‹ Histoire des accouchements chez tous les peuplesChapitre 48 sur 94 · A. — ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

A. — ANTIQUITÉ

Coutumes égyptiennes et éthiopiennes. — Nous connaissons déjà !es divinités invoquées par les Egyptiennes en mal d’enfant et l’attitude que celles-ci prenaient pour accoucher; nous dirons bientôt un mot des sages-femmes qui leur venaient en aide. Quant à l’allaitement, tout nous autorise à croire qu’il était assez prolongé et que la mère, à défaut de nourrice, avait recours au lait de vache (fig. 328).

Fig. 32S. — Enfant égyptien au pis de la vache, d’après Champollion (1).

Ajoutons que les Egyptiennes, comme tes Ethiopiennes, n’emmaillotaient pas leurs enfants, sans doute pour ne pas les faire ressembler à leurs momies. Les femmes du peuple les portaient de différentes façons (fig. 329, 330, 331, 332, 333), tantôt sur l’épaule, tantôt sur les bras, tantôt dans un pli du vêtement qu’elles relevaient à la manière des fellahines de nos jours, ou bien encore, comme les prisonnières éthiopiennes, dans une sorte de panier placé sur le dos et qui était attaché au front delà mère à l’aide d’une bande d’étoffe ou de cuir (2).

(1) L’Egypte ancienne.

(2) Au Brésil, les Botokudos (fig. 334, 335), et les laveurs d’or dans la Nouvelle- Grenade (fig. 336) ont conservé cette manière de porter les enfants en bas âge.

La figure 333 nous montre, en outre, les mamelles pointues et pen-

Fig. 329, 330, 331. — Différentes façons de porter les enfants en Egypte, d'après Champollion.

Fig. 332. — Pleureuses égyptiennes portant leurs enfanis dans un pli du vêtement (1).

Fig. 333. — Ethiopiennes portant leurs enfants dans des paniers, d'après une peinture

de Thèbes (2).

(1) Réné Ménard. Institutions des peuples de V antiquité.

(2) François Lenormand. Histoire ancienne des peuples de l'Orient.

MOEURS ET COUTUMES

dantes des éthiopiennes et la coiffure bizarre des enfants dont la tête est rasée, à l’exception de deux ou trois petites touffes de cheveux qui se dressent comme autant de plumets.

Signalons, pour terminer, l’habitude qu’avaient les Egyptiens de

Fig. 334. — Botokudos et son enfant.

représenter une femme accouchée d’une fille par la figure d’un taureau dont la tête était inclinée sur l’épaule gauche, parce qu’ils croyaient que si cet animal, après l’accouplement, descendait du côté gauche, il donnait à la vache une génisse, et un veau, s’il descendait de l’autre côté.

Coutumes hébraïques. — Nous savons peu de chose sur les mœurs obstétricales chez les Hébreux. Nous avons déjà parlé de la purification, de leur croyance à LiliLh et de l'influence qu’ils attribuaient aux bois de vie. Nous avons vu aussi qu’il était difficile de déterminer, d’après les livres sacrés, la posture prise par les femmes d’Israël pour accoucher. Bientôt nous constaterons qu’à l’exemple des

Fig. 335.

Anciens, ils réservaient exclusivement aux sages-femmes la pratique de l’obstétrique, mais que, contrairement à ces peuples, ils n’appelaient pas les médecins, même dans les cas les plus graves.

On a dit que les contemporains de Moïse coupaient le cordon ombilical sans le lier. C’est là vraisemblablement une erreur. Quand le Pharaon recommande à Sciphra et Puha de mettre à mort les enfants mâles, il a soin d’ajouter « en leur laissant l’ombilic sans ligature » (1). Ceux qui soutiennent que la section simple était seule en usage s’appuient sur un passage d’Ezéchiel (2), voulant peindre l’ingratitude de

(1) Exode, IV, 16-22. — XVI, 4.

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