CHAPITRE VIII
Persécution des fidèles. — Conversion des Samaritaine. — Simon le magicien. — L'eunuque baptisé.
ne Cl ejus.
*, C. yiff- 5^. Sa^ii avait consenli à la mort d'Etienne.
iiyiilus autem e-
rat consentiens cc On petit dire même qu'en gardant les habits
» des meurtriers, il s'en était rendu complice.
» Cet homme , qui doit occuper une si grande
Ji place dans cette histoire , nous apprend
» lui-même qu'il était Israélite (i), de la
» tribu de Benjamin ; pharisien, en ce qui
y> regarde la loi; au regard du zèle, per-
3) sécutant l'Église de Dieu; par rapport à
» la j ustice légale , vivant sans reproche , sur-
» passant la plupart de ceux de son iige et
» de sa nation par les progrès qu'il faisait
f) dans le judaïsme , et par un attachement
)) démesuré pour les traditions de ses pères.
)) Dans ce portrait , tracé de sa main , on
y) aperçoit le germe de ses vertus et la source
» de ses emportemens. Une si grande droiture
(i) Pliil. m, 5. Ex génère Israël, de tribu Benjamin; secundum legem , pharisasus; secundum a3mulationem, persequens Ecclesiara Dei ; secundum justitiam qiiœ in lege est, conversatus sine qucrela. Gai. i , i4' Proficiebam in judaismo supi'a multos coœtaneos meos in génère meo , abundantius œmulator existens paternarum mearimi traditionum.
» jointe à un naturel si ardent, devait s'il
)) était dans l'erreur, en foire un furieux per-
» sécuteur de la vérité ; et supposé qu'il con-
» nût la vérité, elle devait, autant que le
:» caractère peut y influer , en faire un apô-
» tre. Il fut l'un et l'autre au souverain de-
)) gré : l'occasion était belle alors pour le
» persécuteur. Le zèle judaïque, enhardi par
)) le succès, ne garda plus de mesures, et
3» la soif du sang redoubla à la vue de celui
, • 1 ' 1 XT 1 C TIII. V. i.Fact»
» OU on venait de répandre. » Une grande estautem in iiiadie persécution s'éleva aussitôt contre l'E»lise qui £"iesia , qu^e e.at
■1 o J Jerosolymis, et om-
ëtait à Jérusalem. Tous ses ministres ^ hors rë^^^ioùTjuderei'sr.
les apôtres (i), furent dispersés dans la Ju- ^--^ . p>^«'" "p^^-
dée et la Samarie. Saul , « le plus emporté ^ Saulus au-
y) de tous, )) ravageait 1 Eglise , allant de mai- Erdesiam , per
son en maison, et trainant par force hommes etTrahènrvi'ros
et femmes, il les mettait en prison; « d'oii, acmuiieres, tra-
, . A 1 ' •! , ^ . . (leliat in custo-
)) comme lui-même le raconte , il ne les faisait diam. » sortir qu'après les avoir contraints de blas-
(i) La nouvelle Eglise avait besoin de la présence de SCS fondateurs. Ainsi, quoique Jésus-Christ leur eût dit de fuir d'une ville dans une autre lorsqu'ils seraient persécutés^ ils demeurèrent néanmoins, parceque c'était ici le cas où les pasteurs doivent exposer leur vie pour leurs brebis.
S'ils eussent fui dans cette occasion , on aurait pu dire qu'ils avaient abandonné l'Flgliss , qui était encore renfermée tout entière dans Jérusalem. Ils y restèrent encore plusieurs années , pendant lesquelles Jérusalem , qui avait été le berceau de la religion ^ en fut le centre , et comme b métropole.
4- Igitur qui dispersi erant pprtransibant , evangelizantes yerbum Dei.
5. Philippns alitera deàceiideiis iii civitatem Samaria: , pradicabat illis
» pliëmer , ou pour les conduire au dernier » supplice. »
« La malice des hommes servit à l'œuvre )) de Dieu. » Ceux qui étaient dispersés passaient d'un lieu à un autre , annonçant la parole de Dieu, k Parmi ces nouveaux pré- )j dicateurs on remarque celui qui , par la )) mort d'Elienne était devenu comme le chef i) de l'ordre lévitique. Philippe parut le rem- » placer , non-seulement par le zèle évan- )) gélique, mais encore par les dons extraor- » dinaires que Dieu communiqua au second » des diacres aussitôt après la mort du pre- ') mier. )> Philippe donc étant venu dans la ville de Samarie (i), il leur prêchait Jésus-
(i) Samarie était en même tems le nom dun pays et d'une ville. Ainsi on pourrait traduire dans une ville de Samarie, comme quelques-uns l'on fait j mais la plupart traduisent dans la ville de Samarie, qui était la capitale dii pays. Elle avait été bâtie par Aimi , roi d'Israël , détruite par Hircan , ensuite rebâtie magnifiquement par le grand Hérode^ qui, pour faire sa cour à l'empereur Auguste, lui donna le nom de Sébaste, mot grec qui signifie Auguste.
Lorsque Jésus-Christ envoya les apôtres faire leur première mission, il leur défendit d'entrer dans les villes des Samaritains. Matt. x. 5. Il avait fait lui-même une exception à sa défense, lorsqu'à la prière des habitans de Sichar, il s'arrêta deux jours dans leur ville. Jean, IV. La défense fut levée quand, après sa résurrection, il déclara aux apôtres qu'ils lui seiTiraient de témoins dans Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie , €t jusqu'aux extrémités de la terre. On ne fit donc pas.
DES ArOTr.ES. CHAPITRE VIII. 87
Christ. Or le peuple était attentif à ce qu'il disait ; et tous sans exception l'écoutaient , voyant les miracles qu'il faisait ; car les esprits immondes sortaient avec de grands cris du corps de plusieurs possédés , et beaucoup de paralytiques et de boiteux furent guéris , de sorte que toute la ville fut dans une grande joie.
Or il y avait un certain homme appelé Simon , qui avait exercé auparavant la magie dans la ville, et avait séduit les Samaritains, se faisant passer pour quelque grand personnage. Tous l'écoutaient , depuis le plus petit jusqu'au plus grand. C'est là , disaient-ils , la vertu de Dieu qu'on nomme la grande. Ils l'écoutaient donc , parceque depuis long-teras il les avait infatués par ses opérations magiques. Mais quand ils eurent cru aux paroles de Philippe, qui annonçait le royaume de Dieu, ils furent baptisés hommes et femmes au nom de Jésus-Christ. Alors Simon crut aussi lui même (i), et, ayant été bap-
Christum. 6. Intendehant aiiteni lui b»
his qua; a Philippo dicpbaulur , uuaiiimiter audieutts , et vidontes signa quie facicbat. 7. Wiilti cnim eorura, qui liahebaiit spiiitus immundos , clamantei voie magna exibaiit.
8. Muiti autem paralytici et claudi ciirali sunt. g. Faclura est eigo gaudium magnum in illa civitate. Vir autem quidam , noraine Simon , qui ante fucrat in civitate magus , seducens gentera Samariœ , dicens se esse aliquem magnum ; 10. Cui auscultabant oranes »
minimo usque ad maximum, diccntes :
Hic est virtus Dei qUiC vocatur magna.
II. Altendcbant autem eum , proptcr quod multo tempore niagiis suis dementasset eos. 12.
Cum vero cvedidissent Philippe evangelizanti de regno Dei , in noniine Jesu Christi baptizabanturviri ac mulieres.
i3. Tune Simon et ipse credidit : et cum baptizntus esset adharebat Philippo ; videus etiara siïua et virtutes ma\imas ficri , slupeus admirabalur.
difficulté d'annoncer l'Evangile aux Samaritains. Ce qui est dit des extrémités de la terre , n'exprimait pas encore avec la deinière précision la vocation des gentils. On pouvait entendre par là les Juifs dispersés dans toutes \es parties du monde j et il ne paraît pas qu'on 1 ait entendu autrement, jusqu'à l'admirable vision qu'eut saint Pierre au sujet du centenier Corneille.
(i) La plupart des anciens Pères, en considérant la promptitude avec laquelle Simon revint à son premier péché, disent qu'il fit semblant de croire j mais comme
i4. Cum autem au-
disseiit apoiloli, qui erant Jerosolymis , quod recepisset Samaiia verbum Of i , Diisi'iuat ad eos Peti uni el Joaunem. 1 5.
Qui cum veuisseut, oraveruiit pro ipsis ut accipereut Spiritum sauclum : ili.
^'oudum eiiim ia qULiuiiuara illoium \'euL'ial , sed liaptizati tantum eranl iu comine Dumini Jesu.
17.TUUC impouebant manus super illos, et uccipiebant Spil'itum sanctum. 18.
Cum vidisset autem •»tittuu , ij^uia pei' im>
tisé, il s'altacha à Philippe; et comme il voyait les prodiges et les grands miracles qui se faisaient, il en était dans le plus grand étonuenement.
Quand les apôtres , qui étaient à Jérusalem, eurent appris que ceux de Samarie avaient reçu la parole de Dieu , ils leur envoyèrent Pierre et Jean (i), qui étant venus, prièrent pour eux, afin qu'ils reçussent le Saint- Esprit. Car il n'était point encore descendu sur aucun d'eux (2) : mais ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors ils leur imposèrent les mains (3) , et ils reçurent le Saint-Esprit.
le texte dit simplement qu'il cinit , il semble que l'on peut s'en tenir là. Les miracles que faisait Philippe purent bien le convaincre de la vérité de la doctrine qu'il annonçait ; mais le désir de faire de pareils miracles fut l'unique motif qui la lui fit embrasser , ce qui était méconnaître cette doctrine dans sa fin, qui est la sanctification et le salut de ceux qui l'embrassent. C'est ainsi qu'on a pu dire qu'il crut et qu'il ne crut pas.
(1) Cet envoi ne fut point, de la part des apôtres, un acte d'autorité , mais le résultat d'une délibération commune. Ainsi ils envoyèrent signifie qu'on jugea à propos que Pierre et ,lean y allassent.
Ne fut-ce point parcequ'il s'agissait d'agréger à l'Église un nouveau peuple , que saint Pierre , le chef de l'Eglise , alla en Samarie.
(2) Ils avaient reçu dans le baptême l'Esprit sanctificateur j mais ils n'avaient pas encore reçu 1 Esprit de force , avec les autres dons qui étaient l'effet propre de la confirmation.
(3) Dans cette imposition des mains, l'antiquité a
Simon voyant que les apôtres donnaient P°sio\°"^,^"'X""tur
le Saiht- Esprit par l'imposition des mains, tuiu'iTs'pèiiam;
il leur offrit de l'argent (i). Donnez-moi aussi mibi''î'à".V'p'^utu-
ce pouvoir , clit-ii , que tout homme a qui imposuero mimus .
l'imposerai les mains reçoive le aaint-rLsprit. sanctum.Petius au-
' r •> A tcm dixit ad eura ;
Mais Pierre lui repartit : Que votre art^ent =° Pecmia tua te-
I »- o cum 3it in perditio-
périsse avec vous , pour avoir cru que le don IZ oeTextila" u
pecuui» possi.deriv
toujours reconnu le sacrement de la confirmation. Il n'est point parlé du saint chrême, sur quoi les théologiens se partagent. Les uns disent que les apôtres eu usèrent , quoiqu'il n'en soit pas fait ici mention ; d'autres pensent que , par un privilège spécial , ils conférèrent le sacrement par la seule imposition des mains. Quoi qu'il en soit , l'onction avec le saint chrême a toujours été regardée depuis comme nécessaire , de nécesaité de sacreinent.
Le baptême fait le chrétien j la confirmation l'achève, pour ainsi dire, et le perfectionne. L'empressement des apôtres à l'administrer aux nouveaux baptisés suffirait seul pour faire juger de son importance. Néghger de recevoir ce sacrement quand on le peut , c'est un péché. Quel est donc le péché de ceux qui , chargés de l'administrer , laissent des peuples entiers privés d'un si grand don ?
(i) Tout le monde sait que c'est de cette offre sacrilège que le trafic des choses sacrées a pris le nom de simonie. Simon fut aussi le premier des hérésiarques; et la plupart des hérésies des trois premiers siècles avaient été puisées dans son fonds. C'était toujours un mélange de christianisme et de platonisme, auquel chaque hérésiarque ajoutait ses idées particulières. Il est permis de révoquer en doute la dispute de Simon le magicien avec saint Pierre j son vol dans les au's , et sa chute obtenue par les prières du saint apôtre. S'il y a de grandes autorités pour, il y a aussi de fortes présomption* contre.
21. Non est ubi pnrs ^ç. £)Jeu s'achetait à prix d'argent (i), vous
Dcquc sors in ser- i O \ / '
un.m uo°é.*iTecuira n'avcz 31101106 part à une œuvre comme celleîi"'eiuilm"itaqu/a'?ê cî, Car votrc CŒur n'est pas droit devant Dieu. et'rog'a"Deim.,'"irM-l Faîtcs dottC pénitencc de cette méchanceté ,
le remiltatur tibi . , ,
b^Ec cogiiaiio coidis et priez Dieu que cette pensée de votre cœur
fui. 23. In telle etiim ■■■ 1 A
hîi'"uo.fe"ini uital "^^^^ ^olt pardonuéc , ce que peut-être (2) re'spondens\u?emst- ïl VOUS accordera ; car je vois que vous êtes mi^ni Vorpro m'e^ad daus le fiel dc l'amertume (3), et dans les
Domiiuim , ut nihil .. . ... . . , . ^^ , ^
veniat super roe bo- liGHS dc 1 uiiquite. Simoii , (f etirave sans être
luin fjUiE dixistis. ■'• . .
)) converti , )) répondit : Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi (4) , alin que rien de ce que vous avez dit ne m'arrive.