‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 25 sur 190 · P. de Vaux-Cernay. XVI. — 2. G. de Tudelle, XVII · texte numérisé non relu

P. de Vaux-Cernay. XVI. — 2. G. de Tudelle, XVII

de si nombreuses tentes ni de si riches pavillons que n'en déployèrent les Français. Le cœur des citoyens n'en est point ému. Ils délibèrent pendant la nuit ; ils n'attendront pas l'assaut; mais les premiers ils attaqueront l'ennemi. Le matin, dès qu'il fit clair, ils sortirent par la porte orientale, agitant dans l'air leurs penoncels blancs, et huant comme ponr épouvanter des oiseaux. Ils commencent à escarmoucher à coups de flèches. Le premier choc eut lieu contre les Ribauds. Un truand est pris, lancé du haut d'un pont et mis en lambeaux. Le roi des Arlots sonne de son cor; tout son camp déguenillé s'éveille à ce son, comme un guêpier effarouché. Ces maraudeurs se lèvent, nu-pieds, en chemises, en haillons, armés qui d'un pic, qui d'un levier, qui d'une massue de fer. Le cri Aux armes ! retentit dans le camp des princes : les chevaliers accourent à la rescousse des bohèmes. La hideuse mais vaillante horde refoule la milice vers ses murs, et pêle-mêle s'engouffre sous l'arche profonde de la porte orientale et prend pied dans la cité. De sorte que la prise de Béziers fut d'abord l'œuvre du roi des Arlots1.

Deux heures durant , les consuls disputent la porte surprise, le quartier envahi du nord. Mais l'ost immense accourt, escalade les murailles et déborde les défenseurs. Devant cette marée montante et furieuse d'assiégeants, les citoyens reculent ; le combat se change en déroute, et la déroute en massacre. Le meurtre erre de maison en maison, de rue en rue, de quartier en quartier, se précipitant de l'est à

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