‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 5 sur 45 · PEUPLADES SAUVAGES · texte numérisé non relu

PEUPLADES SAUVAGES

quième jour» ils vont tons ensemble boire au pied des montagnes. Ils trouvent là des sources d’eau douce, où les nomades abreuvent leurs troupeaux. Leur marche ressemble à celle d’un troupeau de bœufs; ils font entendre des cris inarticulés, un bruit de voix confus. Les mères portent sur leurs bras les enfants encore à la mamelle, et les pères ceux qui sont sevrés, tandis que les enfants, ayant plus de cinq ans, accompagnent leurs parents en courant et en jouant, et se font de ce voyage une fête de réjouissance. Car, la nature qui n’est pas encore pervertie, place le souverain bien dans la satisfaction des besoins physiques, et ne songe pas aux plaisirs recherchés. Quand ils sont arrivés aux abreuvoirs des nomades, ils se remplissent tellement le ventre de boisson qu’ils ont de la peine à se traîner. Pendant toute celte journée ils ne mangent rien; chacun se couche par terre, tout repu, suffoquant de plénitude et tout semblable à un homme ivre. Le lendemain ils retournent manger dp., poisson et continuent ce régime périodique pénâant toute leur vie. Les Ichthyophages qui habitent les étroites vallées du littoral, et qui mènent ce genre de vie, sont, grâce à la simplicité de leur nourriture, rarement atteints de maladies; cependant ils vivent moins longtemps que nous, »

Diodore nous dit que la vie moyenne des hommes rie son temps était de trente ans. Je recommande sa remarqué à quelques-uns des statisticiens de ia terre de France : ils pourront en faire usage dans leurs savantes combinaisons.

ÉTHIOPIENS

Trogloiifle* , peuplade ffnavage.

*.Nous allons maintenant, dit Diodore, nous

occuper des Troglodytes.

« Les Troglodytes sont appelés nomades parles Grecs, parce qu’ils mènent avec leurs troupeaux une vie de pasteurs. Ils sont divisés en tribus qui ont chacune leur chef. Leurs femmes et leurs enfants sont eq commun, a 1 exception de la femme unique du chef. Celui qui a approché d’elle est condamné par le maître à payer comme amende un certain nombre de moutons. A l’époque des vents étésiens, qui leur amènent de grandes pluies, ils se nourrissent de sang et de lait qu’ils mêlent ensemble et qu ils font bouillir quelques instants... Livrés au soin de leurs troupeaux, ils vont d’un lieu à un autre, évitant le séjour fixe dans un même endroit. Tousles l roglodytes se font circoncire àla manière des Egyptiens, excepté ceux qui se trouvent accidentellement mutilés , et qui se nomment pour cela kolobes. »

Diodore nous parle de plusieurs tribus d’Ichthvophages et de Troglodytes, et d’un grand nombre d autres variétés d'hommes . qui toutes se distinguent par des mœurs, par des habitudes des plus singulières. Disons, pour nous dispenser de le suivre plus longtemps, que ce qu’il nous raconte ressemble un peu ii ce que nous ont dit les voyageurs européens des habitants du Nouveau-Monde, au grand etonnement de ['Europe entière.

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