XII
face polie de leur ventre ne se ride pas . èt ne s’affaisse point sous le poids de leur faix et par le travail des' couches. » De même Ovide, s’adressant à Corinne, qui s’était fait avorter et avait mis ses jours en péril, dit à sa maîtresse (1) :
Scilicet, ut careat rugarum crimine venter ,
Sternatur pugnæ tristis arena tuæ ?
Est-ce pour que ton ventre ne t’accuse point par ses rides,
Que tu abîme^ la triste arène du combat amoureux ?
Une autre cause fréquente d’avortement était la nécessité de faire disparaître le résultat de relations illégitimes. On connaît ces vers de Juvénal sur Julia, nièce et concubine de Domitien :
Cum tôt abortivis fecundam Julia vulvam Solveret et patruo similes effunderet offas.
Tandis que de ses flancs féconds en avortements, Julia Versait d’informes lambeaux, portraits de son oncle (2).
Au temps du satirique, le mal était dans toute son horreur :
Sed jacet aurato vix nulla puerpera lecto :
Tantum artes hujus, tantum medicamina possunt,
Quæ stériles facit, a t que homines in ventre necandos Conducit !...
Mais plus d’accouchée étendue sur un lit doré.
Tant sont puissants l’art et les breuvages de celle
Qui rend stérile, et fait métier (3) de tuer l’homme au ventre de sa mère.
La cupidité poussait aussi à ce crime. Cicéron (4) raconte qu’au temps de son séjour en Asie, une Milésienne fut justement condamnée à mort pour avoir détruit son fruit, à l’instigation des parents de son mari; le même auteur charge d'invectives la mémoire d’un certain Oppianicus qui avait commis un avortement, dans l’espoir d’un héritage. « La fréquence de l’avortement », dit le Dr Galliot, « en était arrivée à un tel degré dans les familles riches, que des noms disparaissaient faute d’héritiers. Souvent, par haine de leur mari, surtout
(1) Amours. Liv. II, Eleg. XIV.
(2) Satire II. Suétone nous apprend qu’enfin Julia en mourut.