ASTIQUE CIVILISATION
Tribus cE tIU sées.
Il y avait en Ethiopie, à côté des peuplades sauvages, méprisant tout progrès, des populations intelligentes, parfaitement éclairées, et chez lesquelles les sciences et les arts étaient cultivés avec succès.
« Il est avéré, dit M. Héeren, auteur contemporain, quune tribu éthiopienne arriva à une haute civilisation, qu’elle habita des villes, éleva des temples et de grands édifices; posséda, sinon une écriture de caractères, du moins d’hiéroglyphes ; connut des institutions publiques et des lois; répandit de très bonne heure la renommée de ses lumières sur une grande partie de la terre, et donna enfin naissance à l’État de Méroé,
« Ce n'est que récemment qu’on a soulevé le voile mystérieux qui couvrait cet Etat; mais ce ne fut pas Méroé seul qui sortit des ténèbres; il parut avec lui un nouveau monde d’antiquité dont jusqu’alors on n’avait pas mémo soupçonné l’existence. Les limites méridionales de l'Égypte avec les dernières cataractes du Nil avaient été considérées jusqu’alors comme les bornes assignées à l'art antique et à la civilisation ancienne; on poussa plus avant, sur le Nil et dans son voisinage, car Bruce et ses devanciers avaient préféré le chemin par le désert de la Nubie, et Ton découvrit cette chaîne de monuments qui excitèrent depuis l'admiration de tous les antiquaires, non-seulement par leur nombre, mais par leurs formes grandioses. Un temple succédait a l’autre, ou sur terre ou sous
ÉTHIOPIENS
terre \ en quittant un monument, on en apercevait déjà un autre; des colosses, ensablés jusqu’aux épaules, s'élevaient encore pardessus, et décelaient les constructions gigantesques qu’ils dérobaient aux regards.
<( On avança toujours, et on vit paraître des groupes entiers de pyramides, parsemés de temples à perte de vue; des débris de villes, et enfin ceux de Méroé dans ïe lointain ; le désir qu’on avait osé former se trouva accompli ; l’ancien temple de Jupiter Ammon se trouvait encore à sa place* »
Je ne m'arrêterai pas davantage sur cette nation, vu que je ne puis y consacrer que peu de pages , et que du reste, ses lois, ses dieux, sa religion , ses superstitions, ayant une conformité frappante avec tout ce qui est particulier à l'Égypte, il me semblera traiter encore de celle-là en traitant de celle-ci.
Je ne parlé pas des rois, des reines, des événements politiques de l'Éthiopie, parce que toute cette histoire est trop confuse, et que nous en tirerions trop peu d’enseignements pour nos lecteurs.
ÉGYPTIENS
I 1 rom Ut* temps. — hlvinltéi.
Les Égyptiens, ainsi que les Éthiopiens, se croient les plus anciens de tous les hommes. Ils prétendent qu'ils sont nés du limon de leur soh et le système de création que j’ai rapporté dans l'introduction de cet ouvrage est le leur propre.
Le soleil, la lune, furent leurs premières divinités. Ils nommèrent l'une Osims et l'autre Isis. Ils les personnifièrent, ils les marièrent, et ces dieux devinrent ainsi des êtres agissant sous des formes humaines. A ces deux premières divinités, il s'en ajouta d'autres : chaque élément occupa dans la hiérarchie céleste un rang particulier. Les Égyptiens eurent leur Jupiter, leur Bacchus, leur Hercule et tous les dieux mythologiques. Les animaux même furent divinisés en raison des services qu'ils rendaient aux hommes.
Pour les anciens Égyptiens, c'est Isis, leur bonne déesse, qui découvre l'usage du froment et de l'orge;
ÉGYPTIENS
c'est Osiris, le plus grand de leurs dieux, qui apprend aux hommes la culture des champs, et qui , par ses hi en faits, les retire de l'état sauvage,
Isis a donné des lois de justice aux hommes , et Osinrs et ses compagnons ont fondé dans la Tbébaïde d'Égypte une ville à cent portes; qui prit d'abord le nom d’Héra polis, ensuite celui de Thèbes. Osiris et Isis ont honoré les inventeurs des urls et tous ceux qui enseignaient aux hommes les choses utiles.
Je ne parle pas de Typhon, d'Orus, d'Anubïs et d une fouie d’autres divinités perverses ou bienfaisantes, vu que la mythologie doit prendre très peu de place dans cet écrit*
Hermès, qu'on appelle aussi Tbotli, le premier, établit une langue commune, donna des noms aux objets qui n'm avaient pas; institua les sacrifices et le culte des dieux; j] enseigna aux hommes l'astronomie, la musique, la palestre, la danse et les exercices du corps. Hermès recevait ses inspirations d'Osiris même ; il est donc le fondateur de la religion des Égyptiens.
Ce sont les dieux et les amis des dieux qui répandent sur la terre les connaissances utiles, l'agriculture, l'industrie, les sciences, les arts.
L’Egypte est une terre de mystère,,, son antiquité est bien certaine, mais ses origines sont aussi obscures que celles de tous les peuples.
Les Égyptiens, comme les Éthiopiens, ont d'abord adoré le soleil et la lune, et ensuite les bienfaiteurs des hommes, qu'ils ont divinisés, et auxquels ils