de ses ^lûs, Conon, Clinias et Hipponicus, que ceux-ci se bâtèrent, mais sans bruit, d'emprunter de l'argent et d acheter des terres, et qu'une fols le décret passé, ils purent impunément jouir du fruit de leur friponnerie. Cet abus de confiance de leur part blessa profondément Solon, et en outre des soupçons înjürieux l'atteignirent. Il y eut des murmures violents et des menaces contre sa personne. Le législateur manifesta son chagrin dans ces vers :
v Ceux qui, le cœur rempli d'une douce espérance, berne plaire d'abord se montraient si jaloux,
GRECS
Ne roulent aujourd'hui que projets de vengeance*
Et fixent tous sur moi des jeux pleins de courroux. » Mais les Athéniens, voyant bientôt les affaires publiques prendre une meilleure tournure, le commerce se relever* rindustrie refleurir, les étrangers affluer à Athènes, jugèrent mieux de cette première ordonnance de Solon, et revinrent à son auteur. Us lui donnèrent de nouveaux pouvoirs en le priant de continuer l’œuvre qu'il avait si bien commencée.
Dracon, dans ses lois pénales, punissait de mort tous les crimes, tous les délits, Solon abolit dit révisa ces lois sauvages qu'on avait appelées lois de sang.
II s’occupa ensuite des institutions fondamentales de l'État, Et pour lui les meilleures lois notaient pas celles qui approchaient le plus de la perfection ; mais celles qui étaient le plus en harmonie avec r esprit et les intérêts des peuples qu'elles devaient régir. Il avait donc fait des lois pratique! autant que possible, et les meilleures qu'iï pût dans la situation où il se trouvait.
11 fil faire l'estimation des biens des particuliers; et divisâtes citoyens en quatre classes, Plutarque dit:
<f II rangea, dans ïa première classe, les citoyens qui avaient cinq cents mêdimnes de revenu , tant en grains qu'en liquide; il les appela les pextacosiumedîmnes. La seconde classe comprit ceux qui avaient trois cmü médimms, et qui pouvaient nourrir un cheval;et ils furent nommés chevaliers (l)-
(i)Le nam de Chevalier, qui fat irn titre de noblesse plus tard, vient de là* Tous ceux qui nourrissaient et montai eut tm cheval étaient des chevaliers.
SOLON
Ceux gui avaient deux cents médimnes composèrent la troisième classe, sons le nom de zeugites. Tous bautres, dont le revenu était au-dessous de deux cents mines, furent appelés thètes. a Suivant M, de Pouquevilfe, auteur d'une histoire delà Grèce, îe revenu de la première classe équivalait à peu près à quinze mille francs de notre monnaie ; celui de la seconde à onze mille ; celui de la troisième t à cinq mille cinq cents ; quant à celui de la quatrième } nous n'avons pas à en parler, vu qu'il pouvait descendre Jusqu’à zéro.
Athènes avait neuf archontes : fun veillait à la justice, i autre à la religion, Tautre aux affaires de la guerre, et chacun d’eux à une branche des affaires générales. C'était enfin neuf ministres actifs,
| émanés du peuple, et composant ce que nous apj pelons le pouvoir exécutif. La durée de leurs fonctions était d T un an.
Le sénat de Taiœopage se composait de tousceux qui avaient rempli avec honneur la fonction d’archonte; c'était un conseil suprême; il veillait à 1 l'exécution des lois et aux mœurs publiques. Ses nombres étaient nommés à vie.
Le sénat des quatre cents, placé à côté de IV I dopage, était le second conseil. C’était k lui qu'appartenait de faire passer des ordonnances, de con trôler les dépenses, de diriger le peuple autan tque possible; de le contenir et de le représenter en l’ab- &mce des assemblées de la nation.
Les archontes étaient des ministres, l’aréopage UI1 conseil d'éfat, les quatre cents les représentants
GRECS
«Je la üation; lô peuple était au-dessous, et servait de base et de fondement à tous les pouvoirs.
Les citoyens des trois premières classes avaient seuls le privilège de siéger dans le sénat de l'aréopage et dans le sénat des quatre cents ; seuls ils devaient remplir les fonctions diverses de FÉtat.
Les citoyens de la quatrième classe, tous travailleurs, furent donc exclus des magistratures. — Solon « ne leur donna d'autre pari au gouvernement» dit Plutarque, que le droit de voter dans les assemblées et dans les jugements ; droit qui ne parut rien d’abord, mais qui, dans la suite, devint très considérable ; car la plupart des procès étaient portés devant les juges, et l'on appelait au peuple