PREMIÈRE SOLUTION
Adam dut être surpris, à la naissance de Caïn, de voir qu’une masse informe, connue aujourd’hui sous le nom de placenta, lui tenait au nombril par un long cordon. Il est apparent qu’il n’osa pas y toucher, craignant que cette masse ne fit partie du corps de l’enfant.
Dans ce pays-ci un pareil placenta, plein de sang, à cause de la nourriture plus forte ou plus abondante des femmes, contracterait bientôt
(1) Sat. II.
l'obstétrique et le culte
un principe de putréfaction; mais il y a lieu de croire que, dans le pays où Adam était, plus chaud que le nôtre, il se dessécha, surtout si l’on fait attention qu’il devait être moins abreuvé de sang, à cause de la nourriture frugale d’Eve, qui se nourrissait de fruits. N’importe, supposons qu’il tendit bientôt à la putréfaction, comme il ferait dans ce pays-ci ; Adam et Eve n’en durent pas longtemps être incommodés, car dès le cinquième au sixième jour, le cordon se détacha, et l’enfant fut débarrassé de ce corps étranger.
Adam profita sans doute de cette observation. Il comprit que cette masse n’appartenait point au corps de l’enfant, et qu’elle pouvait et devait en être détachée. Ainsi, profitant de ses réflexions, il coupa le cordon à Abel, son second fils, et voyant qu’il coulait du cordon quelque peu de sang, il le lia. Voilà donc la ligature et le retranchement du cordon connus et pratiqués par Adam dès la naissance de son second enfant, et voilà par conséquent le genre humain sauvé.