‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 83 sur 190 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le château de Termés. — La maison de Termés. — Siège. — Pèlerins bretons, français, allemands. — L'ingénieur Guillaume, archidiacre de Paris. — Prise du Termet. — Guilhem d'Escuret. — Combats. — Sécheresse. — Famine. — Pluies. — Mortalité. — Prise de Termés {22 nov. 1210).

Termes, en latin castrum finaram, tirait son nom des frontières du Garcassais et du Roussillon. Le Termenois est sur la chaîne des Gorbières qui sépare les États desTrencabel des domaines des rois d'Aragon. De son contrefort escarpé il commandait le pays de Lérida, la rive droite de l'Aude, de Garcassonne à la mer. Il menaçait l'abbaye de la Grasse et la ville de Narbonne. Termés et Ménerbe étaient comme deux lions gardiens de la vicomté du côté de l'orient. Ménerbe abattu , il fallait terrasser Termés, pour que Montfort dominât la grande vallée jetée entre les Gorbières et la Montagne-Noire. Termés et Ménerbe étaient les Portes de fer de Garcassonne. Termés se composait du donjon hérissé de tours, d'un bourg revêtu d'une enceinte, et plus bas d'un faubourg également ceint de murail-

les; le tout enveloppé du repli d'un torrent mugissant dans un gouffre circulaire, son canal sauvage de granit. Termés n'était abordable que >ar l'intervalle du torrent et par l'interruption du goaf- / fre, presque partout surplombant ou vertical, et ce passage encore tellement abrupte qu'il fallait se précipiter dans l1 abîme, puis, en quelque sorte, ramper vers le ciel. En outre, à un jet de pierre du château, était une roche à la cime munie de tours, appelée Termet ou Tumet, comme le front menaçant d'un bélier. Termés, au jugement humain, paraissait entièrement inexpugnable1.

La maison de Termés était une branche de celle de Barcelone. Son premier seigneur fut Oliba Cabreta ou Olivier 1er. Ramon III, son cinquième descendant, était d'un caractère aussi belliqueux que sa montagne et son donjon. Il était toujours en guerre, soit avec le roi d'Aragon, soit avec les comtes de Toulouse et de Carcassonne, soit avec l'abbaye de la Grasse, dont il détestait le joug monacal. Il embrassa le catharisme. Benoît, son frère, était évêque du Termenois; et son château, le siège de l'hérésie, maintenant le refuge de srs ministres. Le culte catholique y était aboli depuis trente ans. Ramon était excommunié *.

Ramon de Termés, apprenant que Montfort voulait assiéger le château, le munit de soldats, d'engins et de vivres très-abondants, et se prépara à la

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