Troub., notice de B. de Ventadour
accueillit le catharisrae d'Orient, mais ne le défendit pas; il ne fut qu'un Albigeois politique, mais il le fut par son patriotisme, par la gaie science, par l'esprit chevaleresque, par la langue romane qu'il substitua à la langue morte des couvents, par la justice et l'humanité, dont il modifia toujours la barbarie féodale ou théocratique. Il ne manque à ce paladin de l'amour que d'être le héros du Paraclet et d'avoir une flamme religieuse à son épée enguirlandée d'ailleurs de toute poésie. 1
Ce rôle religieux revenait à son successeur Ramon VI el fut, dès son vivant, relevé par sa fille Aladaïs et son gendre Talhafer, vicomte de Carcassonne. Carcassonne, en matière de foi, se montrait déjà plus hardie que Toulouse. A la cour de Roger et d'Aladaïs, catholicisme, catharisme, judaïsme, vivaient sur un pied complet d'égalité. Talhafer est, en cela, un prince absolument moderne ; il mourut six mois avant son beau-père, à l'âge de cinquante ans, laissant un enfant orphelin, qui devait être un héros et un martyr.
Pierre Vidal fit entendre sur le tombeau de Ramon V les lamentations du peuple, le myriologue de la poésie, dont son règne fut l'âge d'or. La félicité finit avec son siècle. Avec son successeur, on entre dans les tempêtes. 2