‹ Histoire des Actes des apotresChapitre 61 sur 81 · C. XXIT. V · texte numérisé non relu

C. XXIT. V

Viri fratres, ^t patres . andite qriHin af! vos Tiiinc rerl lo ra- Uonem 2. Ciim andissent autein qiija hcitiaea liiigiia loqneretnr ad illos , magjs prœstitfTtint si- Icntmm.S Etdicit : Ego sum vir Jiidaeiis . natiis in T^rso Ciliciœ , imlritus auteoi in isfa rivitate, seciis pedcs Gamaliel ernditiis jnxta veritatctn paternœ Jegis, aemulator legis, sicut et vos otnnes

fstishoclie:4'<Iui hancviam persecutus sum usqiic ad mortem , alligans et tradens in custodias viros ac mulieres, 5. sicut princeps sacerdotiiiu tnihi testimoniumreddit , et otnnes majores natu , a q'iibus et epistolas accipicns, ad fratres Damascuni pergebam »it adducerem inde vinctos in Jérusalem ut punirentur. 6 Factutn est auteni eunte me , et appropiiiquante Damasco média die , subito de cœlo circumfulsit me lux copiosa : 7. et decidens in terram , audivi vocem dicculem niihi :

Sdiiie , Saule , quid me perseqiieris? 8. Ego aiitem respondi :

Qiiis es, Domine?

Dixitque ad me :

Ego sum Jésus Jiazarenus.quem lu persequeris :

9. Et qui mecum erant , lumen #juidem videront, vocem autem non audierunt ejus qui loqui-batur mecum. 10. Etdixi :

Ouid faciam, Domine? Dominus aulem dixit ad me : Surgens va-

comme le prince des prêtres (i) m'en est témoin, ainsi que tous les anciens (2). Ayant même pris des lettres d'eux pour nos frères; j'allais à Damas dans le dessein d'en ame-* ner ces gens-là prisonniers à Jérusalem pour qu'ils fussent punis. Or il arriva , comme j'étais en chemin oX que j'approchais de Damas sur le midi (3) , qu'une grande clarté qui venait du ciel se répandit tout-à-coup autour de moi ; et , tombant par terre , j'ouïs une voix qui me disait : Saul , Saul, pourquoi me persécutez-vous ? Je répondis : qui êtes- vous y Seigneur? Je suis, me dit-il, Jésus de Nazareth, que vous persécutez. Ceux qui étaient avec moi virent bien la lumière ^ mais ils n'entendirent point la voix de celui qui me parlait (4). Et je dis : Seigneur, que ferai-

( I ) Le graud-prètre d'alors , différent de celui qui l'était actuellement ; soit que saint Paul ignoiàt que cette dignité avait passé sur une autre tète, soit qu'il présumât qu'on l'entendrait dans le sens que nous disons.

(2) Le mot grec que la Vulgate a traduit par les anciens sigaiGe littéralement le sériât sacerdotal.

(3) La circonstance de l'heure de midi , dont il n'est point parlé au chap. ix , n'est ici rien moins qu'inutile. Elle prouve que cette clarté venait en effet - du ciel , et qu'elle était miraculeuse. On peut apercevoir pendant la nuit quelques lueurs brillantes , formées par les exhalaisons de la terre, lorsqu'elles viennent à s'enflammer dans l'air , mais cette lumière éclatante dont saint Paul fut frappé en plein midi ne pouvait avoir qu'une cause surnaturelle.

(4) Il déclare ici quelle est la voix qu'ils n'enten-

je ? Levez - vous , me répondit le Seigneur , allez à Damas , et on vous dira là tout ce qu'il faut que vous fassiez. Mais comme l'éclat de cette lumière m'avait fait perdre la vue , mes compagnons me menèrent par la main jusqu'à Damas. Cependant un certain Ananie , homme vivant selon la loi , et de qui tous les Juifs du lieu rendtdent bon témoignage, me vint trouver, et m'abordant, il me dit : Saul mon frère, regardez ; et à l'instant je le regardai (iV Le Dieu de nos pères, ajouta-t-il, vous a prédestiné pour connaître sa volonté , pour voir le Juste (2) et pour entendre les paroles de Sà bouche : car vous lui servirez de témoin devant tous les hommes des choses que vous avez vues et entendues. Qu'attendez-vous , donc ? levez- vous , recevez le baptême et lavez vos péchés (3) en invoquant le nom du Seigneur.

daicnt pas. C'était la voix de celui qui lui parlait ; car ils entendaient la voix de saint Paul , puisqu'il est dit au chap. ix qu'ils entendaient une voix. \ oy. la note I de la page c)q. )

(i ) 11 le regarda , et il le vit , parcequ'à la première parole d'Ananie il avait recouvré miraculeusement la vue. Ceci , qui est dit ici en un mot , est raconté plus au long au chap. ix,

(2) Jésus- Christ , qui est appelé le Juste par excellence, parcequ'il est seul essentiellement juste, et que toute justice est dérivée de la sienne , selon ce mot de saint Paul : Jésus a été fait notre justice et notre sanctification.

(3) Lavez vos péchés par le baptême , i" quant ïi

de Damasc'.tra :

et i.M tibi dicctiir de omnibus, qii3e te oporteat faeere. ii. Et ciim non viderem prae claritate Um^inis illiiis, ad tnanum dediictus a comitibiis, veni Damascum, 12. Anaiiias aittem quidam vir secundtim legem testitnonium habens ab omnibus cohabitantibus Judaeis , i3.

veniens ad me , et astans dixit mihi : S iide , frater, respic». Kt ego eadem hors respexi in eum.

i4- At ilJe dixit:

Deus patrum nostrorum prsordiuavit te, ut cognosceres voluntatem ejua et videres Justtira , et audirpsïocem ex ore cjus : i5.

quia eris testis illiiis ad omnes homines, eorum qux- vidisti et an- •tisti. iG.Et nunc quid morarib?exurge et baptizare, et ahlue peccala tHa invocatti uomine ipsius'.

Z7- Factum est aiitem reverteiiti mihi in Jeriibaietu , et oraDli in lemplo , ficii me in stupore mentis, i8. et vid»>re illiim diceiiteni nnhi :

Festiiia , et e\i velocitcr ex Jeriis-iiiMu : quoiiiatn non récipient testimoiiium tiiiim de me. 19. Et ego lUxi : Domine , ipsi sciiint qnia ego cram concludens in carcerem et caedens per synagogas «'OS qui crcdei)ant in te : 20.

Et cuui lïuiJereiiir sanguis Stejdiani leslis tui , ego aslabam , et consenticbam , et custodiebam, vesliineiita interficientium illum. -21. Et dixit ad me : Vade , quoniani ego in iiationes longe mittaiu te.

« Tout mon désir était de faire part d'au » si grand bien à mes frères ; » mais il arriva qu'étant revenu à Jérusalem, et priant dans le temple, je fus ravi en esprit, et je vis le Seigneur qui me disait : Hâtez- vous, et sortez promptement de Jérusalem j car ils ne recevront point le témoignage que vous rendrez de moi. Seigneur, répondis-je, « mon )) témoignage ne peut pas leur être suspect; » ils savent bien eux-mêmes que j'emprisonnais ceux qui croyaient en vous, et que je les faisais flageller dans les synagogues; lors même qu'on répandait le sang d'Etienne votre martyr, j'étais présent et j'y consentais , et je gardais les habits de ceux qui le mettaient à mort. Mais le Seigneur me dit : Allez-vous en ; car je vous enverrai loin d'ici vers les gentils (i).

la coulpe , si les dispositions ne sont pas a.ssez excellentes pour opérei' la justification avant la réception du sacrement j 2° quant à la peine temporelle qui est encore due aux péchés pardonnes. C'est Veffet propre du baptême d'en effacer les restes , et de remettre cette peine. Le vœu du baptême, joint à la disposition justifiante, n'opère point cet effet, si le sacrement n'est pas réellement conféré et reçu. C'est le sentiment commun des théologiens.

( I ) Saint Paul , depuis sa conversion , a fait trois voyages à Jérusalem. Les interprètes examinent dans lequel de ces trois Aoyages il eut cette apparition. Il est assez é\adent que ce ne fut pas au troisième, qui est celui-ci ; et il nous paraît plus que probable que ce fut au premier . puisque ce fut aussitôt après ce prc-

« Ce n'était point par aversion pour son » peuple ni par prédilection pour les gen- » tils que Paul était allé prêcher l'Évangile » aux nations ; c'était en ^^ertu d'une mis- )) sion divine , et par .l'ordre exprès de son » maître. Une vérité si pro^ore à les calmer )) ne lit que les irriter davantage. « Ils l'a- ^^- -^"^'ebant

^ ^ ^^ . , autemeum usque

vaient écouté jusqu'à ce mot: mais alors ils ad hoc verbum , se mirent a crier : JLxterminez un tel nomme ^g^ ^,,3,^ dicende dessus la terre (i) : il (îst indigne de ^^^ * "ï'^''»^ *!«

^ ., . . ,.,.., terra hiijusiuo-

vivre. Comme ils criaient, qu ils jetaient leurs di : non enim manteaux et faisaient voler la poussière en v'ïre ^Is^'vocîl'air (2), le tribun commanda qu'il fût mené ferantibusautem

eis, etprojiciea-

mier voyage qu'il coninieuça à prêcher rJE-vaiigile aux gentils, pour lesquels il venait de recevoir sa mission.

(i) Saint Pierre, qui leur fit des reproches sanglans, en convertit des milliers ; saint Paul , qui leur parle avec les plus grands ménagemens, ne fait qu(:î les aigrir et les irriter. On peut regarder comme la catise principale (le ces difl'érens succès les vocations différentes. Celui, dit saint Paul, qui a établi Pierre apôtre de la circoncision , m'a établi apôtre des gentils. Gai. n. Ce n'est pas que dans l'occasion saint Pierre n'annonçât l'Evangile aux gentils, et saint Paul aux Juifs. Ils ne le faisaient pas même toujours sans fruit j mais les grands succès e'taicnt attache's aux vocations spéciales. C'est ce que paraissent signifier ces paroles du Seigneur qu'on vient de lire : Ils ne recevront pas le témoi-' gnage que vous rendrez de moi... je vous enverrai vers les nations.

(2) Soit que ce fût leur manière ordinaire d'expri^ mer l'indignation et l'exécration ; soit que jiar là ils vou» lussent designer la lapidation , dont ils jugeaient que

ithas restimenta sua, et pulverem jactantibus iii aerem, 24- jiissit tribunus induci eutu in castra et flagellis cxdi et torqueri eum, ut sciret propter quam causam sic acclamarent ei.

25. Et cum 35trinxissent eum loris : dlcit astanti sibi eenturioni Paulus : Si liominem romaniim et indemnatumlicetvobiï flagellare ? 26.

Qiio aiidito, centurio acceàsit ad tribunum , et nuntiavit ei, dicens : Qiiid acttirus es ? bic euim horno civis romauds est. 27.

Accedens autcin tribunus , dixit illi : Die «ibi si tu Roman ns es ?

At ille dixit :

Etia». 28. Et

dans la forteresse , et qu'on lui donnât la question par le fouet , potlr savoir ce qui les faisait ainsi crier contre lui.

« Il l'ignorait, parcequ'il n'entendait pas )) la langue dans laquelle Paul avait parlé j » et , comme on l'a déjà dit , il jugeait de » l'accusé par le déchaînement des accusa- )) teurs ; c'est la raison pour laquelle il le » traitait avec si peu de ménagement; mais » il ne tarda pas à changer de conduite. » On avait « déjà » lié Paul avec des courroies (1)5 lorsqu'il dit au centurion qui était présent, : Vous est-il permis de faire fouetter un citoyen romain (3) qui n'a pas même été condamné ? Le centurion ayant entendu ceci, alla trouver le tribun , et l'en instruisit , en disant : Qu'allez-vous faire ? cet homme est citoyen romain. Le tribun vint, et dit à Paul : Dites-moi , êtes- vous citoyea romain? Oui, répondit-il. Le tribun repartit : Pour moi , j'ai acheté fort cher cette qualité de citoyen. Et moi , dit Paul , je l'ai par ma naissance. Aussitôt ceux qui devaient lui donner la question le quittèrent. Le tri-

saint Paul était digne , et qu'ils e'taient prêts à commencer, si le tribun ne les en empêchait pas.

(i) On attachait avec des courroies à un poteau ceux qu'on allait battre de verges.

(2) On a déjà parlé de ce que fait ici saint Paul pour se soustraire à ce supplice tout à la fois ignonai.iiieux et cr«el%

biin craignit (i) de son côté , quand il sut que Paul était citoyen romain , parcequ'il l'avait fait lier. Le lendemain , voulant être mieux informé pour quel sujet les Juifs l'accusaient, il lui fit ôter ses liens , et ordonna que les prêtres avec tout le conseil s'assemblassent. Après quoi il amena Paul et le présenta devant eux.

(i) Sa frayeur, et celle des magistrats de Philippes, dont il a été parlé au chap. xvi , nous apprennent qu'il n'y avait pas de sûreté à maltraiter un citoyen romain. Les empereurs s'en déclaraient hautement les vengeurs. Il n'y avait pas long-tems que pour un pareil sujet l'empereur Claude avait ôté aux Rliodiens leurs franchises. Si l'on punissait ainsi tout un peuple , que ne devait pas craindre lui simple particulier ?

respondit tribniiiis : ligo milita s'inima civilifit— ten» lunic consecutus sum. Et Paiilns ait : Ego aiitem et natns siim.29. Protiims ergodiscessei'unt ab illo, qui eimt, tortiiri er^nt ; tribnnus quoqiie timiiit poslquam rescivitquia civis romaniis esset , et quia alligiis— sent ciim. 3o. Postera aiilem die volens scire diligentius , qua ex causa acciisaretur a Judœis , solvit eum , et jussit sacfirilotes convenire et om- 116 conciliiini , et produrens Paulum , statuit inter illos.

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