P. de Vaux-Cernay, XL
£. Dom Vaissette, V. — Boffarull, Hist. de Los Condes.
défense. Simon parut enfin, mais ayant peu de monde, il ne put menacer qu'une petite partie du château. Les assiégés sortaient et rentraient sans crainte et venaient puiser de l'eau du torrent. Ils se moquaient des pèlerins, et du haut des murailles leur criaient : « Voici nos soldats, fuyez, sauvezvous 1 » Mais bientôt arrivèrent les Bretons, des multitudes de France et d'Allemagne; les assiégés cessèrent leurs dérisions et devinrent moins audacieux. Cependant Pierre-Roger de Cab-Aret rôdait nuit et jour autour du camp, faisait main basse sur les croisés trouvés sur les chemins, les condamnait à la mort la plus honteuse, ou les envoyait mutilés à Montfort. Ce chef sentait que la chute de Termés entraînerait celle de ses forteresses de la Montagne- Noire.
Après les Bretons arrivèrent en grand nombre des pèlerins français. Ils étaient conduits par les princes du Nord, les comtes de Dreux et de Ponthieu, les évêques de Chartres et de Beauvais. Ce dernier, Philippe, était de la maison de France. Leur arrivée réjouit Montfort, mais ils secondèrent peu le chef de la croisade. Le combat, du reste, était aux machines. L'ingénieur du siège était Guillaume, archidiacre de Paris. On remarquera que les deux ingénieurs de la croisade étaient deux prêtres, maître Guillaume et maîire Thédise. Thédise s'occupait alors moins de machines que de machinations. Mais Guillaume était infatigable; il prêchait, haranguait, enseignait les charpentiers et les forgerons, poussait les soldats à l'assaut, allait
couper les arbres de la forêt et nivelait les crevasses du sol en les comblant de fascines et de rochers. Le puissant balistaire entoura Termes d'une armée de chats, de chiennes, de mangonneaux, de pierrières, de calabres qui gesticulaient et lançaient des quartiers de montagne comme des géants.
Les murs du premier faubourg furent bientôt disloqués et fracassés. Les croisés montent à l'assaut. Les assiégés incendient leurs maisons. Ils se retirent dans le Barri supérieur. Ils firent un piège de ce quartier brûlant. Ils laissent entrer les croisés, puis redescendant en tumulte, les refoulent sur les décombres fumants, et les précipitent par la brèche dans le ravin du torrent l.
Cependant leTermet gênait beaucoup l'investissement et l'attaque de Termes. Montfort résolut de s'emparer d'abord de ce roc crénelé. Il l'isola par un guet, pour le double cas où les soldats de la tour voudraient fondre sur le camp, et où ceux du donjon viendraient en aide aux défenseurs de la tour. Maître Guillaume, avec grande peine et danger, sur un roc presque inaccessible, dressa un mangonneau entre la tour et le château. Les assiégés lui opposèrent un mangonneau pareil ; mais son jet ne put détruire l'engin des croisés. Alors les défenseurs, se voyant cernés au pied de la roche, sans espoir de secours du château, et écrasés dans la tour par le pierrier turc, s'esquivèrent pendant la nuit et abandonnèrent le Termet. Le matin, le guet voyant le