IG
loir. Dans certains cas,
les Américaines, comme leurs sœurs d’Ir-
Fig. 300. — Un accouchement en Pensylvanie,
MOEURS ET COUTUMES
lande et d’Ecosse, se placent sur les genoux et les coudes ; c’est la
Fig. 301. — Position favorite des Canadiennes françaises.
position que conseille le docteur Gaillard Thomas, de New-York,
Fig. 302. — Accouchement dans l’Ohio, d’après Engelmann.
dans le prolapsus du cordon [fig. 304). Au Pérou, les femmes accouchent volontiers assises sur les genoux de leur mari.
Fig. 303. — Un accouchement en Pensylvanie, d'après Engelmann.
Fio. 304. Position sur les genoux et les coudes, d'après le Dr Gaillard Thomas.
MOEURS ET COUTUMES
Tribus indigènes de l’Amérique. — La position obstétricale prise par ces tribus varie suivant les régions ; elle est tantôt verticale, accroupie, agenouillée, assise, plus rarement horizontale.
La position verticale, d’après le frère Jean de Torquemada, serait habituelle aux naturelles des Antilles: Chez les Sioux-Brûlés et les Iroquois, les femmes se suspendent au cou de leur mari, et la sagefemme reçoit l'enfant derrière la patiente (fig. 305).
Fig. 305. — Posture des Iroquoises,
Chez certains indigènes du Brésil, si l’on en croit le père Och, les femmes sont attachées, les mains au-dessus de la tête, à un arbre, comme si elles subissaient une peine ; la sage-femme reçoit l’enfant dans des feuilles ou un débris de natte (fig. 306).
Le Dr G. Engelmann, de Saint-Louis, pense qu’autrefois, dans l’Etat de Pensylvanie, les femmes accouchaient debout. Il appuie son opinion sur une vieille peinture, conservée à l’Académie de médecine de New-York (fig. 306), où figure une femme accouchant dans cette posture, et il veut que l’artiste se soit inspiré du mode usité de
son temps (1). Mais usité chez qui? L’auteur entend-il parler des Squaws indigènes, Delawares ou autres, ou veut-il désigner les femmes des premiers colons, Suédois, Hollandais, Anglais ? Nous ne savons trop. Quoi qu’il en soit, il ne s’est pas aperçu que cette scène, toute mythologique, représente l’accouchement d’une femme méta-
Fig. 306. — Uu accouchement au Brésil.
morphosée en arbre, de Myrrha, par exemple; or la patiente, passée à l’état de plante ligneuse vivante, ne pouvait être représentée autrement que dans la position verticale. N’est-ce pas le cas d’appliquer cet aphorisme de la sagesse des nations : Qui veut trop prouver, ne prouve rien ?
La position accroupie, qui répugne aux femmes civilisées, sans
(1) « J'ignore », dit-il, « quel est le sujet de ce tableau, qui représente une scène mythique ; mais il est évident que l'artiste a reproduit la posture habituelle des femmes de son temps. »
MOEURS ET COUTUMES
doule parce qu’elle rappelle celle prise pour la défécation, est pourtant l’attitude la plus favorable aux évacuations du bassin ; les sauvages, plus avisées, l’utilisent fréquemment en s’appuyant sur les genoux ou sur un pieu fiché en terre, comme nous l’avons signalé dans l’Ounyoro (fig. 287). On observe encore cette posture naturelle chez les Tonkawas, les Fuégiens du sud, les Coyoteros ou Apaches des Montagnes blanches. Les Nez-Percés, les Gros-Ventres s’accroupissent aussi ; il en est de même à Laguna Pueblo, dans les
Fig. 307. — Scène mythique d’accouchement, d’après une peinture de l’Académie de médecine
de New- York.
premiers moments de la couche. Chez quelques Indiens de la grande tribu des Sioux, les femmes empoignent, en s’accroupissant, des courroies de peau de daim nouées autour d’un poteau fiché en terre (fig. 308). Au Nouveau-Mexique, les femmes se suspendent, à moitié accroupies, à un bâton attaché à une corde fixée au plafond (fig. 309)- M. Damour, membre de l’Académie des sciences, a présenté à la Société d’ Anthropologie de Paris, une statuette, dont il est possesseur, et qui viendrait des anciennes civilisations du Mexique ; elle indique
que la position accroupie y était déjà en usage. Nous empruntons à
Fig. 309. — Posture des femmes demi-sang Mexicaines.
MOEURS ET COUTUMES
M. E. Verrier, les détails qui suivent sur cette curieuse statuette : « M. Hamy croit qu’il s’agit de la déesse des accouchements, Mixtexqae. Dans tous les cas, le dessin de cette statuette (fig. 310) représente une femme accroupie dans la position indiquée par M. Duhousset pour l’accouchement dans certaines contrées de la Perse (fig. 265).
Fig. 310. — Statuette représentant une déesse Mexicaine dans la position accroupie ; les trous qu’on aperçoit sur cette figure devaient servir à fixer de volumineux pendants d’oreilles.
Seulement, il n’y a pas ici de matrone. Une déesse ne doit-elle pas accoucher seule ? Ses bras, au lieu de reposer sur ses genoux, sont appliqués le long du corps et servent à écarter, avec la main, les organes de la génération. La face tournée en haut exprime la souf-
france, le cartilage thyroïde, les clavicules font saillie sous la peau. La déesse est coiffée comme les sphinx d’Egypte. Enfin, l’enfant, à moitié sorti, affecte une position horizontale et est placé de telle sorte qu’a priori on pourrait le prendre pour un batracien, sauf la figure, qui rappelle celle de l’humanité. De plus, il naît coiffé. Est-ce un symbole? Ce serait bien le moins pour l’enfant d’une déesse. »
Fig. 311. — Scène d’accouchement chez les Pawnees.
Les Indiennes Pawnees (fig. 311) s’accroupissent aussi, le dos appuyé sur celui d’une compagne ou sur un plan résistant quelconque. L’accoucheur s’agenouille vis-à-vis de la patiente et tient, d’une main, une courge vide qu’il frappe contre le sol pour faire du bruit, et, de l’autre, une pipe dont il souffle la fumée sous les vêtements de la femme. CetLe fumigation locale a pour but d’amollir les parties. Quant à l’utilité de la courge, elle rappelle le bruit que les habitants de nombreuses tribus se plaisent à faire dans la hutte de l’accouchée. Les Umpguas de l’Orégon, par exemple, font un vacarme épouvantable pendant toute la durée du travail, c’est un concert abominable de cris
sauvages, accompagné d’ustensiles en étain qu’ils frappent à tour de bras avec des bâtons.
La position à genoux que prit Léto (fig. 10) pour donner le jour à Apollon et à Artémis « sur la verte prairie, les bras jetés autour d’un palmier » est aussi l’attitude préférée des Peaux Rouges: ainsi les Gros-Ventres disposent sur le sol, à proximité du lit, plusieurs morceaux de peaux entre lesquels ils interposent une couche épaisse de boue ; la femme s’agenouille sur ce tapis d’un nouveau genre, et accou-
che la tête appuyée sur le bord de son lit; quand le travail est trop difficile, elle s’entoure le ventre d’une large ceinture sur laquelle les assistants tirent avec force au moment de chaque douleur. Les Ottawas et les Chippeways, d’après le Dr Allen, s’agenouillent aussi et se cramponnent à un bâton tenu par deux aides sur des pierres (fig. 312).
Aux environs de Saint-Louis de Potosi (fig. 313) et dans le nord du Mexique, la femme s’agenouille sur une peau de mouton (S)', recouverte d’une couverture (C) et se cramponne, pendant les douleurs, à une corde (L) amarrée au plafond ou à une poutre (W) ; elle est assistée de
deux aides : une partera , qui dilate la vulve et frictionne l’abdomen, et une tendera, placée en arrière, dont l’office est d’étreindre la partie supérieure du tronc et d’imprimer de violentes secousses, pour activer
Fig. 3i3. — Scène d’accouchement au Mexique, d’après Engelmann.
l’accouchement. Souvent la tendera , après avoir déshabillé la patiente, maintient autour de sa taille une corde ou un drap roulé qu’elle fait descendre à mesure que l’utérus diminue de volume (fig. 314). Après
MOEURS ET COUTUMES
la délivrance, l’accouchée s’étendra sur là couverture, la tête reposant sur un coussin (H) qui sert d’oreiller.
Les femmes des Apaches se mettent aussi à genoux pour accoucher, et, si le travail devient laborieux, on passe, sur une forte branche d’un arbre voisin, une corde nouée sous les bras de la patiente ; plusieurs femmes tirent sur l’extrémité libre, pendant que deux autres aides se suspendent de tout leur poids à la taille de la malheureuse (fig. 315). Nous avons déjà vu cette manœuvre brutale employée chez les Siamois (fig. 83, 275).
Fig. 314. — Constriction du ventre avec un bandage au Mexique.
Les Comanches accouchent de même à genoux, mais dans un enclos spécial (fig. 316). D’après le major Forwood, qui a assisté à une scène d’accouchement chez ces indigènes, on construit une haie circulaire avec des branches d’arbres fichées dans le sol, et on ménage une entrée en face de laquelle on plante des piquets espacés de plusieurs mètres. Le sol de l’enclos est recouvert de gazon et de plantes aromatiques; on y creuse deux trous rectangulaires peu profonds, et à l’une des extrémités de chacun d’eux on plante un piquet analogue à ceux qui existent au dehors. L’un des trous contient une pierre chauffée et
l’autre est rempli de terreau destiné à absorber le sang et les liquides de la couche. A chaque douleur, la patiente s’agenouille vers le piquet extérieur qui est à sa portée, le saisit fortement et est soutenue par un aide qui lui imprime des secousses latérales violentes (fig. 317); de temps en temps la femme entre dans l'enclos et se place sur l’un ou l’autre trou, toujours en empoignantle piquet voisin au moment des
douleurs; elle accouche sur le trou rempli de terre remuée. Aussitôt la délivrance faite, elle boucle autour de son corps une ceinture de cuir et va rejoindre ses compagnes au camp voisin.
Les Indiennes de l’agence de l’Unitah Valley remplacent la pierre chauffée par un chaudron rempli d’eau chaude dont elles font de fréquentes libations pendant le travail. Après être accouchées à genoux, elles se délivrent, comme les femmes de l’Ounyoro, par expression, en s’appuyant le ventre sur un gros bâton qui leur a servi d’appui pendant le travail (fig. 318).
MOEURS ET COUTUMES
prennent une posture analogue à celle des Mahométans pour faire leur
Fig. 31G. — Enclos improvisé par les Comanehcs pour faire accoucher leurs femmes.
prière: elles se mettent à genoux, les mains appuyées sur le sol. De même les femmes des Kootenais (fig. 319) s’agenouillent, la tête reposant sur le sol, les mains cramponnées à un piquet fiché en terre, tandis qu’un aide leur presse fortement le ventre à chaque douleur. La Feuégienne accouche aussi à quatre pattes ou bien, d’après Verrier, elle se renverse sur une autre femme qui l’enlace de ses deux bras et exerce de fortes pressions de haut en bas pour favoriser l’expulsion de l’enfant. Cette manœuvre s’appelle chadoulelta.
Fia. 317. — Femme Comanche en travail.
A Monterey (1), en Californie, la patiente s’assied sur une chaise, se pend par les mains à une corde fixée au plafond et deux personnes tirent à chaque douleur sur les extrémités d'une large ceinture qui entoure la taille (fig. 320). Les tractions doivent persister entre les douleurs, pour empêcher le fœtus de remonter. D’autres fois un homme vigoureux se place derrière la femme, et exerce de fortes tractions sur l’abdomen.
La position assise s’observe, concurremment avec les autres attitudes, dans certaines tribus des Apaches, des Comanches, des Sioux, etc.
(1) Dr King. Amer. Journ. of. mcd., 1853, avril.
MOEURS ET COUTUMES
Fig. 319. — Position des femmes des Kootenais, d’après Engelmann.
Les Indiennes de l’Orénoque s’asseyent sur leur hamac roulé et sont soutenues en arrière par un aide (fig. 321).
Au temps des Incas, les indigènes du Pérou étaient délivrées assises sur les genoux d’un aide; nous en trouvons la preuve dans une
vieille poterie tirée d’un tombeau Quinchna par le Dr Coates/de Chester (fig. 322).
Bien que la position horizontale soit la plus, commode pour accoucher, elle est cependant peu commune chez les peuples primitifs ; cela lient, pensons-nous, à ce qu’ils ne sont pas riches en couvertures de rechange, et, pour ne pas salir leur lit, les femmes préfèrent accoucher sur le sol dans différentes postures ; ce qui se passe chez les Kiowas, vient à l’appui de notre dire : ainsi leurs femmes accouchent à genoux en se cramponnant à un piquet de leur tepee ou tente, et
MOEURS ET COUTUMES
elles ont, cependant, à côté d’elles, un lit à la tête duquel le mari, désireux d’avoir un héritier mâle, a pendu son fusil et sa selle munie de ses étriers.
Le décubitus dorsal ne s’observe guère que chez les Penimonees (fig. 323), où le massage abdominal joue un rôle important pour faciliter l’accouchement et surtout la délivrance.
Les Indiennes Kootewais préfèrent le décubitus latéral des Anglaises ; les Creeks se couchent sur le ventre (fig. 324), et, à l’exemple des Wanikas, portent une ceinture que l’on serre jusqu’à l’ex-
pulsion de l’enfant; les Roucouyennes, d’après le docteur Grevaux, accouchent étendues dans un hamac, au-dessous duquel on place un gros caillou rougi au feu et que l’on arrose avec de l’eau; enfin, les Indiens de l’Ouest, quand la couche est laborieuse, étendent la femme dans une couverture (fig. 323) dont les coins sont tenus par quatre hommes vigoureux ; on secoue ainsi rudement la patiente, avec l’idée d’activer le travail ou de modifier la mauvaise position de l’enfant. Une coutume plus barbare encore est en usage aux Bermudes : la femme, en travail, court absolument nue autour de la chambre, pendant que les assistants la fustigent avec des baguettes; elle
ne s’arrête que quand, épuisée de fatigue, elle tombe sur le sol ; alors la sage-femme lui pétrit leventre avec les mains et les pieds, et s’assied dessus pour faire sortir l’enfant de vive force.
Fig. 322. — Poterie péruvienne représentant une scène d’accouchement, d’après Engelmann.
Océanie. — Les sages-femmes des Philippines, en cas de travail laborieux, placent des pierres ou des briques chaudes sur le ventre de la patiente et pressent de toutes leurs forces au moment des douleurs (fig. 326). A défaut de matrone dans le voisinage, cette besogne est confiée à un homme auquel on donne le nom de teneador. Celuici se place du côté de la tête de la femme, couchée sur une natte étendue sur le séji ou sol en bambou, et exerce de vigoureuses près-
MOEURS ET COUTUMES
sions, à la manière des Penimonees (fîg\ 323), de haut en bas. Cette pratique est détestable; le Malais, avec sa brique, est assurément plein de bonnes intentions : c’était aussi le cas de l’ours avec son pavé.
Il existe également aux Philippines (1) les Montescas et les Négritas, dont les femmes en travail remplacent l’assktance du teneaclor par un tronc de bambou sur lequel elles compriment fortement leur
Fig. 324. — Posture des femmes Creeks.
abdomen, à la façon des Indiennes de l’Unitah Valley (fîg. 318) et de l’Ounyoro (fîg. 288).
A Java, suivant le voyageur Hasskarl, les toucoun , ou sages-
(1) Mallat. Les Philippines, 1826.
femmes indigènes, cherchent à triompher des accouchements pénibles par de violents massages pratiqués sur le ventre de leurs clientes.
Fig. 325. — Une couche difficile chez les Indiens de l'Ouest.
Les naturels de Céram, l’une des Moluques, accouchent, comme certaines Brésiliennes, debout le long d’un arbre, les bras attachés
Fig. 326. — Un accouchement en Malaisie.
au-dessus de la tête (fîg. 306). L’accouchement terminé, la mère va prendre un bain avec son enfant dans un cours d’eau du voisinage;
MOEURS ET COUTUMES
c’est d’ailleurs une coutume ordinaire chez les sauvages. Dans cette même île de Céram, si le travail est laborieux, la patiente s’étend sur le ventre et une femme piétine le dos de la malheureuse, comme au Loango (fig. 298); ce procédé vaut la brique des Malais.
Toutes les autres postures s’observent en Océanie : les Australiennes de race Papoue et celles des îles Sandwich accouchent dans la position assise; les Canaques de la Nouvelle-Calédonie se mettent à quatre pattes et sont soumises à un massage énergique et prolongé. Dans la plupart des îles de la Micronésie et de la Polynésie, les fem-
Fig. 327. — Un accouchement à Taïti.
mes s’accroupissent, comme pour la défécation, au-dessus d’un petit trou destiné à recevoir l’enfant; toutefois, les Polynésiennes de la Nouvelle-Zélande accouchent de préférence à genoux, les mains appuyées sur un arbre ou un bâton fiché en terre. Dans l’Archipel de Taïti, les indigènes prennent une position analogue à celle que nous avons observée aux îles Andaman (fig. 327) : elles sont assises sur une natte, le dos appuyé contre la poitrine du mari qui entoure de ses bras la partie supérieure de l’abdomen et exerce sur cette région de violentes pressions au moment de chaque douleur. Cette posture est habituelle dans l’île de Wallis, au nord-ouest du groupe des Navigateurs.
Conclusion. — De tout ce qui précède, est-il possible de déduire quelle est la position naturelle de la femme en travail? Nous n’irons pas assurément la chercher dans certaines attitudes dont l’extrava-
gance rappelle les fantaisies d’un clown américain ; ce ne sont que des exceptions. Les femmes des peuples primitifs accouchent le plus fréquemment soit à genoux,- soit accroupies; cette posture, chez la plupart, semble instinctive. Faudrait-il donc la croire normale? Oui, s’il en était de même dans les races civilisées. Mais une expérience de Nœgeléva contre cette conclusion. Plusieurs fois, une femme en travail a été abandonnée à elle-même dans une chambre où se trouvaient, à sa disposition, un lit, une chaise ordinaire, un fauteuil obstétrical et un canapé; pendant la première période, la patiente se promenait de long en large, s’arrêtant à chaque douleur et se cramponnant, le corps courbé en avant, au premier meuble qui lui tombait sous la main; puis, après avoir essayé inutilement des différents sièges, elle finissait toujours par se mettre au lit pour accoucher. La position perpendiculaire au début et la position horizontale à la fin du travail sont d’ailleurs avantageuses ; elles placent les plans et les axes du bassin dans la direction la plus favorable, d’abord à l’engagement de la tête, ensuite à son expulsion.
L’instinct est donc ici en rapport avec les lois physiologiques. Le fait est tellement vrai que les femmes sauvages, tout comme celles de Nœgelé, prennent la position verticale pendant la première période. Supposez dans leur hutte, un lit avec un matelas et des draps de rechange; il n’est pas douteux qu’elles n’aiment mieux s’y étendre que de rester à genoux ou accroupies. Au reste, il est juste de noter que ces attitudes offrent des avantages pour la période d’expulsion. Nous en dirons autant du décubitus latéral des Anglaises; il présente une certaine analogie, quant à la direction des axes pelviens, avec la position horizontale inclinée en avant et il a le double avantage de ménager le périnée et la pruderie britannique.
En conclusion, il nous paraît devoir être admis que, pendant la première période, la position naturelle de la femme en travail est la position verticale, avec marche dans l’intervalle des douleurs, le corps penché en avant au moment des contractions utérines ; et, dans la période expulsive, c’est le décubitus dorsal avec oreillers ou coussins permettant une inclinaison d’environ 45°. 1
MOEURS ET COUTUMES