‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 8 sur 45 · LES DOUZE ROIS · texte numérisé non relu

LES DOUZE ROIS

Les don se r«li. L* labyrinthe.

Hérodote ne parle pas de ce roi Taraca. Voici ce que nous trouvons dans son histoire ancienne :

et Après la mort de S éthos, qui était en même temps roi et prêtre, les Égyptiens recouvrèrent leur liberté; mais comme ils ne pouvaient vivre un moment sans rois, ils en élurent douze, et divisèrent toute l'Égypte en autant de parties qu'ils leur assignèrent* »

Suivant Diodore, ces douze rois ne puisèrent pas leur puissance dans l’élection. « Douze des principaux chefs, dit-il, tramèrent une conspiration, lisse réunirent à Memphis, et s'étant engagés par des conventions et des serments réciproques, ils se proclamèrent eux-mêmes rois* w Ceci paraît plus probable, Enfin, les rois éthiopiens avaient disparu devant des chefs égyptiens, et la caste sacerdotale avait cédé le pas à la caste guerrière. Après s'ètre affermis dans leur usurpation, en se prêtant un appui mutuel, ils conçurent le projet de construire le fameux labyrinthe, duquel Hérodote donne la description que voici :

« Ils voulurent laisser, a frais communs, un monument à la postérité* Cette résolution prise, ils firent construire un labyrinthe un peu au-dessus du lac Mœris, et assez près de la ville des crocodiles* JVi vu ce bâtiment et Taî trouvé au-dessus de toute expression* Tous les ouvrages, tous les édifices des ( irecs ne peuvent lui être comparés ni du côté du travail, ni du eùté de la dépense ; ils lui sont de

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beaucoup inférieurs. Les temples d'Éphèse et de Samos méritent sans doute d’être admirés ; mais les pyramides sont au-dessus de tout ce qu'on peut en dire, et chacune en particulier peut entrer en parai ici e avec plusieurs des plus grands édifices de la Grèce. Le labyrinthe remporte même sur les pyramides. Il est composé de douze cours environnées de murs, dont les portes sont a Topposile Tune de l’autre, six au nord et six au sud, toutes contiguës; une même enceinte de murailles, qui règne au-dehors, les renferme ; les appartements en sont doubles : il y en a quinze cents sous terre, quinze cents au-dessus, trois mille en tout. J'aî visité les appariements d'en haut, je les aî parcourus; aussi j'en parle avec certitude, et comme témoin oculaire. Quant aux appartements souterrains, jonc sais que ce qu'on m'en a dît. Les Égyptiens, gouverneurs du labyrinthe, ne permirent pas qu'on me les montrât, parce qu’ils servaient, me dirent-ils, de sépulture aux crocodiles sacrés, et aux rois qui ont fait bâtir entièrement cet édifice. Je ne parlé donc des logements souterrains que sur le rapport d’autrui ; quant â ceux d en haut, je les ai vus et les regarde comme ce que les hommes aient jamais fait déplus grand. On ne peut, en effet, se lasser d'admirer la variété des passages tortueux qui mènent des cours à des corps de logis, et des issues qui conduisent à d autres cours. Chaque corps do logis a une multitude de chambres qui aboutissent à des postades; on p asse dan s d'au très bâtiments, do n t i 1 fa u t t reverser les chambres pour entrer dans d'autres cours.

OUVRIERS- COfïSTftUCTIOX. LABYRINTUE. 33

Le toît de tout ces corps de logis est de pierre, ainsi fjuc les murs qui sont partout décorés de figures eu bas reliefs. Autour de chaque cour régné une colon nade de pierres blanches parfaitement jointes ensemble. À l'angle, où finit le labyrinthe, s'élève une pyramide de cinquante orgyies, sur laquelle on a sculpté en grand des figures d’animaux; on s'y rend par un souterrain. »

Quelque magnifique que fût ce labyrinthe, le lac Mœrîs, au dire d'Hérodote, était encore plus admirable; et on peut en croire les auteurs an ri uns quand ils traitent des anciens travaux de l'Égypte car ceux des monuments de ce pays qui restenL encore debouL nous attestent la grandeur de ceux qui ont péri sous la sape du temps.

Le nombre des ouvriers employés à la coiistriicfumde la pyramide attribuée à Chéops, était, selon Dïodore de Sicile, de trois cent soixante mille; et il fallut vingt ans pour l'achever. Combien de temps et d'argent dut-un dépenser pour construire le labyrinthe !

eaammfdqup, Vrco*. tprit**, PsammiMilte.

Les douze rois fondateurs du labyrinthe ne pouvaient, malgré leurs serments, vivre longtemps en bonne intelligence; ils se jalousèrent, ils conspirèrent chacun pour soi, et Psammitique, l'un d'eux, aprèsavoirsubi les persécutions clc ses collègues, finit par les renverser, grâce au concours que lui avaient prêtédes hommes cuirassés d'airain et puissamment armés, des Grecs enfin, qui, arrivés sur les eûtes

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de rïSgyple en pirates » avaient embrassé sa cause, À partir (3e cotte époque les Grecs ne quittèrent pl us le sol égyptien.

Psamrnitique, devenu maître de toute l'Égypte, fit faire, comme ses prédécesseurs, de nombreuses constructions. Son règne fut de cinquante-quatre ans. Je ne parle, ni de ses succès dans la guerre, ni de ses revers*

« Il eut un fils appelé Nécos, dit Hérodote, qui fut un roi d'Égypte (616 ans avant J,-G.). Iî entreprît le premier de creuser le canal qui conduit à la mer Erythrée. » Ce Nécos, que d'autres appellent Néchao, se livra k des travaux guerriers et à des expéditions maritimes : celles-ci sont les plus remarquables, car elles déterminèrent les limites de Y Afrique ou Libye, et servirent au progrès de la science géographique, Hérodote,en traitant des bornes des trois parties du monde alors connu, l'Europe, l'Asie et l'Afrique, dit : « La Libye (1* A fri que) montre elle* « môme qu'elle est environnée de mer, excepté du et cûLéou elle confine àl'Àsîe, Néeos, roi d'Égypte, a est le premier, que nous sachions, qui l’ait prouvé. h Lorsqu'il eut fait cesser de creuser le canal qui n devait conduire tes eaux du Nil au golfe Arahi- « que, il fit partir des Phéniciens sur des vaisseaux, a avec ordre (rentrer à leur retour par les colonnes rc d'Hercule (le détroit de Gibraltar , dans la mer a septentrionale (la Méditerranée), et de revenir de f( celte manière en Égypte. »

Hérodote poursuit ainsi :<t Les Phéniciens s'étant * donc embarqués sur !a mer Erythrée , navigue-

VOYAGE AtTOim DE h AFRIQUE- ^

« rent dans la mer Australe* Quand l'automne était « venu, ils abordaient à F endroit do la Libye oiiils a se trouvaient* et semaient du blé* Ils attendaient « ensuite le temps des moissons* et après la récolte, « Us se mettaient en mer* Ayant ainsi voyagé pen- « dant deux ans* la troisième année ils doublèrent « les colonnes d'Hercule, et revinrent en Egypte* « Ils racontèrent* h leur arrivée, qu'en faisant voile # autour de la Libye (l'Afrique), ils avaient eu le soleil v h leur droite* Ce fait ne me paraît nullement « croyable ; mais, peut-être, le paraîtra-t-il à quel- « qu'autre* C’est ainsi que la Libye a été connue « pour h première fois* » Ce voyage remonte environ à 610 ans avant Jésus-Christ*

Néchao ne fut pas heureux dans ses guerres contre les Assyriens, qui lui ravirent plusieurs pays sur lesquels il étendait sa domination. Il mourut après seize ans de règne ; son fils Psamsus lui succéda, et Aprïès vint ensuite,

Aprïès fut uu roi puissant; ils était rendu maître de la Phénicie et de la Palestine* Son ambition s’en accrut* Une colonie de Grecs s'était formée sur les côtes de T Afrique, à Cyrène, il voulut les assujétîr, mais en vain* Hérodote dit : « Aprïès ayant envoyé une armée contre les Cyrénéens, reçut un échec considérable* » 11 ajoute : « Les Egyptiens lui imputèrent ce malheur, et se révoltèrent contre lui* s'imaginant que, de dessein prémédité, il tes avait envoyés à une perle certaine, afin de les faire périr sans ressource, et de régner avec plus d'autorité sur le reste de ses sujets. Les troupes qui étaient revenues

du combat, et les amis de ceux qui avaient perdu la ^ie, indignés contre le roi, se soulevèrent ouvertement. »

A priés envoya Amasis, 1 un de ses généraux, pour ies apaiser, mais ce chef ne put lès faire rentrer dans le devoir, et il finît par faire cause commune avec eux.

A priés dépêcha 1 un de ses officiers les plus dislingues, nommé Palarbemîs, pour sommer Amasis de reconnaître l'autorité souveraine; ce chef n'ohtuü aucun succès et retourna vers son maître avec de tristes nouvelles. « Aussitôt qu’Apriès le vit revenir sans Amasis, dit Hérodote, il lui fit couper îe nez et les oreilles,,clans le premier mouvement de sa colère, et sans se donner le temps de la réflexion. Un si honteux traitement, fait a un homme de sa distinction, irrita k un tel point ceux d’entre les Egyptiens qui tenaient encore pour lui, que, sans perdre de temps, ils passèrent du côté d' Amasis, et se donnèrent a lui. j>

Sur cette nouvelle, Àpriès se mit à la tête de trente mille hommes de troupes auxiliaires, composées de Carions et d’ioniens, et marcha contre les Egyptiens; Amasis vint au devant de lui, et les deux arm cesse rencontrèrent. Amasis fut vainqueur, s empara d Apriès et en eut beaucoup de soins; « mais enfin, les Egyptiens ayant reproché à celuici qu il agissait contre toute justice, en laissant vivre leur plus grand ennemi et le sien, il leur abandonna ce prince infortuné; ils ne l'eurent pas plus tôt en leur pouvoir qu’ils l'étranglèrent, » (Hérodote.)

aMASIS , IÜÏI PLÉlljliEX.

« À priés otarit péri de ta sorte, dit îe meme auteur, À ma aïs, de ta ville do Siuph, dans le nome de>Saïte, monta sur le tronc (5ti9 av* J,-C, i, Au commencement de son règne les peuples en fuifiaient peu de cas, et iravaient que du mépris pour lui, il cause de son peu de naissance; maïs il suL, dans la suite, se les rendre favorables par son adresse et son habileté*

« Parmi une infinité de choses précieuses qui lui appartenaient, on voyait un bassin d’or, où il avait coutume de se laver les pieds, lut et tous les grands qui mangeaient à sa table. Il le mit en pièces, et en lit faire la statue d’un dieu, qu’il plaça dans Fendrait le plus apparent de la ville* Les Egyptiens nu manquèrent pas de s’y assembler et de rendre un culte à ce simulacre, A omis, informé de cë qui m passait, les convoqua, et leur déclara que cette statue, pour laquelle ils avaient Umt de vénération, venait du bassin d’or qui avait servi auparavant aux lisages les plus vils. // en est ainsi de moi ? ajOULa-t-üj'c/n/s plébéien, mai* actuellement je suis votre roi; je von* exhorte donc à me rendre 11 tanneur et te respect qui me sont dns * !l gagna tellement, par ce moyeu, 1 ’ a fié cliondu ces p* i u p I as , q u ’ i 1 s t ro u v en m t trèsju ■ i « 1 de se soumettre ù son gouvernement, »

Après nous avoir donné quelques détails sur l'esprit et les mœurs d’Àmasis, qui partageait son temps entre les affaires et les plaisirs, Hérodote «joute ;

« il fit bâtir à Sais, en Thon rieur de Minerve, le portique de son temple, édifice digne d’admiration.

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ei qui surpasse de beaucoup tous les autres ouvrages de ce genre, tant par sa hauteur et son étendue, que par la qualité et la grandeur des pierres qu'on y employa* II fit placer des statues colossales ét des androsphinx d'une hauteur prodigieuse* On apporta aussi par son ordre des pierres d'une grosseur démesurée, pour réparer le temple. On en tira une partie des carrières qui sont près de Memphis; mais on fit venir les plus grandes de la ville d’Eïéphantine, qui est éloignée de Sais de vingt journées de navigation*

« Mais ce que j’admire davantage, c'est un édifice d'une seule pierre qu’il fil apporter d'Eléphantine. Deux mille hommes, tous bateliers, furent occupés pendant trois ans à ce transport. Il a en dehors vingt et une coudées de long, quatorze de large et huit de haut. Telles sont les dimensions extérieures de cet ouvrage monolithe. Sa longueur en dedans est de dix-huit coudées, plus vingt doigts; sa largeur de douze coudées, sa hauteur de cinq. Cet édifice est placé à l’entrée du lieu sacré.

« àmasis fit aussi présent à tous les autres temples célèbres d'ouvrages admirables par leur grandeur : entre autres il fit placer à Memphis, devant \e temple de Vulcain, le colosse de soixante et quinze pieds de long, qui est couché sur le dos* On voit sur le même fondement deux statues colossales debout, de pierre d'Ethiopie, l’une d'un côté du temple, l'autre de Vautre; chacune a vingt pieds de haut. Il y a à Sais un autre colosse tte

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