CHAPITRE m
Boiteux guéri à la porte du temple- seconde prédication de saint Pierre.
« Le dernier trait du parfait christianisme )) leur manquait , c'est la persécution. Le )) monde et l'enfer étaient encore dans le siy) lence et dans l'inaction ; soit que la terreur )) leur eût ôté la voix et le mouvement, soit » que Dieu , par sa toute-puissance , les tînt » comme enchaînés , pour laisser à ces nouï) velles plantes le tems de croître et de se )) multiplier. Mais le calme ne fut pas de )) longue durée. Un prodige du plus grand » éclat, et suivi du plus grand succès, réveilla )) les puissances ennemies. Alors commença » une guerre qui devait être si opiniâtre et, » par l'issue , si honteuse aux agresseurs , y> qui virent enfin toutes leurs forces repous- )) sées et surmontées par la faiblesse même. » Voici ce qui occasiona les premières hos- » tilités. )) Cap. 3. V. I. Pierre et Jean montaient au temple a pour
Joan'n'es^"lsren- » assistcr )) à la prière de la neuvième heure.
(lebaiit in tem- i\ y avait un hommc boiteux dès le ventre
plnm , ad horam *' , . ^ .
oraiionisnonam. de sa mcrc , ct qu OU mettait tous les jours ^;,f cS tiTut: à la porte du temple (i) nommée la Belle-
ex utero matris ~ ~' ~~ ~
suœ , bajulaba- (i) Trois heures après midi. Les Juifs s'assemblaient tur . quem pone- ^^^^^ ^^ temple pour y faire en commun une prière qui ré-
Porte , pour demander raumône à ceux qui entraient dans le temple (i). Cet homme voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le temple, les priait de lui donner l'aumône. Pierre accompagné de Jean , jetant les yeux sur le pauvre , lui dit : Pvegardez-nous. Il les regardait donc attentivement, espérant qu'ils lui donneraient quelque chose. Alors Pierre dit : Je n'ai ni or ni argent (2)-, mais ce que j'ai ,
pondait à nos '^êpres. Il est assez probable que cette prière précédait immédiatement ou qu'elle accompagnait le sacrifice du soir. On sait que ce sacrifice s'ollrait tous les jours , suivant Tordonnance de Dieu écrite par Moïse au chapitre ix^. de l'exode : Vous sacrifierez chaque jour , dans toute la suite des tems , deux agneaux d'un an, un agneau le matin et un autre le soir. Ceux qui placent le sacrifice du soir à trois heures précises , croient en conséquence que ce fut pour unir la réalité à la figure, que Jésus -Christ voulut mourir précisément à la même heure.
(i) Chez les chrétiens, comme autrefois chez les juifs, les pauvres se tiennent à la porte des temples. Ils présument que la vraie piété n'est jamais sans charité, et en cela ils ne se trompent pas. Craignons sur ce point de nous tromper nous-mêmes.
Un pauvre qui demande l'aumône à la porte de nos églises, c'est Jésus-Christ qui nous prie lorsque nous allons le prier. Regardons-le comme nous voulons qu'il nous regarde ; écoutons-le comme nous voulons qu'il nous écoute • parlons-lui comme nous voulons qu'il nous parlej donnons-lui comme nous voulons qu'il nous donne : notre mesure sera la sienne. Matt. ^ vu, 2.
(2) A présent l'Eghsc possède de l'or et de l'argent , et elle les possède légitimement. Mais c'est à des titres si onéreux , ^e les hommes craignant Dieu qui en sont dépositaires sont quelquefois tentés de regretter la pauvreté des premiers tems.
Lant quotidie nd portiiai t.i nipli , qiiœ (licitiir S|)i;ciosa ut jifleret eleeonosyn.iru ab inlroeuiitibiis iii teiu|.)!iiai 3. Is ciiiii vidisset PetniQî etJoaniiena incipientos intioire in tem— pliim, rf)gabat ut eleemosyiiam accipeiet. 4 Intuensaiitein in enin Petrus ciiQj Jo— arme, dixil : Respice in nos 5. At.
ille intenclebut in eos , sperans se aliquid acceptiirum ab eis 6.
Polrns aiitern dixit : Argcnturrj et aunim non est milii : qnod au— teiu babeo , hoc tibi do : In nomine Jesu Christi Nazareni, siirge et ambula j.
Et apprehf;nsa manu ejiis dextera , allevavit eum, et protinus consolidatae sunt.
bases ejiis et planlae. 8. Et exiliens stetit, et ambulabat : et intravit cum illis in templiim ambulans, et exiliens , et landans Deiim. g. Et vidit omnis populus euui ambii— lantem , et laudantcm Ueum.