Pierre de Vaux Cerney, p
1. La chronique en vers suppose que c'était un bandit aragonnais. Mais la chronique en prose assure qu'il était du pays. « Peyre Aragonés, loqual era del pais, et anava an lodit lequat.
Pierre était étranger, un mercenaire venu d'Espagne *.
Quoi qu'il en soit, Montfort, voyant le pays venir à lui tout effaré, résolut de sortir de Garcassonne, accompagné du puissant duc de Eourgogne. Il vint camper à Alzonne, ancienne station romaine, à trois lieues vers le couchant, prêt à se porter, selon l'occurrence, au sud ou au nord. Il se dirigea vers Montréal, appelé par Améric, seigneur de Montréal, de l'antique maison de Laurac. C'est Sicard de Laurac, son père, qui, voyant les moines de Cîteaux entrer dans son bourg en faisant le signe de la croix, s'écria : Que jamais je ne sois sauvé par ce signe! Blanca de Laurac, sa mère, était une matrone cathare, et sa sœur Mabilia était une vierge portant couronne. Ses deux autres sœurs avaient épousé : Géralda, le riche et patriote seigneur de Lavaur; et Esclarmonda, Gérald, de la race d'Impéria, le puissant châtelain d'Aniort, de Rocafelh et de Gastelport, vers les sources de l'Aude. Améric et ses sœurs, au temps de la vicomtesse Aladaïs, étaient l'ornement de la cour de Garcassonne. 11 était poète et avait disputé à Pierre Roger de Mirepois et à l'illustre comte Ramon-Roger de Foix le cœur de la fameuse Loba de Pen-Autier, dame de Cab-Aret.
Après les comtes, nul n'était plus noble et plus puissant qu Améric de Montréal2. La chute inouïe
1. G. de Tudelle, str. XXXIV. — Les Aragon d'aujourd'hui s'appellent Maurel et n'ont rien de commun avec les Aragon albigeois .