Hist. Calamit
remplis de chiens, d'oiseaux, de courtisanes et * d'histrions ; une longue escorte d'archers, de palefreniers, d'échansons, suivaient en campagne les princes cénobitiques du désert1. Les voyages des papes exilés ruinaient les opulentes abbayes de l'Aquitaine et de la Gaule. Ces mœurs des évêques et des abbés remontaient-elles jusqu'aux pontifes romains ? Rome fumait encore des orgies de quelques monstres qui épouvantèrent les siècles de fer ; mais laissons ces grands vieillards du Vatican derrière le nuage où le monde a cru toujours entrevoir un Dieu, je ne sais quel Dieu2.
Telles étaient les taches qui maculaient ces beaux siècles chevaleresques, les ombres qui noircissaient les splendeurs de la plus grande époque théocratique. Nous n'en disons que les vices, nous en verrons bientôt les barbaries. Toutefois les mœurs étaient grossières, mais naturelles; brutales, mais non pas bestiales ni monstrueuses. Pas, ou peu de vices grecs ni cananéens; de voluptés androgynes, ni de ces lubricités qui, selon Virgile, faisaient regarder Ménalcas de travers parles boucs jaloux, et rire dans leurs grottes les trop indulgentes nymphes3. Les mœurs du xne siècle étaient peut-être moins hideuses que celles du xvie ; et nous ne trouvons rien de pareil au cynisme du comte d'Anguisola. Les paysans français, après son passage, brûlèrent