‹ Histoire des Albigeois (volume 3)Chapitre 183 sur 292 · J. B. de Cavalleriis. Pontif. Rom. Eff · texte numérisé non relu

J. B. de Cavalleriis. Pontif. Rom. Eff

contre le catholicisme, étendant leurs longues ramifications en Italie, en Allemagne, dans les Gaules, même en Angleterre, sur toute l'Europe. Mais nulle part ils n'étaient aussi puissants que sur les deux versants des Pyrénées. L'impérieux pontife résolut de frapper un coup éclatant , comme un avertissement aux rois. Le premier prince touché de sa foudre fut le comte de Toulouse.

Ramon VI avait quarante-quatre ans au commencement du siècle. Les qualités guerrières de ses aïeux s'amollissaient en lui dans les voluptés. Il aimait les sciences , les travaux , les arts de la paix. C'était comme un Salomon du Midi. Il avait eu déjà quatre épouses légitimes ; il avait remplacé Ermessinde de Pelet par Béatrix de Garcassonne, Béatrix par Burgonia de Chypre, Burgonia par Jeanne d'Angleterre. La mort de Richard fut un malheur pour l'Aquitaine, la mort de Jeanne pour Ramon VI. L'invincible roi eût défendu ses terres, la virile princesse eût soutenu son coeur contre les orages prochains. Ce double trépas simultané le laissait à découvert contre l'ambition vindicative de Philippe-Auguste, et contre les colères dominatrices d'Innocent III. Ramon se trouvait en querelle avec les moines de Saint-Gélis. Il avait construit sur un terrain contesté le château de Mirapétra1. Le pape Gélestin l'avait excommunié. Innocent III, à son avènement, leva l'anathème. Mais son pardon sent encore la foudre. Il lui disait impérieusement :

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