CHAPITRE IX
Conversion de Saul.
c< L'eunuque avait été conduit par degrés
» des ombres du judaïsme au plein jour de
y> la foi. Sa fidélité à la première grâce, qui
» en avait fait un pieux prosélyte , lui attira
» la seconde grâce, qui fit de lui un par-
» fait chrétien. On l'a déjà dit, c'est la con-
)) duite ordinaire^xie Dieu , dont les ouvrages
)> dans l'ordre surnaturel, ainsi que dans l'or-
» dre naturel, ont presque toujours leur com-
» menceraent, leur progrès et leur perfection.
)) Mais Dieu, auteur de cet ordre, n'y est
)) pas asservi. Il y déroge quand il lui plaît;
» et par des coups d'éclat il signale sa toute-
)) puissante miséricorde , en terrassant les vo-
)) lontés les plus rebelles, et en s'assujettis-
» sant des cœurs qui n'apportent point d'autre
» disposition à la grâce qu'une opposition
» insurmontable à toute autre qu'à elle-même.
)) Telle fut la conversion suivante, qui arracha
» au judaïsme son plus ardent défenseur, qui
» fit en un moment d'un persécuteur un apô-
^) tre , et qui , par la conquête d'un seul hora-
)> me, prépara la conquête du monde entier. »
Cap. IX ^. I g^yj /j\ ■ j^g respirait encore que me-
baulus autem ad v / 7 ^ r :i
(i) Le même nom que le roi Saijl, quoique nous le
naces et que massacre contre le disciples hnc spirans mi-
, ^ . ,, 1 j «i HHriini , et cxdis
du Seigneur, alla trouver le grand-pretre i„ ,iiscip,iiosDo-
et lui demanda des lettres pour Damas (i), «u"". accessit ad
^ \ /' principem sacer
adressées aux synagogues, afin que s'il y trou- dotum , 2 et pe-
• 1 j .. c ' 'l liitabeo episto-
vait quelques gens de cette profession, soit j^^jj^ namascum
hommes, soit femmes, il les amenât prisonniers "'• synagogas: ut
^ . , . . , si qiios iiivenisset
à Jérusalem. Comme il était en chemin, il h.ijus vice viros arriva qu'approchant de Damas il fut tout- vL et os pe'iïu ceà-coup environné d'une clarté qui venait du rcti» Jérusalem.
. ^ ... . 3. Et eiim iteriii-
Ciel : et tombant par terre, il ouït une voix cent, continu
qui lui dit : Saul , Saul , pourquoi me persécu- ^'J^KP^^'j;':;
tez-vous (2)1 Seieneur, répondit-il, qui êtes- s.ibitocircumfui-
prononcions différemment- mais les Hébreux le prononçaient de la même manière, c'est-à-dire qu'ils en faisaient pareillement deux syllabes. Nous l'aj^prenoiis par le discours du Sauveur , qui , parlant en hébreu , dit deux fois, Saoul, Saoul, selon le texte grec, qui est ici le texte original. Il s'ensuit que nous le prononçons mal. L'erreur n'est pas considérable, mais on a cru que rien de ce qui concerne un si grand homme n'était indigne d'être remarqué.
(1) Autrefois capitile de la Syrie. Ce texte nous apprend que les Juifs y étaient en grand nombre^ puisqu'ils y avaient plusieurs synagogues. Ceux de Jérusalem ne pouvaient avoir aucune autorité dans cette ville, qui obéissait à un prince -étranger. Il paraît cependant que les ordonnances des chefs de la religion y étaient exécutées , soit que les souverains du pays leuv en eussent accordé le privilège, soit qu'ils en achetassent le droit à prix d'argent, comme on voit en certains endroits, qu'en payant bien ils obtiennent des permissions que les lois ne leur accordent pas.
ip) Ceux qui, de quelque manière que ce soit, per^
creio. 4. Et ca- VOUS ? Le Seigneur lui dit : Je suis Jésus
dcns in teiram ' . ti . i i
audivitvocemdi- ^^^^ VOUS perseculcz. il VOUS cst Qur de regim-
centem sibi : jjgj. contre ralouillou (i). Alors tremblant
oaule, Saule, , ^ , ^ '
quid me perse- et tout épouvauté , Seigneur, dit-il, que vou-
qiieris?Oui dix- 1 • r / \ •* t i^
n : Quis es Do- Iêz-vous quc je lasse (2) r Levez-vous, lui
niiru ? Et iiie : rëpondit le Seigneur, et entrez dans la ville:
Ji!<o sitiu Jesris . .
queia tu perse- OU VOUS dira là cc qu'il faut que vous fassiez (3).
séculent les gens de Ijien, peuvent apprendre ici quel est celui à qui ils s'attaquent.
(i) C'est une métaphore prise des bœufs que l'on pique , lesquels , s'ils regimbent , ne font qu'irriter le conducteur , et multiplier leurs blessures. Ce mot du Sauveur exprime dans Saul quelque résistance, ou actuelle ^ ou précédente. Il n'est pas impossible que lors même qu'il persécutait les fidèles avec tant de fureur, il n'entrevît quelques rayons de lumière qui lui occasionaient au moins des doutes. Mais apiès s'être déclaré si hautement , il ne a oulait pas reculer. Un premier engagement mène souvent plus loin qu'on ne veut : on est emporté, on ne peut plus s'arrêter.
(2) La conversion de Saul est renfermée tout eutièrfi dans cette courte parole. Si vous la dites comme lui du fond du cœur, ô péuitens, espérez tout.
(3) Cependant saint Paul déclare dans ses épîtres qu'il n'a pas eu d'autres maîtres que Jésus -Christ. Il faut distinguer : il apprit par la révélation de Jésus-Christ ce qu'il devait savoir comme apôtre, et pour enseigner les autres; mais ce qu'il devait savoir comme catéchumène, et pour sa propre sanctification, il l'apprit par le ministère d'Ananie. Voilà pourquoi Jésus-Christ lui dit : On vous dira là ce qu'il faut que vous fassiez. Dans ce qui concerne le salut de chacun , les hommes doivent être dirigés par les hommes. La loi est générale. Gcux-mèmes qui sont chargés de l'instruction publique
Or les hommes qui l'accompagnaient étaient dans le plus grand étonnement , entendant à la vérité une voix (i), mais ne voyant personne. Saul se releva, et ayant les yeux ouverts 5 il ne voyait point. Ils le traînèrent donc par la main , et le conduisirent à Damas. Il y avait alors à Damas uq disciple nommé Ananie, à qui le Seigneur dit dans une vision, Ananie. Et il répondit : Me voici. Seigneur. Lev.ez-vous5 ajouta le Seigneur; allez duns la rue qu'on appelle la rue Droite , et
u'eu sont pas exempts. MalLeur à celui d'eutr'eux qui croirait se suliire à lui-même ?
Je'sus-Chiist lui dit encore à quel ministère il le des-? tinait, comme on le verra au cliap. xxvi^ f 16 et suiv. , daus le récit que saint Paul fit de cette apparition, en présence du roi Agrippa.
(i) Ici il est dit qu'ils entendaient une voix ; au chapitre xxn^ saint Paul, racontant l'histoire de sa conversion , dit que ceux qui l'accompagnaient n'entendaient pas la voix de celui qui lui parlait : donc la voix de laquelle il est dit ici qu'ils l'entendaient, c'est la voix de Saul; et c'est ainsi qu'oa sauve la contradiction. Que si l'on demande d'oii pouvait donc provenir le grand étonnement oîi ils étaient, il est aisé de répondre qu'il y avait bien encore de quoi être surpris et effrayé. Cette grande lumière dont ils fur eut frappés et investis, Saul terrassé , et cet homme si audacieux mordant la poussière et palpitant de frayeur, sa voix même qui leur faisait juger, non-seulement qu'il parlait, mais qu'il conversait avec quelqu'un à qui on l'entendait adresser la parole, tout cela, dis-je, était bien suffisant pour les étonner, quoiqu'ils n'entendissent pas la voix de Jésus-Christ, qui paraît avoir voidu qu'U n'y eût que Saul qui le vît et qui rentcndît.
queris. Durnm est tibi cuntra stimulum cnlcitrare. 6. Et tremens ac stupens dixit : Domine , qnid me vis facere? ^. El Domiiius ad cucu :
Sarg£ et iiigredere civitatem , etibidicetur tibi quid te oporteat facere. Viri autera illi qui comitabantur cum eo , stabant stupefacti, audien-
tes quidem vo cherchez daiis la maison de Jude un nommé autem vi.ientes. oaul de 1 arsc , Car le voila qui est en prières. 8. Surrexit ju- ^^ ^^^ même tems San» qui devait être assuré
ten] oauliis de i
terra, ap.rtisqne )) que c'était là celui que Dicu lui euvovait, ))
ociilis niliil vitle- . . , ' i • •
bat. Ad Qiamis Vit en csprit uu houime nomme Ananie qui autem iJiumtra e^^f^ait, et Qui lui Imposait les mains, afin
Jiontes , inlro- . ^
(idxeniat Damas- qu'il rccouvrât la vuc. Ananie répondit : Sei-
ciim. o. Et erat ., . ■■ \- \ i • i •
ibi tribus diebus gneur, ] ai OUI diFC a plusieui's combicu cet non vidcns , et homme a fait de maux à vos saints dans Jérusa-
non niandnca-
vit,neq(iebibit. lem ; et même il a reçu un pouvoir des princes quidam discipu- des prêtres , d'emmener prisonniers tous ceux lus Damascj , no- g^^ invoqucnt votre nom. Allez , lui dit le Sei-
nmie Ananias : ^ » •'
et dixit ad iiium gueur , Car cet homme m'est un vase d'élec-
in \ isii Dooiiniis; ^. , i , i .•!
Anania. At iiie ^100 pour porlcr moH uom devant les gentils, ait : Ecce ego, devant les rois, et devant les enfans d'Israël;
Domine ii. Et . . . . . , .,
Dominiisadeiim; et je lui montrerai (i) combien il faut qu'il
Siir^e et vadein rï" ' r ,„
vicum, qui vo- soutire (( a SOU tour )) pour mon nom.
catur Rectiis : et Ananie s'eu alla donc dans la maison, et
quœre in domo i • • i • / \ o i
Juda: Saulumno- dit, en lui imposant les mains (2) : oaul , mon
(i) Quoique Jésus-Christ ait pu le lui montrer dans une re'vélation, ce mot Je lui montrerai ne le prouve pas ; il peut revenir à cette façon de parler usitée parmi bous; // verra combien il aura à soufirir, Jésus-Christ se glorifie ici de ce que saint Paul doit souffrir pour lui. Ce qu'il dit semble signifier : Le persécuteur sera persécuté ; et après s'être si fort acharné contre moi et les miens , j'aurai la gloire de le voir souffrir pour mon nom beaucoup plus qu'il n'a fait souffrir les autres.
(2) Cette imposition des mains n'était pas la confirmation, comme l'a rêvé Calvin; Ananie n'était ni apôtre ni évêque ; et supposé qu'il l'eût été, il aurait donné ^a confirmation à Saul après et non avant le baptême. Ce ne fut donc qu'afiu que Saul fut guéri de sont aveu-
frère , le Seigneur Jésus , qui vous a apparu dans le chemin par oîi vous veniez , m'a envoyé afin que vous recouvriez la vue, et que vous soyez rempli du Saint-Esprit (i). Au même instant il toniLa de ses yeux comme des écailles , et il recouvra la vue : puis se levant il fut baptisé. Ensuite , ayant pris de la nourriture , les forces lui revinrent ; et il demeura pendant quelques jours avec les disciples qui étaient à Damas.
glement qu'Ananie lui imposa les mains , suivant cette promesse que le Sauveur avait faite à ceux qui croiraient en lui : Ils mettront les mains sur les malades, et ceux-ci seront guéris. Marc. xvi.
(i) Il en reçut la plénitude dans le baptême. On ne doute pas qu'étant si parfaitement converti il n'eût reçu , avec la remission de ses péchés , l'Esprit saint , qui déjà résidait en lui coiuuie principe de toute sainteté. Mais dans le baptême il en reçut une mesure plus abondante, vraisemblablement telle que les apôtres la reçurent le jour de la Pentecôte ; Dieu , qui l'associait à leur apostolat , ayant -s ouhi que le Saint-Esprit lui fût donné , ainsi qu'à eux, sans aucun ministère humain. Dans une vocation si extraordinaire , les moyens extraordinaires n'ont rien qui doive surprendre.
11 lui dit encore , commue on le voit au chap. xxii : Le Dieu de nos pères vous a prédestiné pour voir le juste et pour entendre les paroles qui sortaient de sa
bouche , afin que vous lui serviez de témoin des
choses que vous avez vues et entendues. Ceci signifie clairement que Jésus-Christ lui apparut eu personne, comme saint Paul le dit lui-même , i , Cor. xv. Il fallait que tous les apôtres fussent témoins oculaires de sa résurrection , et que chacun d'eux pût dire au monde : Il est ressuscité^ et je Vai vu.
miueTarsensena:
ecce enim orat.
12. ( Et vidit viruDi Ananiacn Domine , inlroeuntem et impor nentem sibi manus ut visum recipiat) i3. Respondit autem Aiianias : Domine, audivia tuultisde viro hoc, quanta malafeceiitsanctis tuis in Jérusalem : i4- et hic
Labet polesta- Lenjapriiicipibus sacerdoluni alligandi ûtuucs, qui invocant nomen tuum. i5. Dixit auLem ad eura Domiuus : Va de (]aoniam vas eleclioms est mihi iste, ut portet i:iûmeu uieuiu ooram gentibiis , etregibiis elfiliis Israël. i6. Ego cnim ostendam iili, quanta oportujt cum pro nomiue nieo pati.
15. Et abiit Ananias, et introivit indomiitu;etimpoiiens eimaiiiis, ilix.it ; Saule fralei- , Dominus misit me Jésus, qui apparuit libi ia via qua venitbas , ut vidcas , et iruplearis Spinlu sancto. 18.
Et conicstim cecidci-uut ab oculis ejus, taiiquaiu squame , et visum recepit : et suigens baptizilus est. 19. Et cum accepisset cibum , confortatus est. Fuit autem cura discipulis , qui eraiit
Aussitôt il se mit à prêcher dans les synagogues que Je'sus était le Fils de Dieu. Or tous ceux qui l'entendaient étaient dans l'étonneraent , et ils disaient : N'est-ce pas là celui qui poursuivait à outrance dans Jérusalem ceux qui invoquaient ce nom? Il est même venu ici pour les emmener prisonniers aux princes des prêtres. Cependant Saul se fortifiait de plus en plus , et confondait les Juifs qui demeuraient à Damas , soutenant que Jésus était le Christ.
(c Ce grand éclat était l'éclatante répara- )) tion qu'il devait à la gloire de celui qu'il » avait tant persécuté ; et en répandant au )) loin l'histoire de sa conversion , il raul- » tipliait les fruits qu'un exemple si frappant )) devait naturellement produire. Après s'être )) ainsi acquitté de ce qu'il devait à Dieu )) et aux hommes , il s'absenta de Damas. )) Saint Luc ne parle point de ce voyage : )) c'est saint Paul lui-même qui nous l'ap- » prend dans son Epître aux Galates. Lors- )■) que Dieu , dit-il , m'eut fait connaître son )) Fils, afin que je le fisse reconnaître aux )) nations , je ne déférai pas à la chair et )) au sang (i), et je n'allai pas à Jérusalem
(1) A la lettre, 7e 71' acquiesçai pas. Cette façon de parler semblei-ait signifier que des couside'rations de .^^hair et de sang ne l'empêchèrent pas de répondre à la vocation divine. Mais il est évident , par ce qui précède et ce qui suit , que saint Paul veut dire qu'il ne se fit instruire par aucun homme , étant suffisamment instruit par la
DES APÔTRES. CHAPITRE IX. To3
•)) visiter ceux qui m'avaient devancé dans
» l'apostolat, mais j'allai en Arabie (i),
)) Il paraît par ce qui suit qu'il y fit un
» assez long séjour : peut-être même ce sé-
)) jour fut-il de près de trois ans. Du reste ,
)) ni lui ni qui que ce soit ne parlent de ce
)) qu'il y fit. Pourrait-on l'ignorer , s'il y
» avait annoncé i'Evangile , lui dont le zèle
)) a toujours eu tant d'éclat et de succès ?
» Les fidèles de la Judée , pays si voisin de
» l'Arabie, n'en auraient-ils rien appris? et
» si le bruit en était venu jusqu'à eux , au-
» raient-ils été à son égard dans cette grande
» défiance qu'ils témoignèrent, lorsque, trois
» ans après sa conversion , il parut pour la
« première fols à Jérusalem ? Ces considé-
)) rations ont donné lieu à une conjecture
lévélatiou de Jésus-Christ. Le mot grec que la Vulgate a rendu par acquiesce?' approche davantage du sens que nous disons ; car il signifie proprement conféiei- ; cm qui revient encore à ce que Jésus -Christ dit à saint Pierre ; « Vous êtes bienheureux , Simon fils de Jonas ; car re )) n'est point la chair et le sang qui vous l'a révélé , » mais mon Père qui est dans le ciel ; )) par où l'on voit clairement que ce dont il le félicite, c'est d'avoir appris, non par aucun enseignement humain, mais par la révélation du Père céleste, la vérité qu'il venait de confesser.
(i) Gai. I. i5. Cum autem placuit ei... 16. ut revelaret Filium suum in me, ut evangclisarem illum in gentibus continuo non acquievi carni et sanguini; 17. neque veni Jerosolymam ad antecessorcs mcos apostolos, sed abii iu Arabiam.
Damasci , per dies aliqiiot. 20.
Et conliniio in synagogis pra;dicabat Jesum , qnnniam hic est Filius Oei. 21.
Stupebant autem omnes , qui aiidiebant et dicebant : Nonne hic est qui expugnabat in Jenisalcri eos qui invocabant nomen istud : et hue ad hoc veuit , ut vinctos illos duceret ad principes sacerdotum r 22. Saulus autem mnlto magis cdnvalescebat , et confundebat Judreos, qui îiabiiabant Damasci , affirmans quoniatn hic est Christus.
» qui n'est pas toul-à-fait sans fondement :
» c'est qu'il y garda le silence , et que , par
)) une conduite assez ordinaire , Dieu voulut
» qu'il s'y disposât aux fonctions apostoliques
» par les exercices de la vie solitaire. )) Après cela, dit-il encore, je vins pour
Cap. IX. 23. » la seconde fois à Damas (i). » Bien du
cum autem im— . > • j • • • j
plerentur dies t^ms, aprcs (( sa convcrsion, reprend ici saint muiti , consiiium )) L^^c, et Ce tems cst celui qu'il passa en Ara-
fecernntin unum , . .p ^>•^ ^
Judœi, ut euQi » bie , )) Ics juiis (c qu il rccomiTiença a com-
mterOcerent. ^ battre et à Confondre , )) tinrent conseil
pour le tuer. ((Trompé par leurs calomnies,
)) ou corrompu par leur argent , celui qui
» commandait à Damas pour le roi Arétas (2)
» faisait garder la ville afin de pouvoir le
Cap. IX, 24. » prendre ; » mais Saul eut avis des era-
tœ ^sunt Sauio bûclies qu'ou lui dressait. Comme ils gardaient
insidia; eorum. jgg poitcs nuit et jour , afin de lui ôter la
Custodiebant au- ^ ,. . , , • i i
temetportasdie vic , les disciples^ Ic prenant la nuit, le desfnte'rfi'cïrenL"?! ccudirent d'uuc fenêtre par la muraille dans Accipicntes au- „jie corbeille. (( Ce fut ainsi qu'il échappa
tem eiimdiscipu- i • i i
li, nocic, per )) dcs maïus du gouvemeur et de tous ceux
Z^nJlZh. « qui avaient conjuré sa perte. >>
mittentes in » Alors , et comme on l'a déjà dit, trois
sporta. , . ., . ,
)) ans après sa conversion, il vint pour la pre- « mière fois à Jérusalem. Son dessein était )) de voir Pierre (3), chez qui il demeura
(i) Gai. I. l'j. Et iterum reversus sum Damascum.
(2) Cor. H. 32. Damasci prœpositus gentis Ârctœ régis custodiebat civitatem Damascenorum , ut me comprehenderet.
(3) Gai. I. 18. Deinde post annos très veni JeroscH
DES APÔTRES. CHAPITRE iX. Io5
» pendant quinze jours. Du reste il ne vit » aucun des autres apôtres, si ce n'est Jac- » ques, frère du Seigneur (i). Mais comme » son changement n'était pas encore bien )) connu ou bien avéré , » les disciples auxquels il lâchait de se joindre se défiaient tous de lui , ne pouvant croire qu'il fût un disciple. Ce fut Barnabe qui, l'ayant pris, le mena aux apôtres, et leur raconta comment le Seigneur lui avait apparu sur le chemin, et lui avait parlé ; avec quel courage encore il s'était déclaré à Damas pour le nom de Jésus. Il vivait donc avec eux à Jérusalem , et se déclarait hautement pour le nom du Seigneur. Il parlait aussi aux gentils (2) , et il disputait avec les «Juifs » grecs, et ceux-ci cherchaient à le faire mourir. Ce que les frères ayant découvert, ils le menèrent à Césarée, elle firent partir pour Tarse. « C'est de ce voyage » qu'il entend parler , lorsqu'il dit que ce
lyrnara yidere Pelrum et mansi apud eum diebus quindccim. 19. Alium autem apostolorum vidi iieminera ^ nisi Jacohum^ fratrem Domini.
(i) Ce fut de la part de saint Paul une visite de déférence qu'd crut devoir à celui que Jésus-Christ avait établi chef de son Eglise ; car il fait entendre bien clairement qu'il n'y alla pas pour se faire instruire, le maître de Pierre ayant été aussi le sien.
(2) Aux gentils prosélytes. On ne croyait pas encore que l'Evangile dût être annoncé indistinctement à tous les gentils. On ne s'en tint pleinement assuré qu'après l'admirable vision qu'eut saint Pierre, et par les suites miraculeuïes de cette vision , qu'on verra incessamment.