‹ Histoire des accouchements chez tous les peuplesChapitre 28 sur 94 · ERREURS ET PRÉJUGÉS SUR LA GROSSESSE ET L’ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

ERREURS ET PRÉJUGÉS SUR LA GROSSESSE ET L’ACCOUCHEMENT

Le préjugé est de même nature qu’un académicien : il est immortel. Joseph Prudhomme se croit au siècle des lumières et, sous l’Empire, Joseph Prudhomme, sénateur à trente mille francs de gages, discutait gravement sur l’homœopathie et ses bienfaits. De nos jours, Joseph Prudhomme n’hésite pas à se déclarer spirite. Rappelez-vous ce colonel à qui l’on montre la poupée destinée à évoquer l’esprit d’une de ses parentes ; le président du tribunal s’étonne : « Me prenez-vous pour un imbécile? » riposte cet étonnant guerrier oublié par Ch. Leroy.

Le terrain le plus propre au développement du préjugé est, sans contredit, le cerveau d’une femme : tendance au merveilleux, au mensonge même, ignorance, présomption, obstination, tout favorise en elle l’éclosion de cette plante tenace. Parasite aussi difficile à extirper de l’esprit féminin que le chiendent d’un champ! Déracinez, hersez, labourez ; bientôt vous verrez paraître de nouveaux rejetons !

Dès lors, est-il utile d’ajouter que le nombre des préjugés relatifs à la grossesse et à l’accouchement est presque infini. La même niaiserie a cours dans la loge de la concierge en gésine et au premier étage, au premier étage et dans la mansarde; elle va, court, vole, incessamment propagée par des langues infatigables.

Rions de toutes ces sottes croyances; leur faire la guerre, c’est peine perdue: « Je puis bien parler là-dessus, moi, monsieur, vous répondrait une commère, j’ai accouché sept fois. Tout médecin que vous êtes, en avez-vous jamais fait autant ? »

Passons donc en revue les plus singulières de ces erreurs chères au sexe qui bavarde et qui accouche.

Page 1