‹ Histoire des accouchements chez tous les peuplesChapitre 14 sur 94 · QUATRIÈME SOLUTION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME SOLUTION

Je crois, Monsieur, que celui qui a appris aux oiseaux qu’il avait créés, et qui n’avaient jamais vu de nid, d’en construire un avec un art merveilleux pour y pondre ; solidement attachés aux branches des arbres, garnis en dedans de mousse, de laine, de plumes; proportionnés à la grosseur de leurs petits ; que le même instruisit Adam et Eve de la conduite qu’ils devaient tenir à la naissance de leurs enfants pour les

l’obstétrique et le culte

conserver, supposé que leur ministère y fut nécessaire. Ce sera, si vousle voulez, parun instinct qui se sera dans la suite affaibli ou effacé (1), quand on a commencé d’agir par les lumières de la raison, et qu’on n’a plus eu besoin de s’en fier à l’instinct, ou ce qui me paraît plus plausible, ce sera par une révélation expresse ; mais il n’est pas apparent, que Dieu, qui a appris à tous les quadrupèdes ce qu’ils devaient faire pour sauver leurs petits à leur naissance, ait abandonné l’homme qui est la plus parfaite de ses créatures, à l’ignorance dans le même cas.

Il n’y a rien de surprenant, que Dieu ait instruit Adam de ce qu’il fallait faire pour conserver les enfants qui lui naîtraient. Il est certain qu’il a daigné donner des instructions aux hommes dans ce commencement du monde sur des sujets bien moins importants. Adam, étant encore dans le Paradis terrestre, donna à toutes les espèces d’animaux un nom qui leur était propre (2). Il avait donc une langue, et une langue qui était abondante, dont il connaissait la valeur de tous les mots, et comment avait-il pu acquérir naturellement, et acquérir en si peu de temps, des connaissances qui sont le fruit d’un long usage et d’une profonde sagesse. Caïn, fils aîné d’Adam, fut laboureur, et il offrit à Dieu les fruits de la terre; qui lui avait appris à cultiver la terre, qui lui avait montré les instruments nécessaires pour cela ? Enfin Tubalcain, septième descendant d’Adam, exerça l’a rt de travailler avec le marteau, et fut habile en toute sorte d’ouvrage d’airain et de fer (3). On connaissait donc dès ce temps-là le fer et l’airain, et comment pouvait-on les connaître ? Ces métaux sont cachés dans la terre sous une forme qui les rend méconnaissables, ce n’est que par des opérations répétées, qu’on les fait paraître sous leur forme naturelle. Du temps de Tubalcain avait-on pu trouver les mines qui fournissent le fer et l’airain, et avaiton découvert le moyen de les préparer ? Certainement non. Comment rendre donc raison de tous ces faits, si ce n’est en reconnaissant que c’était Dieu qui avait appris à Adam la langue qu’il parlait; à Caïn l’art et les moyens de cultiver la terre ; à Tubalcain les connaissances nécessaires pour trouver les métaux, les préparer et les travailler? et dans de pareilles circonstances, pourquoi ne dirions-nous pas de même, que Dieu avait appris à Adam ce qu’il fallait faire pour la conservation des enfants qui lui naissaient, supposez qu’il eut laissé quelque chose à faire à ses soins?

(1) C’est ainsi que les pigeons et les tourterelles domestiques ont perdu l’instinct défaire des nids, depuis qu’on leur en fait, au lieu que les pigeons et les tourterelles sauvages l’ont conservé.

(2) Genèse, II, 19.

(3) Gen., IV, 22.

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