‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 129 sur 292 · Las très de Torena : B. de Born · texte numérisé non relu

Las très de Torena : B. de Born

cité revêtue de murailles baignées par l'Agout (Acutus) un torrent tumultueux du Sidobre. Le château, vassal et protecteur de l'abbaye, avait pour seigneurs les Guilhabert qui, pour se soustraire au joug des moines, embrassèrent le catharisme, en entraînant la cité. Un petit Guilhabert, à peine alors âgé de dix ans, deviendra le patriarche et comme l'incarnation même de l'albigisme pyrénéen.

C'est dans ce château que la vicomtesse Aladaïs résolut d'attendre l'évêque de Bath, l'abbé de Clairvaux, et leur noble escorte. Elle leur fit ouvrir ses portes, et les reçut entourée de ses barons, des évêques cathares, et des proscrits toulousains, Ils prêchèrent, réfutèrent les dissidents et défièrent le vicomte Talhafer au nom de Jésus-Christ, du pontife romain, et du roi de France. La vicomtesse, en l'absence de son mari, releva le gant et recevra dans les murs de Lavaur la croisade de l'abbé de Clairvaux. Ramondi, l'archidiacre cathare, et son coadjuteur Baimiac , dans l'impétuosité de la lutte, offrirent à leurs adversaires un tournoi théologique dans les murs de Toulouse. Le légat consulté accepta; un sauf-conduit fut accordé, et les champions se rendirent dans la grande métropole du Midi1.

Le cardinal de Saint-Chrysogone et l'évêque de Poitiers, légat du Saint-Siège, l'évêque de Bath, l'évêque de Toulouse, et trois cents écclésiastiques ou laïques, s'assemblèrent dans la cathédrale de

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