‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 123 sur 190 · II · texte numérisé non relu

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sant pour faciliter l'assaut; il l'établit sur le bord du large fossé rempli par le Tarn. Les assiégés creusèrent un second fossé intérieur, bordé d'une seconde enceinte; postés entre les deux murs et les deux fossés, ils sortaient et incommodaient fréquemment les croisés. Les machines convergeaient leurs jets contre le grand engin. Le terrible chat éventra la muraille. On voulut se débarrasser de ce monstre ; un soir, après le coucher du soleil et le combat du jour, les assiégés firent une sortie, portant du feu, de l'étoupe, du chaume, du bois sec, pour incendier ce tigre des balistes. Pendant qu'ils allumaient le foyer, les arbalétriers, à coups de flèche, écartaient les défenseurs. Revêtue de peaux de bœufs fraîches, la machine s'embrasait difficilement. Enfin la flamme s'élance dans les airs, Le camp s'alarme et se lève en tumulte. Montfort, le prince de Sidon, le comte Eaudouin, assis à leur banquet du soir, remontent à cheval et volent à la machine incendiée. Les deux osts se disputent l'engin d'où dépend le "sort de Moissac. Les faidits alimentent le feu en y lançant de l'huile, de la graisse, du porc salé; les croisés s'efforcent de l'éteindre en y versant de l'eau, même du vin, et en retirant avec des crochets des quartiers de lard fumant. Cependant les croisés, dit le chroniqueur, après d'incroyables souffrances, quofi ne pouvait guère voir sans verser des larmes, arrachèrent la machine aux flammes *.

La bataille fut grande et merveilleuse ! s'écrie le poète. Il paraît qu'elle fut double, que Pépios, du

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