‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 104 sur 190 · P. de Vaux-Cernay · texte numérisé non relu

P. de Vaux-Cernay

2'. Ibid.

pouillés de leurs châteaux, s'étaient jetés dans la cité pour en défendre les murailles. Gomme ils avaient faussé leur hommage, prêté dans le premier effare- • ment de la croisade, il les condamna à la mort des traîtres. Au sommet du monticule un grand gibet fut dressé , et de chaque côté quarante potences inférieures, destinées aux chevaliers. Améric, comme leur chef, fut pendu le premier à la grande fourche patibulaire. Mais soit que le pied n'en fût pas assez consolidé, soit qu'il fléchît sous la haute taille du guerrier, le gibet tomba avec le cadavre. Mont fort trouva l'opération trop lente, et ordonna que les quatre-vingts chevaliers fussent éventrés ou assommés comme des chiens. Dona Géralda, dame de Lavaur, fut témoin de l'indigne trépas de ses nobles compagnons. Montfort mesura son martyre à la grandeur de son courage et de sa sainteté. Il la fit jeter vivante et en travers au fond d'un puits. L'infortunée pleurait et se lamentait. Elle mourait deux fois, car elle avait un petit enfant dans son sein. On entendait ses gémissements au fond de la piscine. Mais bientôt on n'entendit plus rien ; elle y périt noyée et étouffée, écrasée sous les pierres et les gravois dont on combla ce gouffre. Go supplice atroce toucha le fanatique cœur, non pas des évèques, mais de quelques barons croisés, émus sous leur armure de fer. Voilà le tombeau et le martyre de la trèssainte et héroïque dame, dona Géralda de Laurac, castellane de Lavaur l.

La catastrophe de Lavaur se termine par trois

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