‹ Histoire des accouchements chez tous les peuplesChapitre 44 sur 94 · MŒURS ET COUTUMES OBSTÉTRICALES · texte numérisé non relu

MŒURS ET COUTUMES OBSTÉTRICALES

On a accouché, on accouche, on accouchera ; le verbe se conjuguera aussi longtemps que, par le monde, se conjugueront les sexes. Mais dans quelle posture accouchait-on jadis? Dans quelle posture accouche-t-on aujourd’hui sous les diverses latitudes? Cette question d’ethnologie méritait d’être étudiée. Elle l’a été par différents auteurs, principalement par Rigby (1), Victor Legros (?), Henri Ploss (3), Goodell (4) et Georges Engelmann (5) dont l’ouvrage fut traduit par M. Paul Rodet, en son français (6). Entre la version de M. Rodet et notre chapitre, le lecteur pourra trouver des points de ressemblance. A ce propos, nous ferons remarquer qu’avant cette dernière publication, nous avions écrit à l’auteur original pour lui demander l’autorisation de reproduire son travail, paru dans les Gynecological transactions , et dont nous avions confié la traduction, dès 1883, à un érudit, M. Victor Gérard ; le docteur américain mit six mois à nous répondre. 11 est vrai que Saint-Louis, sur le Mississipi, est loin de Paris. D’autre part, M. Rodet n’ignorait pas que, pour notre Histoire des Accouchements, en préparation depuis plusieurs années, nous avions tiré parti des observations d’Engelmann: avant l’impression de son

(1) Medical Times and Gazette, 1857.

(2) De la position de la femme pendant l'accouchement (Gazette des hôpitaux, 1864).

(3) TJeber die Lage und Stellung der Fr au, Wahrend der Gehurt bei verschiedenen Volkern. Leipsick, 1872.

(4) Some ancientes Mcthods of Dilivery. American journal of obstetrics, 1872.

(5) Labor among primitive People shorving the development of the obstetric science of to day,from the natural and instruction customs of ail Races, 1880. Le doct. C. Hennig en a donné une traduction allemande. Vienne, 1884.

(6) La pratique des accouchements chez les peuples primitifs, chez J. -B. Baillière et fils, 1886. Le docteur E. Verrier a aussi étudié cette question en détail, dans ses Leçons sur l'accouchement comparé dans les races humaines, 1880.

MOEURS ET COUTUMES

travail, au cours d’une conversation chez notre éditeur, nous avions cru pouvoir le lui confier. La confidence ne fut pas réciproque; M. Rodet, par sa discrétion exagérée, a donné une fois de plus raison au proverbe italien : traduttore, Iraditore.

Après les postures, nous avons traité des coutumes singulières et des idées superstitieuses chez tous les peuples. C’est comme un complément de notre chapitre sur les Erreurs et préjugés populaires en obstétrique. De plus, nous signalons les particularités curieuses que présentent les règlements des diverses Maternités de l’Europe ; nous disons aussi quelques mots du mode d’allaitement propre à chaque pays, ainsi que de la fréquence plus ou moins grande des avortements qui s’y pratiquent. Les documents rassemblés dans ce paragraphe sont fort nombreux ; pour plus d’exactitude, nous avons d’ordinaire conservé le texte même de l’auteur dans lequel nous les avons puisés. C’est la partie la plus longue de ce chapitre ; ce n’est pas la moins intéressante, croyons-nous.

Pour finir, nous avons réuni dans une dernière section, tous les renseignements qui se rattachent plus particulièrement à la profession obstétricale : on y trouvera les statuts et prérogatives des accoucheurs et des sages-femmes depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, et des études sur les mœurs professionnelles de la corporation. On nous pardonnera, nous l’espérons du moins, quelques irrévérencieuses critiques qui ont échappé à notre plume. Enfin, nous offrons aux amateurs d’imageries populaires, un petit musée des enseignes obstétricales; la collection des réclames de ce genre dénote, chez nos matrones, un penchant prononcé pour la peinture facétieuse.

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