‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 23 sur 190 · Bederra, chemin des eaux, le même que Bidassoa · texte numérisé non relu

Bederra, chemin des eaux, le même que Bidassoa

les flancs de leurs mères, l'indépendance et la fierté de leurs premiers époux. Ils étaient vaudois et cathares ; ils ne supportaient que des évêques libéraux, détestaient la théocratie papale, et avaient voulu tuer le légat Pierre de Gastelnau qui prétendait leur imposer hautainement le joug" de Rome. Ils attendaient fièrement la croisade.

Un prêtre, après avoir célébré sa messe, vint un jour devant la cathédrale dont la façade touche aux remparts escarpés de l'ouest. Il demanda ce que signifiait ce bruit inattendu de pics et de marteaux aux murs des tours. — Nous fortifions notre ville contre les Français, répondirent les citoyens. — Vous fortifiez votre ville contre les pèlerins ! Mais qui vous protégera d'en haut? s'écria un grand vieillard dont le doigt montrait le ciel. Les citoyens, violemment émus et courroucés, voulurent se saisir du vieillard inconnu, mais il disparut, et l'on n'a jamais su comment il s'évanouit, et si ce n'était pas quelque ange chargé d'annoncer la dernière heure de Béziers. Des prodiges éclataient comme au siège de Jérusalem1.

Les juifs sortirent en masse de la cité condamnée, pressentant le massacre. Ils se réfugièrent sans doute dans les murs hospitaliers de Narbonne et sous le sceptre pastoral de leur roi, le rabbin Galonimos II. Le vicomte de Béziers s'est retiré à Garcassonne, l'évêque est dans le camp des croisés. Abandonnés de tous, les citoyens ne s'abandonnèrent pas. Ils réparaient leurs tours et fourbissaient leurs piques. Un jour un prêtre sur sa mule se présente à la porte

Page 1