‹ Histoire des Actes des apotresChapitre 17 sur 81 · CHAPITRE Vl · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vl

Murmure des Grecs contre les Hébreux. — Election et ordûiation de sept diacres. — Etienne plein de î^râce et de force. — Les Juifs disputent contre lui. — On le saisit, et on le traîne devant le conseil.

« Les hommes sont toujours des hommes; )) et de même que dans le jardin le mieux )) cultivé il faut que la main du jardinier )) soit sans cesse occupée à tailler ou à plan- » ter , ainsi dans les sociétés les plus sainj) tes il y aura toujours des manquemens à )) suppléer ou des excès à retrancher. Ceux )^ qui n'avaient été jusqu'alors qu'un cœur et )) qu'une âme commencèrent à se diviser. La )) cause même de Funion occasioiia la que- )> relie; et la charité, fondée sur la commu- » nauVé des biens , fut altérée par l'inéga- )) lité des partages. » Comme en ce tems-là Cap. vi. ;»-. i. le nombre des disciples allait en croissant uns ,"^ "resc'ent'e « le sane que les apôtres venaient de ré- ""mero discipu-

... . Jorum.

(( pandre fertilisait déjà le champ de l'E-

)) glise ), )) il s'éleva un murmure des Grecs Factnm est

, ^ , , ,T ,1 ^ X , muimiir Grxco-

(ij contre les Hébreux (2), sur ce que leurs rumadvevsusHe-

( i) Les Juifs qui étaient nés dans le pays oîi l'on parlait la langue grecque; ce qui comprend encore ceux qui, nés dans la Judée , mais de parens grecs , parlaient aussi la langue qu'ils avaient apprise de leurs parens.

(2) Les Juifs nés dans la Judcc^ qui parlaient la langue

mSTOlRE DES ACTES

brœos, eo quod vcuves étaient méprisées (i) dans les distri-

despicerentiir in ministerio quotidiano vidu^e eo-

butions (2) qui se faisaient chaque jour.

« Il était raisonnable que, tant pour les » approvisionnemens que pour les distribuy> tiens, on employât les Hébreux plutôt que » les Grecs ; il est toujours à présumer que » les gens du pays y sont plus propres que » les étrangers. Mais il était naturel que » les gens du pays eussent moins d'atten- )) tion pour les étrangers que pour leurs corai) patriotes, parmi lesquels il se trouvait beau- » coup de leurs connaissances, de leurs amis )) et de leurs parens. Cela se fait si naturelle- » ment qu'à peine s'aperçoit-on qu'on le fait , (c surtout lorsque, les bouches étant beaucoup » multipliées ( comme il venait d'arriver par

du pays. Ce n'était plus proprement la langue hébraïque , c'était un jargon mêlé d hébreu et de chaldaïque, qu'avait produit le séjour de leurs pères à Babylone.

(i) méprisées. C'est ce que signifient littéralement le mot latin et le mot grec. Ici il veut diie négligées, non assistées, comme,, au contraire, le terme à'honorer est employé plusieurs fois, dans le Nouveau-Testament ^ pour signifier assister ^ subvenir aux besoins. Matth. , s.v. 6, I. Tim. , V. 3 et 7.

(2) Quelques interprètes croient que le sujet du mécontentement était le peu de considération que l'on avait marqué pour les femmes grecques , en ne les employant point dans les disti ibutions. Cette explication est peu vraisemblable. Il paraît que ce qui en a fait naître l'idée , c'est le sens dans lequel on entend ordinairement le mot de mépriser; on vient de voir qu'il peut en avoir uh autre.

M les nouvelles conversions ), il est plus diffi.- ;) cile d'y garder un certain ordre; mais aussi, » parceque la chose est si naturelle, il peut )> bien arriver que l'on s'imagine qu'elle se » fait, quoiqu'elle ne se fasse pas ou du moins » que l'imagination la grossisse outre mesure. )) Les apôtres purent bien en juger ainsi , puis- » que nous ne lisons pas qu'à ce sujet ils aient » fait de reproche à personne. »

(c Cependant c'était à eux à faire cesser » les plaintes et à rétablir la paix. » C'est poiu-quoi les douze ayant convoqué l'assemblée de tous les disciples, ils leur dirent : Il n'est pas convenable que nous quittions le ministère de la parole de Dieu (i") pour le service des tables (2). Jetez donc les yeux, nos frères, sur sept hommes d'entre vous qui soient irréprochables (3) pleins du Saint-Esprit et de sagesse , que nous chargions de cette administration. Pour nous , nous vaquerons assidûment à la prière, et au ministère de la parole.

(i) L'administration des biens ecclésiastiques appartient aux évêques, ainsi que le ministère de la parole. Ceci n'est dit que pour leur apprendre ce qu'ils doivent faire par autrui , et ce qu'ils doivent faire par eux-mêmes.

(2) On entend par le service des tables tous les secours qu'il fallait distribuer tant pour le vivre que pour le vê^ temeut , etc.

(3) II semble cpie si toute cette affaire n'eût été qu'uixe j,alousie de femmes , on y aurait remédié £n joigP/^nt quelques femmes grecques aux femmes du pays. Un choix si rechercbé suppose un objet beaucoup plus ioiport.ant.

2. Convocantes atitem duodeciin multitudinem discipulornm , dixenint :

Non est seqiium nosderelinquere verbum Dei , et ministrare mensis. 3 Cfinsidcrate ergo fratres, viros ex vobis boni tesliraonii septem plenos Spiritu sancto , et sapientia , quos conslituamus super hoc opus. 4 ^os vero orationi, et ministerio verbiin.

stantes erimus.

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