‹ Histoire des Albigeois (volume 2)Chapitre 89 sur 190 · P. de Vaux-Cernay, XLIII. — Baluré, II · texte numérisé non relu

P. de Vaux-Cernay, XLIII. — Baluré, II

grande épée de l'Aquitaine. Le roi d'Aragon s'interposa; il demanda la réconciliation du comte, son cousin et son vassal. Les légats l'accordèrent, à condition qu'il ferait serment d'obéir aux ordres du pape de ne plus guerroyer contre les croisés et contre leur chef, Simon de Montfort. Monfort, de son côté, jura de rendre au comte toutes ses terres perdues, sauf le Castellar de Pamiers. Le roi d'Aragon, comme suzerain du haut comté, mit garnison dans les tours de Foix, et promit aux légats que les croisés ne seraient plus molestés dans le Sabartez. 11 jura que si Piamon- Roger rompait la communion de l'Église et l'amitié de Simon, il remettrait le château aux légats et à Montfort. Le comte de Foix laissa faire et ne tint aucun compte de ces engagements.

Les deux 'légats, après avoir accordé cette grâce au roi, en demandèrent en retour une au monarque. Us le supplièrent de recevoir comme son vassal Simon de Montfort. Le roi, intérieurement révolté d'avoir pour homme-lige l'assassin de son parent, refusa sèchement. Mais le lendemain les deux prélats revinrent à la charge, et se jetant à ses pieds, ils le prièrent humblement de daigner accepter l'hommage du Comte, qui lui-même ayant fléchi le genou, implorait cette grâce du roi1. Ces superbes étaient devenus vils et bas devant le frémissement des Aquitains. Le monarque, vaincu par leurs supplications, y consentit enfin et n'eut pas horreur de presser dans

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